La même insolence, le même mépris du qu'en dira-t-on, le même pied-de-nez aux conventions... Une année ne sera pas passée avant que Geneviève Dormann n'emboîte le pas de Régine Deforges, sa complice en broderie.

Journaliste et écrivaine, elle aussi a dû sacrément hausser les épaules face à la condescendance de certains cercles littéraires ne voyant qu'un amusement à la limite du canular dans ces "petits ouvrages sur le point de croix", écrits à deux passions et à quatre mains

geneviève dormann.

Je nourris pour elle la même reconnaissance, je lui dois les mêmes remerciements. Mes souvenirs de lecture heureuse, Le bal du dodo, La bicyclette bleue, se mêlent à mes plaisirs de brodeuse, décomplexée par ces deux anti-conformistes rebelles aux conventions.

Le monde de la broderie évoluera désormais sans Geneviève Dormann. Chacun des mots que j'ai écrits l'année dernière pour Régine Deforges sont pour elle aussi, vous pouvez les retrouver dans ce billet.

Train 1

De même que certains paysages sont à jamais marqués par les livres que nous y avons lus, les broderies irradient des ondes de tristesse, de joie ou de malice. C'est pourquoi le morceau de canevas ou d'étoffe où l'aiguille traîne à sa suite les fils couleur de rubis, d'indigo ou de jade garde longtemps la trace des moments précis d'une vie que, seule, la brodeuse peut encore décrypter longtemps après ; ici, c'était un chagrin ou un plaisir d'amour, là, une attente impatiente ou la sérénité amicale d'un soir d'été.
                                                                                                              G.D.

Train 2

Les petits trains ainsi que la citation sont extraits du premier ouvrage de ces dames, Le livre du point de croix. Je n'ai malheureusement pas pu identifier le crédit de la photo, mais je déroge à mes habitudes en l'utilisant quand même, pour le sourire solaire de Geneviève et le monograme discrètement brodé sur le revers de sa poche...