27 février 2014

Vues de là-bas…

… la France et l'Allemagne sont si proches qu'on peut quasiment les confondre ! Ni une, ni deux, c'est ce que s'empresse de faire cette publicité américaine pour la filature Clark, en identifiant la patrie de l'impératrice Augusta-Victoria par un superbe drapeau français.

Augusta_Victoria

Augusta-Victoria épouse, en 1881, Guillaume de Hohenzollern qui deviendra souverain de l'empire allemand sept ans plus tard. Elle l'accompagne pendant les trente ans de son règne, avant qu'il n'abdique en 1918. Ne forment-ils pas un beau couple, tous les deux ?

Augusta_Victoria_et_Guillaume
source : Bibliothèque du Congrès

Ce télescopage est d'autant plus saisissant que l'image a été imprimée à la fin du XIXème siècle, dans une période tellement remplie de tension et de ressentiment entre les deux pays qu'elle allait les mener à la première guerre mondiale. Mais l'Europe est si loin, vue de l'Amérique…

Je serais curieuse de voir, dans la même série, le drapeau qui a été attribué à Madame Carnot ;-)

Edit : Oh ! Dommage ! j'aimais tellement cette prescience du futur melting pot européen qui nous aurait épargné bien des affrontements ! Mais j'avais tort : Catherine me fait remarquer qu'il ne faut pas voir sur la chromo le drapeau bleu, blanc, rouge de la France, mais le drapeau noir, blanc, rouge de l'Empire allemand, utilisé jusqu’en 1918. Et oui… le drapeau noir, rouge et or que nous connaissons aujourd’hui à l’Allemagne n’est pas si ancien finalement, il date du siècle dernier.

Pardon les publicitaires américains du temps jadis, j’espère que je n’ai pas troublé votre repos éternel ;-)

Posté par OuvragesDeDames à 06:19 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , ,


23 février 2014

Le cadeau d'Annie

Je me suis remise à broder, ce que j'avais un peu perdu de vue ces temps-ci et surtout, c'est un plaisir que je retrouve. Mais comme je me suis attaquée à un ouvrage qui va me prendre encore un peu de temps, je n'ai rien à montrer pour le moment.

J'ai quand même bien envie de m'accorder avec mon humeur du jour et de parler de point de croix. Je vous avais déjà présenté dans ce billet le cadeau offert par Michèle la dernière fois que nos amies de Sigean sont passées à Dijon, voici maintenant celui qu'Annie a fabriqué pour nous : un coussinet qui exprime, dans sa sobriété, tout le sens que nous mettons dans nos petites croix, et le lien avec les écolières du temps passé. Et ce dont vous ne pouvez profiter, c'est sa délicieuse odeur de lavande qui nous ramène aux trousseaux bien rangés dans des armoires ombreuses.

coussinets Annie

C'est un diagramme qu'Annie avait donné au Marquoir, il y a bien des années. Pour toutes celles d'entre vous qui ne le connaissent pas, elle m'a gentiment proposé de le mettre à disposition ici. Il vous suffit donc de cliquer sur la vignette qui suit pour le récupérer. Merci Annie !

coussinet Annie vignette

Posté par OuvragesDeDames à 08:12 - - Commentaires [96] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 février 2014

Inédit

Oui, telle que vous me voyez, j'ai le sifflet coupé... reposant, non ?

 

Sebastian Lester est un magicien, son site est ici.

Posté par OuvragesDeDames à 07:33 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags :

14 février 2014

Une machine à coudre...

... ça peut aussi servir à ça,>)))

romeo & juliette

Posté par OuvragesDeDames à 08:35 - - Commentaires [49] - Permalien [#]
Tags : ,

12 février 2014

Burkard : l'enquête de la semaine

Ce que j'aime par-dessus tout dans la collection, davantage que l'accumulation je crois, c'est regarder chaque objet individuellement, rechercher son histoire, deviner les mains entre lesquelles il est passé et, finalement, respirer un peu de l'ambiance qui l'a entouré du temps où il était encore en usage.

Alors quand j'ai récupéré ce joli dépliant d'un représentant en passementerie, j'ai immédiatement eu envie d'en savoir davantage sur cette association entre Burkard, un nom plutôt obscur pour moi, et la marque C+B dont, en revanche, la renommée n'est plus à faire.

dépliant Burkard

Le jeu de piste débute avec cet en-tête d'une lettre datant du début du siècle dernier, où la maison Burkard se présente comme une "Fabrique de lacets pour passementeries et dentelles". Bon… ce document est en cohérence avec le maroquin : là aussi, la collaboration avec la marque C+B est mise en avant. On y apprend incidemment, mais c'est loin d'être une surprise, que la maison a son siège à Paris, boulevard de Sébastopol, c'est-à-dire dans le quartier traditionnel de la mercerie.

Venise, Irlande, soutaches, mignardises… Faut-il encore me demander pourquoi j'aime la mercerie ? Oh ! il m'a piqué le titre du blog, aussi ;-)

Burkard lettre

Une piste plus sérieuse se présente, avec ce livret sur La guipure moderne aux lacets et à l'aiguille où il est indiqué que Burkard a pris la succession de la maison Cuvyer-Bresson. Cette fois-ci je tiens le bout du fil, l'écheveau sera facile à démêler !

Guipure moderne

Car maintenant, je sais exactement où je vais pouvoir trouver l'information de référence, et ce sera dans la passionnante monographie que Bruno Floquet a consacré à ses ancêtres, Cartier et Bresson, au fil d'une famille.

Effectivement l'information dont j'ai besoin s'y trouve : Claude Bresson, dit "Bresson Aîné" n'a pas seulement été le fondateur, en 1825, de la marque de fabrique de coton C+B. Il a également fondé une famille conséquente, puisque son épouse Madeleine donna le jour à neuf enfants, dont huit filles qu'il maria, il faut bien le dire, au mieux des intérêts de la dynastie. Et après avoir assuré la solidité de ce qui allait devenir la branche Cartier-Bresson avec ses trois aînées, il donna en mariage sa dernière-née, Céline, à Monsieur Saint-Charles Cuvyer, ci-devant fabricant en passementerie.

restaurant Gillet
Le restaurant Gillet, toujours une institution cinquante ans après le mariage de Céline et Saint-Charles

Charles, le neveu de Céline Bresson, a chroniqué la vie de la famille pendant des années. Celui-là même qui prendra plus tard en charge le développement de l'usine de Celles-sur-Plaine, raconte ses impressions d'enfant sur le mariage : "Ma tante épousant alors M. Saint-Charles Cuvyer, fabricant de passementerie, j’assistai au dîner de noces, à la vieille mode, chez Gillet, près de la Porte Maillot. J’étais là, petit bonhomme de huit ans, en tunique de collégien, soixantième convive. Après un long et pompeux déjeuner, on alla bourgeoisement se promener au bois de Boulogne."

Il devait plaire au beau-père, car il était bien entreprenant aussi, l'ami Saint-Charles (Ah, ben oui... on ne choisit pas ses parents... et les parents sont parfois curieusement inspirés dans le choix des prénoms !). Au Bulletin des lois du deuxième semestre 1869, entre une égreneuse de trèfle et un porte-plume encrier, on trouve la trace d'un brevet déposé au bénéfice de son entreprise pour une "machine à diviser et à lier les perles sur fils, rubans et tresses". Ne me demandez pas comment ça fonctionne exactement, mais c'est de la passementerie, ça c'est sûr !

Brevet Cuvyer-Bresson

De Burkard à Cuvyer, de Cuvyer à Bresson… maintenant que les liens sont établis, il ne reste plus qu'à profiter de ce dépliant, resté dans un état de propreté miraculeux pour son âge et la fragilité de ce genre d'objet.

 Burkard 2

Burkard1

Burkard 3

Je vous rappelle pour l'occasion que si vous voulez profiter de mes images dans leur meilleure taille,
il peut être préférable, en fonction de votre écran, de les ouvrir dans un nouvel onglet.

Posté par OuvragesDeDames à 06:17 - - Commentaires [43] - Permalien [#]
Tags :

09 février 2014

Cadeaux de mariage

Domestic sewing machine

Ah Gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…
Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière, avec un four en verre
Des tas de couverts et des pelles à gâteau !
Une tourniquette pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux !
Boris Vian - La complainte du progrès

Boris, tu as oublié… la machine à coudre, pour faire les pantalons !

Posté par OuvragesDeDames à 09:26 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,

05 février 2014

Douceur de la Wool War 1

Pour écouter la chronique de France Bleu sur l'armée de laine à Roubaix, il suffit d'un clic sur l'image qui suit :

Radio France
Une armée de laine à Roubaix  © Radio France

Le début de la belle histoire est dans ce billet.

Posté par OuvragesDeDames à 18:29 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

02 février 2014

Bye bye janvier

Voici donc venu le mois de février, qui marque la fin des belles surprises trouvées soir après soir dans la boîte aux lettres. J'ai fait une bien jolie récolte faite maison, cette année encore, et mon panier est rempli d'idées à reprendre.

Voeux 1

 Les heureux présages brodés de Lyne, les petits points ultra fins de Marcelle et la jolie boule de Noël d'Yvonne.

Voeux 2

Le calendrier mutin de Michèle et celui de Sandra, si bellement brodé et monté.

Voeux 4

La carte d'Angela, aussi belle à l'endroit, brodé d'une des couronnes dont les modèles sont dans ce billet, qu'à l'envers, avec sa calligraphie virtuose. Angela, tu viens de me donner une idée pour exploiter ces couronnes fleuries sur un ouvrage en cours... dont je ne peux pas parler pour le moment,>)))

Voeux 3

La carte primitive de ma Babeth, dans les subtiles tonalités que je rêve d'exploiter, et la la carte brodée d'Annie, d'une pureté qui va droit à l'essentiel.

Voeux_5

Les étoiles musicales de Marie-Christine, les envolées de papier d'Isabelle et les médaillons argentés de Katie.

Voeux_6

Le sapin de Martine, les doux collages de Pascale et le Pecq en dentelles de Véronique.

Voeux_8

Les candy canes de Niky, le marque-page gracieusement fifillede Mimi.et la boîte brodée de Marie-Thérèse, aussitôt adoptée pour ranger mes épingles.

Voeux 7

Les hirondelles musiciennes de Maryvonne et l'ouvrage comme toujours plein de sens de Catherine, inspiré cette année par les aborigènes d'Australie.

Voeux 9

Les échantillons de galons de Christine, le beau travail de dentelle de Chantal et le pique-aiguilles kitsch de Yuko.

Voeux 10

L'alphabet découpé de Michèle et la douce broche en feutrine de Josette.

Et puis mes collections aussi ont été gâtées et se sont agrandies en ce début d'année : j'aurai l'occasion de vous montrer plus en détail la boîte pour machine à coudre que je cherchais depuis longtemps, dégottée pour moi par Élisa, le moule à springerle de Sylvie ou encore les cartes à fil anciennes de Maryvonne.

Vous toutes qui avez consacré de votre temps pour que mon année soit douce, amies dans la vraie vie ou lectrices du blog que j'espère bien rencontrer un jour, vous avez touché mon coeur, merci !

Posté par OuvragesDeDames à 10:32 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags : ,