02 juin 2016

Juliette et Benjamin

Oui, bien sûr que j'ai participé au concours Bohin, j'avais simplement prévu de rester discrète jusqu'à la fin de l'expo et du vote du public. Et puis finalement, les photos qui devaient être interdites ne le sont pas (tant mieux !) et fleurissent déjà sur plusieurs blogs. Alors puisque ce n'est plus un secret, inutile de remettre ;-)

Les couleurs de cet ouvrage sont fuyantes et difficiles à saisir... la toile est moins rosée que sur mes images, le kraft est moins jaune. J'espère beaucoup du catalogue de l'exposition, dont les photos sont réalisées par une professionnelle.

La règle du jeu était de réinterpréter le portrait de Benjamin Bohin, fondateur de l'entreprise, à partir d'une photographie ancienne. Evidemment, je n'ai pas pu me résoudre à le laisser seul, au risque de frôler le hors sujet. Mais il n'en sort pas perdant : je lui ai offert une compagnie de choix en la personne de Juliette, mon arrière-arrière-grand-mère mercière  dont je suis si fière.

Juliette et Benjamin

J'ai trouvé du sens à réunir sur mon ouvrage celui qui fabriquait les aiguilles et celle qui les détaillait... le manufacturier en Normandie et la mercière à Creil. J'ai peut-être un peu tordu la chronologie : dans les années 1890, tandis que Juliette accédait au petit commerce, le fantasque Benjamin poursuivait à ses rêves d'adolescent en faisant enfin, à soixante-dix ans, son tour du monde. Mais enfin la manufacture Bohin, c'est lui, présent ou pas !

Benjamin

J'ai brodé en fond un extrait de l'état des marchandises dressé en 1894 par Maître Desabie, quand Juliette et Eugène cédèrent leur premier commerce. Puis j'ai quilté de part et d'autre les portraits de mes deux héros, simplement imprimés sur du papier d'emballage. Enfin, parce que je ne sais pas maîtriser le vide, j'ai rempli ma surface avec des bricoles de mercerie que j'imagine au comptoir de Juliette : aiguilles bien sûr mais également faveur, boutons de nacre et monogrammes de Saint-Gall.

Et pour finir, j'ai dégotté un vieil écheveau de fil à La Cloche juste dans le ton qu'il me fallait et je l'ai transformé en bordure crochetée. Pour accrocher le tout : une aiguille à tricoter en bois, des anneaux d'os, encore des articles vendus par Juliette, probablement.

Juliette

J'ai ourlé ma toile au point de Paris et c'est aussi lui aussi que j'ai utilisé pour appliquer la faveur sur le fond. C'était dans les tout premiers billets du blog, vous vous souvenez ? Non... c'est trop vieux ;-) La fiche technique est ici.

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26 mai 2016

Deux siècles demain

Et il y a deux siècles, on achetait dans le plus nouveau goût : du drap bleu, du nanquin, du piqué blanc, de la toile de coton blanche, de la toile écrue fine, de la toile dauphin et des boutons plaqués or à la douzaine.

27 mai 1816

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19 mai 2016

Fanny Louise

Petit coup de blues en me baladant, ce dimanche, dans l'état-civil de Brest... Je cherchais une communarde et le hasard met sous mes yeux l'acte de naissance de Fanny Louise, "enfant naissant trouvé dans le tour de l'hospice civil de Brest" le 27 août 1827.

Naissance Fanny LouiseRegistre des naissances de la ville de Brest - 1E75

Des nourrissons laissés aux portes de la charité, il n'en manque pas dans les registres d'état-civil. Je ne sais pourquoi celui-là a attiré plus que d'autres mon regard, une certaine recherche dans sa layette peut-être ? On peut penser que ce n'est pas la misère qui a poussé à l'abandon de la petite fille et l'imagination se met en route...

Elle était vêtue d'une chemise garnie de mousseline et d'un pourpoint de napolitaine grise, enveloppé d'un drapeau et d'un tapis d'indienne de divers couleurs, coëffé d'un béguin et de deux bonnets dont un de taffetas blanc et l'autre d'étoffe bleu. Sur la poitrine de l'enfant, un billet ainsi conçu. On prie de donner à cet enfant le nom de Fanny-Louise, née à 5 heures du matin 27 août 1827.

Puisqu'il n'y a ni père, ni mère, il ne reste pour identifier Fanny Louise que l'étoffe qui la protège sans revendiquer pour elle aucune famille. C'est couverte mais démunie de tout le reste qu'elle fait son entrée dans le monde des humains...

Indiennes - Collection RichelieuIndiennes de la collection Richelieu - source Gallica

Il y a quelques années, une émouvante exposition présentait à Londres tous ces petits bouts de rien laissés sur les enfants abandonnés à la porte du London Foundling Hospital, dans le milieu du XVIIIème siècle. Soigneusement épinglés dans les registres, billets et fragments d'étoffe étaient supposés permettre aux mères de reconnaître leur enfant quand la vie de galère, peut-être, serait derrière elles. Un fol espoir que beaucoup ont dû nourrir mais que bien peu ont vu se réaliser : sur 16 282 bébés admis à l'hospice des enfants trouvés de Londres entre 1741 et 1760, seuls 152 ont pu être récupérés. Oui, les chiffres donnent le vertige...

Registres London Foundling Hospital
Registres London Foundling Hospital - vers 1750L'exposition Threads of feeling est toujours en ligne, profitez-en !

Si vous voulez allez plus loin sur le sujet, je vous conseille la série passionnante que le blog Les Petites Mains a consacré à la vêture des enfants trouvés et aussi le challenge AZ consacré, l'année dernière, aux enfants abandonnés de l'hospice de Joigny sur le blog Canopée : vingt-six billets pour offrir à ces petits, enfin, un instant de visibilité..

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14 avril 2016

Une cage et deux serins prisés deux francs

Estelle est la maman de mon arrière-grand-mère Georgette, dont les soupes à la tomate ont fait le délice de notre enfance. Une arrière-grand-mère qu'on surnommait microsillon  : je vous laisse imaginer de qui je tiens ma nature bavarde ;-)

Et voilà ce que j'aime dans les trouvailles généalogiques : réaliser soudain que le dernier son entendu par Estelle avant de mourir est le pépiement de ses serins.

Une cage et deux serinsInventaire dressé le 7 août 1884 après le décès d'Estelle Lesbroussard
Archives départementales de l'Oise - 2E 79/24

Car le notaire fut d'une précision diabolique quand, juste après la disparition d'Estelle, il dressa l'inventaire de ses biens. Grâce à lui, je vagabonde à mon gré dans la maison de mon ancêtre : la réalité de l'écrit notarial, bien avant la réalité virtuelle, mais tout aussi évocatrice.

La cage aux oiseaux était dans la cuisine, éclairée sur le jardin. Pour peu qu'une main amie ait fait ce qu'Estelle, peut-être, n'avait plus la force de faire elle-même et levé le chiffon noir qui occultait la cage, le couple de serins devait s'en donner à coeur joie en ce joli mois d'avril 1894.

des oiseaux pour Estelle

Dans la chambre à coucher d'Estelle, il y avait une armoire à linge en noyer resserrant la totalité de sa vêture : dix-neuf chemises, cinq flanelles, cinq cache-corsets, quatre pantalons, deux jupons, douze mouchoirs blancs, trois jupons de couleur, un costume de soie marron, un costume de drap gris, deux paires de chaussures, une robe de nuit, cinq matinées et six jupons.

Habits et linge

D'elle que je n'ai pas connue, je garderai donc deux images : un couple de serins en cage chantant au printemps qui vient et ces toilettes qui me semblent si réelles, de soie marron et de drap gris.

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07 avril 2016

Les élèves institutrices de Dijon

Je reste dans les archives scolaires mais après Paris, je reviens cette fois-ci à celles de Dijon. Je suis allée passer une journée aux archives départementales, sur les traces d'une jeune fille dont j'aimerais vous présenter le bel ouvrage un de ces jours prochains.

Ernestine m'échappe encore un peu, mais en fouillant dans les archives de l'école normale d'institutrices, je suis tombée sur des documents qui ne pouvaient que m'intéresser. Car j'ai occupé, pendant plusieurs années, un bureau dans les locaux où étudiaient jadis ces jeunes filles (ils ont pris un petit coup de jeune depuis, quand même ;-)

EN institutrices Dijon - Archives départementales de la Côte-d'Or

Les dijonnettes, reconnaissez-vous l'entrée de Tissot derrière ce groupe qui s'apprête à partir pour son voyage de fin d'année ?

Départ pour le lac Majeur - Archives départementales de la Côte-d'OrLes élèves institutrices de 1912, en salle de classe et en partance pour le lac Majeur
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (19 Fi 6)

Je me suis plongée avec délices dans le grand cahier des conférences que chacune devait présenter devant ses copines de promotion (l'avis de Madame la Directrice, reporté après chaque prestation, est rarement tendre...)

Conférence de littérature - Archives Départementales de la Côte-d'Or
Leçon d'économie domestique - Archives Départementales de la Côte-d'Or
Conférence de pédagogie - Archives Départementales de la Côte-d'OrLivre des conférences de l'année 1900
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (5M 22399)

Et puisqu'il paraît que le tissage revient à la mode, je me suis intéressée de près à ce livre contenant les travaux de l'école d'application. Ils sont réalisées par des enfants de cinq à six ans : je les ai trouvées drôlement douées, les petites élèves de 1888 !

Tissage bleu - Archives départementales de la Côte-d'Or
Tissages rose et vert - Archives départementales de la Côte-d'OrTravaux de l'école enfantine annexée
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (5M 22396)

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03 avril 2016

Faire l'école à Paris

Le site des Archives de Paris a commencé à mettre en ligne des expositions virtuelles à partir de ses fonds d'images. J'ai évidemment été interpellée par le thème Faire l'école à Paris ; et à l'intérieur de ce thème, je me suis évidemment arrêtée aux ouvrages de couture ;-)

L'enseignement à Paris, l'école au quotidien et l'architecture scolaire sont les trois angles d'attaque de cette exposition, illustrés avec diversité par des cahiers pédagogiques, des dessins d'enfants, des bons points, des travaux d'élèves, des photos de classe, des croquis d'architecte...

Archives Paris - Cahier de coutureTravaux d'aiguilles réalisés à l'école - Source : Archives de Paris

Par ici la visite !

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20 mars 2016

Sajou le commerçant : la rue de la Barillerie

Changement d'ambiance avec le transfert de l'atelier rue de la Barillerie : en cette année 1844, Sajou a passé la Seine pour se retrouver dans l'île de la Cité, juste en face de la Sainte-Chapelle. Le couple emporte avec lui le souvenir de la petite Marie Adèle, née et décédée rue Michel-le-Comte après deux années d'une courte vie.

plan BarillerieL'île de la Cité en 1844 - source : Gallica

Pour Anastasie, c'est un retour au quartier de son enfance : le nouvel atelier investi par son mari au 17, rue de la Barillerie se trouve à peine à cent mètres de celui de son père, établi depuis trente ans comme orfèvre au 4 du quai du même nom. C'est en effet tout contre le flanc du Palais de Justice, dans un réseau d'immeubles aujourd'hui absorbés par le tentaculaire îlot administratif, que Charles Marie Granger s'est spécialisé dans la fabrication de timbales et d'ouvrages d'église.

Mais rien n'est plus pareil quand les Sajou arrivent dans l'île, car la maman d'Anastasie vient elle aussi de quitter ce monde deux ans auparavant.

Barillerie Atlas Vasserot
plan Barillerie 17Atlas Vasserot - source : Archives de Paris

Dans cette portion de la rue de la Barillerie qui va de la place du Palais de Justice à la rue de la Calandre, Sajou est cette fois-ci tout environné d'horlogers. Dans un registre moins sérieux, l'atelier se trouve aussi à deux pas du bal du Prado, très en vogue parmi les étudiants en goguette. Curieuse alchimie que ce quartier voué à la fois aux gens de justice, aux artisans et à la bamboche !

Ainsi que la précédente, cette nouvelle adresse n'est pas choisie au hasard. Sajou vient une fois encore y prendre une succession et récupérer par la même occasion un fonds de dessins de broderie.

Almanach Bottin du commerce de Paris pour 1842
Almanach Bottin du commerce pour 1842 - source : Gallica

Comme on le voit, Martin s'est déjà lui-même frotté aux modèles de Berlin ; la majeure partie de sa production est cependant très classiquement constituée de dessins destinés à être brodés au plumetis. Rien de tel, sur une mousseline aérienne, pour réaliser les cols, manchettes, guimpes ou jabots si recherchés quand il s'agit de finir délicatement une toilette .

Martin rue de la Barillerie

Mais cette installation sera fort brève, à peine le temps pour Sajou d'accoler son nom à celui de Martin et pour le couple de poser à nouveau un berceau : celui de Marie Ernestine qui voit le jour ici, entre les deux bras de la Seine, en 1845.

Sajou Successeur de Martin

Car Paris est en pleine mutation dans ce milieu du XIXème siècle et la rue de la Barillerie est condamnée par le projet de percement du boulevard du Palais ; dès 1852, les grands travaux haussmaniens vont profondément remodeler le cœur de la capitale.

Monde illustré 10-09-1859Le Monde Illustré 1859 - Source Gallica

Sajou prend les devants et prépare son repli dans ce qui deviendra sa grande adresse, celle où il va enfin pouvoir déployer une véritable maison de commerce et se diversifier bien au-delà des dessins de broderie : en 1846 commencera l'aventure de la rue Rambuteau.

Les précédents billets racontant l'histoire de Sajou
Sajou : de Sens à Paris
Sajou l'innovateur : les modèles de Berlin
Sajou l'innovateur : le conservateur de la vue
Sajou l'innovateur : la tricographie
Sajou l'innovateur : expositions et récompenses
Sajou l'innovateur : la nappe de quatre mètres
Sajou le commerçant : la rue Michel-le-Comte

Tous les billets étiquetés Sajou sur Ouvrages de Dames

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13 mars 2016

Sajou le commerçant : la rue Michel-le-Comte

Ça commence bien mal : Monsieur Sajou se cache ! Il ne veut pas se laisser découvrir dans ses premières années et il va falloir enquêter encore pour retrouver sa trace entre 1805, l'année de sa naissance à Sens, et 1840 où il épouse Anastasie Granger à Paris. Mine de rien, me voilà face à un blanc de trente-cinq ans…

J'ai quand même relevé, ici ou là, quelques petits cailloux semés dans le sillage de sa jeunesse. Un premier indice : une publicité parue dans l'Annuaire bleu en 1932, à l'initiative d'Emmanuel Anglard donc, puisque que c'est lui qui avait repris les rênes de la maison à ce moment-là.

Annuaire bleu 1932
Annuaire bleu 1932 (Annuaire du commerce international)

Prudence cependant… je ne veux pas prendre cette annonce pour argent comptant sans en avoir trouvé confirmation, car je sais la propension des meilleures maisons à s'octroyer quelques années supplémentaires au compteur, histoire de renforcer leur crédibilité. Il reste heureusement des pistes à lever dans les archives pour confirmer –ou pas- la création de l'affaire en cette année 1828.

Deuxième indice, cet article du Figaro en mai 1905, qui présente cette fois la maison Sajou comme "fondée en 1838, rue de la Barillerie". Méfiance là encore, car cette information, toujours bien postérieure aux faits, est inexacte au moins sur un point : la rue de la Barillerie n'a pas été le lieu de la fondation.

Le Figaro 23-05-1905Source Gallica

Il faut donc partir de sa première adresse confirmée par l'état-civil et les actes notariés pour reconstituer le parcours de Jacques Simon Sajou. Quant aux dates, s'il avait probablement fait ses premières armes bien auparavant dans le domaine de l'imprimerie, l'année 1840 marque sans aucun doute sa véritable spécialisation dans les dessins pour ouvrages de dames. Le rapport présenté au jury à l'occasion de l'exposition des beaux-arts de 1849 laisse d'autant moins de doutes à ce sujet que le Guide Sajou lui-même l'a repris à son compte.

Rapport au jury de l'eposition de 1849Exposition de 1849 - Source Gallica

En ce milieu du XIXème siècle, la rue Michel-le-Comte bruisse de l'activité des artisans. Ils sont plus d'une centaine à s'être installés dans les cours de cette petite voie du Marais, qui relie les rues Beaubourg et Sainte-Avoye. Bijoutiers, graveurs en taille-douce, gainiers et fabricants de cartonnages, tabletiers ou plumassiers : sur à peine deux cent mètres, quasiment chaque porche ouvre sur son lot de petits métiers.

Rue Michel le Comte plan BretezLa rue Michel-le-Comte au plan Bretez - Source Gallica

Sajou débarque au 21, à la veille de 1840, pour y prendre la succession de la maison Mallez Aîné. Il s'installe dans un immeuble qui présente deux boutiques en façade, de part et d'autre d'une porte cochère, puis une grande cour autour de laquelle sont distribués les ateliers.

Il y a là le papetier Herbin, dont la renommée n'est déjà plus à faire, établi dans l'endroit depuis presque un siècle… et qui y sera toujours un siècle plus tard ! Fabricant d'encre et de cire à cacheter, apprêteur de plumes, Herbin détaille toutes sortes de papiers propres à combler les amoureux de l'écriture et les artistes à la recherche de beaux supports.

Atlas VasserotLe 21 de la rue Michel-le-Comte à l'Atlas Vasserot - Source Archives de Paris

La cour du 21 accueille également la maison Maillet et Brazier, spécialisée dans la fabrication d'éventails. Et puis de manière plus inattendue dans une rue principalement vouée aux artisans d'art, Sajou cohabite aussi à cette adresse avec le boucher Moyse et l'architecte Vergnaud, spécialiste de la distribution d'eau de Seine dans les habitations. Et oui…l'amenée de l'eau jusqu'aux particuliers est encore la grande affaire de l'époque.

La reprise de la maison Mallez est une excellente pioche pour Sajou ! Car si cet établissement a diversifié son activité en publiant toutes sortes d'ouvrages édifiants pour les dames et la jeunesse, Mallez se présentait avant tout comme "dessinateur en perles et tapisserie".

Mallez ainé rue st-AvoyeUne planche de broderie publiée par Mallez vers 1820 - source Musée national de l'éducation

Et surtout, il a lui-même débuté en reprenant le fonds d'Augustin Legrand que j'ai déjà évoqué en vous racontant les avancées de Sajou sur les modèles de tapisserie.

Petit nécessaire des Jeunes demoiselles titre

Petit nécessaire des Jeunes demoiselles marque

Après avoir publié en 1819 son Petit nécessaire des jeunes demoiselles, ce dessinateur et graveur de renom récidive, dix ans plus tard, avec un ouvrage sur l'Art de broder dédié aux jeunes demoiselles puis avec son Traité du tricot.

Traité du tricot LegrandSource Gallica

Bref, récupérer le fonds Legrand en prime avec celui de Mallez, c'est plutôt une affaire juteuse pour un homme décidé à développer une entreprise entièrement consacrée aux ouvrages de dames. Il se fait d'ailleurs un plaisir d'accoler le nom de Sajou à celui de Mallez pour capitaliser sur la renommée de son prédécesseur. Mais au-delà des modèles à proprement parler, il commence à jeter les bases de son futur commerce en se présentant dans les annuaires, dès 1842, comme fournisseur de perles, de soie et de "boîtes complètes pour brodeuses en tapisserie".

Sajou successeur de Mallez Ainé

Cependant l'établissement rue Michel-le-Comte ne durera que quelques années, jusqu'en 1843, avant que Sajou ne parte implanter son affaire dans le cœur historique de la capitale, juste en face du Palais de Justice. Et cette histoire-là sera pour le prochain épisode ;-)

Les précédents billets racontant l'histoire de Sajou
Sajou : de Sens à Paris
Sajou l'innovateur : les modèles de Berlin
Sajou l'innovateur : le conservateur de la vue
Sajou l'innovateur : la tricographie
Sajou l'innovateur : expositions et récompenses
Sajou l'innovateur : la nappe de quatre mètres

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10 mars 2016

Autour de Sajou : teasing

Monsieur Sajou est prié

... et vous êtes priées de passer sur ce blog dimanche qui s'en vient, si vous voulez connaître la suite de l'aventure Sajou ;-)

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17 janvier 2016

Les torchons et les serviettes...

... on ne les mélange pas !

Naours école

Crosnes écolesource : musée national de l'éducation

Un petit rappel : pour profiter de mes images dans leur meilleure taille, je vous conseille de les ouvrir dans un nouvel onglet, car le système d'agrandissement par le clic gauche que propose Canalblog n'est pas très performant.

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