Et ne me rappelez pas que nous sommes, en ce moment, un tantinet entravées dans nos mouvements :-) Il est fort peu probable d'ailleurs que même en temps ordinaires, j'aurais fait le déplacement : on ne peut pas tout voir, à chaque occasion, partout. Car c'est à nouveau aux Pays-Bas que ça se passe, qui plus est au point du royaume le plus éloigné de nous : Dijon - Leens... quasiment 900 kilomètres !

Dijon Leens

Déjà rien que l'idée d'une balade en Groningue et sur les rivages de la Mer du Nord m'émoustille. Il faudrait partir en musardant pour pouvoir se régaler du joli chemin jusque là-haut. Voilà comment la visite d'une exposition se transformerait en vacances prolongées : quand je rêve, il n'est pas question que je me censure :-)

Groningue

Et je vous emmène au domaine de Verhildersum, qui s'attache à conserver et à mettre en valeur l'histoire locale. Depuis le 1er avril, a été mise en place l'exposition Broder : du marquoir au canapé. L'évènement est composé en réalité de deux expositions jumelles, ce qui explique cet énigmatique intitulé.

Je commence par celle qui met en avant des créations contemporaines, notamment celles de Tjitske Dijkstra qui recycle des tapisseries de hasard pour en faire des meubles, des vestes, des sacs et toutes sortes d'accessoires. Elle présente par exemple ce canapé spectaculaire, qui a nécessité l'assemblage de pas moins de vingt tapisseries pompées sur la célèbre Ronde de Nuit de Rembrandt. Tiens... ce tableau-là, je vous en ai déjà parlé ici.

Canapé

Voilà donc où l'évènement trouve la seconde partie de son nom. Passons maintenant à la première qui est peut-être davantage celle pour laquelle nous ferions le déplacement ;-) Le musée a puisé dans ses collections soixante-quinze marquoirs anciens, en sélectionnant ceux qui offraient des possibilités d'identification.

Ils ont tous été collectés très localement et vous pouvez les appréhender ici par répartition géographique, sur le site de Jan Peter de Groot. C'est l'amateur de généalogie qui a étudié l'origine des ouvrages, pour rendre à chacun sa créatrice et la faire revivre dans son cadre familial.

Ces recherches me parlent, forcément, d'autant plus qu'elles ont même permis de retrouver les photos de quelques unes des brodeuses.

Cornelia Bolhuis

Fille de fermiers, Cornelia Bolhuis brode son marquoir à l'âge de treize ans. Mariée à un marchand de bois, elle termine sa vie en 1919 à Groningen, tout près de Haren où elle est née soixante-trois ans plus tôt.

Willemina-Driesman

Willemina a environ treize ans, elle aussi, lorsqu'elle brode cet abécédaire ; elle est la fille du directeur de l'école primaire publique de Veendam.

Eelkjen Willems

Celui-là est le plus ancien marquoir du musée, brodé par Eelkjen Willems en 1733 à Oosterwaarddijk, probablement dans une famille de fermiers mennonites.

Après cet aperçu, je vous ai gardé le meilleur pour la fin : le domaine de Verhildersum a édité, à l'occasion de cette exposition, un catalogue qui regroupe les soixante-quinze marquoirs de son exposition, chacun accompagné de son histoire. Et il le propose généreusement en ligne dans sa version numérique. Régalez-vous :-)

catalogue