Ce n'est probablement pas de gaieté de coeur que Gérard Georges Lognon a dû se résoudre, il y a deux ans, à quitter son atelier de plissage sans successeur dans la famille. Car c'est son arrière-grand-mère Émilie qui a commencé dans la spécialité sous Napoléon III, en 1853. Je me dis d'ailleurs qu'elle a peut-être croisé quelqu'un de notre connaissance, dans ce petit village qu'était le coeur de Paris ;-)

Plissage chez Lognon - Photo Joël SagetLe plissé paon, un des préférés de Gérard Lognon
Photo Joël Saget - D'autres très belles images sur Culture Box

Puis son grand-père, puis son père... Trois générations avant lui ont sculpté l'étoffe jusqu'à remettre entre ses mains l'atelier et 2500 moules à plisser, les "métiers" qui permettent de mettre en volume les tissus plats. Mais la maison, qui a employé jusqu'à soixante ouvrières à la grande époque, tourne désormais avec cinq personnes...

Comme toujours avec les ouvriers remarquables, tout semble immuable et beau. Il y a quand même de la magie dans cette affaire-là !


Claudine Ivari à l'atelier Lognon - Sure Shot Productions

Au passage, j'aime cette manière qu'ont les artisans attachés à leurs outils de les qualifier de "métier" : on connaissait le métier de la brodeuse ou celui du tisserand, voici le métier du plisseur... et jusqu'au forain qui appelle ainsi son manège !

Un autre reportage, pour le plaisir...


Laissez-moi passer, je travaille dans la mode - Julie Georgia Bernard

L'atelier de "l'ennoblisseur des tissus", ainsi qu'il se qualifiait lui-même avec un peu de malice, a finalement été repris par Chanel. Les plisseurs rejoignent ainsi un bouquet où ils seront en compagnie de brodeurs, de plumassiers, de modistes, de gantiers, de bottiers et de paruriers.