Ouvrages de Dames

29 mai 2016

Petite Maman, je t'aime

Joli jour, joli message...

Petite maman je t'aime

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26 mai 2016

Deux siècles demain

Et il y a deux siècles, on achetait dans le plus nouveau goût : du drap bleu, du nanquin, du piqué blanc, de la toile de coton blanche, de la toile écrue fine, de la toile dauphin et des boutons plaqués or à la douzaine.

27 mai 1816

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22 mai 2016

Une accalmie dans la tempête

La photo est dorée sur tranche mais anonyme, je n'en sais rien de rien. Il y a juste, au verso, cette annotation rapportée sur une étiquette bleue. Quelle tempête ? Quelle accalmie ? Je vagabonde, puisque je ne peux faire que ça.

Les préparatifs du mariage emportent toute la maisonnée dans un tourbillon. Mais il y a toujours dans les derniers moments quelques points à faire pour ajuster une tenue ou rapporter une dentelle. Le photographe a déjà investi les lieux pour immortaliser les mariés ; ça tombe bien, il sera là aussi pour les deux couturières !

Accalmie recto verso

Au contraire... je vois bien que la couture n'est qu'un prétexte pour se donner une contenance ! Bien sûr qu'elles font semblant, elles tiennent à peine du bout des doigts un morceau de dentelle, d'ailleurs le joli chignon de gauche à bien du mal à réprimer un sourire. L'effervescence règne autour d'elles où tout le monde prépare le grand départ de la famille pour la maison d'été ; le photographe a débusqué les deux coquines dans l'encadrement de la fenêtre où elles se sont réfugiées.

Accalmie les couturièresA bien y réfléchir... la guerre, peut-être, gronde aux portes de la maison ? Mais de ce côté-ci de la croisée, la couture reste une préoccupation quotidienne. On a fait venir le photographe pour qu'il inscrive sur le papier cette bulle de sérénité : on l'enverra au soldat qui la conservera comme un talisman au milieu de la furie.

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19 mai 2016

Fanny Louise

Petit coup de blues en me baladant, ce dimanche, dans l'état-civil de Brest... Je cherchais une communarde et le hasard met sous mes yeux l'acte de naissance de Fanny Louise, "enfant naissant trouvé dans le tour de l'hospice civil de Brest" le 27 août 1827.

Naissance Fanny LouiseRegistre des naissances de la ville de Brest - 1E75

Des nourrissons laissés aux portes de la charité, il n'en manque pas dans les registres d'état-civil. Je ne sais pourquoi celui-là a attiré plus que d'autres mon regard, une certaine recherche dans sa layette peut-être ? On peut penser que ce n'est pas la misère qui a poussé à l'abandon de la petite fille et l'imagination se met en route...

Elle était vêtue d'une chemise garnie de mousseline et d'un pourpoint de napolitaine grise, enveloppé d'un drapeau et d'un tapis d'indienne de divers couleurs, coëffé d'un béguin et de deux bonnets dont un de taffetas blanc et l'autre d'étoffe bleu. Sur la poitrine de l'enfant, un billet ainsi conçu. On prie de donner à cet enfant le nom de Fanny-Louise, née à 5 heures du matin 27 août 1827.

Puisqu'il n'y a ni père, ni mère, il ne reste pour identifier Fanny Louise que l'étoffe qui la protège sans revendiquer pour elle aucune famille. C'est couverte mais démunie de tout le reste qu'elle fait son entrée dans le monde des humains...

Indiennes - Collection RichelieuIndiennes de la collection Richelieu - source Gallicahttp://www.canalblog.com/cf/my/?nav=blog.manage&bid=1059635&pid=33815645

Il y a quelques années, une émouvante exposition présentait à Londres tous ces petits bouts de rien laissés sur les enfants abandonnés à la porte du London Foundling Hospital, dans le milieu du XVIIIème siècle. Soigneusement épinglés dans les registres, billets et fragments d'étoffe étaient supposés permettre aux mères de reconnaître leur enfant quand la vie de galère, peut-être, serait derrière elles. Un fol espoir que beaucoup ont dû nourrir mais que bien peu ont vu se réaliser : sur 16 282 bébés admis à l'hospice des enfants trouvés de Londres entre 1741 et 1760, seuls 152 ont pu être récupérés. Oui, les chiffres donnent le vertige...

Registres London Foundling Hospital
Registres London Foundling Hospital - vers 1750L'exposition Threads of feeling est toujours en ligne, profitez-en !

Si vous voulez allez plus loin sur le sujet, je vous conseille la série passionnante que le blog Les Petites Mains a consacré à la vêture des enfants trouvés et aussi le challenge AZ consacré, l'année dernière, aux enfants abandonnés de l'hospice de Joigny sur le blog Canopée : vingt-six billets pour offrir à ces petits, enfin, un instant de visibilité..

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15 mai 2016

Podium

Si vous vous trouvez dans les parages d'Amsterdam, il vous reste une semaine pour profiter de l'exposition Catwalk, proposée par le Rijksmuseum. Mais comme plus probablement vous n'aurez pas cette chance, il faut à nouveau se féliciter de l'extraordinaire niveau de détail avec lequel ce musée offre l'accès numérique à ses collections.

Le Rijksmuseum a réalisé, à partir des dix mille articles vestimentaires contenus dans son fonds, un panorama de la mode portée entre 1625 et 1960. Vous pouvez vous mettre dans l'ambiance de l'exposition avec ce petit film réalisé dans les coulisses du montage.

Catwalk - Scenes to be seenCliquez sur l'image pour voir le film Scenes to be seen

L'occasion était trop belle pour retourner fouiner dans les collections mode du musée. Je vous en propose un petit extrait, subjectif bien sûr. Vous vous doutez que je ne suis pas trop allée vers les robes d'apparat mais elles sont cependant proprement vertigineuses et chacun de leurs détails est un régal... aussi !

Rijksmuseum - Robe origami - vers 1775-1785Rijksmuseum - Robe au savant pliage origami - vers 1775-1785

Rijksmuseum - Robe d'été tissu imprimé - vers 1830Rijksmuseum -Le subtil imprimé d'une robe d'été - vers 1830

Rijksmuseum - Robe d'enfant à rayures - vers 1859Rijksmuseum - Robe d'enfant rayée - vers 1859

Rijksmuseum - Robe reps de soie - vers 1868-1872Rijksmuseum - Robe en reps de soie - vers 1868-1872

Rijksmuseum - Robe géographique - 1945-1946Rijksmuseum - Extraordinaire robe géographique  (1945 - 1946)

Bien sûr, il ne faut surtout pas vous contenter de mes images, d'abord parce qu'elles ne reflètent que mon choix, mais surtout parce le format du blog ne permet pas de restituer l'extême résolution dont vous pouvez bénéficier en explorant directement les collections du Rijksmuseum. Si toutefois vous voulez les aborder par le biais de ma sélection, voici mon Rijks Studio sur le thème de la mode. Et rappelez-vous, je vous avais indiqué comment créer votre propre atelier dans ce billet.

Et puisque le muguet s'est enfin décidé à fleurir, je vous laisse avec cet ultime détail d'une redingote de soie fin XVIIIème.

Rijksmuseum - Redingote muguet vers 1786-1789Rijksmuseum - Muguet brodé sur soie verte (vers 1786)

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12 mai 2016

La blague à Toto

C'est un tout petit calendrier (4 x 6 centimètres) mais il contient son pesant d'informations et il est illustré de manière marrante par Poulbot. Vous vous rappelez ? Je vous ai déjà déjà parlé de lui dans ce billet, consacré à Nénette et Rintintin.

Poulbot 2
Poulbot 1
En 1925, Mamert et Servais étaient encore au calendrier pour prévenir les jardiniers d'avoir à se méfier des gelées, même si "en mai, fais ce qu'il te plaît". Mais le hold-up avait déjà eu lieu sur Pancrace, remplacé par le très dispensable Achille.

En 1925, le calendrier donnait toute latitude aux parents de prénommer leur progéniture Damase, Olympiade ou Philogone.

Poulbot 3

En 1925, la Poste acheminait les cartes de visite pour 5 centimes, mais si on rajoutait plus que le strict nécessaire, le tarif triplait.

En 1925, si on se limitait à cinq mots sur les cartes postales, on avait droit à un rabais de 5 centimes. Heureusement, la date et la signature étaient décomptées en sus, sinon on n'aurait pas pu dire "Je t'aime" à petit prix.

Poulbot 4

A part ça, le fil de lin S.A.M.E.P, en vrai fil fil ? Connais pas...

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08 mai 2016

Le cartonnage à Valréas

Ma balade à Carpentras a été l'occasion de découvrir le musée du cartonnage et de l'imprimerie à Valréas. Vous remarquerez que pour un week-end consacré à réaliser une boîte festonnée avec Hélène, je reste dans la thématique de ce voyage ;-)

Porté par le département de Vaucluse, ce petit musée est installé dans un ancien atelier de cartonnier. Il retrace l'histoire d'une industrie qui fit de Valréas le plus important centre en France pour la production des boîtes en carton. Nous autres collectionneuses de mercerie ancienne avons bien une petite idée sur l'utilisation possible de ces boîtes...

Valréas boîtes

Elles servaient certes pour la filterie, mais aussi pour le commerce alimentaire, notamment celui de la confiserie, dans le domaine de la pharmacie ou des produits de beauté, de la bijouterie... et la liste n'est pas exhaustive.

C'est cependant une préoccupation très locale, le conditionnement des graines de vers à soie, qui fut à l'origine de l'essor du cartonnage dans l'Enclave des papes, au milieu du XIXème siècle. Mais j'aurai l'occasion de vous reparler plus en détail de ces boîtes à courant d'air.

Valréas machines cartonnage

Traceuse-découpeuse, cisaille à main, massicot, coupe-coins, plot de découpe, gabarits divers et variés, la première partie du parcours muséographique présente les impressionnants moyens employés à la découpe. Nous avons pas mal fantasmé sur ceux qui pourraient nous être utiles pour nos petites boîtounettes ;-) Cette partie du musée est en tout cas l'occasion d'admirer de beaux et bons outils.

Valréas gabarits de découpe

Nous découvrons ensuite les femmes et les hommes qui ont fait le développement de cette industrie et comment les boîtes en carton ont rempli leur vie d'ouvrier(e)s. Valréas compta jusqu'à dix-sept ateliers de cartonnage et dut bien vite recruter hors la ville, en Vaucluse, dans la Drôme, l'Ardèche, le Gard et jusqu'à ce qu'on appelait alors les Basses-Alpes. A l'instar de la dentelle en Auvergne ou de la broderie d'or dans le Forez, le cartonnage a durablement impacté le territoire valréassien et constitué un pivot de la vie locale.

"Vous savez, le souvenir on l'a dans la tête, moi je les revois bien mes boîtes, je me revois bien faire ça, même on m'en donnerait des boîtes maintenant, je recommencerais ; même que je sois vieille, je me mettrais à une table et je recommencerais".

Valréas cartonnage en atelier

Le façonnage des boîtes en carton employait, en atelier ou à domicile, une main-d'œuvre essentiellement féminine. Il participa localement à l'émancipation des femmes en leur fournissant un salaire qui, pour restreint qu'il fût, n'en constituait pas moins une source de revenu propre et indépendante de leur mari. Ce n'était ni si courant, ni si facile à l'époque.

"Les femmes prenaient leur spécialité, certaines avaient de gros doigts : les femmes à la campagne, elles demandaient que les grandes boîtes, d'autres étaient habiles et se contentaient de faire la petite boîte ronde comme la pièce d'un franc, dentelée dessus... Il y avait des maisons où il y avait des boîtes partout, sous les tables, jusqu'en haut sous les lits, dans les greniers".

Valréas cartonnage à domicile

Ainsi au début du XXème siècle, il n'y avait guère à Valréas et dans la campagne environnante de maison qui ne bruisse de l'activité du cartonnage. La journée trouvait son rythme entre le travail à la table de la cartonnière et ses va-et-vient à la fabrique. "On mettait notre tablier sur la corbeille pour que le vent nous envole rien".

Le développement de l'imprimerie à Valréas suivit de près l'essor de l'activité cartonnière dont elle constituait un indispensable prolongement. Car outre sa fonction de conditionnement, la boîte en carton constitue évidemment un support publicitaire de choix. La dernière partie du musée présente donc un intéressant panorama, sur un siècle, des techniques de la lithographie et de la typographie.

Valréas lithographie et typographie

Nous y voyons notamment une impressionnante série de pierres lithographiques. Pour plus de précisions sur le procédé, je vous rappelle ce billet consacré à la chromolithographie il y a trois ans.

Valréas imprimerie

La visite de ce petit musée didactique et joliment fait s'impose si vous croisez dans les parages. En tout cas, pour moi qui ignorais tout de l'activité cartonnière implantée à Valréas, ce fut une bien jolie découverte !

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05 mai 2016

Le présentoir de Séverine

L'histoire commence par un partage sur Facebook : j'y suis avec bonheur l'actualité de Christine Kelly et de son blog, Gentlework. Il fourmille d'idées poétiques parmi lesquelles j'ai beaucoup aimé cette transformation d'un tambour à broder en petite étagère.

Christine Kelly
L'étagère de Christine Kelly

Si d'aventure vous ne le connaissez pas déjà, ne manquez pas d'aller explorer son blog, vous ne le regretterez pas : tout ce qu'elle fait est infiniment séduisant. En tout cas, cette photo-là, grâce à laquelle j'avais partagé mon enthousiasme, est tombée sous l'oeil de Séverine. Je vous ai déjà montré ses idées ici, avec une couronne porteuse de voeux et là, avec un plateau garni de petits miracles.

Quand j'ai ouvert son colis, des étoiles et des papillons s'en sont envolés. Puis sous le papier de soie, voilà ce que j'ai trouvé :

présentoir Séverine

Une réinterprétation du présentoir de Christine Kelly rien que pour moi ! Raffinée jusqu'à la brindille de fleurs de cire ornant sa jolie pendouille brodée... Il a une taille parfaite et je sens que je vais me régaler à y faire tourner mes petites collections pour les mettre en valeur ;-)

Petite collection

Merci Séverine ! Merci le mari de Séverine qui a mis la main à la pâte ;-)

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01 mai 2016

Mille baisers

Pour une fois, le muguet qui a pris ses aises depuis plusieurs années dans mon septième ciel est en fleurs juste le bon jour : il faut croire que la saison est exactement en place.

Muguet 2016

Et puisqu'il y a une carte postale ancienne pour chaque occasion, en voici une pour fêter ce joli jour du muguet. Il suffit de cliquer sur l'image qui suit pour la télécharger en bonne définition.

CPA muguet

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24 avril 2016

Yvonne, Monsieur Sajou et Monsieur de La Fontaine

Dans sa région du Perche qui fait avec tant de douceur la transition entre Bretagne et bassin parisien, Yvonne vit une dernière année de quiétude avant la tempête qui va déferler sur l'Europe. Très bientôt, son père devra abandonner la terre qu'il cultive à la Grange et partir pour quatre années éprouvantes loin de sa famille.

BéthonvilliersBéthonvilliers et ses vergers de pommiers

Mais personne n'imagine encore le cataclysme sur le point de se déclencher. Pour le moment, chaque chose est à sa place dans le petit univers de l'enfant. Yvonne navigue entre le bourg tout proche de Coudray-au-Perche, où vivent ses grands-parents maternels, et celui de Béthonvilliers auquel est rattaché le hameau.

Coudray-au-Perche - MairieL'école de Coudray-au-Perche

Louis, son père, est absorbé à la conduite de la ferme. Yvonne a certes un frère, mais elle trouve ce petit René de quatre ans bien trop jeune pour jouer avec elle ! Alors elle s'essaye volontiers aux travaux d'aiguille et y réussit pas trop mal. Il faut dire qu'elle est à bonne école avec Joséphine et Lucie, sa maman et sa tante, toutes deux couturières.

C'est sous leur houlette qu'elle réalisera son marquoir, un ouvrage bien élaboré pour une fillette de neuf ans. Car Yvonne est capable d'une patience étonnante chez une toute petite. Elle a mis beaucoup d'ambition dans son ouvrage mais rien ne résistera à son obstination.

ABC Yvonne

Elle commence sa broderie par une pièce maîtresse et, comme il se doit, ce sera l'alphabet. Bien loin des petites lettres simples et utilitaires apprises à l'école pour marquer le linge, elle choisit un spectaculaire alphabet haut de trente-et-un points. Il est extrait du livret 205 de la maison Sajou ; elle a tout de suite aimé, dans le petit carnet rose, ces lettres au tracé strict mais dont l'aspect rigide est adouci par une branche fleurie.

ABC Yvonne alphabet

Après avoir brodé son alphabet Yvonne l'illustre par un motif qui lui vole presque la vedette et vers lequel l'oeil est irrésistiblement attiré. Elle l'a pioché lui aussi dans un livret de la maison Sajou, mais cette fois dans le 104. Il fait écho à son apprentissage scolaire puisqu'il illustre une fable de Monsieur de La Fontaine, l'Âne et le Chien.

L'âne et le chien- La Fontaine
Je conclus qu'il faut qu'on s'entraide... source : Gallica

Comme toujours chez Jean de La Fontaine, la fable trouve son épilogue sur une morale édifiante. Le petit drame instrumentalisé par le poète se joue entre deux animaux qu'Yvonne côtoie tous les jours dans la cour de la ferme. Elle a reproduit le motif de Sajou dans ses moindres détails, sans oublier le moulin de l'arrière-plan, avec un joli fil nuancé dans des teintes dorées. Il y a à peine quelques points décalés ici ou là. Dans les jambes de l'âne par exemple, à quoi pensais-tu petite Yvonne ? Envie d'aller gambader ?

Yvonne - l'âne et le chien

La fillette complète son travail en emplissant chaque espace libre avec des motifs répétés en symétrie, de ces symboles familiers qu'on rencontre si souvent dans les vieux marquoirs : les  paniers fleuris, les ancres de marine, les papillons, les oiseaux sur leur branche. Puis suit l'indispensable identification. : maintenant qu'elle est assurée d'avoir mené l'ouvrage à bien, elle peut le reconnaître pour sien en le signant fièrement Yvonne Vallée et l'arrimer temporellement, à la fois dans sa vie et dans le siècle.

Yvonne - signature

Elle encadre finalement le tout avec une frise bien fournie elle aussi, ponctuée par ces pommes qui rappellent les vergers entourant son hameau de la Grange. A nouveau, elle n'a pas choisi la facilité avec cette bordure dense qu'elle mettra encore des heures à compléter !

Yvonne - frise de pommes

Qu'est devenue Yvonne, me direz-vous ? De son histoire future, nous saurons peu de choses : comme pour tous les enfants de sa génération, l'insouciance devait brutalement prendre fin l'année suivante. Son père partit à la guerre, son père revint de la guerre. Yvonne se maria puis quitta ce monde à soixante-treize ans, à quelques kilomètres à peine de la Grange, toujours dans son Perche natal.

Encore une fois, c'est la trace fragile de son marquoir qui la ramène sous nos yeux. C'est sur ce morceau de canevas Pénélope qu'une vie se laisse deviner, avec si peu de certitudes cependant...

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