27 avril 2017

Divine surprise

Confrontée à un état civil très fragmentaire dans la capitale, j'étais depuis quelques temps arrêtée sur un de mes ancêtres parisiens ; et un petit peu frustrée de ce blocage parce que la seule chose que je savais de lui avait de quoi me mettre l'eau à la bouche : en l'an VIII, à la naissance de sa fille Marie Marceline, mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (promis, je ne le ferai plus) exerçait la profession de rubanier.

Mais on me l'a donc fabriqué sur mesure, celui-là !

Naissance Marie MarcelineArchives départementales de Paris - 5 Mi 1 / 112

Cependant je restais sur un goût de trop peu avec ce seul mot à me mettre sous la dent : d'où sors-tu, mon rubanier ? Et d'où te vient ce métier-là ?

Mais aucun problème n'existe qui n'ait de solution. Un peu de chance et le soutien d'un fin connaisseur des archives parisiennes plus tard, me voilà sur une piste qui m'entraîne loin de la capitale : je me retrouve avec tout une flopée de maîtres passementiers installés aux confins du Forez, entre Saint-Chamond et Saint-Héand.

Baptême Jean Marie 1750Archives départementales de la Loire - 1MIEC208X4

Je pars donc en voyage, tout au long du XVIIIème siècle et plus avant jusqu'au XVIIème, à la rencontre d'une nouvelle contrée, d'un nouveau milieu, d'un nouveau métier... Autant le dire tout de suite : ça va causer de passementerie dans la Loire, par ici ;-)

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23 avril 2017

La danseuse autrichienne

Je vous ai déjà parlé de la touchante exhumation de souvenirs entreprise par Clara Beaudoux dans la cave de Madeleine, précédente occupante de son appartement à Paris. Par petites touches et en tweets de 140 signes, Clara nous fait partager ses découvertes, banales, émouvantes ou cocasses. Comme un sculpteur débarrassant son sujet de la matière inutile qui l'emprisonne, elle écarte un à un les voiles de l'oubli pour amener sous nos yeux une femme ordinaire et, par conséquent, digne du plus grand intérêt.

Madeleineproject 1

Le premier pied posé dans cette cave a entraîné Clara bien plus loin qu'elle ne l'avait imaginé : à la recherche des élèves de Madeleine, dans  la quête généalogique pour arriver à poser un nom sur ses photos, à Bourges pour retrouver la maison de son enfance... Et elle entrevoit maintenant une suite en proposant une collecte de souvenirs, de nos souvenirs cette fois-ci.

Collecte Madeleine project

Je n'ai pas hésité un instant et j'ai proposé à la collecte l'histoire de ma danseuse autrichienne, légèrement miteuse mais toujours vaillante et primesautière pour une nana qui va sur ses 85 ans.

Dans la maison de mes parents, cette danseuse un peu kitsch était protégée derrière la vitre de la bibliothèque, avec interdiction aux enfants d'y porter la main. On nous avait tellement bassiné.e.s avec sa fragilité que n'aurions jamais osé transgresser cet interdit-là. Parfois, quand nous avions bien supplié, Maman la sortait, remontait le mécanisme et la faisait jouer, avec tout le cérémonial requis par l'évènement.

Danseuse autrichienne

La danseuse autrichienne virevoltait un court moment sur quelques notes charmantes et aigrelettes, devant nos yeux fascinés qui avaient pourtant déjà tant de fois assisté au miracle. Puis elle s'épuisait, comme sur le point de défaillir ; mais nous retenions notre souffle et ne perdions pas une seconde de cette agonie, sachant déjà qu'il était inutile de réclamer un second tour.

Jeannette et Roland

Quand j'y repense, je me dis que ma mère devait bien se marrer à nous embrouiller ainsi, en ne perdant pas une occasion de nous mettre à l'école du plaisir et de la frustration ! Cette broutille pour touristes, rapportée de leur voyage de noces par mes grands-parents en 1932, trône désormais derrière la vitre de MA bibliothèque ; je pourrais faire danser la petite autrichienne à ma guise… mais j'ai bien trop peur de l'user ;-) Parfois, cependant, dans d'exceptionnelles occasions, quand on m'a bien suppliée…

Et vous, quel souvenir offrirez-vous ?

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20 avril 2017

Directement sur la bête

C'est à Silver Spring, dans le Maryland, en juin 1943… C'est n'importe où dans le monde, n'importe quand depuis qu'on a inventé l'aiguille et le bouton ;-)

Photo Ann RosenerPhoto Ann Rosener – Source : bibliothèque du Congrès

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16 avril 2017

Mon bien-aimé Claude

Joyeuses Pâques

Mon bien-aimé Claude, pour la 3ème fois, nous sommes séparés pour faire nos Pâques mais j'ai l'espoir que bientôt tu seras près de ceux qui t'aiment. Le temps me dure, ici il pleut toujours beaucoup. Mais tu ne dois pas te faire aucun souci pour nous, tout est prêt pour la saison. J'ai fait ce que tu m'as dit pour le pré du bas, dans peu d'ici la clôture sera réparée et je n'ai rien dépensé. Ne te fais pas de souci, Jeanne a tout ce qu'il faut et j'ai pu aider Marie. Je t'embrasse comme je t'aime, c'est-à-dire de tout mon coeur, reçois aussi toutes les caresses de ta petite Jeanne chérie. 
ta Philomène

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09 avril 2017

Lin qui rit, lin qui pleure

J'ai aimé savoir quelle main avait tissé chaque fil de la toile sur laquelle je brodais.

Ourdissoir Gander

J'ai aimé ces lins fins et précis qui accueillaient le plumetis avec autant de bonheur que le point compté.

Echantillon plumetis sur 19 fils

J'ai aimé ces kelsch qui passaient si bien à table et embellissaient à chaque lessive.

Sets de table maman

Et je n'ai pas fini de les aimer... Et ils n'ont pas fini d'être aimés car ils sont de la race de ceux qui traversent le temps et qu'on caressera encore dans dix générations. Merci Michel Gander.

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06 avril 2017

Le Théâtre du Soleil

Les archives, c'est aussi ça ! Le département des Arts du spectacle de la BnF, qui conserve les archives du Théâtre du Soleil, vient de tester une nouvelle approche de la numérisation pour nous permettre de visualiser les costumes conservés dans ce fonds. Ce sont parfois jusqu'à une vingtaine de photos qui nous font voyager autour de chaque tenue, avec le remarquable niveau de détail propre à l'offre Gallica.

Jean de Gandcostume de Jean de Gand, cycle Shakespeare - source : Gallica

Prince de Gallescostume du Prince de Galles, cycle Shakespeare - source : Gallica

Richard IIcostume de Richard II, cycle Shakespeare - source Gallica

Yeshecostume de Yeshe, Et soudain des nuits d'éveil - source Gallica

La démarche d'élaboration du costume est atypique et propre à la troupe du Soleil. Nathalie Bouvet, une des créatrices de ces costumes, évoque sur le blog de Gallica  le travail collectif auquel sont associés les comédiens. Il ne trouve souvent son aboutissement qu'à l'issue des répétitions. Nathalie Thomas, responsable des costumes, le confirme dans un entretien publié sur le site du Théâtre du Soleil : "Il y a une interaction permanente entre Ariane Mnouchkine, les comédiens et moi".

Vous pourrez admirer dans leurs moindres détails tous les costumes qui ont pour le moment bénéficié de cette nouvelle technique de numérisation en accédant à ce résultat de recherche sur Gallica.

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02 avril 2017

Vilhelm Hammershøi

En 1888, Vilhelm Hammershøi vit sa Jeune fille cousant refusée à l'exposition de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague ; peut-être osait-il un dépouillement trop peu conforme aux canons de cette fin de XIXème siècle.

Hammershøi - Jeune fille cousant
Vilhelm Hammershøi
Jeune fille cousant Ordrupgaard

Aujourd'hui, je fais mon miel de cette simplicité presque hypnotique et de la sensation de solitude sereine suggérée par le dépouillement des formes. Les grisailles sourdes de sa toile m'entraînent loin sur un chemin d'austérité exigeante qui laisse toute sa place au rêve.

J'ai mis sur la pile des prochaines lectures le bouquin de Delherm, Intérieur ; je suis curieuse d'entrer par son regard dans l'univers de ce peintre qui travailla en ignorant les courants de son époque. En cliquant sur l'image qui suit, vous pourrez écouter ce qu'en dit Olivier Barrot dans sa chronique Un livre, un jour de février 2001.

Un livre un jour

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