Aujourd'hui, une star de nos collections ;-) J'ai nommé : le nécessaire du soldat, encore un outil multi-usages qui sert à la fois de bobine, d'étui à aiguilles et d'alêne.

nécessaire ouvert

 En fouillant dans les vieilles photos, j'ai retrouvé le livret militaire de mon arrière-arrière-grand-père Georges. Jusque là, rien de particulier, il n'a à priori d'intérêt que pour moi.

nécessaire du soldat

Mais en y regardant d'un peu plus près, et en lisant attentivement tous les feuillets, je suis tombée sur ça, dans l'énumération des effets remis au conscrit de l'époque : bobine en bois renfermant six aiguilles et une alène emmanchée. Ah ah... c'est que ça devient un peu plus intéressant, non ?

livret arrière grand-père Georges

Voilà donc identifiée notre "cousette du soldat" déjà sur le livret d'un conscrit de la classe 1889 (à quelque chose près, il aurait pu croiser Irénée). Je n'ai pas celle de Georges, en réalité pour la photo j'ai posé sur son livret militaire celle de ma collection qui me paraît la plus ancienne. Et la cousette qui est à côté, sur la même photo, c'est celle que mon papa a touchée dans son barda en 1957, avec les fils de lin gris et écru. Tout ceci est bien suffisant pour ne plus limiter cet ingénieux instrument à la première guerre mondiale, comme on l'entend bien souvent dans l'appellation trop restrictive de "cousette du poilu". En réalité, l'armée française en a doté tous ses trouffions pendant au moins un siècle.

nécessaires du soldat

J'avais discuté sur un salon avec un féru de la vie des troupes pendant les guerres napoléoniennes. On en voit, de ces choses, sur les salons de broderie : il avait monté son bivouac entre nos tables, passait la journée en uniforme méticuleusement reconstitué, et campait la nuit sur sa paillasse de zouave pour veiller sur nos biens les plus précieux. Il était passionnant et, accessoirement, occupait bien les compagnons de ces dames qui ne voyaient pas le temps passer en jouant au petit soldat ;-) C'est lui qui m'avait dit que cette fameuse cousette de gauche, d'un gabarit si particulier, pouvait bien remonter au XIXème siècle.

Quant aux différents modèles existants (voir par exemple la première et la troisième en partant de la gauche), il m'avait expliqué que les conscrits étaient comptables des effets remis par l'armée et devaient rendre leur paquetage au complet quand ils étaient libérés. Or comme ils pouvaient rester plusieurs années en service, il leur arrivait bien sûr d'en perdre certains éléments. Heureusement les vivandières attachées aux troupes étaient là pour leur sauver la mise en leur vendant, outre la nourriture et les produits de première nécessité, les petits objets de la vie quotidienne. D'après lui, ça pourrait expliquer la coexistence, à côté du modèle réglementaire, de versions un peu différentes de la cousette.

Vivandière
Source : l'inépuisable Gallica

C'est une explication pour la variété des plus anciennes. Je pense aussi que l'objet a bien sûr pu évoluer dans le temps et selon les fabrications.

Et pour terminer, voici une carte postale qui date des années 30. Passons sur l'humour (?) militaire,ce qui est intéressant, c'est la trousse contenant tout le nécessaire pour entretenir  l'uniforme et réparer les petits accidents.

carte postale cousette

Vous avez de l'information, des pistes supplémentaires sur cet objet ? Je suis preneuse !