La Maison du Costume Comtadin à Pernes-les-Fontaines a pour ambition de donner à voir la vêture du Comtat Venaissin, ancienne terre des comtes de Toulouse puis des papes qui s'étend à l'est du Rhône et dont Carpentras fut la capitale. Et ce sont, à une seule adresse, deux bonheurs pour les amoureuses de textiles anciens.

Nous entrons tout d'abord par le magasin drapier où se vendaient déjà des étoffes lorsqu'Augustin Benoit Marbaud créa son commerce au milieu du XIXème siècle. Il retrouve aujourd'hui son lustre avec la reconstitution soignée de ses vitrines et des étagères bien fournies. Vieux tissus, couvertures piquées, linge de maison, chapeaux, coiffes et ombrelles : on voudrait tout acheter... rien n'est à vendre pour de vrai !

Magasin drapier

Je vous montre juste ce qu'il faut pour vous allécher ;-) Mais on y voit aussi des outils pour la couture, la dentelle ou la broderie ; le décor est très soigné, jusqu'à l'enrouleur de papier d'emballage en fonte. Que ne réaliserait-on pas avec les somptueux tissus à la montre...

La deuxième partie de la visite se situe au premier étage de cette vieille maison de village, sous la forme d'un musée du costume petit mais riche de mille détails à étudier sous tous les angles. La mise en place, nette et sobre, s'efface pour laisser la vedette aux vêtements. Ils dressent un panorama assez varié de la vêture féminine et masculine du Comtat, des classes populaires aux plus aisées.

Musée du Costume ComtadinTout arrête le regard : le montage d'une manche, le motif d'une indienne, l'accroche d'une bourse perlée ou d'une chatelaine, la transparence d'une mousseline brodée, le chanvre d'un tablier, le matelassage d'un jupon piqué, la barbe d'une coiffe. Et pour moi, ce fut le réveil de mes années provençales au cours desquelles, en piochant nos patrons chez Simone et Estelle Nougier, nous nous adonnions à la reconstitution de costumes avant d'aller faire les belles dans les récampades ;-)

Indienne et mousseline

Petit musée donc, mais d'une qualité rare et d'une richesse bien suffisante pour notre contentement. Le genre de lieu où je me dis : je veux vivre là et n'en plus sortir !