Bien sûr il a fallu s'échapper de la bulle enchantée des vacances pour revenir à la routine du reste de l'année. Quitter cette parenthèse où l'amitié a tout le temps de s'épanouir, les rêves un espace infini pour se développer et où la paresse devient presque une vertu cardinale. Mais comme la vie quotidienne recèle aussi son lot de jolis moments, le retour au travail n'a finalement pas été trop rude :-)

Un peu plus rocambolesque a été la remise à l'écriture : en un mois, mine de rien, on rouille. Mais aujourd'hui, mon sujet était tout trouvé : je reprends les choses là où je les ai laissées ... avec la solution de l'énigme, bien sûr !

CPA1

Pour identifier ma mercière, j'ai beaucoup misé sur les enfants présentes sur la photo de groupe et j'ai donc basé mon plan d'attaque sur l'état civil, en me disant que j'aurais ainsi des chances de mettre la main sur la maman. Seulement, pour explorer l'état civil, il faut une localisation géographique... Avec la vue générale, je savais que j'étais dans une grande ville -et je pensais déjà à Paris- mais c'était encore trop imprécis.

Direction donc Gallica, avec l'espoir d'y trouver quelque chose sur le commerce lui-même, via les annuaires, les Archives Commerciales ou des publications de ce genre. Là, je me suis rapidement rendu compte que GERBAULT était un nom trop répandu pour une recherche efficace, j'ai donc préféré partir sur l'établissement voisin, l'hôtel des Charentes, qu'on voit sur la vue générale au numéro 45.

Dans la zone de recherche de Gallica, j'ai saisi "hôtel des charentes", en pensant bien à mettre les guillemets pour avoir l'expression exacte et restreindre ainsi la liste des résultats.

1-Gallica Hôtel des Charentes

La première publication proposée, le Didot-Bottin, me convient très bien car j'y trouve habituellement mon bonheur pour les adresses commerciales, notamment sur Paris. J'ai donc cliqué sur "Voir les numéros correspondant à la recherche" pour être sure d'avoir toutes les éditions du Bottin contenant "hôtel des Charentes".

2-Gallica Didot-Bottin

Ici le piège serait de cliquer directement sur l'extrait car dans ce cas, je n'aurais qu'une seule année de l'annuaire et celle qui remonte automatiquement n'est pas celle qui me convient.

Ce type de cartes photographiques date plutôt du début du XXème siècle, j'ai donc changé l'ordre de tri -qui est par défaut sur "pertinence"- pour passer à "date d'édition croissante" afin d'obtenir un classement des annuaires par ordre chronologique. Puis je suis allée en page 2, sur la fin de la liste des résultats : la publication la plus récente date de 1907.

3-Gallica tri par date

Rappelez-vous, nous avons évoqué toutes ces astuces de recherche en pistant Ernestine, dans le quatrième épisode.

Dans le tome 2 du Didot-Bottin de 1907, celui où les adresses sont présentées par rue, je tombe tout de suite sur un Hôtel des Charentes qui est bien situé à un numéro 45 et… bingo ! le papetier GERBAULT au 47 ! Il me suffit de remonter à la page précédente pour voir qu'on est rue Monsieur-le-Prince, dans le 6ème arrondissement de Paris.

4-Gallica Hôtel des Charentes

Évidemment, j'ai tout de même voulu même vérifier la configuration des lieux dans Google Maps et re-bingo ! quand je me balade dans la rue Monsieur-le-Prince, elle ressemble tout à fait à ma vieille carte photographique, avec le décroché entre les immeubles, le nombre de fenêtres qui va bien, le bâtiment reconnaissable de la fac de médecine, en arrière-plan, à droite.

5-Maps 2017

La suite est une recherche classique d'état civil, telle que je vous l'ai expliquée dans le deuxième épisode de l'enquête sur Ernestine. Puisque je connais maintenant la localisation du commerce, je vais dans les archives de l'état civil parisien et, plus précisément, dans les tables décennales du 6ème arrondissement. Je commence par les naissances entre 1893 et 1902, en espérant y trouver la pitchounette qui est sur les genoux de sa mère.

EC Paris - tables décennales

Je repère deux actes de naissance d'enfants GERBAULT, Yvonne en 1894 et Colette en 1902. Colette, c'est peut-être la petite assise sur les genoux de sa maman ? C'est plausible, le cliché aurait alors été pris vers 1907-1908... Je quitte donc les tables décennales pour les actes d'état civil eux mêmes.

Archives Paris - Actes

Et enfin, je parcours le registre pour récupérer l'acte de naissance de la petite Colette, le 30 juin 1902. Il n'y a plus aucun doute : la maman est mercière et habite 47 rue Monsieur-le-Prince ! Et elle s'appelle donc... Marie Nelly THOMAS :-)

Naissance Colette Gerbault

Je ne savais pas si vous accrocheriez à mon énigme mercière et je suis heureuse de voir que vous êtes plusieurs à vous être prêtées au jeu. J'ai arrêté la liste des bonnes réponses à celles reçues ce matin et j'enverrai donc le diagramme promis à Annie17, Marie-F, Silène17, Michèle17, Lysiane Ruelle, elodiem, JoMick, Yvonne, Violine, MC, Juliette et Doudi. Bravo à toutes pour votre perspicacité et votre ténacité car je sais que ça n'a pas toujours été facile :-)

Et comme je suis une buse en organisation, n'hésitez pas à vous signaler si je vous ai oubliée dans la liste !

Angéline

Je relâche les commentaires sur le précédent billet, retenus jusqu'à présent pour ne pas dévoiler la solution à celles qui voulaient jouer jusqu'au bout. Et comme vous avez bien sûr utilisé des méthodes diverses et variées pour parvenir au but, n'hésitez pas à nous en faire part ici.

Une autre fois, peut-être, je vous raconterai plus en détail la vie de Marie Nelly...