02 juillet 2017

Et si c'était... ?

Je scrute, encore et encore, des images de commerces parisiens en espérant un jour tomber sur une image du magasin Sajou. C'est un petit peu énervant de penser que des photographies ont probablement été prises, qu'elles existent peut-être toujours, mais que faute d'identification, on ne le saura jamais.

Ces deux dames un peu sévères, par exemple, posant pour un photographe dont l'atelier se trouve justement rue Rambuteau, ne pourrait-elles pas être des employées Sajou ? Elles sont présentées comme possibles vendeuses de rubans, mais dans la vitrine derrière elles, on voit des métiers à tapisser, on devine des feuilles de modèles et de ces petits objets à broder qui avaient tant de succès à l'époque. Il s'agit plus probablement d'une de ces nombreuses autres boutiques d'ouvrages de dames qui existaient dans Paris, mais on peut rêver...

Vendeuses de rubans

J'en suis cependant réduite à des suppositions. Et si je me pose tant de questions, c'est que je suis tombée sur une mine. Les bibliothèques municipales de Paris nous offrent, via un portail particulièrement riche, des images passionnantes numérisées dans une belle définition qui permet d'en apprécier tous les détails. Elles viennent justement de mettre en ligne une collection de plus de 1500 cartes photographiques représentant des boutiques parisiennes, prises dans les premières décennies du XXème siècle.

Elles sont très animées car il ne s'agit pas de cartes d'éditeurs destinées à être reproduites en grand nombre. Ce sont des photos prises pour répondre à des commandes de particuliers et tirées sur du papier déjà imprimé au verso avec un formulaire de carte postale. Bien pratique pour donner des nouvelles à la famille, lui montrer comment le petit dernier à bien grandi et peut-être aussi faire un peu étalage de sa réussite !

J'ai fait une sélection très subjective de quelques cartes qui touchent plus spécialement la broderie, la mercerie, la lingerie. Mais ça vaut vraiment le coup d'explorer ce fonds particulièrement fourni, il renferme des pépites ! Chaque photo dévoile des vies, on découvre des détails insoupçonnées en les regardant de plus près, les visages nous happent ; les mains qui se frôlent, les regards qui s'échangent racontent tout une histoire.

Pour peu que vous ayez des aïeux parisiens, vous chercherez comme moi à reconnaître la marraine chapelière, le grand-oncle qui faisait le service au Grand Central ou l'arrière-grand-mère demoiselle de magasin chez une corsetière. Et si dans votre quête vous tombez sur Sajou... surtout, dites-le moi !

Posté par OuvragesDeDames à 06:03 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,


25 juin 2017

À quoi rêvent les couturières ?

C'est le jour où je me laisse aller à une confidence : je suis plongée en ce moment dans la correspondance quasiment quotidienne qu'ont échangée mes parents avant leur mariage. Pendant deux ans, mon père a été éloigné par ses obligations militaires, d'abord en Allemagne, puis à Saumur, puis en Algérie. Ce qui est resté de cette correspondance, en réalité, ce  sont très majoritairement les lettres écrites par mon père ; car ses tribulations ne lui ont permis de sauver qu'une infime partie de celles de ma mère.

Correspondance

Je lis tout de même ce qu'elle lui raconte, en creux, dans les réponses qu'il lui fait : ici il imagine sa vie de tous les jours à l'atelier de couture où elle travaillait alors ; là il la supplie de ne pas veiller trop tard sur les incrustations de dentelles qu'elle doit faire à la robe de Madame Tardy ; ou encore il lui demande si le long travail de ouatinage qu'elle a réalisé sur la doublure de son loden valait sa peine pour la protéger du froid.

Je ne peux m'empêcher de penser aux cartes postales nunuches du début de ce siècle-là, quand on n'imaginait pour les jeunes filles aucun autre avenir enviable que le mariage. Des décennies plus tard, alors que les mentalités commençaient sur ce point à peine à évoluer, ma mère assumait depuis des années une vie de célibataire convaincue. Pourtant, le hasard d'une rencontre et les circonstances d'une absence ont bien dû la porter parfois aux mêmes rêveries, lors des soirées de travail où elle luttait contre le sommeil pour finir la tenue d'une cliente privée...

Rêves de couturières

Posté par OuvragesDeDames à 06:14 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

14 mai 2017

Les matinées d'Estelle

Droit de suite... je me rends compte que je laisse en suspens bien des sujets qui attendaient un développement. C'est le cas pour ces mystérieuses matinées sur lesquelles nous nous interrogions quand je vous ai parlé de l'inventaire après décès de mon ancêtre Estelle, établi en 1884. Pourtant à la suite de notre discussion, j'avais eu grâce à vous de nouveaux éléments permettant d'éclairer un peu ce mystère.

C'est tout d'abord Michèle qui nous proposait dans les commentaires cette définition du Larousse ménager de 1926 :

Matinée (costume) - Vêtement d'intérieur que l'on porte avec des jupes dépareillées ou sur des combinaisons. Les matinées se font en lingerie : linon, percale, mousseline, voile et crêpe, pour l'été; en tissus plus épais, tels que le zénana, le molleton, le velours, la duvetine, pour l'hiver. Leur forme varie suivant la mode.

Et puis Élisa m'avait envoyé ces images, extraites de l'album n°6 du Trousseau Moderne. Je n'ai pas la date, mais je dirais dans les années 20, Élisa ?

Matinée 818

Matinée 24231

Enfin je viens de trouver cette carte commerciale qui évoque elle aussi ces fameuses matinées, en les associant aux robes de chambre. Celle-là, je l'aime tout particulièrement, pour la rue Grignan que j'ai habitée pendant des années, quelques numéros plus haut : juste la rue Paradis à traverser (plus quelques décennies ;-) et j'y étais. J'aurais pu de demander à Madame Mallet d'éclairer notre lanterne !

Maison Mallet

Il est indéniable donc que derrière ces matinées se cachent des tenues d'intérieur. J'imagine qu'elles devaient pouvoir être plus ou moins délicates, plus ou moins saut du lit. La garde-robe de mes ancêtres, sans être pauvre, n'est tout de même pas pléthorique. Voici la vêture d'Estelle, prisée en tout soixante francs :

Vêture Estelle

Celle d'Alix, son mari, prisée cinquante francs :

Vêture Alix

Et pour compléter leurs bijoux :

Bijoux

Il est bien difficile de se représenter à quoi correspondent les prisées annoncées, même en se référant à quelques prix de l'époque. Cependant le reste de l'inventaire lève le voile sur un intérieur plutôt modeste et centré sur l'utilitaire. La seule fantaisie d'Estelle, à part ses boucles d'oreilles, résidait peut-être dans ses deux serins. Quelques chromos encadrées, aussi...

J'ai du mal alors à penser qu'elle avait dans son armoire des petites tenues purement frivoles. Et qu'elle en avait cinq ! Comme le notaire n'a recensé que deux toilettes d'extérieur et que le reste est plutôt de la lingerie, peut-être que ces matinées n'étaient pas si sophistiquées que ça ? Mais je suis tout de même intriguée par l'absence de robes pour tous les jours ; à moins que les jupons de couleur ne constituent les "jupes dépareillées" évoquées par le Larousse ménager. Bon sang Estelle, comment t'habillais-tu pour passer le balai ou descendre au lavoir ?

Posté par OuvragesDeDames à 12:03 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 mai 2017

Go gentle babe

Dans les registres du London Foundling Hospital, comment ne pas s'arrêter, une fois de plus, sur les émouvants signes de reconnaissances laissés par les mamans sur leur nourrisson, au moment de rompre le lien ?

London Foundling Hospital

C'était un premier mai... Ici, le bébé est marqué au point de croix et accompagné de voeux déchirants que je ne me risquerai pas à traduire, de peur d'en perdre la finesse, surtout dans cet anglais du XVIIIème siècle. Mais les mots de cette mère souhaitant à son enfant, loin d'elle, une vie de bonheur et d'amour s'entrechoquent durement à la réalité, quand on sait que deux tiers des petits pensionnaires mouraient à l'orphelinat.

Philip Holond

Si vous voulez en lire d'avantage notamment sur le London Foundling Hospital, je vous renvoie à ce billet de l'année dernière.

Posté par OuvragesDeDames à 09:41 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

27 avril 2017

Divine surprise

Confrontée à un état civil très fragmentaire dans la capitale, j'étais depuis quelques temps arrêtée sur un de mes ancêtres parisiens ; et un petit peu frustrée de ce blocage parce que la seule chose que je savais de lui avait de quoi me mettre l'eau à la bouche : en l'an VIII, à la naissance de sa fille Marie Marceline, mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (promis, je ne le ferai plus) exerçait la profession de rubanier.

Mais on me l'a donc fabriqué sur mesure, celui-là !

Naissance Marie MarcelineArchives départementales de Paris - 5 Mi 1 / 112

Cependant je restais sur un goût de trop peu avec ce seul mot à me mettre sous la dent : d'où sors-tu, mon rubanier ? Et d'où te vient ce métier-là ?

Mais aucun problème n'existe qui n'ait de solution. Un peu de chance et le soutien d'un fin connaisseur des archives parisiennes plus tard, me voilà sur une piste qui m'entraîne loin de la capitale : je me retrouve avec tout une flopée de maîtres passementiers installés aux confins du Forez, entre Saint-Chamond et Saint-Héand.

Baptême Jean Marie 1750Archives départementales de la Loire - 1MIEC208X4

Je pars donc en voyage, tout au long du XVIIIème siècle et plus avant jusqu'au XVIIème, à la rencontre d'une nouvelle contrée, d'un nouveau milieu, d'un nouveau métier... Autant le dire tout de suite : ça va causer de passementerie dans la Loire, par ici ;-)

Posté par OuvragesDeDames à 06:08 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags : ,


23 avril 2017

La danseuse autrichienne

Je vous ai déjà parlé de la touchante exhumation de souvenirs entreprise par Clara Beaudoux dans la cave de Madeleine, précédente occupante de son appartement à Paris. Par petites touches et en tweets de 140 signes, Clara nous fait partager ses découvertes, banales, émouvantes ou cocasses. Comme un sculpteur débarrassant son sujet de la matière inutile qui l'emprisonne, elle écarte un à un les voiles de l'oubli pour amener sous nos yeux une femme ordinaire et, par conséquent, digne du plus grand intérêt.

Madeleineproject 1

Le premier pied posé dans cette cave a entraîné Clara bien plus loin qu'elle ne l'avait imaginé : à la recherche des élèves de Madeleine, dans  la quête généalogique pour arriver à poser un nom sur ses photos, à Bourges pour retrouver la maison de son enfance... Et elle entrevoit maintenant une suite en proposant une collecte de souvenirs, de nos souvenirs cette fois-ci.

Collecte Madeleine project

Je n'ai pas hésité un instant et j'ai proposé à la collecte l'histoire de ma danseuse autrichienne, légèrement miteuse mais toujours vaillante et primesautière pour une nana qui va sur ses 85 ans.

Dans la maison de mes parents, cette danseuse un peu kitsch était protégée derrière la vitre de la bibliothèque, avec interdiction aux enfants d'y porter la main. On nous avait tellement bassiné.e.s avec sa fragilité que n'aurions jamais osé transgresser cet interdit-là. Parfois, quand nous avions bien supplié, Maman la sortait, remontait le mécanisme et la faisait jouer, avec tout le cérémonial requis par l'évènement.

Danseuse autrichienne

La danseuse autrichienne virevoltait un court moment sur quelques notes charmantes et aigrelettes, devant nos yeux fascinés qui avaient pourtant déjà tant de fois assisté au miracle. Puis elle s'épuisait, comme sur le point de défaillir ; mais nous retenions notre souffle et ne perdions pas une seconde de cette agonie, sachant déjà qu'il était inutile de réclamer un second tour.

Jeannette et Roland

Quand j'y repense, je me dis que ma mère devait bien se marrer à nous embrouiller ainsi, en ne perdant pas une occasion de nous mettre à l'école du plaisir et de la frustration ! Cette broutille pour touristes, rapportée de leur voyage de noces par mes grands-parents en 1932, trône désormais derrière la vitre de MA bibliothèque ; je pourrais faire danser la petite autrichienne à ma guise… mais j'ai bien trop peur de l'user ;-) Parfois, cependant, dans d'exceptionnelles occasions, quand on m'a bien suppliée…

Et vous, quel souvenir offrirez-vous ?

Posté par OuvragesDeDames à 06:37 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

06 avril 2017

Le Théâtre du Soleil

Les archives, c'est aussi ça ! Le département des Arts du spectacle de la BnF, qui conserve les archives du Théâtre du Soleil, vient de tester une nouvelle approche de la numérisation pour nous permettre de visualiser les costumes conservés dans ce fonds. Ce sont parfois jusqu'à une vingtaine de photos qui nous font voyager autour de chaque tenue, avec le remarquable niveau de détail propre à l'offre Gallica.

Jean de Gandcostume de Jean de Gand, cycle Shakespeare - source : Gallica

Prince de Gallescostume du Prince de Galles, cycle Shakespeare - source : Gallica

Richard IIcostume de Richard II, cycle Shakespeare - source Gallica

Yeshecostume de Yeshe, Et soudain des nuits d'éveil - source Gallica

La démarche d'élaboration du costume est atypique et propre à la troupe du Soleil. Nathalie Bouvet, une des créatrices de ces costumes, évoque sur le blog de Gallica  le travail collectif auquel sont associés les comédiens. Il ne trouve souvent son aboutissement qu'à l'issue des répétitions. Nathalie Thomas, responsable des costumes, le confirme dans un entretien publié sur le site du Théâtre du Soleil : "Il y a une interaction permanente entre Ariane Mnouchkine, les comédiens et moi".

Vous pourrez admirer dans leurs moindres détails tous les costumes qui ont pour le moment bénéficié de cette nouvelle technique de numérisation en accédant à ce résultat de recherche sur Gallica.

Posté par OuvragesDeDames à 05:57 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 mars 2017

A l'Orme St Gervais

En septembre 1815, Madame Sterlin Fagnier "tient magasin de toiles, mousselines, dentelles et linge de table", à l'enseigne de l'Orme Saint Gervais. Elle fait aussi "trousseau et layette, broderies en tous genres".

Facture 22-09-1815source : Gallica

Deux siècles après, l'orme de justice est toujours sur la place Saint-Gervais. Ce n'est plus le même, bien sûr, celui-là a été planté en 1935. Mais on voit toujours, aux balcons environnants, les beaux motifs que lui et ses petits frères ont inspirés aux artisans ferronniers.

Place Saint-Gervais

 Ce qu'on ne trouvera plus, en revanche, en se baladant derrière l'Hôtel de ville de Paris, c'est la maison de blanc où Monsieur Lemoine se fournissait en chanvre et Alençon, en toile d'Irlande et de Hollande ; là où il trouvait de quoi se faire des armoires rebondies de linge de maison...

Posté par OuvragesDeDames à 06:55 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

02 mars 2017

Girodon et Godignon

Rien ne vaut la presse pour savoir ce qui se passe dans le vaste monde en général, et dans la petite capitale en particulier. Ah ! cette délinquance ma brave dame, tiens donc...  ce n'était donc pas mieux avant ?

Le Temps

Au numéro 43 du boulevard Sébastopol se trouvent des magasins de mercerie en gros. M. Alexis Grellou, chef de cette maison de commerce, s'aperçut, il y a quelques temps, que certaines marchandises disparaissaient de ses magasins. D'autre part, il reçut des plaintes de ses clients de la province, qui ne retrouvaient pas dans les colis qui leur étaient adressés toutes les marchandises énumérées dans la facture. M. Grellou soupçonna que des employés de sa maison le volaient. Il fit part de ses soupçons à M. Goron, sous-chef de la sûreté, et il le pria de mettre à sa disposition des agents de la sûreté qui seraient chargés d'exercer sur son personnel une surveillance active.

Les agents Girodon et Godignon furent investis de cette mission. Ils ne tardèrent pas à observer que le sieur Pouget, garçon emballeur de M. Grellou, sortait fréquemment des magasins pendant la journée, en dissimulant avec adresse des paquets sous ses vêtements. Ils le suivirent et remarquèrent qu'il pénétrait dans un cabaret du voisinage. Là, Pouget remettait à un inconnu l'objet qu'il tenait caché, puis s'éloignait. Les agents épièrent l'inconnu, qui se rendit chez le sieur F..., négociant, rue des Moines, aux Batignolles ; ils acquirent la preuve que ce dernier recélait les marchandises volées par Pouget, et que l'inconnu qui leur servait d'intermédiaire était le nommé C..., concierge dans la rue des Gravilliers.

 

Facture Grellou

 

Hier des agents, accompagnés de M. Goron, se présentèrent au domicile de F... Au moment où ils entraient, il empaquetait des objets que depuis, l'on a reconnus pour avoir été volés. A la vue des agent, F... porta vivement à sa bouche, dans le dessein de l'avaler, un morceau de papier qu'il tenait à la main. Présumant qu'il voulait faire disparaître l'adresse d'un de ses complices, les agents le saisirent à la gorge et réussirent à lui arracher le papier ; mais il avait été tellement mâché qu'il fut impossible de lire les indications qu'il portait.

F... a été mis en état d'arrestation, ainsi que Pouget et le concierge C... Les marchandises saisies sont évaluées à 3,000 fr. environ ; mais ce chiffre ne saurait représenter la montant des vols opérés par Pouget, qui est employé depuis huit ans dans la maison Grellou.

L'enquête se poursuit.

Ce luxe de précisions... on s'y croirait ;-) Merci à mon marchand de journaux, Gallica. Voici une vue de l'époque, quand même, pour mieux se représenter les lieux, assez intéressants pour nous car à cette époque le magasin Sajou avait déjà déménagé tout près de là. Il était bien fréquenté, le Sébasto !

Ah oui... au fait... pour situer le sujet avec quelque chose qui vous parlera peut-être davantage : Alexis Grelou a son histoire fort liée à celle du fil géographique, ce n'est d'ailleurs pas tout à fait par hasard si mes fouinages m'ont amenée sur cette coupure de presse. Nous en reparlerons, donc ;-)

Sébastopol

Posté par OuvragesDeDames à 06:07 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

20 novembre 2016

Livre d'images

Je sais que je vous parle beaucoup d'archives mais on y découvre tant de trésors… et pas seulement des actes un peu rébarbatifs, comme l'imagine le commun des mortels ;-) La preuve aujourd'hui avec un bel album de chromos anciennes, récemment mis en ligne par les Archives départementales de la Côte-d'Or.

Comme souvent dans les scrapbooks, les chromos classiques ont été regroupées par séries plus ou moins complètes puis la mise en scène a été peaufinée par des découpis. Chaque double page, conçue comme un ensemble, dégage à la fois une sensation de fantaisie et d'équilibre.

Scrapbook 1 AD21 - 1 Fi 99Archives départementales de la Côte-d'Or - 1 Fi 99

On sait peu de choses sur cet album : l'inventaire nous apprend qu'il a été commencé le 30 septembre 1883 par Louis de France pour Jacques de France. Sur la couverture est brodée, dans un cartouche fleuri, la date du 15 août 1883.

Scrapbook 2 AD21 - 1 Fi 99Archives départementales de la Côte-d'Or - 1 Fi 99

Une histoire de frères ? Probablement puisque la page de dédicace indique "A Notre Mère Amour Respect Reconnaissance". Garçon brodeur donc, car regardez bien la surprise : cette dédicace est tout bonnement brodée, découpée et enrubannée sur une feuille de papier perforé !

Scrapbook 3 AD21 - 1 Fi 99Archives départementales de la Côte-d'Or - 1 Fi 99

A moins qu'une sœur laissée dans l'ombre ne soit venue en renfort pour parachever l'album par cette page magistrale ? Quoi qu'il en soit, j'avoue que j'aimerais bien la voir "en vrai" pour étudier d'un peu plus près le motif du découpage. J'ai peu d'espoir étant donné le mauvais état signalé de l'ensemble mais j'essaierai tout de même ;-)

En attendant, je vous laisse vous régaler avec les 76 pages de ce bel album.

Posté par OuvragesDeDames à 07:26 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : ,