La rencontre de Rosignano se tient dans le cadre de la fête annuelle du Monferrato, Riso e Rose. Pendant un mois, les  villages du pays rivalisent d’idées pour fêter par roulement leurs deux emblèmes que sont le riz et les roses… et un peu le vin aussi, car la plaine est en rizières cependant que la colline est tout en vignes.

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Depuis 2003, Rosignano a choisi les arts du fil pour sa contribution à la fête, à l’initiative d’Anna qui a réussi à imposer cette première du genre en Italie. Les brodeuses s'installent dans le joli théâtre du village et les rues sont annexées par les producteurs et artisans locaux. J’en profite toujours pour reconstituer mon stock de ces farines de riz parfumées à la rose ou à l’amande, qui font de si délicats desserts. Le cadre est idyllique, l’ambiance joyeuse, et l’hospitalité piémontaise fait le reste.

Peut-on imaginer plus bel endroit que ce petit théâtre ? C’est le bâtiment qui se trouve tout à droite du village, avec ses trois fenêtres hautes. Et en contrechamp, suit la vue que l'on a de ces fenêtres.

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Cella_Monte_vu_de_Rosignano

Quant à l’ambiance, et bien… nous sommes en Italie, tout est dit ! Pendant que Monsieur le Maire fait son discours d’inauguration dans la rue, les petites mains s’affairent à préparer les gelati (au riz et à la rose, bien sûr ;-) pour les visiteurs de la première heure. Puis la jolie Monferrina coupe le ruban et c’est l’ouverture officielle.

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Mais puisque nous étions là pour la broderie, parlons broderie !

Les gentilles valdôtaines de la coopérative Lou Dzeut qui tissent et transforment des textiles de très belle qualité.

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Rossana, la pétulante Madame Chantilly et ses dessins pleins de fantaisie.

Rossana

Niky sur fond d’un patchwork ancien que je lui aurais volontiers volé.

Niky

Livia, la moitié du binôme Rovaris, tout environnée de rouge.

Livia

Tinu et Rossella qui représentaient Nonnalana... Tinu qui nous a régalées, comme à chaque rencontre, de ses croustillants amaretti ;-)

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Charline et son Carnet de broderies au milieu de ses créations raffinées et de délicieux modèles anciens remis au goût du jour.

Charline

Ma découverte et mon coup de cœur sur ce salon ont été pour une galériste milanaise représentant des artistes textiles pour un travail sur le thème de la mémoire. Leurs œuvres m’ont émue et saisie : les photos anthropométriques de détenues australiennes transformées par Katharina Sommer qui pose un précieux voile de dentelle sur leur visage à peine rebrodé comme pour les protéger, la maison idéale de Simona Mormile faite de tissu et dont l’intérieur est décoré par des fragments textiles venant de sa famille, l’icône de Nicola Liberatore voilée de gaze et qui m’a fait penser à une vierge noire, les tableaux de Riccardo Ajossa qui associe aux images de cargos les modèles de filet patiemment rebrodé par les épouses attendant le retour du marin.

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Par-dessus tout, j’ai vraiment craqué pour un long chemin de vieux chanvre posé au sol et qui portait en filigrane, noyés dans la brume blanche du Gesso, des images faisant penser à des fresques blessées et à demi effacées, une œuvre encore de Nicola Liberatore. Les photos sont très réductrices, j'ai préféré ne pas en mettre...

Evidemment, c'est toujours trop court. Mais je ne quitte pas tout de suite l'Italie, je me mets en route pour la région des lacs. Quelques jours de balade, encore...