Ouvrages de Dames

17 août 2014

Taquets en buffle… mais pas que !

Ah ! ça non… il n'y a pas que des taquets en buffle pour métiers à fouets, il y a aussi des taquets anglais en cuir pour métiers à sabre !

Pub Desreumaux

 Source : Gallica ... bien sûr !

Comment ne pas se régaler dans les vieux papiers quand on tombe sur une publicité pareille qui se présente, sans crier gare, au détour d'un annuaire de 1889 ? Moi je dis que c'est tout simplement de la poésie pure. Il n'y a quasiment pas un mot que je comprenne, mais finalement chacun me semble plus évocateur que le précédent. En tout cas, ça ouvre de sacrés horizons…

D'autant que si vous avez besoin de calfats, de trous d'homme ou même de corde bourrage autolubrifiante, pas de problème non plus, Louis Desreumaux peut quelque chose pour vous ;-)

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14 août 2014

Jeux de plage

Pour vous qui tenez vaillamment la barre en restant au poste en ces mois d'été, voici de charmantes illustrations qui feront flotter sur votre quotidien un petit goût de bord de mer.

plage 1

plage 2

Au cas où vous souhaiteriez les imprimer pour les utiliser dans vos bricolages, les images en bonne définition partent aujourd'hui dans la messagerie des abonnées aux billets du blog.

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10 août 2014

Dentelle d'un autre genre

Un peu de street art, ça faisait longtemps ;-) C'est une belle découverte que j'ai faite la semaine dernière sur Facebook. Après les Deuz'Bro qui sèment du point de croix sur les murs de la ville, voici NeSpoon qui fait souffler un sacré coup de jeune sur le crochet dentelle.

Nespoon 2

Cette jeune artiste polonaise travaille plusieurs supports comme le textile, la céramique ou la terre cuite. Mais elle part toujours de la dentelle traditionnelle pour bâtir ses projets. Le contraste est saisissant entre la délicatesse des napperons et les murs délaissés sur lesquels elle les pose.

Nespoon 4

Elle parcourt l'Europe pour semer ses napperons un peu partout, comme ici dans un monastère italien abandonné, à Grottaglie...

Nespoon Grottaglie-Italie

A Fundão, au Portugal...

Nespoon Fundao-Portugal 1

A Vienne...

Nespoon Vienne

Chez elle à Varsovie...

Nespoon 3

Nespoon Varsovie 2

Elle construit des toiles d'araignée pour emprisonner les napperons, ou bien utilise leurs motifs pour en faire de grands pochoirs. Mais elle imprime aussi la dentelle sur la terre cuite pour réparer les bobos de la ville.

Nespoon ceramic

C'est vraiment le hasard, mais toutes ces installations résonnent parfaitement avec le billet précédent, ne trouvez-vous pas ? Et pour terminer, parce que ça fait longtemps que je n'ai pas parlé bougies, une proposition un peu différente, toujours à Fundão :

Nespoon Fundao-Portugal 2

 

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06 août 2014

La dentelle à Retournac

Or donc, j'étais la semaine dernière en Auvergne où nous avons visité le musée des Manufactures de Dentelles de Retournac. Porté par la ville et bénéficiant de l'appellation "Musée de France", ce beau projet a trouvé sa place dans l'ancienne manufacture de dentelles Experton. Le bâtiment, construit en 1913-1914, a été sobrement complété par des espaces vitrés qui n'ont en rien altéré son caractère industriel. Je suis toujours admirative de voir des communes de taille limitée s'engager ainsi dans la mise en valeur de leur patrimoine et faire de vrais choix pour préserver la mémoire des lieux et des hommes. Il en va certes de leur identité, mais il n'en reste pas moins courageux de soutenir des projets culturels d'envergure dans cette période où les collectivités resserrent leur budget.

Manufacture_Experton

La visite commence à l'étage avec une histoire européenne de la dentelle depuis le XVIème siècle. Je le confesse : je ne suis pas tellement sensible à la dentelle. J'apprécie bien sûr la finesse du travail, la prouesse technique, les heures passées à l'ouvrage, mais je n'y retrouve pas ce que j'aime tant dans la broderie : le sens, les vies qui se racontent et les histoires qui passent à travers les fils. Cependant les pièces présentées à Retournac sont d'une qualité telle qu'il est bien difficile de ne pas baver d'admiration devant chacune des vitrines.

Ça par exemple, c'est du gros point de Venise. Gros point... ben voyons ! Ce volant, qu'on présume exécuté en Italie, est en lin et daté de la fin du XVIIème siècle.

Gros_point

Quant à cette autre pièce exceptionnelle (mais elles le sont toutes...), c'est du point de Sedan et elle a été réalisée sous Louis XIV.

Point_de_Sedan

Des tableaux, des catalogues, des vieux papiers complètent les dentelles et animent la scénographie. J'étais un peu chez moi dans cette partie de l'exposition, puisque j'ai particulièrement craqué devant la Marchande de dentelles de Gabriel Grely... avant de réaliser qu'il s'agissait d'un dépôt du musée des Beaux-Arts de Dijon ;-)

Gresly - Marchande de dentelles
Source : la base Joconde

Catalogue_mod_les

Après ce premier espace consacré aux pièces de dentelle proprement dites, on passe à ce qui m'a vraiment ravie : la vie des dentellières, leur quotidien (rude), leurs outils, les us et coutumes de la première moitié du XXème siècle. Le tout est raconté à travers la parole recueillie auprès des ouvrières du carreau, c'est touchant et en même temps terriblement instructif. Car sans vouloir faire de raccourcis trop faciles, la mise en perspective de certains de leurs témoignages les plus terribles avec la société de consommation d'aujourd'hui et la perpétuelle insatisfaction qu'elle génère est réellement cruelle pour notre comportement d'enfants gâtés...

Moi je voulais aller à l'école, je voulais être institutrice, mais c'est que mon père m'a dit : - Quoi ? toi tu irais te promener à Sarlanges à l'école et moi j'irais garder les vaches ! Ça fait que j'y ai plus été.

Y'avait un colporteur. Il avait une petite voiture à cheval avec des casiers. Oh moi j'aimais les voir venir, y'avait des jolies affaires là ! Et il portaient des aiguilles, du fil, des épingles de sûreté, des lacets à soulier, des rubans, tout un tas de machins.

_pingles_et_fuseaux

Ma mère nous habillait avec l'argent de la dentelle, on était un peu de celles qui étaient bien habillées. J'ai jamais porté des sabots, j'avais des galoches montantes à ce moment-là pour aller à l'école.

Les sabots. Et moi je trouvais qu'ils s'usaient pas vite ; avec un couteau, je faisais un trou pour qu'ils s'usent plus vite, là j'étais maligne va, parce que j'en voulais des neufs !

Carreaux_et_sabots

J'ai gagné mon trousseau avec l'argent de ma dentelle. J'ai acheté la toile pour faire des draps et puis des chemises de corps et des serviettes.

A douze ans, c'est ma marraine qui m'avait acheté mon carreau, j'étais un peu fière avec ce carreau !

carreaux

Nous descendons ensuite au rez-de-chaussée pour prendre un vrai coup au coeur en pénétrant dans le grand atelier, sur le lieu même, bien reconnaissable, où s'activaient, au début du siècle dernier les échantillonneuses,  les apponceuses et les ouvrières au préparage. On retrouve jusqu'aux casiers figurant sur cette vieille carte postale, et même l'escabeau, il me semble.

Grand Atelier Experton

machine sale

Ici est retracé le fonctionnement des manufactures de dentelles et tout le processus de fabrication. C'est passionnant et c'est le paradis des collectionneuses, vous pouvez me croire ! Que de belles choses on peut y voir, j'étais fin folle ;-)

casiers

catalogue échantillons

Et toujours la parole des ouvrières de la dentelle, drôle ou émouvante, souvent les deux à la fois...

causettes

La visite se termine au rez-de-jardin où ont été conservées des machines qui servaient, il n'y a pas si longtemps, pour la fabrication des dentelles mécaniques. Ces métiers, produits au début du XXème siècle, étaient encore en fonctionnement il y a une vingtaine d'années.

salle des machines

Vous aurez compris, je l'espère, que c'est là une merveille de musée qu'il ne faut surtout pas manquer de visiter. Il mérite à coup sûr que vous fassiez un détour sur la route des vacances ou que vous prolongiez une halte dans la région de Retournac.

Et puis, pour compléter, le tout... attention, pépite ! Prenez un petit quart d'heure pour aller regarder sur le site de l'INA ce documentaire de 1978, je vous mets au défi de ne pas vous prendre une bonne rigolade en même temps que les trois mamies terribles de Montusclat (la Sainte Vierge qui descend sur terre juste pour prédire que les pommes de terre vont se pourrir, c'est excellent ;-) Mais au-delà, il y a tant de choses à entendre dans le récit de ces dentellières d'une autre génération...

Les dentellières de Montusclat

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02 août 2014

2 août 1914

Quand les petites filles sont tracassées, elles l'écrivent à la pointe de l'aiguille. Elle en aura laissé, des traces dans les marquettes et les marquoirs, cette terrible "der des ders" qui ne le fut malheureusement pas...

Charlotte_Mar_chal

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31 juillet 2014

La petite tricoteuse : mystère levé

L'énigme de la petite tricoteuse de Vérone a été rapidement résolue. Merci à Alain et Esther qui ont reconnu l'oeuvre d'Ugo Zannoni, un sculpteur italien ayant vécu de 1836 à 1919.

Sculptée dans le marbre blanc, la statue de notre petite tricoteuse intitulée en réalité "Étude et travail" a un compagnon, le "futur artiste" qui lui fait face à la galerie Achille Forti.

Ugo_Zannoni

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27 juillet 2014

Changement de ton

L'été dernier à la même époque, je partais déjà en Auvergne prendre un petit avant-goût de vacances, à l'occasion d'un week-end consacré au cartonnage en très amicale compagnie. J'avais mis à profit deux jours studieux, sous la houlette d'Hélène, pour bâtir une petite maison dans des teintes douces et passées.

Maison_PCR

Nous remettons ça cette année et nous sommes aujourd'hui en campagne, à couper, coller et bâtir dans un environnement qui pourrait pourtant nous donner des envies de promenade.

Mailhat

Deux jours ne seront pas de trop pour mener à bien le projet ambitieux que nous avons choisi et quelque chose me dit qu'à l'heure où vous me lisez, je suis peut-être en train de copieusement râler sur toutes les petites cases qu'il me faut habiller... Ce qui est sûr, c'est que j'ai changé mon fusil d'épaule : je suis partie cette fois-ci sur des couleurs plus soutenues. Mais j'ai choisi à nouveau des images et des éléments anciens... on ne se refait pas ;-)

images_bo_te

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24 juillet 2014

La petite tricoteuse de Vérone

Venue depuis Moscou pour visiter l'Italie, Daria a croisé au début du mois cette jolie tricoteuse à la Galleria d'Arte Moderna Achille Forti de Vérone. En voyant ses photos sur sa page Facebook, je suis tombée sous le charme de la belle enfant qui tricote en même temps qu'elle lit. Peut-être regarde-t-elle simplement son modèle pour se guider dans son travail ? Mais comme elle tricote une écharpe toute droite, ce n'est pas forcément l'interprétation la plus plausible.

Petite tricoteuse

J'aime la quiétude et la grâce qui se dégagent de l'ensemble et la posture si caractéristique, avec le pied replié sous l'autre jambe pour soutenir le livre. Avez-vous remarqué les fronces du tissu et la broderie anglaise ? Ce rendu du tissu dans la pierre me fascine… Encore que je dis peut-être une énormité : vu mes grandes connaissances en la matière, ce que je prends pour une sculpture dans le marbre pourrait aussi bien être un moulage de plâtre -;)

tricoteuse de Vérone détails

Sans photo du cartouche, nous ne connaissons pas l'auteur(e) de cette oeuvre. J'ai fait chou blanc dans mes recherches sur Internet… Peut-être y aura-t-il parmi vous une lectrice italienne pour nous éclairer ?

Merci Daria pour m'avoir autorisée à utiliser tes photos ici.

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20 juillet 2014

Ce que coûte le fil

Je vous parlais de pépites dans ce billet, en voici une avec cette série de trois cartes postales faisant partie du fonds de la médiathèque de Roubaix et issues de la collection de Monsieur Meegens.

comptes_de_la_m_nag_re

Elles datent probablement de la toute fin de la guerre et retracent, sur le ton de la caricature, l'évolution du panier de la ménagère entre 1914 et 1918. Si je me suis arrêtée sur ces images, c'est qu'il y a, dans la liste des commissions, uniquement des produits alimentaires… à l'exception notable d'une bobine de fil. Avant de devenir l'emblème de DMC au gré des mariages d'entreprises, A la Tête de Cheval était à l'époque une marque Thiriez. Le coton glacé considéré comme un produit de première nécessité, je ne crois pas que nous en serions toujours là un siècle après !

Thiriez

Thriez détails

On  retrouve dans cette série de cartes postales tous les traits de la caricature : la joviale ménagère de 1914 se décharne au fil du temps, son cabas maigrit en même temps qu'elle perd ses rondeurs et son sourire, même son chien en est réduit à fouiller les poubelles qu'il méprisait avant la guerre !

ménagère

panier

chien

En accompagnement du dessin, démonstration est faite de l'explosion des prix pendant la guerre, probablement en forçant le trait. En voyant le prix du lait multiplié par 30 en quatre ans, celui du sucre par 40 et celui de la patate par 65… j'ai quand même cherché à en savoir un peu plus.

fil

Oui, le trait est forcé. Mais j'ai été amenée à une réalité dont j'avais davantage conscience pour la seconde guerre mondiale : celle de la pénurie alimentaire frappant l'arrière et confinant, selon les endroits, à la quasi-famine. Dès l'automne de 1914, les prix augmentent de manière intolérable, et bien sûr les salaires ne suivent pas la même courbe. On n'allait pas payer des femmes au même tarif que les hommes partis au front, quand même ! Et pourtant… ce sont elles qui contribuent grandement à maintenir une activité de survie : les usines et les moyens de transports continuent de fonctionner, les récoltes sont engrangées, les terres sont labourées.

A titre de comparaison, une ouvrière qui travaille pour l'armement gagne par exemple en 1916 entre 15 et 20 centimes de l'heure… de quoi s'offrir un kilo de patates, mais il lui faudra travailler trois heures pour un kilo de pain… et presque quatre pour 200 grammes de viande.

A demeurant, c'est un problème qui se pose rapidement en d'autres termes : le manque de produits alimentaires aboutit, dès la première année de guerre, à la mise en place du rationnement qui ne disparaitra complètement qu'en 1921.

Si vous voulez en savoir plus sur l'implication des femmes pendant la guerre , je vous recommande l'article de Laura Lee Downs Salaires et valeur du travail sur l'origine du décalage entre les salaires féminins et masculins et également le passionnant ouvrage collectif dirigé par Evelyne Morin-Rothureau Combats de femmes 1914-1918 - Les françaises pilier de l'effort de guerre

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17 juillet 2014

Travaux de dames, dit-elle...

Il y a des courbes et des volutes, des envolées de fleurs, des pétales appliqués à petits points, de la dentelle qui joue avec la lumière... bien sûr que ce sont des travaux de dames ! Seulement quand nous nous installons confortablement dans notre fauteuil avec une aiguille à la main, Valérie Boy commence par mettre son masque et ses gants de protection avant d'attaquer au fer à souder ;-)

Valérie Boy - Aigrettes sous le vent

C'est encore une découverte de la séquence Rencontrer de La Maison France 5, la madeleine du mercredi soir, qui nous réserve décidément de belles surprises.

Valérie Boy - Flower Fall

Valérie Boy sculpte le métal et en sort des merveilles de poésie. J'ai bien aimé sa manière de parler de son travail et d'expliquer comment l'image qu'elle avait d'elle-même s'était améliorée avec le regard positif porté par les autres sur ses pièces.

Valérie Bois - Ronces et Petite dentelle

Si vous n'étiez pas devant la télévision hier soir, vous pouvez voir l'émission ici (si vous voulez aller directement au sujet, c'est vers 41:20). Elle sera également rediffusée samedi à 11 heures 20.

Après le bois, le métal... je file un mauvais coton, moi ;-)

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