31 mai 2014

Ai-je rêvé ?

Pour ce nouveau séjour sur le lac Majeur, Niky m'a offert un endroit unique qui est la destination de sa promenade quotidienne. De là-haut on oublie tout ce qu'on voudrait ne pas voir là-bas, tout en bas : les aménagements touristiques, les promeneurs bruyants et pressés de passer à la visite suivante, les vendeurs de billets qui se disputent le client à emmener aux îles.

Lago Maggiore

De là-haut on ne perçoit que l'irréelle poésie du lac. Même l'intervention humaine apparaît comme un bijou posé sur la nature : le joli village de l'île des Pêcheurs, la discrète isola Madre, le grandiose palais Borromeo et ses jardins en cascade, les lumières de Verbania sur l'autre rive du golfe...

Isola Pescatori

Isola Bella

Nous sommes restées longtemps à regarder la nuit tomber sur le lac. Je ne pouvais pas me résoudre à quitter ce spectacle unique, merci encore Niky pour ta patience ;-)

Isola Pescatori 2

Isola Bella 2

Malheureusement les photos sont bien incapables de restituer l'émotion que j'ai ressentie. Les montagnes tout autour, le lac et les îles, où que se porte le regard, le coeur explose de voir tant de beauté... Le lendemain matin, sur le point de prendre la route du retour en France, je n'ai pas pu résister à passer de nouveau par la petite route.

Isola Pescatori 4

Isola Pescatori 3

Isola Pescatori - l'île des Pêcheurs

Isola Bella 3

Isola Bella 4

Isola Bella - L'île Belle

De jour, on perd la magie des lumières, le paysage paraît moins fantasmagorique, la vraie vie reprend ses droits et on voit le monde s'agiter. C'est beau aussi le ballet des bateaux et les traces de leur sillage, il y en a même qui s'amusent à faire des ronds dans l'eau ;-)

Sillages

Isolotto della Malghera - La minuscule île des Amoureux

J'ai imaginé de loin l'allée des glycines et les paons faisant la roue dans les jardins d'isola Madre, les ruelles ombreuses et les vieilles maisons d'isola Pescatori, tous ces souvenirs d'une précédente visite à Baveno où j'avais pris le bateau des îles. C'était si beau de les voir de loin et d'avoir l'impression de pouvoir les prendre dans ma main !

Oui, je crois que j'ai rêvé...

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29 mai 2014

Les rizières du Pô

Pour venir en Italie, je passe par le Mont Blanc et à la sortie  de la vallée d'Aoste, je suis toujours étonnée que le chemin ait été si court, à peine cinq heures et c'est fait... Alors quand je vais dans le Monferrato, j'aime bien m'offrir le chemin des écoliers pour le petit bout de route qui me reste à faire.

Ça me permet de traverser par les toutes petites routes les rizières de la plaine du Pô. Au mois de mai, elles viennent juste d'être innondées et le riz n'a pas encore poussé, on a l'impression de voler sur l'eau : c'est magique !

San Grisante

Bien sûr, l'Italie ce sont les pâtes, mais le riz également est une institution. Un bon carnaroli cuisiné en risotto par Anna... quel souvenir ! Il est cultivé depuis plus de six siècles au Piémont et en Lombardie. Léonard de Vinci lui-même a initié le système d'irrigation qui a permis le développement de la riziculture.

Cantavena 3

Le Pô est à l'origine de tout, ce sont ses eaux qui permettent d'inonder la plaine d'où sortira chaque année l'or blanc dont l'Italie est le premier producteur en Europe. A peine passé le fleuve, on butte sur les premières collines du Monferrato : une petite grimpette jusqu'à Gabiano puis il ne reste plus qu'à rejoindre Cantavenna par la strada provinciale 5.

Cantavena 4

J'ai découvert ce point de vue sur la plaine du Pô par hasard... en me perdant, comme cela m'arrive souvent sur les routes italiennes. Et il m'a certainement fallu un peu de chance pour pressentir que l'endroit était exceptionnel et pour que je m'arrête car vraiment, rien ne l'indique. Mais j'y retourne maintenant à chaque fois (et souvent plusieurs fois par séjour...) et une fois installée là, entre le cerisier et le tamaris, il est bien difficile de m'en détacher tant la vue jusqu'aux Alpes est fascinante.

Cantavena-1

Il y a mille détails à voir dans ce paysage : les fermes et les villages qui paraissent des îles, le train qui glisse sur l'eau ou les sentiers qui tracent des virgules au milieu de "il mare a quadretti" (merci Laetitia de m'avoir appris tant de choses passionnantes sur le riz). Je vous ai indiqué le chemin, si vous avez la chance de passer dans les parages, ne manquez pas d'aller faire un tour au merveilleux belvédère de Cantavenna !

Cantavena-2

Si vous voulez voir les images dans leur meilleure taille, je vous conseille de les ouvrir dans un nouvel onglet plutôt que d'utiliser le très erratique système d'agrandissement des images de Canalblog.

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26 mai 2014

Salone ideal

Le petit salon de Rosignano se tient dans le cadre de la fête annuelle du Monferrato, Riso e Rose. Pendant un mois, les  villages du pays rivalisent d’idées pour fêter par roulement leurs deux emblèmes que sont le riz et les roses… et un peu le vin aussi, car la plaine est en rizières cependant que la colline est tout en vignes.

plaine_et_collines

Depuis 2003, Rosignano a choisi les arts du fil pour sa contribution à la fête, à l’initiative d’Anna qui a réussi à imposer cette première du genre en Italie, en nous faisant le bonheur d’y réserver une place aux brodeuses françaises. Nous installons nos petites affaires dans le joli théâtre du village et les rues sont annexées par les producteurs et artisans locaux. J’en profite toujours pour reconstituer mon stock de ces farines de riz parfumées à la rose ou à l’amande, qui font de si délicats desserts.

La promesse d’un salon idéal est honorée à bien des égards. Car le cadre est idyllique, l’ambiance joyeuse, et l’hospitalité piémontaise fait le reste.

Peut-on imaginer plus bel endroit que ce petit théâtre ? C’est le bâtiment qui se trouve tout à droite du village, avec ses trois fenêtres hautes. Et en contrechamp, suit la vue que nous avions de « nos » fenêtres.

Rosignano_vu_de_Cella_Monte

Cella_Monte_vu_de_Rosignano

Quant à l’ambiance, et bien… nous sommes en Italie, tout est dit ! Pendant que Monsieur le Maire fait son discours d’inauguration dans la rue, les petites mains s’affairent à préparer les gelati (au riz et à la rose, bien sûr ;-) pour les visiteurs de la première heure. Puis la jolie Monferrina coupe le ruban et c’est l’ouverture officielle.

_inauguration1_inauguration2

Mais puisque nous étions là pour la broderie, parlons broderie !

Mes gentilles voisines de la coopérative valdôtaine Lou Dzeut qui tissent et transforment des textiles de très belle qualité.

Lou_Dzeut

Rossana, la pétulante Madame Chantilly et ses dessins pleins de fantaisie.

Rossana

Niky sur fond d’un patchwork ancien que je lui aurais volontiers volé.

Niky

Livia, la moitié du binôme Rovaris, tout environnée de rouge.

Livia

Tinu et Rossella qui représentaient Nonnalana... Tinu qui nous a régalées, comme à chaque rencontre, de ses croustillants amaretti ;-)

Tinu_Rossella

Charline et son Carnet de broderies au milieu de ses créations raffinées et de délicieux modèles anciens remis au goût du jour.

Charline

Et enfin un petit tour chez moi... parfois en regardant les photos, je me demande si je vends de la brocante ou de la broderie !

Sylvaine

Ma découverte et mon coup de cœur sur ce salon ont été pour une galériste milanaise représentant des artistes textiles pour un travail sur le thème de la mémoire. Leurs œuvres m’ont émue et saisie : les photos anthropométriques de détenues australiennes transformées par Katharina Sommer qui pose un précieux voile de dentelle sur leur visage à peine rebrodé comme pour les protéger, la maison idéale de Simona Mormile faite de tissu et dont l’intérieur est décoré par des fragments textiles venant de sa famille, l’icône de Nicola Liberatore voilée de gaze et qui m’a fait penser à une vierge noire, les tableaux de Riccardo Ajossa qui associe aux images de cargos les modèles de filet patiemment rebrodé par les épouses attendant le retour du marin.

FiberArtAnd

Par-dessus tout, j’ai vraiment craqué pour un long chemin de vieux chanvre posé au sol et qui portait en filigrane, noyés dans la brume blanche du Gesso, des images faisant penser à des fresques blessées et à demi effacées, une œuvre encore de Nicola Liberatore. Les photos sont très réductrices, j'ai préféré ne pas en mettre...

Evidemment, c'est toujours trop court. Tout le barda est remballé, je reprends la route pour la région des lacs. Quelques jours de balade, encore...

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22 mai 2014

Le sens des mots

A bientôt recto

Ce "A bientôt" dansant d'allégresse doit être chargé de bien plus de choses que celui que nous lançons, tous les jours, sans trop réfléchir à son contenu... La carte date du 30 mai 1916. Un militaire annonce sa toute prochaine permission à sa femme et à ses enfants.

A bientôt verso

Moi, ce que je me suis toujours demandé, c'est : comment trouvaient-ils la force de repartir pour l'enfer après quelques jours à la maison ?

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18 mai 2014

Dans trois jours...

... la petite auto sera chargée à bloc avec vieilleries, broderies, fiches et kits, prête à partir à l'assaut du Mont Blanc pour m'emmener de l'autre côté des Alpes, au pays des rizières et des collines verdoyantes. Et plus particulièrement dans un merveilleux village placé sous le signe des roses et où l'on trouve aussi des musiciens un peu barrés !

roses_et_musique

Rosignano

Rosignano, c'est tout simplement le bonheur de passer un week-end de rêve dans un petit paradis, pour participer à la fête du Monferrato. Déballer ses petites affaires dans le Teatro Ideal, ça classe un peu sa brodeuse, quand même,>))) Pour celles d'entre vous qui n'êtes pas trop loin, je vous y attends ?

Rosignano_affiche_2014

Et sur la route du retour vers la France, je ferai une halte sur les rives du lac Majeur, pour retrouver d'autres amies et parler encore de broderie dans un superbe endroit. Bon, il ne faut pas se désunir, il me reste quelques jours de travail à assurer avant de tailler la route. Mais ma dernière fois en Italie, c'était il y a déjà un an... je languis !

Psittt ! Si vous êtes dans l'Aude ou à proximité aujourd'hui, je vous envie : ce sont les puces des couturières à Sigean, de 9 heures 30 à 17 heures 30 (Gymnase Pierre de Coubertin - avenue de Port la Nouvelle)

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15 mai 2014

L'alphabet du torchon

Vous avez été plusieurs à me demander l'alphabet du torchon, le voilà. C'est un petit alphabet classique, aux lettres équilibrées et bien lisibles, il permet d'écrire des textes assez compacts. M. Sajou ? M. Rouyer ? M. Alexandre ? Un de ceux-là, probablement...

alphabet_torchon

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11 mai 2014

Patchwork alsacien

Ce qui m’a immédiatement charmée à Colmar, ce sont les éclats de verdure partout présents. Il y a une grâce assez anglaise dans cette manière de contenir la nature sans la domestiquer tout à fait, que ce soit dans les espaces publics ou derrière les grilles. J’ai aimé tomber sur des micro-sous-bois dans les endroits les plus inattendus.

verdure_en_ville_2

verdure_en_ville

Mais la ville, bien sûr, ce sont surtout des maisons. Quand je me promène dans les rues, j'imagine toujours les beaux intérieurs derrière les volets clos. Les fenêtres murmurent... les fenêtres chantonnent... Les fenêtres me parlent.

volets_2

volets_1

Faire du tourisme urbain à 7 heures du matin, c’est idéal pour avoir tout à soi une ville déserte. Car j''imagine que le joli quartier de la petite Venise doit être infréquentable aux heures ouvrables. Ici la ville se reflète dans l'eau, les cygnes et les canards traversent des maisons noyées.

Colmar_et_eau

Mais 7 heures du matin en ville, c’est un peu moisi aussi, car bien sûr je n’ai pas eu besoin de la chercher pour tomber sur LA brocante qu’il fallait voir… enfin, sur sa vitrine seulement qui était déjà bien assez pour me faire craquer. Niveau de frustration : maximum. Niveau d’économie également, je suppose… Je me serais bien arrêtée aussi à la terrasse fleurie de ce troquet pour un petit café. Trop tôt…

brocante_et_troquet

Cette balade fort matutinale m'aura en tout cas donné matière à réflexion pour un futur patchwork. Ces façades alsaciennes ne sont-elles pas une belle source d'inspiration pour un ouvrage à venir ?

patchwork_alsacien

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07 mai 2014

Souvenirs de famille

Que c'est dur de sortir d'un ouvrage qui nous tient à coeur quand on vient de le terminer ! On voudrait n'avoir jamais à y mettre le dernier point.... C'est ce qui vient de m'arriver avec le torchon que j'ai brodé pour Nans-sous-Sainte-Anne : il m'a permis de renouer avec les ouvrages au long cours que j'affectionne mais que j'avais un peu perdus de vue depuis quelques temps.

torchon_Saucet

C'est qu'un ouvrage brodé est bien plus qu'un objet inanimé fait de toile et de fil : il contient des heures de pensées profondes ou légères, des émotions voletant au détour d'une phrase posée sur le tissu, et finalement tout un dialogue intime avec soi-même qui s'instaure au cours de son élaboration. Je crois que c'est ce que représente pour moi le temps passé à broder : le seul moment où je n'ai rien d'autre à faire que rêvasser en faisant avancer mon aiguille. Et j'en construis, des châteaux en Espagne ! Et j'en refais, des mondes meilleurs où chacun a droit à sa part de soleil ! Et j'en invente, des réponses définitives aux méchancetés du monde...

lavoir

Heureusement, participer à un concours c'est un sacré bon cadrage quand on a tendance à la divagation. Je ne me fais pas d'illusions : cet ouvrage-là n'était pas près d'être fini si je n'avais pas eu la date butoir du 25 mars en ligne de mire. Comme bien sûr je n'ai commencé que très mollement en janvier, il m'a fallu ensuite compenser ce retard à l'allumage en y consacrant tout mon temps libre pendant ces dernières semaines. Quand je pense que Marlie a reçu les premières contributions dès le mois de décembre... je me dis qu'on m'a sabotée au moment des réglages en usine !

Eug_ne_et_Ernestine

Pourtant j'avais décidé de participer dès le mois de mai dernier, au moment même où j'ai vu le torchon d'Irénée Geriet. Et j'ai su tout de suite ce que je broderais : les souvenirs de ma maman, elle qui les a vus peu à peu sombrer dans le brouillard de sa mémoire perdue.

torchon_bas

Mon vieux torchon raconte sa vie de torchon dans la petite maison de bois et de tôle que mon grand-père a construite de ses mains. Il parle de sa roseraie, le seul luxe qu'il se soit autorisé. Il contient le temps qui va auprès d'Eugène, d'Ernestine et de leurs quatre filles. J'ai des souvenirs d'enfant citadine dans cette campagne que j'ai connue jusqu'à la mort de mon grand-père, quand j'avais quatorze ans. Ils se mêlent à ceux que nous racontaient ma mère et mes tantes autour des tablées du dimanche. Ce n'était pas difficile de les faire démarrer... et nous nous régalions des anecdotes entendues encore et encore, que nous connaissions par cœur et qui nous faisaient rire toujours aux mêmes endroits. Nous aimions nos conteuses, elles aimaient leur public, c'est l'histoire de la famille qui s'écrivait autour de leurs récits. En même temps qu'elles, se sont effacés les liens…

Eugène et Ernestine

Ernestine et Eugène

les fleurs du lavoir

Si je mets de côté ceux organisés en interne au PCB, c'est la première fois que je participe à un concours car j'ai un peu de mal à associer la compétition et le jugement de valeur avec la broderie. Mais ceci mis à part, l'expérience m'a plu et je suis déjà tentée de replonger avec le projet 2015. Pour le moment je suis juste rebutée par la relative petite taille imposée : 210 x 170 points, ça me paraît juste pour s'exprimer sur un marquoir. Mais les contraintes font partie du challenge, alors… je réfléchis,>)))

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03 mai 2014

Papier magique

En regardant la Maison France 5 mercredi, je suis tombée sous le charme de Charles Macaire, qui crée des sculptures et des luminaires en pliant et en froissant le papier.

Charles_Macaire_1

J'ai aimé bien sûr les objets poétiques qu'il fait sortir de ses mains. Mais ce qui m'a plu par dessus tout, c'est de voir ses gestes doux et patients pour amener le papier là où il l'a décidé. Et c'est passionnant de l'écouter parler de son travail et raconter son parcours d'autodidacte du papier.

Charles_Macaire_2

Si vous n'étiez pas devant votre télévision ce soir-là, vous pouvez vous rattraper ici (pour accéder directement au sujet, c'est vers 42'30"). Charles Macaire présente également ses créations sur son site.

Et ce sont les Marseillaises qui auront la chance de pouvoir les voir en vrai, juste au bout de ma rue... trente ans trop tard, pour ce qui me concerne,>)))

Edit : rediffusion aujourd'hui même à 11h20, merci Annie !

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01 mai 2014

Dans mon panier, il y a...

... la livraison annuelle de muguet de Pierrette la fidèle !

Muguet_Pierrette

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