10 juillet 2014

Et l'avenir dans tout ça ?

Après vous avoir raconté ma balade sur la friche DMC, je ne voudrais pas donner l'impression d'une nostalgie excessive. Enfin si… à titre personnel, je suis très nostalgique et je voudrais qu'on conserve absolument tout ce qui tourne autour du fil ;-) En revanche, si je prends un peu de recul dans ma réflexion, je sais pertinemment que les bâtiments ont comme les hommes un cycle de vie, que les villes ont besoin de se renouveler et qu'elles doivent désormais le faire sans grignoter davantage les espaces naturels.

Alors dans tout ça, quid du site DMC, de sa reconversion et -nous l'espérons dans le fond de nos cœurs de brodeuses- de la mise en valeur de ce patrimoine de l'industrie textile ? Après avoir appréhendé sur place la configuration des lieux, j'ai voulu comprendre un peu mieux ce qui avait déjà disparu et les projets développés autour du quartier.

filature0

Si j'ai bien interprété l'information que j'ai pu glaner ici ou là, ce que j'ai vu et qui reste debout, ce sont surtout des bâtiments datant de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.

DMC a toujours son unité de production sur place, même si l'entreprise s'est repliée sur environ le tiers de sa superficie initiale, 5 hectares occupés actuellement contre 15 auparavant.

DMC

Il y a également un village d'activités sur près de 9 000 m² dont plus de la moitié est déjà occupée par une petite dizaine d'entreprises. C'est ce que j'ai vu en premier en arrivant, avec un vigile sympa qui m'a donné quelques informations pour m'aider à me repérer.

village d'activités

Ce qui a récemment fait polémique, c'est le sort réservé à l'un des premiers bâtiments sur le site, la filature construite en 1812. Elle avait ceci de remarquable qu'il s'agissait de la première filature à l'anglaise installée en France et la dernière survivante de ces filatures géantes, sa longueur finale ayant été portée à pratiquement 140 mètres suite à différents ajouts.

filature 1812-1

filature 1812-2

filature 1812-3Documents Galica

L'ensemble ne faisait malheureusement pas l'objet d'une protection au titre des monuments historiques. Il était devenu la propriété d'un groupe privé et était très endommagé à la suite de plusieurs incendies, survenus dans des circonstances obscures. On voit bien sur la prise de vue qui suit l'état désastreux dans lequel se trouvait une partie importante de ce bâtiment, privé de sa couverture par les flammes.

filature3

Un de ses éléments majeurs, le bloc vapeur, avait déjà été détruit en mai 2011. Quant à la filature elle-même, elle a été très rapidement démolie au moment des dernières fêtes de Noël, prenant de court les défenseurs du site, même si tout le monde était conscient de la menace. Les pelles ont débuté leur travail le 23 décembre et on peine à imaginer que la période ait été choisie au hasard…

démolition-1

démolition-2Origine des photos : le blog Le wagges

Là-dessus, que dire ? Peut-être ne peut-on pas tout conserver du passé architectural, peut-être même ne le doit-on pas. Cependant il est toujours désagréable de voir qu'une question qui devrait être gérée au moins au niveau de la collectivité quand il s'agit de patrimoine, ne relève en définitive que d'intérêts privés. Ceci dit, il a bien fallu qu'à un moment ou un autre, la ville délivre un permis de démolition… Tout ce que j'espère, au point où en sont les choses, c'est que la filature aura été bien documentée avant sa destruction. Car tout ce qui en reste désormais, c'est un grand vide... et un orphelin, le magasin de fil datant de 1931 qui, lui, a été épargné. Pour combien de temps ?

magasin de fil

Il y a quatre ans, les architectes-urbanistes Reichen et Robert & associés étaient lauréats du marché de définition lancé par la ville, avec un projet de requalification de l'ensemble du quartier qui faisait la part  belle à la réutilisation des bâtiments existants. Ceci dit, on peut se demander s'il est toujours d'actualité, dans la mesure où il prévoyait notamment de mettre en valeur la filature 1812, en la transformant en une cité du réemploi et en y créant une centaine de lofts... Voici désormais le projet retenu amputé d'un élément non négligeable !

En attendant, pour la partie restant qualifiée sous le terme de "friche" dans laquelle vous avez pénétré avec moi ici, la ville a favorisé dans le bâtiment 75 l'implantation du projet participatif motoco (pour More to Come), fédérant des créateurs français, suisses et allemands dans tous les domaines : design, architecture, peinture, photo, vidéo, informatique, musique... Ce sont principalement des ateliers et des espaces d'exposition qui se sont installés là.

Motoco

Le site vous intéresse ? Après avoir fureté à droite à gauche pour en savoir plus, la friche me semble accessible à de multiples occasions, comme les dimanches portes ouvertes de motoco ou les journées de l'architecture par exemple. De plus en plus d'évènements y sont organisés, ainsi l'exposition de graffitis qui s'est tenue au bâtiment 75 ces jours-ci. D'ailleurs, même les fermes AMAP viennent de s'installer la semaine dernière au quai 57 et y distribueront désormais leurs paniers.

Elle se trouve peut-être dans ces multiples initiatives, la prochaine vie du site DMC ?

Posté par OuvragesDeDames à 06:55 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , ,


26 juin 2014

Fil au campus

Ce week-end, c'était donc à l'université de Dijon qu'il fallait être pour parler de fil. Nous exposions dans des locaux un peu atypiques, puisqu'il s'agissait des salles de cours où fume ordinairement la matière grise de notre belle jeunesse. Pour ma part, j'ai eu la chance d'en partager une avec Douce Parenthèse, la si bien nommée. Car Catherine sait construire une bulle de douceur et de raffinement avec les tissus qu'elle assemble et brode de belle manière ; l'ambiance qui se dégageait de sa table lui a valu beaucoup de succès.

Douce Parenthèse

A quelques salles de là, se trouvaient répartis trois des clubs de broderie de Dijon, ce qui m'a permis de revoir des têtes connues. De l'avantage de tenir salon "à domicile", curieusement celà ne m'était jamais arrivé auparavant !

Au fil de nos idées

La joyeuse bande d'Au fil fil de nos idées

Il était une croix

Il était une croix avec notamment un joli thème autour de la vigne et du raisin

Fées brodeuses

Les Fées Brodeuses, toujours inventives, qui avaient déjà de nouveaux ouvrages à nous faire admirer

Ma découverte et mon coup de cœur sur cette manifestation ont été pour les chemises brodées de la charmante Nadine Levé qui n'a de cesse de faire partager son savoir et de guider ses élèves sur le chemin de la créativité. Orner d'histoires poétiques et souvent pleines d'humour des vêtements dont on perçoit qu'ils ont eu une vie, voilà qui a du sens et c'est la qualité que je chéris dans la broderie.

Nadine Levé 1
Nadine Levé 2
Nadine Levé 3Entre le contrejour et le fond des rideaux verts, les conditions n'étaient pas idéales pour prendre des photos un peu fidèles. Mais allez voir sur son site, elle y montre ses créations dans tous leurs détails, ce qui est vraiment appréciable.

Et puis, ce qui ne nuit pas au plaisir, j'ai trouvé aux puces des couturières qui se tenaient là matière à un nouvel ouvrage : ces soies perlées aux teintes si douces et cependant si présentes.

soies

Je n'ai pas encore en tête ce que je pourrais en faire… pour le moment, ça va dans le stock -;)

Posté par OuvragesDeDames à 06:08 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
Tags : ,

21 juin 2014

Un samedi à l'Université

Si vous passez par l'Université de Dijon ce samedi, je serai là, je vous y verrai peut-être ? 

fil au campus

Et j'y serai en bien bonne compagnie, celle notamment des Fées Brodeuses, qui nous avaient offert une magnifique exposition en octobre dernier et qui ont déjà des nouveautés à nous montrer.

Je suis passée m'installer à l'arrache hier soir, en sortant du boulot, et ce que j'ai vu au premier regard chez les unes et les autres était déjà bien intéressant. J'ai notamment admiré de superbes chemises brodées et de la laine feutrée qui m'ont beaucoup plu. J'espère avoir le temps d'approfondir ça aujourd'hui, une journée c'est court pour zieuter...

Posté par OuvragesDeDames à 06:16 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

18 juin 2014

Un dimanche chez Jean-Henri

Je viens de profiter d'un nouveau déplacement à Colmar pour faire une halte à Mulhouse. L'avenir de la friche DMC est incertain, je l'avais déjà évoqué dans ce billet. Et une récente information lue dans la presse n'allait pas dans le sens d'une sauvegarde des lieux. Requalification est bien rarement synonyme de préservation dans le domaine de l'urbanisme et je me suis dit qu'il était peut-être déjà trop tard pour cette visite…

DMC2

Je n'avais rien prévu de particulier, j'imaginais juste en passant me rendre compte des dégâts puisque le site de l'ancienne filature se trouve quasiment à la tombée de l'autoroute. Il était déjà tard quand je suis arrivée, mais c'était sans compter avec les longues soirées de juin... et l'ange gardien des fouineuses ;-)

DMC1

J'ai d'abord été surprise par l'étendue du site, qui constitue à lui seul tout un quartier de la ville. L'ambiance était un peu étrange en cette soirée du dimanche où la France faisait son galop d'essai au Brésil. Autant dire que Mulhouse était déjà ville morte quand j'ai commencé à fureter, en guettant chaque brèche qui me permettrait d'en voir un peu plus.

Site industriel, donc : au cœur, l'immense plateau central des bâtiments de production crénelés avec leurs impressionnantes cheminées et, tout autour, les maisons ouvrières sagement alignées.

DMC3

Et filature de surcroît : impossible de l'ignorer jusque dans les noms des rues.

DMC4

Abandon, oui : au premier regard, on en repère les stigmates qui enveloppent l'endroit d'un sentiment d'irrémédiable.

DMC6

DMC5

Certaines zones sont en activité, comme celle où DMC a replié sa production. J'ai aussi papoté avec un vigile qui veillait sur une partie réinvestie par de nouvelles entreprises. Et parfois les barrières cadenassées ne condamnent que des terrains abandonnés et laissés à la seule garde des oiseaux.

DMC7

DMC8

Mais j'ai fini par trouver, au bout d'une allée, une grille miraculeusement ouverte sur la friche. Impossible de résister à la tentation bien sûr... même pas essayé ;-) J'ai bien eu un peu les jetons de voir la grille refermée au moment où je voudrais sortir de là, mais la curiosité l'a emporté !

DMC12

DMC13

J'ai parcouru des allées rectilignes et désertes, tracées entre les bâtiments délabrés et toutes ombragées d'arbres centenaires, avec la sensation bizarre de me trouver dans un espace parallèle en marge du monde réel. Le bitume des allées est peu à peu rongé par la végétation, les quais désertés attendent des wagons qui ne viendront plus.

DMC14

Partout DMC a laissé sa marque, jusque sur les bouches à incendie.

DMC9

On suit l'évolution de la construction aux années inscrites au fronton des bâtiments.

DMC11

De ces bâtiments, il ne reste parfois que les murs extérieurs. Au travers des immenses fenêtres encore habillées de leurs carreaux, on devine le squelette des ateliers, désormais à ciel ouvert : les colonnes devenues inutiles ne soutiennent plus que les nuages.

DMC15

DMC16

C'était si beau... et je m'en voulais justement de trouver beau le graphisme de ces constructions à demi en ruine, abritant le souvenir de vies ouvrières broyées dans une activité disparue. Je sentais des fantômes tout autour de moi, et pourtant, elle n'avait rien de sinistre, cette promenade nostalgique dans la lumière dorée du soir tombant.

DMC18

DMC17

C'était juste mon pélerinage de mécréante dans un lieu si proche de la disparition. En rentrant à la maison, j'ai caressé mes vieilles boîtes de floche, de cordonnet d'Alsace et de fil à dentelle, j'ai mélangé rouge turc et  bleu du Rhin : tout venait de là. Avoir mis mes pas dans les leurs, avoir pensé si fort ma petite prière de collectionneuse, c'était bien le moins que je pouvais faire pour les âmes des fileuses, des pelotonneuses et des rattacheuses, des filtiers et des graisseurs qui avaient trimé ici !

Posté par OuvragesDeDames à 06:01 - - Commentaires [77] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 juin 2014

Les villages du Monferrato

Je vais revenir aux ouvrages de dames... c'est sûr ;-) Mais pour le moment j'ai envie de garder encore un peu le coeur en Italie, une dernière fois, rien que pour le plaisir du souvenir. Car se promener dans les collines du Monferrato, c'est comme ouvrir un paquet cadeau à chaque tournant de la route, encore et encore. C'est surprenant comme chaque village est plus savoureux que le précédent... à condition d'arriver à le trouver ;-)

Treville par exemple, il a fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois... J'avais pourtant l'impression qu'il était à portée de main, juste de l'autre côté du vallon, mais entre les routes coupées et les panneaux rotatifs, impossible de trouver l'accès ! Il a fallu que je m'entête, jusqu'à me remettre sur la piste le lendemain.

Treville

Mais après une bonne grimpette dans les rues du village, j'ai été récompensée de ma ténacité par une vue magnifique sur toute la vallée et un banc ombragé juste comme il faut, dans un environnement unique. Un moment hors du temps...

Treville 2

A quelques kilomètres de là, les heures coulent au rythme des deux cadrans solaires installés au fronton de l'église de Serralunga : hora italica, ora di Francia. J'ai voulu y voir la célébration de l'amitié franco-italienne, mais l'histoire est un peu plus délicate... En réalité les italiens, comme les hébreux et les chinois, comptaient le nombre d'heures restant jusqu'au coucher du soleil et c'est l'heure italique. Cependant après l'annexion à la France au début du XIXème siècle, le Piémont adopte l'heure à la française, le comptage du temps toujours en usage aujourd'hui. Ce sont ces deux lectures qu'illustrent les cadrans solaires de Serralunga, dont je pense qu'ils sont de création récente encore que superbement intégrés à l'édifice.

Serralunga 2

Rien qui puisse troubler le chat, tranquillement habitué à profiter du somptueux paysage depuis son toit. Il n'a même pas été gêné de me voir au-dessus de lui, à me rassasier de la vue privilégiée depuis la placette de l'église.

Serralunga 1

Le Monferrato déroule un chapelet de ces beaux villages perchés, tous plus attirants les uns que les autres, comme l'est notre Rosignano si chaleureux et accueillant aux brodeuses. A la fin du printemps, ses rues dégoulinent des roses dont il tient son nom.

Rosignano

Finalement, j'aurais pu rester par là, j'ai rêvé devant chaque maison à vendre et j'en ai vu pas mal. Comme celle-ci par exemple, au coeur du village de Sala Monferrato. J'ai longtemps lorgné à travers sa grille, à imaginer la petite histoire de cet endroit, les drames et les les bonheurs vécus là...

Sala MonferratoMais le plus extraordinaire dans ce petit pays du Monferrato, pourtant si grandiose, c'est qu'il n'a pas été colonisé par le tourisme : les routes sont calmes, les villages entièrement dédiés à leurs habitants sans le moindre marchand de cartes postales ; je me suis appliquée à passer tout discrètement dans les ruelles tranquilles pour ne pas jouer les intruses indésirables. Pour vivre heureux, vivons cachés : voilà une philosophie parfaitement intégrée ici ;-)

Posté par OuvragesDeDames à 06:37 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :


31 mai 2014

Ai-je rêvé ?

Pour ce nouveau séjour sur le lac Majeur, Niky m'a offert un endroit unique qui est la destination de sa promenade quotidienne. De là-haut on oublie tout ce qu'on voudrait ne pas voir là-bas, tout en bas : les aménagements touristiques, les promeneurs bruyants et pressés de passer à la visite suivante, les vendeurs de billets qui se disputent le client à emmener aux îles.

Lago Maggiore

De là-haut on ne perçoit que l'irréelle poésie du lac. Même l'intervention humaine apparaît comme un bijou posé sur la nature : le joli village de l'île des Pêcheurs, la discrète isola Madre, le grandiose palais Borromeo et ses jardins en cascade, les lumières de Verbania sur l'autre rive du golfe...

Isola Pescatori

Isola Bella

Nous sommes restées longtemps à regarder la nuit tomber sur le lac. Je ne pouvais pas me résoudre à quitter ce spectacle unique, merci encore Niky pour ta patience ;-)

Isola Pescatori 2

Isola Bella 2

Malheureusement les photos sont bien incapables de restituer l'émotion que j'ai ressentie. Les montagnes tout autour, le lac et les îles, où que se porte le regard, le coeur explose de voir tant de beauté... Le lendemain matin, sur le point de prendre la route du retour en France, je n'ai pas pu résister à passer de nouveau par la petite route.

Isola Pescatori 4

Isola Pescatori 3

Isola Pescatori - l'île des Pêcheurs

Isola Bella 3

Isola Bella 4

Isola Bella - L'île Belle

De jour, on perd la magie des lumières, le paysage paraît moins fantasmagorique, la vraie vie reprend ses droits et on voit le monde s'agiter. C'est beau aussi le ballet des bateaux et les traces de leur sillage, il y en a même qui s'amusent à faire des ronds dans l'eau ;-)

Sillages

Isolotto della Malghera - La minuscule île des Amoureux

J'ai imaginé de loin l'allée des glycines et les paons faisant la roue dans les jardins d'isola Madre, les ruelles ombreuses et les vieilles maisons d'isola Pescatori, tous ces souvenirs d'une précédente visite à Baveno où j'avais pris le bateau des îles. C'était si beau de les voir de loin et d'avoir l'impression de pouvoir les prendre dans ma main !

Oui, je crois que j'ai rêvé...

Posté par OuvragesDeDames à 06:34 - - Commentaires [49] - Permalien [#]
Tags :

29 mai 2014

Les rizières du Pô

Pour venir en Italie, je passe par le Mont Blanc et arrivée en bas  de la vallée d'Aoste, je suis toujours étonnée que le chemin ait été si court : à peine cinq heures et c'est fait... Alors quand je vais dans le Monferrato, j'aime bien m'offrir le chemin des écoliers pour le bout de trajet qui me reste à faire.

Ça me permet de prendre les toutes petites routes pour traverser les rizières de la plaine du Pô. Au mois de mai, elles viennent juste d'être innondées et le riz n'a pas encore poussé ; on a l'impression de voler sur l'eau : c'est magique !

San Grisante

Bien sûr, l'Italie ce sont les pâtes, mais le riz également est une institution. Un bon carnaroli cuisiné en risotto par Anna... quel souvenir ! Il est cultivé depuis plus de six siècles au Piémont et en Lombardie. Léonard de Vinci lui-même a initié le système d'irrigation qui a permis le développement de la riziculture.

Cantavena 3

Le Pô est à l'origine de tout, ce sont ses eaux qui permettent d'inonder la plaine d'où sortira chaque année l'or blanc dont l'Italie est le premier producteur en Europe. A peine passé le fleuve, on butte sur les premières collines du Monferrato : une petite grimpette jusqu'à Gabiano puis il ne reste plus qu'à rejoindre Cantavenna par la strada provinciale 5.

Cantavena 4

J'ai découvert ce point de vue sur la plaine du Pô par hasard... en me perdant, comme cela m'arrive souvent sur les routes italiennes. Et il m'a certainement fallu un peu de chance pour pressentir que l'endroit était exceptionnel et pour que je m'arrête car vraiment, rien ne l'indique. Mais j'y retourne maintenant à chaque fois (et souvent plusieurs fois par séjour...) et une fois installée là, entre le cerisier et le tamaris, il est bien difficile de m'en détacher tant la vue jusqu'aux Alpes est fascinante.

Cantavena-1

Il y a mille détails à voir dans ce paysage : les fermes et les villages qui paraissent des îles, le train qui glisse sur l'eau ou les sentiers qui tracent des virgules au milieu de "il mare a quadretti"... Merci Laetitia de m'avoir appris tant de choses passionnantes sur le riz ;-)

Je vous ai indiqué le chemin, si vous avez la chance de passer dans les parages, ne manquez pas d'aller faire un tour au merveilleux belvédère de Cantavenna !

Cantavena-2

Si vous voulez voir les images dans leur meilleure taille, je vous conseille de les ouvrir dans un nouvel onglet plutôt que d'utiliser le très erratique système d'agrandissement des images de Canalblog.

Posté par OuvragesDeDames à 11:59 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags :

26 mai 2014

Salone ideal

Le petit salon de Rosignano se tient dans le cadre de la fête annuelle du Monferrato, Riso e Rose. Pendant un mois, les  villages du pays rivalisent d’idées pour fêter par roulement leurs deux emblèmes que sont le riz et les roses… et un peu le vin aussi, car la plaine est en rizières cependant que la colline est tout en vignes.

plaine_et_collines

Depuis 2003, Rosignano a choisi les arts du fil pour sa contribution à la fête, à l’initiative d’Anna qui a réussi à imposer cette première du genre en Italie, en nous faisant le bonheur d’y réserver une place aux brodeuses françaises. Nous installons nos petites affaires dans le joli théâtre du village et les rues sont annexées par les producteurs et artisans locaux. J’en profite toujours pour reconstituer mon stock de ces farines de riz parfumées à la rose ou à l’amande, qui font de si délicats desserts.

La promesse d’un salon idéal est honorée à bien des égards. Car le cadre est idyllique, l’ambiance joyeuse, et l’hospitalité piémontaise fait le reste.

Peut-on imaginer plus bel endroit que ce petit théâtre ? C’est le bâtiment qui se trouve tout à droite du village, avec ses trois fenêtres hautes. Et en contrechamp, suit la vue que nous avions de « nos » fenêtres.

Rosignano_vu_de_Cella_Monte

Cella_Monte_vu_de_Rosignano

Quant à l’ambiance, et bien… nous sommes en Italie, tout est dit ! Pendant que Monsieur le Maire fait son discours d’inauguration dans la rue, les petites mains s’affairent à préparer les gelati (au riz et à la rose, bien sûr ;-) pour les visiteurs de la première heure. Puis la jolie Monferrina coupe le ruban et c’est l’ouverture officielle.

_inauguration1_inauguration2

Mais puisque nous étions là pour la broderie, parlons broderie !

Mes gentilles voisines de la coopérative valdôtaine Lou Dzeut qui tissent et transforment des textiles de très belle qualité.

Lou_Dzeut

Rossana, la pétulante Madame Chantilly et ses dessins pleins de fantaisie.

Rossana

Niky sur fond d’un patchwork ancien que je lui aurais volontiers volé.

Niky

Livia, la moitié du binôme Rovaris, tout environnée de rouge.

Livia

Tinu et Rossella qui représentaient Nonnalana... Tinu qui nous a régalées, comme à chaque rencontre, de ses croustillants amaretti ;-)

Tinu_Rossella

Charline et son Carnet de broderies au milieu de ses créations raffinées et de délicieux modèles anciens remis au goût du jour.

Charline

Et enfin un petit tour chez moi... parfois en regardant les photos, je me demande si je vends de la brocante ou de la broderie !

Sylvaine

Ma découverte et mon coup de cœur sur ce salon ont été pour une galériste milanaise représentant des artistes textiles pour un travail sur le thème de la mémoire. Leurs œuvres m’ont émue et saisie : les photos anthropométriques de détenues australiennes transformées par Katharina Sommer qui pose un précieux voile de dentelle sur leur visage à peine rebrodé comme pour les protéger, la maison idéale de Simona Mormile faite de tissu et dont l’intérieur est décoré par des fragments textiles venant de sa famille, l’icône de Nicola Liberatore voilée de gaze et qui m’a fait penser à une vierge noire, les tableaux de Riccardo Ajossa qui associe aux images de cargos les modèles de filet patiemment rebrodé par les épouses attendant le retour du marin.

FiberArtAnd

Par-dessus tout, j’ai vraiment craqué pour un long chemin de vieux chanvre posé au sol et qui portait en filigrane, noyés dans la brume blanche du Gesso, des images faisant penser à des fresques blessées et à demi effacées, une œuvre encore de Nicola Liberatore. Les photos sont très réductrices, j'ai préféré ne pas en mettre...

Evidemment, c'est toujours trop court. Tout le barda est remballé, je reprends la route pour la région des lacs. Quelques jours de balade, encore...

Posté par OuvragesDeDames à 10:13 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : ,

18 mai 2014

Dans trois jours...

... la petite auto sera chargée à bloc avec vieilleries, broderies, fiches et kits, prête à partir à l'assaut du Mont Blanc pour m'emmener de l'autre côté des Alpes, au pays des rizières et des collines verdoyantes. Et plus particulièrement dans un merveilleux village placé sous le signe des roses et où l'on trouve aussi des musiciens un peu barrés !

roses_et_musique

Rosignano

Rosignano, c'est tout simplement le bonheur de passer un week-end de rêve dans un petit paradis, pour participer à la fête du Monferrato. Déballer ses petites affaires dans le Teatro Ideal, ça classe un peu sa brodeuse, quand même,>))) Pour celles d'entre vous qui n'êtes pas trop loin, je vous y attends ?

Rosignano_affiche_2014

Et sur la route du retour vers la France, je ferai une halte sur les rives du lac Majeur, pour retrouver d'autres amies et parler encore de broderie dans un superbe endroit. Bon, il ne faut pas se désunir, il me reste quelques jours de travail à assurer avant de tailler la route. Mais ma dernière fois en Italie, c'était il y a déjà un an... je languis !

Psittt ! Si vous êtes dans l'Aude ou à proximité aujourd'hui, je vous envie : ce sont les puces des couturières à Sigean, de 9 heures 30 à 17 heures 30 (Gymnase Pierre de Coubertin - avenue de Port la Nouvelle)

Posté par OuvragesDeDames à 06:54 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : ,

11 mai 2014

Patchwork alsacien

Ce qui m’a immédiatement charmée à Colmar, ce sont les éclats de verdure partout présents. Il y a une grâce assez anglaise dans cette manière de contenir la nature sans la domestiquer tout à fait, que ce soit dans les espaces publics ou derrière les grilles. J’ai aimé tomber sur des micro-sous-bois dans les endroits les plus inattendus.

verdure_en_ville_2

verdure_en_ville

Mais la ville, bien sûr, ce sont surtout des maisons. Quand je me promène dans les rues, j'imagine toujours les beaux intérieurs derrière les volets clos. Les fenêtres murmurent... les fenêtres chantonnent... Les fenêtres me parlent.

volets_2

volets_1

Faire du tourisme urbain à 7 heures du matin, c’est idéal pour avoir tout à soi une ville déserte. Car j''imagine que le joli quartier de la petite Venise doit être infréquentable aux heures ouvrables. Ici la ville se reflète dans l'eau, les cygnes et les canards traversent des maisons noyées.

Colmar_et_eau

Mais 7 heures du matin en ville, c’est un peu moisi aussi, car bien sûr je n’ai pas eu besoin de la chercher pour tomber sur LA brocante qu’il fallait voir… enfin, sur sa vitrine seulement qui était déjà bien assez pour me faire craquer. Niveau de frustration : maximum. Niveau d’économie également, je suppose… Je me serais bien arrêtée aussi à la terrasse fleurie de ce troquet pour un petit café. Trop tôt…

brocante_et_troquet

Cette balade fort matutinale m'aura en tout cas donné matière à réflexion pour un futur patchwork. Ces façades alsaciennes ne sont-elles pas une belle source d'inspiration pour un ouvrage à venir ?

patchwork_alsacien

Posté par OuvragesDeDames à 10:38 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags :