J'avais depuis longtemps mis de côté quelques vieilles chemises avec l'intention de les transformer en sacs, attirée par les réalisations de Lili Pain d'Épices  ou bien de Si un mas m'était conté  Et bien sûr, les chemises s'empilaient gentiment sans qu'aucun sac ne voit jamais le jour…

C'est pourquoi notre échange a été une belle occasion de passer à l'action. En plus j'avais un peu un boulevard devant moi, car j'ai quelques goûts en commun avec la gâtée que m'a désignée le sort ;-) A commencer par les vieilleries et le rouge.

J'ai donc sorti du stock une chemise à la fois assez grossière pour que le sac soit résistant et assez travaillée pour qu'il soit flatteur, un vieux fermoir de bourse et un métrage d'une étonnante soie à recouvrir les ombrelles, présentée en lés étroits d'à peine quarante centimètres.

Sac Sylvaine

J'ai un peu tâtonné pour ce premier essai, j'ai dû recouper et reprendre les coutures car je n'ai pas trouvé d'emblée un équilibre satisfaisant. Là-dessus je n'ai pas tellement de trucs à vous donner, car évidemment tout dépend de la forme de la chemise qu'on utilise. Je me suis simplement rendu compte que pour la coupe des côtés, il fallait démarrer juste à l'encolure, sans rien conserver au niveau des épaules. Comme ma chemise était en trapèze, j'ai coupé les côtés en biais en conservant dans le bas toute l'ampleur que j'ai ensuite réduite en fronçant les côtés, avant d'incruster un fond de forme ovale.

InitialesLe subterfuge à deux balles quand on n'a pas une chemise aux bonnes initiales ;-)

Je peux en revanche vous détailler un peu plus le montage de la poche, reproductible avec toutes sortes de fermoirs, y compris les modernes bien entendu. J'ai réalisé uniquement une moitié de bourse en réalité, que j'ai ensuite appliquée sur le fond de sac.

Poche ouverte

Le patron

J'ai pris l'empreinte de l'arrondi du fermoir et je lui ai ajouté un demi-centimètre pour obtenir la marge qui me permettrait ensuite de le coudre sur l'intérieur du fermoir. Puis j'ai ajouté un centimètre sur chacun des deux côtés verticaux pour l'aisance. J'ai ainsi obtenu la forme finale de ma poche.

patron 1
Évidemment, mon patron ne vous sert à rien,
c'est juste pour vous montrer comme vous adapter au fermoir que vous avez !

Comme je ne voulais pas avoir de coutures sur les côtés pour éviter au maximum les surépaisseurs au moment d'appliquer la poche sur le sac, j'ai choisi de la couper en un seul morceau et de placer la couture au milieu du dos. J'ai donc complété mon patron par un demi-devant de chaque côté pour former la doublure intérieure de la poche. J'ai finalement coupé mon tissu en prenant soin de laisser une valeur couture tout autour de mon tracé rouge.

patron 2

La couture

J'ai ensuite plié mon tissu sur les pointillés et réalisé les coutures à la machine : la couture verticale à l'intérieur de la poche en laissant une ouverture pour la retourner, puis celle du bas et celle de l'arrondi du haut.

J'ai cranté l'arrondi et dégarni les angles, j'ai retourné la poche et j'ai fermé l'ouverture à points glissés. Après avoir bien tout applati au fer, j'ai obtenu une poche parfaitement nette que j'ai fixée sur une moitié du fermoir avec du fil de lin bien solide. Je l'ai ensuite bâtie en place et je l'ai appliquée sur le sac au point de Paris.

Il ne me restait plus ensuite qu'à fixer bien solidement l'autre partie du fermoir sur le sac, toujours à point arrière avec du fil de lin.

Poche devant - détails

J'ai ensuite monté pour la doublure un "sac-bis" que j'ai glissé à l'intérieur du premier, envers contre envers, avant de le fixer tout autour de l'encolure à petits points glissés.