Ouvrages de Dames

23 avril 2014

Coquetiers

Oh ! Ce petit poing potelé qui revient de promenade en brandissant bien serrées des fleurettes aux tiges si courtes que je me demande comment je vais bien pouvoir les arranger... Surtout qu'il ne faut pas en laisser de côté, je suis sous haute surveillance : "Tu les mets toutes, hein, Tata ?"

Action, réaction ! Les coquetiers me semblent suffisamment petits pour contenir la récolte mutilée, et puis comme ça nous utiliserons les oeufs pour le cake au citron (*) du goûter. Et je n'ai pas intérêt à me rater, car je suis toujours sous l'oeil inquisiteur de l'expert (hum... expert en doigt dans les casseroles, surtout... Pour le reste, j'arrive à le canaliser en la lui jouant à la Pagnol et en lui demandant de surveiller tous les ustensiles, bien installé sur le comptoir)

cake_citron

Un gâteau, des fleurs arrangées... finalement, ce n'est pas difficile de passer pour une héroïne aux yeux d'un petit mec de trois ans et des poussières... dommage que ça se complique par la suite,>)))

coucous et violettes

(*) Découvert grâce à Caroline, goûté et approuvé (plébiscité, devrais-dire...) à de multiples reprises. Je mets juste encore davantage de citron que dans la recette : le zeste de deux citrons et je force sur le jus. En revanche, je zappe le glaçage. Et personnellement, ça ne me gêne pas du tout de voir mon cake gonfler et se fendre sur le dessus, j'aime quand il ressemble à ceux que faisait ma grand-mère,>)))

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20 avril 2014

Joyeuses Pâques

P_ques

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16 avril 2014

La guerre d'Eugénie

De quelle manière pouvaient résonner aux oreilles d'une petite Varoise ces noms lointains de la France du nord : Flandres, Marne, Verdun, Somme, chemin des Dames ? Aux images d'un conflit noyé dans les brumes incertaines, se superpose la réalité de la guerre au village, dans cette Provence qui ne voit pas les combats : elle se dessine en creux au cœur de la vie quotidienne.

Solliès-Pont Place Neuve

Solliès-Pont Grande-Rue

Pour une enfant de dix ans, la guerre prend corps avec le tocsin qui rythme l'émotion violente de la mobilisation générale, avec le départ redouté du père ou du cousin rejoignant séance tenante leur affectation, puis avec le maire passant dans les foyers pour annoncer les morts de la commune, avec les blessés revenant du front, avec ces tâches qu'il faut malgré tout assurer tous les jours.

affiche mobililsation

Dans une famille paysanne comme celle d'Eugénie, il faut bien remplacer les réservistes partis au front, ce qui comprend à peu près tous les hommes valides. Auguste, le père d'Eugénie, a trente six ans à l'annonce de la mobilisation, il appartient donc à une classe d'âge partie au front dès les premiers jours. La vie des femmes s'en trouve bouleversée et les enfants, eux aussi, sont mis en face de responsabilités trop lourdes pour eux.

A mille kilomètres des combats, la guerre est bien présente et pourtant la vie continue : Eugénie va à l'école, elle fait son apprentissage des travaux d'aiguilles, elle brode son marquoir. Seulement elle y fixe à jamais cette première année qui suit le 2 août 1914 comme une "année de guerre", dont elle ne sait pas encore que trois autres sont à venir. On ne connaîtra rien des répercussions de cette période sur sa vie, juste qu'elle en a été assez marquée pour inscrire le conflit au cœur de son ouvrage.

Eugénie Rigaud

Mais comme c'est une petite fille de onze ans, elle utilise des couleurs gaies et claquantes -le rouge, le vert épinard- et elle brode des fleurs et des oiseaux pour accompagner l'exercice imposé des lettres.

Son ouvrage est strictement encadré par quatre frises, simples et identiques, ponctuées à chaque angle d'une étoile à huit branches. La même frise toute simple est réutilisée horizontalement, à trois reprises, pour terminer les lignes de texte incomplètes.

2ème alphabet

On peut imaginer qu'elle a commencé son travail par le deuxième alphabet de sa toile, le modèle simple et traditionnel de l'apprentissage scolaire, accompagné de sa série de chiffres. Il est probable qu'elle ne s'est attelée qu'ensuite à celui du dessus, constitué de belles rondes qu'il faut négocier avec bien plus d'attention. Peut-être l'aura-t-elle brodé directement à partir d'un livret de marque, peut-être aussi l'aura-t-elle copié du marquoir de sa grande sœur Charlotte, son aînée de six ans.

1er alphabet

Il n'est pas si courant de trouver autant d'informations réunies dans un seul ouvrage, à commencer par l'identité de la petite brodeuse -prénom et nom- puis son âge. Il est situé dans le temps de deux manières : classiquement, par l'année, mais aussi une seconde fois par ce qu'elle représente dans l'histoire, et c'est donc cette "année de guerre (1914-1915)". Puis il est localisé sans équivoque, avec le département ajouté au nom du village, comme une précision indispensable.

localisation et nom

C'est au bout du compte par ce luxe de renseignements qu'Eugénie s'approprie fortement son marquoir et le revendique avec fierté.

Maintenant que le devoir est accompli et les textes brodés, elle peut agrémenter la place qui reste sur sa toile avec un peu de fantaisie. Elle en profite pour remplir chaque espace libre, à commencer par le bateau, symbole peut-être de ses rêves de grands voyages. Là encore, Eugénie enfonce le clou, comme pour éviter toute confusion : elle brode son bateau, mais elle prend le soin également d'écrire le mot en légende.

bateau

Puis des fleurs, puis des oiseaux, puis à nouveau de petits morceaux de frises pour combler chaque espace qui pourrait rester disponible. Et encore assez de symboles religieux pour penser que son marquoir n'a probablement pas été brodé dans le cadre de l'école publique, en tout cas pas en totalité : peut-être à l'ouvroir proposé par les soeurs aux fillettes du village ou peut-être, tout simplement, guidée pour le compléter par une maman très pieuse... En tout cas, il y a là les initiales mariales symétriquement répétées, comme les oiseaux et le vase fleuri, autour du sacré-coeur entouré d'une couronne de feuilles.

symboles religieux

Finalement, comme un point d'orgue, Eugénie clôt son travail par le mot "Souvenir" qu'on retrouve sur tant de vieux marquoirs et qui joue sa petite musique voilée de nostalgie : je me souviens de ceux qui sont au loin, je me souviens de ceux qui ne sont plus là, je me souviens des jours heureux, avant que le tocsin ne gronde...

souvenir

Eugénie, un siècle après, nous nous souviendrons de la petite Provençale insouciante, trop tôt confrontée à un monde qui ne tourne pas toujours comme il faudrait, de l'enfant appliquée qui donne à voir tant de choses sous l'accumulation de ses petites croix et du souffle de l'histoire qui passe à travers une simple toile brodée en rouge et vert, miraculeusement parvenue jusqu'à nous.

naissance Eugénie Rigaud
Source : Archives départementales du Var

Si vous avez aimé le marquoir d'Eugénie, peut-être aurez-vous envie de le broder ? Je n'ai pas encore pris le temps de le mettre en diagramme, mais si ça vous intéresse, je le ferai rapidement pour le distribuer aux abonnées aux billets du blog.

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13 avril 2014

Généalogie

Lors d'une récente communication sur Facebook (je partage mes coups de coeur , si ça vous intéresse), Gallica nous a fait découvrir des merveilles en matière d'arbres généalogiques. Je n'ai jamais été tellement titillée par la nécessité de remonter à mes racines personnelles. En revanche j'ai récemment  découvert la généalogie à l'occasion de recherches menées pour en savoir plus sur "mes" petites brodeuses et remettre dans leur contexte les ouvrages parvenus jusqu'à moi. J'ai commencé avec Camille, j'ai poursuivi avec Marie. Et en ce moment, j'ai pas mal d'autres fers au feu pour de futurs billets : je dois dire que je m'amuse beaucoup avec ça.

Il y a de très jolies idées dans ces vieux arbres, dont un bon nombre pourraient être interprétées en broderie. Voici quelques uns des documents proposés sur Gallica ou en d'autres lieux.

Gallica1
L'arbre de la famille Magia
, superbement isolé sur son île

Gallica2
Arbre extrait de Somme Rural de Jean Bouteiller (1471), le dernier salon où l'on cause…

Gallica3
L'arbre généalogique des langues vivantes et mortes
, jolie idée…
mais répartition dans l'espace révélatrice !

 famille Bonaparte
L'arbre de la famille Bonaparte, par Elisa Polazzi,
réalisé notamment avec du papier découpé et des cheveux
(Ajaccio - Musée de la maison Bonaparte)

 Norman Rockwell
Plus près de nous, l'arbre imaginé par Norman Rockwell
du côté de papa, on est très sur son quant-à-soi, du côté de maman c'est un peu plus olé-olé.
Au final, comme tous les petits garçons, il se rêve un ancêtre pirate,>)))

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09 avril 2014

Déclenchements

Adolescente dans les années 70, je n'ai pas l'impression d'avoir tellement subi l'anathème que la période post-mai 68 a, parait-il, fait peser sur les travaux dits féminins. Car dans la tribu baba-cool que je m'étais choisie (longs jupons de dentelle, pieds nus et projet de vie autour de la bergerie… ben quoi, tout le monde s'est bien cherché un jour ou l'autre, non?), le "faire soi-même" était par essence valorisé. Il est vrai, plutôt tissage, teinture et macramé que tricot et broderie (ça, c'était quand même la loose...).

Et puis, ma maman était couturière.

Et puis, au collège, on nous inculquait toujours des rudiments de couture (enfin… aux filles, faut pas pousser, non plus).

Et puis, depuis 1972, 100 Idées était passé par là. J'ai toujours à portée de main la collection complète. Oui ! les 180 numéros... 179 pour être exacte, à mon grand désespoir le numéro 1 a disparu... C'est ma madeleine à moi, j'en reparlerai un jour certainement,>)))

Cependant, le point compté cousinait encore dangereusement avec la tapisserie. La seule planche de salut, pour échapper aux naïades langoureusement étendues sur des plages au soleil couchant, c'était justement les modèles vaguement folkloriques de 100 Idées.

100 Idées n°38
Le numéro 38 de décembre 1976 - "Le point de croix : un  art universel"
tout un programme...

Quelques années plus tard, au début des années 80, je ne connaissais encore dans le monde du point de croix que le magasin de Laurence Roque, rue Saint-Martin à Paris. Coup de chance pour moi, je me faisais les dents sur mon premier boulot à moins de 200 mètres de là,>)))

Mais enfin… tadam… sont arrivées Régine Deforges et Geneviève Dormann, avec leur Livre du point de croix paru à l'automne 1986, assez opportunément pour se trouver sous le sapin cette année-là. C'est amusant de penser qu'avec leurs Sajou et vieux modèles de Berlin, elles ont tout à coup fait souffler un vent de fraîcheur sur les travaux d'aiguilles. Ça avait quand même de l'allure, leur débarquement chez Pivot un ouvrage à la main, en grandes filles n'ayant rien à prouver … mais avec un petit air de provocation qui ne demandait rien à personne,>)))

Apostrophe - 3 octobre 1986
Apostrophe du 3 octobre 1986 - Source ina

Un seul livre ! Imaginez-vous ce qu'on peut faire avec un seul livre ? Pas d'internet, pas de fiches dans tous les bacs, pas de salon tous les week-ends de l'année (pas de salon du tout, d'ailleurs), pas de "créatrice" à chaque coin de rue… Un seul livre ! Le mien a bien vécu, il est tout corné, tout crayonné, mais il a suffi à mon bonheur de brodeuse pendant des années.

Le_livre_du_point_de_croix

J'en ai refait à l'identique des abécédaires entiers, comme celui-ci

Andrée Gilles

et tant d'autres dont je ne sais ce qu'ils sont devenus, offerts le plus souvent, enfouis au fond d'un carton de déménagement jamais défait pour certains. A chaque page que je tourne, je me dis : Oh ! celui-là, je l'ai fait, et celui-là aussi, où sont-ils…

Marquoirs_faits

A peine un an plus tard, avant même que nous n'ayons pu épuiser le premier, les deux dames ont eu la bonne idée de nous proposer un second opus pour entretenir notre motivation.

Marquoirs

Et c'était reparti pour un tour ! Je me souviens notamment de cet alphabet-là, brodé pour mon parigot de père il y a des lustres et toujours à son mur aujourd'hui.

Paris

Cependant le plus extraordinaire, ce ne sont pas ces marquoirs refaits tels quels, ce à quoi les deux bouquins ne nous encourageaient pas tant que ça, finalement. En revanche, à nous de jouer avec tous ces alphabets, motifs et frises défilant au fil des pages, à nous de les assembler à notre idée.

_l_ments_du_marquoir_1988

Mais oui, c'était un jeu, et ce n'était pas compliqué après tout puisque tant de fillettes l'avaient fait avant nous ! Voilà ce qui semblait tout naturel aux auteures et qui, par conséquent, nous semblait tout naturel à nous aussi.

corbeille_de_fruits

Je me suis fatiguée de bien d'autres broderies, mais mes vieux coucous, je les aime encore d'amour, je ne me lasse pas de les avoir au mur. Ils me racontent une histoire, ils représentent tout ce que Régine a fait pour moi : me faire entrer dans la tête qu'une aiguille à la main, je n'avais pas de limite, que je pouvais tout faire. Je suis sure que l'insolente rit encore d'avoir réussi son coup et converti toute une génération à cette religion-là.

Angeline

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05 avril 2014

Au petit bonheur la chance

Là, tout de suite, je n'ai pas encore trouvé par quel moyen je vais bien pouvoir vous faire partager le bonheur ressenti hier soir. Car rien ne me paraît pouvoir être à la hauteur de la magie qui a pris place entre les quatre murs de la Grande Orangerie. C'est bien du tralala pour une simple exposition de point de croix, me direz-vous ? C'est que vous n'avez jamais vu une exposition du PCB, c'est que vous n'avez pas encore vu celle-là !

Oui, décidément, il y a de la magie dans cette affaire-là. Comment font-elles donc, ces PCBelles (© Madame la Présidente,>))) pour se réinventer à chaque fois tout en restant dans le droit fil de leur inspiration, pour être toujours les mêmes en nous offrant malgré tout un spectacle complètement nouveau ?

livret
Une toute petite partie de l'étourdissant livret
"Au petit bonheur la chance..."

rouge
On ne va pas se priver des rouges, quand même,>)))

grotte
Impossible de saisir en photos la magie de la grotte de verdure...
mais vous pourrez toujours y faire une petite prière au Dieu des brodeuses
qui leur inspire de si jolies idées !

chaises
Partout de l'humour et un joyeux bazar

Je suis dépitée de mes photos si réductrices... il ne vous reste plus qu'à faire le déplacement, comme les amies italiennes, les amies belges, les amies suisses, les amies du fin fond de la France qui, dès hier, ont parcouru tout ce chemin pour ne rien rater et être là au premier jour de l'exposition !

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03 avril 2014

Demain...

Demain, nous pousserons la porte sur le monde enchanté du Point de Croix Bourguignon, nous découvrirons tout un univers renouvelé et surprenant comme à chaque édition de leur belle exposition, nous ressortirons de l'Orangerie submergées par l'envie de broder et pressées de prendre notre aiguille.

Affiche_PCB_2014

Demain nous pourrons enfin feuilleter le livret mitonné pour nous par ces brodeuses et collectionneuses passionnées. Je ne suis pas dans le secret des déesses, mais mon petit doigt, bien mieux informé que moi, me susurre qu'il est à tomber et rempli de tout ce que nous aimons !

Livret PCB

Pour les plus chanceuses, plus qu'un dodo,>))) Pour patienter jusque là, vous pouvez revoir la rétrospective des années passées dans ce billet.

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30 mars 2014

Vive le Maire !

Il se trouve que mon activité professionnelle me conduit à travailler au quotidien avec les élus des petites communes rurales. C'est dire que je mesure assez à quel point il faut avoir l'âme chevillée au corps pour se lancer dans cet engagement-là et prendre la tonne de soucis qui va avec.

L'occasion était trop belle de leur rendre hommage en ce jour d'élection municipale, d'autant plus que les grandes villes auront seules les honneurs de l'actualité, ce soir.

Lettre au maire

Je puise une fois de plus dans mes vieux papiers pour le faire, mais Madame le Maire, Monsieur le Maire, auriez-vous la chance, aujourd'hui encore, de vous voir adresser un aussi vibrant compliment que celui-ci ? Fautes comprises... mais dans l'élan de l'émotion, on les pardonne volontiers,>)))

Dimanche 16 juin 1912

Monsieur le Maire,
Je viens, au nom de la jeunesse de
Castelviel, vous adresser nos hommages et vous offrir
ces fleurs, nouées avec les trois couleurs de la Patrie.
Ces fleurs vous exprimeront par leurs bautés
la tendresse de notre affection pour vous. Ces trois
couleurs qui les assemblent en un bouquet, vous diront
nos sentiments d'amour et de respect pour la France
et pour la République, dons le suffrage des électeurs
vous a fait le représentant parmi nous.
Nul n'était plus digne que vous de cet honneurs.
C'est pourquoi, au nom de cette jeunesse qui
vous aime à cause des qualités de votre coeur,
je souhaite à votre administration une longue
durée pour le bien de tous et pour la prospérité
de notre chère Commune Castelviel.
Les nombreux convives assis autour de cette
table se joindront à nous pour crier d'une même
voix et d'un même coeur :

Vive Monsieur le Maire !
Vive la France !
Vive la République !

Marie-Thérèse Babin

Zoom sur la belle dentelle de papier... comme j'aimerais qu'on nous fabrique encore de ces jolies choses !

Lettre au maire détail 1

Lettre au maire détail 2

Castelviel est un village de vignobles, situé à mi-chemin entre Saint-Émilion et Sauternes et ma foi, on y trouvait de bien mignonnes frimousses,>)))

école de Castelviel

Bon, c'est bien beau tout ça... mais il faut que je me prépare pour aller voter, moi,>))) Ne serait-ce que par solidarité avec ces petites bouilles, qui ont dû attendre 1945 pour pouvoir le faire... c'était déjà pour des élections municipales, tiens !

La Française doit voter

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26 mars 2014

Le fauteuil de Babeth

Celles d'entre vous qui ont pu faire le déplacement à Dijon le connaissent déjà, car il a été présenté au Musée de la Vie Bourguignonne en 2006 et à l'exposition du Point de Croix Bourguignon en 2010. J'imagine cependant qu'elles seront contentes de le revoir en détail. Et pour les autres, j'avais envie de vous faire découvrir le fauteuil brodé par Babeth à l'occasion du concours interne au club organisé en 2005 et dont le thème était "repose-cul". Oui, à l'époque nous n'avions pas trouvé de meilleur mot pour résumer notre idée : n'importe quoi qui permette de poser notre distingué postérieur de brodeuse, que ce soit une galette de chaise, un coussin, un transat, ou donc un fauteuil comme celui-ci.

Inutile de vous dire que l'exercice a suscité une grande diversité de propositions. Babeth ne s'est pas dégonflée, en partant carrément sur le réhabillage d'un Voltaire familial, dont elle entendait faire un hommage aux femmes qui l'ont précédée.

accoudoir droit

accoudoir gauche

Ainsi qu'elle le dit, "toutes ces femmes ont existé, toutes les situations sont vraies, mais se sont-elles vraiment toutes assises dans ce fauteuil ? Ça, je l'ai imaginé". Au final, elle y a brodé ce qui constitue pour elle la mythologie familiale, telle que ses souvenirs de petite fille la lui restituent aujourd'hui.

Et ça a donné cette merveille...

 

fauteuil

dossier

assise

d_tail1

d_tail2

Ce n'est pas un hasard si je parle de ce fauteuil aujourd'hui. Car j'ai été touchée par l'idée de Babeth et j'ai toujours eu envie de la lui voler. J'ai mis ça de côté pendant plus de dix ans, avant de l'utiliser comme fil conducteur pour l'ouvrage que je viens de terminer. Comme j'aurai l'occasion de vous le montrer d'ici peu, il fallait commencer aujourd'hui par mes sources d'inspiration,>)))

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23 mars 2014

Ce qui est nécessaire au soldat

Aujourd'hui, une star de nos collections,>))) J'ai nommé : le nécessaire du soldat, encore un outil multi-usages qui sert à la fois de bobine, d'étui à aiguilles et d'alêne.

nécessaire ouvert

 En fouillant dans les vieilles photos, j'ai retrouvé le livret militaire de mon arrière-arrière-grand-père Georges. Jusque là, rien de particulier, il n'a à priori d'intérêt que pour moi.

nécessaire du soldat

Mais en y regardant d'un peu plus près, et en lisant attentivement tous les feuillets, je suis tombée sur ça, dans l'énumération des effets remis au conscrit de l'époque : bobine en bois renfermant six aiguilles et une alène emmanchée. Ah ah... c'est que ça devient un peu plus intéressant, non ?

livret arrière grand-père Georges

Voila donc identifiée notre "cousette du soldat" déjà sur le livret d'un conscrit de la classe 1889 (à quelque chose près, il aurait pu croiser Irénée). Je n'ai pas celle de Georges, en réalité pour la photo j'ai posé sur son livret militaire celle de ma collection qui me paraît la plus ancienne. Et la cousette qui est à côté, sur la même photo, c'est celle que mon papa a touchée dans son barda en 1957, avec les fils de lin gris et écru. Tout ceci est bien suffisant pour ne plus limiter cet ingénieux instrument à la première guerre mondiale, comme on l'entend bien souvent dans l'appellation trop restrictive de "cousette du poilu". En réalité, l'armée française en a doté tous ses trouffions pendant au moins un siècle.

nécessaires du soldat

J'avais discuté sur un salon avec un féru de la vie des troupes pendant les guerres napoléoniennes. On en voit, de ces choses, sur les salons de broderie : il avait monté son bivouac entre nos tables, passait la journée en uniforme méticuleusement reconstitué, et campait la nuit sur sa paillasse de zouave pour veiller sur nos biens les plus précieux. Il était passionnant et, accessoirement, occupait bien les compagnons de ces dames qui ne voyaient pas le temps passer en jouant au petit soldat,>))) C'est lui qui m'avait dit que cette fameuse cousette de gauche, d'un gabarit si particulier, pouvait bien remonter au XIXème siècle.

Quant aux différents modèles existants (voir par exemple la première et la troisième en partant de la gauche), il m'avait expliqué que les conscrits étaient comptables des effets remis par l'armée et devaient rendre leur paquetage au complet quand ils étaient libérés. Or comme ils pouvaient rester plusieurs années en service, il leur arrivait bien sûr d'en perdre certains éléments. Heureusement les vivandières attachées aux troupes étaient là pour leur sauver la mise en leur vendant, outre la nourriture et les produits de première nécessité, les petits objets de la vie quotidienne. D'après lui, ça pourrait expliquer la coexistence, à côté du modèle réglementaire, de versions un peu différentes de la cousette.

Vivandière
Source : l'inépuisable Gallica

C'est une explication pour la variété des plus anciennes. Je pense aussi que l'objet a bien sûr pu évoluer dans le temps et selon les fabrications.

Et pour terminer, voici une carte postale qui date des années 30. Passons sur l'humour (?) militaire,ce qui est intéressant, c'est la trousse contenant tout le nécessaire pour entretenir  l'uniforme et réparer les petits accidents.

carte postale cousette

Vous avez de l'information, des pistes supplémentaires sur cet objet ? Je suis preneuse !

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