Aujourd'hui j'ai sorti de mes armoires de quoi vous montrer de belles images pour enfants sages. J'ai tapé dans le stock VF et je commence avec le Cordonnet National, dont on trouve encore facilement des vestiges dans les vieilles boîtes à couture. Le graphisme très éloquent figurant sur les étiquettes le range résolument dans la catégorie des soies pour machines. Mais il est probable qu'on pouvait également l'utiliser pour la couture à la main.

Cordonnet 2 boîtes

J'en ai deux boîtes très différentes, en taille et en présentation. Bien que je l'ai trouvée vide, je suppose que la plus grande était destinée aux mercières pour présenter leur stock disponible. Ses dimensions conséquentes me donnent à penser qu'il s'agit plutôt d'une boîte de comptoir : elle est longue de 38 centimètres et large de 21, sur 8 centimètres de hauteur.

Cordonnet National étiquette

Le couvercle révèle une étiquette intéressante pour bien comprendre le système du titrage des fils : plus le nombre qui le caractérise est élevé, plus le fil est fin. Avez-vous remarqué d'ailleurs que la logique est la même, entre autres, pour nos aiguilles ?

Cordonnet National couvercle

La raison en est simple : on part toujours d'une quantité déterminée de matière brute exprimée en poids et, dans le cas précis du Cordonnet National, en grammes. En partant de cette base invariable, fixée ici à un gramme, on indique le métrage de fil obtenu. Plus on étire ce gramme de matière première, plus on obtient une longueur conséquente de fil et bien sûr... plus il est fin. CQFD :-)

Cordonnet National grosseurs

La petite boîte renfermait encore trois cartes complètes, qui nous donnent le plaisir de bien matérialiser la présentation finale de la soie pour la consommatrice. Elle pouvait acheter une carte complète mais également se la faire détailler par gramme et dans ce cas, la mercière en découpait simplement une portion. Vous remarquez qu'on lui facilitait même le travail par de petits repères ?

Cordonnet national cartes

Les cartes que j'ai retrouvées peuvent être détaillées par gramme et trente mètres, ce qui correspond au titrage annoncé pour le "deux bouts en couleur", deux fils retordus ensemble donc. Chaque portion devait être déployée pour qu'on puisse introduire une bobine entre les deux épaisseurs de carton et ainsi la placer facilement sur la machine à coudre ; c'est ce que nous explique bien l'étiquette sur la boîte. Ingénieux filateur qui permettait à sa cliente de réutiliser toujours une bobine unique... et qui s'épargnait d'avoir à lui en fournir une avec chaque gramme de fil !

On en lit, des choses, en s'attachant à décrypter toutes les indications inscrites sur nos merveilles :-) Et il y en aurait encore bien d'autres à apprendre sur celle-ci...

Par exemple, je n'ai découvert que récemment la signification du sigle VF, ce qui d'ailleurs m'ouvre la porte vers une autre société sur laquelle je m'interroge depuis longtemps. Mais pour ça, rendez-vous la semaine prochaine, aurez-vous trouvé la réponse d'ici là ?