Ouvrages de Dames

23 novembre 2014

Vintage... déjà !

Puisque j'avais commencé avec les concours (le repose-cul de Babeth ici, le mien ici), je continue pour vous montrer ma participation à la toute première édition organisée en interne par le Point de Croix Bourguignon sur le thème du sac. 1999... ça date, effectivement ! Curieusement, je me rappelle exactement où j'étais et comment l'idée m'en est venue, à une époque où l'on n'avait pas encore vu de nuancier brodé. Je réfléchissais à la manière de sortir de ma zone de confort (= du rouge, puis du rouge et encore un peu de rouge), tout en regrettant d'avoir si peu d'aptitude à marier les couleurs de façon harmonieuse. Et tout à coup, à l'occasion d'une énième rêverie sur le sujet, je suis tombée de ma chaise en pensant au nuancier qui les juxtapose toutes avec un tel panache,  sans qu'aucune ne tue les autres ou ne jure avec elles. Franchement, j'aurais pu tilter avant : le secret était, là encore, dans l'accumulation !

nuanciers

Bon, le nuancier, OK ... Pour le support, je venais de reprendre mes études et pour marquer le coup, mon père m'avait offert un cartable, réédition moderne d'un de ceux qu'utilisaient les courtiers travaillant à la Bourse de New-York, au début du siècle. Son ingénieuse construction lui donnait le grand avantage de présenter deux côtés de même importance, et donc autant de surface pour la broderie. Comme elle était de surcroît facile à reproduire, je n'ai pas hésité à en adopter le principe.

cartable cuir

Et puis au final, cet ouvrage me tient particulièrement à coeur car il a été brodé dans une période délicate pour moi. Et avancer sur les petits rectangles de ce nuancier de manière quasi hypnotique m'a permis de fixer mon attention sur autre chose que ma peine. En activant mon aiguille, j'avais l'impression de flotter dans un entre-deux qui posait sur la vie réelle un voile de douceur. Je scarlettisais à fond : "J'y penserai demain. Demain est un autre jour...". A raison de 364 rectangles dont chacun mobilisait à peu près vingt minutes de mon temps, je peux dire avec le recul que ce fut une psychothérapie à bon compte. D'ailleurs je me demande souvent comment font les personnes qui ne travaillent pas de leurs mains pour s'abstraire de leur chagrin dans les méchants moments...

Bon, assez blablaté : ma vie, mon oeuvre, ça va un moment ;-) Place aux photos de mon vieux cartable qui a bien vécu, qui s'est affaissé et décoloré à certains endroits, mais pour lequel j'ai toujours autant d'affection.

cartable devant

cartable dos

cartable détails 1

cartable détails 2

Aujourd'hui je le construirais sur une base de molleton rigide pour qu'il conserve une meilleure tenue, mais ce dont je suis toujours aussi fière, c'est ce qui se voit à peine : tout le montage entièrement réversible, réalisé à la main en piqûres sellier en comptant bien mes quatre fils pour chaque point, en même temps sur le dessus et sur le dessous... là aussi il y avait de quoi se concentrer un moment !

piqûres

Posté par OuvragesDeDames à 06:38 - Commentaires [68] - Permalien [#]
Tags : ,


20 novembre 2014

Fantôme

Je ne peux pas m'empêcher de prendre les murs en photo, désolée ;-) C'était lundi, à Pontaix, sous la pluie...

Machine à coudre Pontaix 1

Machine à coudre Pontaix 2

Pour ce dernier jour passé dans la Drôme, j'ai fait une belle visite et une découverte surprenante. Mais il me reste encore à creuser, alors le compte-rendu attendra un peu...

Posté par OuvragesDeDames à 06:33 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

16 novembre 2014

Déjà ?

La première tournée de springerle me fait chaque année le même effet : je me demande toujours comment le temps a fait pour passer si vite, j'ai l'impression d'avoir rangé mes moules à peine hier... et c'est à nouveau Noël qu'il faut préparer, déjà !

Ils ne contiennent pas de beurre, alors ce sont les biscuits par lesquels j'attaque en premier, en me disant qu'ils seront toujours bons fin décembre. Et comme ça prend un peu de temps, j'ai intérêt à ne pas tarder à m'y mettre si je veux avoir le compte. Donc... les hostilités sont déclarées ;-)

Springerle 2014

La nouveauté de cette année, c'est le moule offert par Sylvie avec ses voeux ; et il tombe à point nommé avec les bébés qui s'annoncent autour de moi, ce sera un heureux présage.

Cigognes à cuire

Il moule parfaitement, Sylvie, l'empreinte est nette et fine à la fois, je me suis régalée à en préparer une plaque complète !

cigognes

Vous vous rappelez que je vous ai indiqué ma méthode en décembre dernier ? C'est dans ce billet et cette année, j'essaie un nouveau truc que vous m'aviez indiqué dans les commentaires : j'enferme mes petits sauteurs avec un quartier de pomme pour les rendre plus moelleux.

Posté par OuvragesDeDames à 06:59 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
Tags : ,

13 novembre 2014

La boîte de Jeanne

Voici un projet collectif démarré à la suite de notre stage de cartonnage avec Hélène à la fin juillet. Vous savez ce que c'est : quand on sort de ces journées d'apprentissage, on fourmille d'enthousiasme et d'idées pour remettre ça. Nous avons donc sauté sur l'occasion d'une jolie boîte ancienne trouvée dans les trésors de Michèle, parmi lesquels nous adorons fouiner ;-) Nous avons résolu de la reproduire chacune à notre idée en échangeant par mail sur nos avancées, car l'éloignement ne nous permettait malheureusement pas de continuer à cartonner ensemble.

Boîte JeanneLa boîte de Jeanne originale

J'aime ces ouvrages réalisés à plusieurs, avec un calendrier qui nous pousse à avancer pour se caler dans une échéance. Et ce que j'aime surtout, c'est la diversité des réalisations sur la même idée de départ. Voici donc les "boîtes de Jeanne" réalisée par Elisa, Marie-Noëlle et Michèle.

Boîte ElisaLa boîte d'Elisa aux choix de tissus toujours raffinés

Boîte Marie-NoëlleLa boîte de Marie-Noëlle, toute brodée et dans des proportions ramenées à 75 %

Boîte MichèleLa boîte de Michèle, habillée d'un petit tissu années 20 très dans le ton de sa boîte originale

En ce qui me concerne, j'ai mis en oeuvre une idée qui me trottait en tête depuis un petit bout de temps, à force de voir toutes ces jolies boîtes anciennes mettant en scène une poupée à habiller. J'ai recyclé pour l'occasion une de ces poupées folkloriques qu'on trouve par sacs entiers pour trois fois rien sur les brocantes. J'en ai fait la vedette de ma boîte de Jeanne en l'associant à une belle image ancienne, trouvée sur le site du Rijksmuseum dont je vous ai déjà parlé dans ce billet.

Boîte Sylvaine 1

Boîte Sylvaine 2

Boîte Sylvaine 3

Boîte Sylvaine 4

Boîte Sylvaine 5

Peut-être aurez-vous envie de réaliser à votre tour cette charmante petite boîte : j'envoie aujourd'hui le patron que nous avons utilisé sur la BAL des abonnées aux billets du blog. Attention, c'est juste un patron, pas une méthode complète, pour le reste il faudra vous débrouiller avec les photos de nos boîtes ;-) Mais le montage est relativement simple : deux plats identiques, la boîte trapézoïdale intérieure est collée sur le plat inférieur et raccordée au plat supérieur par une charnière.

Et pour la belle image ancienne de la petite fille à la poupée, vous pouvez y accéder directement via mon Rijkstudio.

Posté par OuvragesDeDames à 06:19 - - Commentaires [115] - Permalien [#]
Tags : ,

09 novembre 2014

Bibiche et le tricot

C'est la saison qui veut ça, on se remet au tricot. Et Bibiche a bien raison...

Bibiche et le tricot

Le personnage de Bibiche est l'un des premiers qu'a créé Pierre Probst, à ses débuts dans l'illustration. Nous lui serons également reconnaissantes d'avoir imaginé en 1953, alors que son éditeur le pressait de mettre en scène un petit gars, une Caroline délurée et indépendante qui sortait enfin des clichés sexistes du moment. Il la croque en archéologue, en exploratrice ou en cow-gril, pendant que Martine, à la même époque, fait ses courses et la cuisine, en s'imprégnant de son futur rôle de petite maman.

Caroline

Et puis voyez comme tout ramène au textile, quand on creuse un peu les choses : Pierre Probst est originaire d'une famille de Mulhouse où tout le monde travaillait pour les Cotonnades d'Alsace, dans le dessin ou la broderie. Et à sa sortie de l'école des beaux-arts, lui même commencera, bien avant son aventure dans le monde de l'illustration, par dessiner des cartons pour la soierie !

Posté par OuvragesDeDames à 12:42 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,



06 novembre 2014

L'armée de laine

Je vous ai parlé déjà, dans ce billet ou encore dans celui-là, de l'aventure un peu folle dans laquelle Anna s'est lancée à corps perdu : réunir autour d'elle des tricoteuses de tous horizons, en écho aux soldats venus de partout pour laisser en Europe leur vie, leur santé, leurs rêves et leurs espérances. Tout ça dans un tourbillon d'absurdité dont je ne parviens toujours pas à démêler les tenants et les aboutissants. Car plus j'avance sur le sujet, plus j'entends les récits familiaux et plus je désespère de comprendre un jour comment pareille chose a pu se produire.

Alors la douceur de la laine, la patience de toutes ces mailles alignées, l'obstination tendre à faire aboutir un projet dérisoire et grandiose, c'était tout juste le rempart qu'il me fallait dresser entre la cruauté de l'histoire et mon univers douillet. J'ai tricoté dans mon petit coin des vareuses bleu horizon, des bretelles et des ceintures kaki... en même temps que des centaines d'autres mains.

mains tricoteuses

Et toutes ces mains ont fait naître les soldats désarmés tout droit sortis de l'imagination d'Anna. Français bien sûr, mais aussi allemands, anglais, américains, des spahis, des tirailleurs sénégalais... et tant d'autres. Il fallait bien qu'ils soient tous là en laine, ceux qui étaient tous là dans la boue des tranchées.

Soldats de France

Soldats du mondeToutes les images en grand dans ce billet de Délit Maille

Après tant d'énergie déployée par Anna, les échanges et les belles rencontres qu'elle a eu à coeur de susciter, tout le sens qu'elle a voulu mettre dans sa démarche en nous emmenant derrière elle, voilà que se concrétise le projet imaginé par cette artiste hors normes : nous pourrons très bientôt venir faire connaissance avec son oeuvre installée sur la mezzanine de la Piscine, le temps d'un hommage aux millions de sacrifiés anonymes... qui le sont si peu pour nous. Car oui, pour nous ils sont le grand-oncle Aloïs, jamais revenu de guerre, ou le grand-père Eugène, revenu trop tard pour connaître sa première-née disparue, ou le vieux cousin Ouattara, qui ne s'en est jamais remis. Si lointains déjà, et encore si présents dans le récit familial...

Son exposition, qui a obtenu le label "Centenaire", sera visible du 15 décembre au 12 avril prochains à Roubaix.

Catalogue centenaire

Le catalogue de toutes les manifestations du centenaire est téléchargeable sur le site de la Mission.

Posté par OuvragesDeDames à 06:14 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,

02 novembre 2014

Souvenir de machine à coudre

Vous savez déjà que je regarde avec tendresse ces inscriptions à demi effacées qui témoignent d'un passé, pas forcément lointain, où la couture et la mercerie étaient solidement implantées dans le quotidien.

Il s'agit cette fois-ci d'une affiche, vue cet été en Auvergne sur une porte de grange, à Saint-Martin-des-Plains exactement.

Singer à Saint-Martin-des-Plains

Coup de nostalgie, tant le thème et le graphisme de cette affiche m'évoquèrent immédiatement tous les récits de ma maman, de l'époque où elle était petite main dans l'atelier de Mademoiselle Provignon. Et de fait, en triant mes photos, je suis tombée sur un détail que je n'avais même pas vu en passant devant l'affiche : la publicité à date de péremption programmée ;-) Bizarre, non ? En attendant, elle est toujours là, un demi-siècle plus tard...

Adresse Singer

Et puisque je suis à Saint-Martin-des-Plains, voici un mystère que je n'ai pas réussi à éclaircir : la grange en question est située au coeur du village, sur la place des Passementières. Comment voulez-vous que ce nom ne m'interpelle pas ? Mais la seule information que je suis parvenue à obtenir sur place, c'est qu'il y avait effectivement un atelier de dames passementières à cet endroit, vers 1920, dans la maison où se trouve maintenant l'Auberge du Tilleul. Je n'ai trouvé aucune documentation les concernant, si ce n'est la trace de passementières en Auvergne :

Passementière auvergnate

Et comme les recensements de population ne sont pas encore numérisés aux Archives du Puy-de-Dome, je n'ai pas pu aller y fouiner pour peut-être retrouver mes fameuses dames. Partie remise ?

Edit : la suite à lire dans les commentaires ;-)

Posté par OuvragesDeDames à 08:27 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : ,

30 octobre 2014

Nécessité fait loi

J'avais depuis longtemps mis de côté un voile de lin tout léger pour habiller mes fenêtres, seulement voilà ce qui arrive quand on traîne pour faire les choses : après avoir coupé les rideaux pour la porte-fenêtre du séjour, je me rends compte qu'il ne m'en restera plus assez pour la fenêtre de la chambre... Il est bien trop tard évidemment pour envisager de pouvoir réassortir :-(

Je fouille donc dans les armoires pour finalement trouver un jupon hors d'âge qui fera bien l'affaire. Mais attention, pas un jupon pour le travail de tous les jours : un beau jupon du dimanche, orné d'oeillets, de jours et de brides, illustré de bouquets et de grappes de raisin. Une couture rabattue plus tard, le voilà rabouté à mon voile pour mettre tout ça à la bonne mesure.

rideau studio 1

Il me plaît de savoir que cette broderie légère, après avoir voilé de jolies gambettes, filtrera désormais la lumière de mes fenêtres. Et il me plaît de remettre en valeur ce joli travail !

rideau studio 2

Sauf que maintenant... ce sont les rideaux de la porte-fenêtre, à peine finis mais tout en bête voile de lin, que je regarde d'un oeil torve : faites gaffe, les petits gars, les ciseaux vous guettent, je m'en vais vous améliorer, moi !

Posté par OuvragesDeDames à 06:23 - - Commentaires [51] - Permalien [#]
Tags : ,

26 octobre 2014

Les merceries de Dijon

Imaginez-vous le nombre de marchands merciers qu'il pouvait y avoir à Dijon en 1869 ? Aussi invraisemblable que cela paraisse, ils n'étaient pas moins de soixante-quinze ! Oui... pour une population intramuros qui était le tiers de celle d'aujourd'hui, n'est-ce pas étourdissant ?

merciers Dijon p1

merciers Dijon p2

source : Gallica

Auxquels merciers il fallait ajouter six marchands de rubans, cinq épingliers et encore trois passementiers. Remarquez que ce n'était pas de trop... pour soixante-dix-neuf marchands de tissu !

Oh ! qu'on me renvoie au XIXème siècle... mais juste le temps de faire mes courses : ensuite je reviens en quatrième vitesse à notre époque douillette et confortable ;-)

Grey

Petitjean-Boisserand

Ce sont en tout cas des chiffres qui font rêver, aujourd'hui où il nous restait en tout et pour tout une enseigne de proximité faisant courageusement de la résistance : l'espace dédié à la couture et à la broderie dans le beau magasin Planète Laine, le paradis des tricoteuses.

Et voilà pourquoi l'ouverture d'une nouvelle mercerie à Dijon est forcément une bonne nouvelle.

Le Lièvre Blanc

Le Lièvre Blanc se trouve 2, rue Jeanin, en bordure du quartier des Antiquaires... et à deux pas des Archives Départementales où je prends mes habitudes cette année, comme ça tombe bien ;-) Évidemment je n'ai pas résisté à aller faire ma curieuse dans la boutique, où j'ai trouvé un accueil tout à fait attentionné. J'en suis repartie avec une jolie cotonnade étoilée, du croquet rouge (on n'en a jamais assez) et deux petits-beurre qui m'ont fait de l'oeil, bien que je ne sache pas encore ce que j'en ferai.

Achats le lièvre blanc

Vous pouvez suivre l'actualité du Lièvre Blanc sur sa page Facebook.

Posté par OuvragesDeDames à 06:49 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : ,

22 octobre 2014

Repasser

"Le repassage, qui est la partie la plus spéciale de l'entretien du linge, est justement un art délicat, propre, qui ne demande pas de force, qui ne risque pas d'abîmer les mains, la taille, qui ne dégage aucune odeur désagréable. C'est un art manuel varié, amusant, intelligent.
Empeser, repasser, tuyauter de jolies lingeries ; manier entre ses doigts agiles des batistes et des mousselines pour leur rendre l'aspect du neuf ; apprêter des dentelles, n'est-ce pas une charmante occupation ? Et cet art, si essentiellement féminin, on peut le pratiquer en restant fine, distinguée, élégante."

Je suis incapable de me rappeler dans quel manuel d'éducation féminine j'ai lu ce passage -et je le regrette bien- mais je l'avais mis de côté car il m'avait fait doucement rigoler : la petite musique du pipeau agrémentée de quelques trilles sexistes, sans doute…

Car mes petites chéries, autant le savoir : la corvée de repassage, c'est pour les quilles à la vanille, et on fait tout pour vous y habituer de bonne heure !

repassage pour les quilles à la vanille

Je déteste repasser. En soit, ce n'est pas un scoop, je déteste tout ce qui tourne autour du ménage et de l'entretien de la maison d'une manière générale ;-) Mais quand même, si, il y a une chose que j'aime, dans le repassage, c'est ça : l'empreinte laissée par le plumetis dans le molleton.

monogrammes LC

Remarquez, si je peux rester fine, distinguée et élégante, je m'en vais peut-être changer d'avis, moi…

Posté par OuvragesDeDames à 06:16 - - Commentaires [41] - Permalien [#]
Tags : , ,



Fin »