28 mai 2015

Les plis sont aussi dans la maison

Voici un billet qui rebondit sur le précédent, car Babeth-Lili m'a signalé un article paru dans le dernier Campagne Décoration, consacré à Pietro Seminelli. Après avoir expérimenté les plis à l'occasion d'un projet de fin d'étude réalisé sur le thème de Madame Butterfly, cet architecte d'intérieur découvre les moules en kraft utilisés dans la haute-couture avec Gérard Lognon. Il continue alors d'exploiter les possibilités offertes par le travail sur le pli dans la décoration.

Seminelli plis

C'est tout à fait passionnant de l'écouter parler de son métier, expliquer par exemple comment la transparence donne au blanc les multiples valeurs de gris qui mettent en évidence la structure dégagée par les plis. Si vous allez sur son site, vous pourrez voir ses réalisations, mais également plusieurs vidéos dans lesquelles il évoque ses recherches, la transmission du savoir et aussi les voies qu'il explore pour renouveler cette technique traditionnelle.

Il travaille par exemple à la modélisation d'un fonds de moules anciens et à l'application des plis à d'autres matières que le tissu. Et c'est ainsi qu'il a développé ainsi avec l'entreprise de céramique Fauvel une collection de revêtements muraux d'exception.

Seminelli céramique

On n'en a pas fini avec les plis ;-) Je trouve ces jeux de transparence très séduisants et j'y réfléchis sérieusement pour des stores qui habilleraient ma fenêtre de cuisine. Si j'osais... je combinerais bien les plis avec des rangs de jours pour les fixer.

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24 mai 2015

Cent fois sur le métier...

Ce n'est probablement pas de gaieté de coeur que Gérard Georges Lognon a dû se résoudre, il y a deux ans, à quitter son atelier de plissage sans successeur dans la famille. Car c'est son arrière-grand-mère Émilie qui a commencé dans la spécialité sous Napoléon III, en 1853. Je me dis d'ailleurs qu'elle a peut-être croisé quelqu'un de notre connaissance, dans ce petit village qu'était le coeur de Paris ;-)

Plissage chez Lognon - Photo Joël SagetLe plissé paon, un des préférés de Gérard Lognon
Photo Joël Saget - D'autres très belles images sur Culture Box

Puis son grand-père, puis son père... Trois générations avant lui ont sculpté l'étoffe jusqu'à remettre entre ses mains l'atelier et 2500 moules à plisser, les "métiers" qui permettent de mettre en volume les tissus plats. Mais la maison, qui a employé jusqu'à soixante ouvrières à la grande époque, tourne désormais avec cinq personnes...

Comme toujours avec les ouvriers remarquables, tout semble immuable et beau. Il y a quand même de la magie dans cette affaire-là !


Claudine Ivari à l'atelier Lognon - Sure Shot Productions

Au passage, j'aime cette manière qu'ont les artisans attachés à leurs outils de les qualifier de "métier" : on connaissait le métier de la brodeuse ou celui du tisserand, voici le métier du plisseur... et jusqu'au forain qui appelle ainsi son manège !

Un autre reportage, pour le plaisir...


Laissez-moi passer, je travaille dans la mode - Julie Georgia Bernard

L'atelier de "l'ennoblisseur des tissus", ainsi qu'il se qualifiait lui-même avec un peu de malice, a finalement été repris par Chanel. Les plisseurs rejoignent ainsi un bouquet où ils seront en compagnie de brodeurs, de plumassiers, de modistes, de gantiers, de bottiers et de paruriers.

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15 avril 2015

Pas assez de vies

Ce que je trouve extraordinaire, c'est la concentration et la sérénité que dégagent ces potiers. Ils sont si beaux, tout paraît si facile, il y a un pouvoir hypnotique dans ces images...

Il est où, le magasin où on peut acheter des vies supplémentaires ?

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22 février 2015

Sérendipité

J'en ai compulsé, des archives photographiques, dans l'espoir de mettre enfin un visage sur le nom de Sajou ! A dire vrai, je rêvais (littéralement : je me suis réveillée un matin avec l'image très précise en tête ;-) d'une vieille carte postale avec toute l'équipe posant fièrement devant la maison de commerce de la rue Rambuteau, comme on en voit si souvent à l'époque. Comme les rêves ne sont pas tous destinés à devenir réalité, j'ai fait chou blanc sur ce point très précis...

Mais outre la photo de Jacques Simon, mon fouinage dans les vieilles images m'a permis de redécouvrir l'émouvant travail d'Eugène Atget. Autour des années 1900, ce photographe a fixé Paris sur la pellicule, avant que des pans entiers de ses vieux quartiers ne disparaissent au gré de la rénovation urbaine. Il donne notamment à voir des façades dévorées par la publicité au point que, parfois, plus un centimètre carré du mur d'origine n'est visible.

Au détour des albums, instant de grâce...

Atget - pub LV
source Gallica

Depuis 1877, Maurice Frings a racheté la société de fils à coudre LV, créée en 1841 par Louis Viarmé. La maison de vente de la marque est installée au 106 de la rue Saint-Denis, un peu plus haut que l'église Saint-Leu se trouvant à gauche sur la photo.

Aujourd'hui, le mur est vierge... Défense d'afficher ?

Rue Saint-Denis 2014
Balade via Google Maps

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04 janvier 2015

L'art de la couleur extraite de la nature

Peut-être n'étiez-vous pas à l'écoute de la radio hier soir mais c'est un des grands plaisirs d'Internet que de pouvoir profiter d'une session de rattrapage ;-) Je ne saurais donc trop vous engager à aller réécouter l'émission des Savanturiers diffusée sur France Inter et qui donnait la parole à Dominique Cardon.

C'est une spécialiste à la fois pointue et pragmatique, technique et passionnée qui sait très bien communiquer sur son sujet de prédilection. Historienne des textiles et des teintures naturelles, elle pratique une archéologie vivante et expérimentale qui la conduit à reconstituer et à tester toutes les méthodes qu'elle recueille autour du monde. Les couleurs dont elle se vêt ont nom fleur de pêcher, poil de lion, sanguine ou fleur d'ancolie.

Photo Le Monde
photo Frédérique Jouval pour Le Monde

Enracinée dans son jardin cévenol où elle cultive les plantes tinctoriales qu'elle utilise pour ses recherches, Dominique Cardon parcourt le monde pour apporter son expertise des tissus anciens sur les sites de fouilles les plus renommés. Elle étudie ainsi les textiles de l'âge du bronze au Xinjiang dans le désert du Taklamakan, ceux du néolithique sur les rives du lac de Paladru en Dauphiné ou encore en Egypte ceux de l'époque romaine. Au Groenland, elle fait redécouvrir à des étudiants locaux les procédés qu'utilisaient les inuits et les colons scandinaves pour donner couleurs à leur costumes.

Sa passion est née en Irlande où elle a appris à tisser à bras de belles matières comme la soie ou l'alpaga, dans ce pays où les artisans produisent des tweeds uniques teints avec des lichens. Elle raconte avoir éprouvé un véritable choc au Pérou en découvrant les textiles précolombiens teints avec des colorants naturels comme l'indigo ou la cochenille, selon des recettes encore utilisées aujourd'hui.

Dominique Cardon est une collectionneuse de couleurs, ce qui lui a également valu de travailler pour la haute couture, notamment la maison Chanel à laquelle elle a fourni des tweeds luxueux teints dans une cinquantaine de nuances de roux ensoleillés.

Mais un de ses soucis essentiels est de maintenir la chaîne de la transmission et c'est pourquoi elle collationne des centaines de recettes de teintures naturelles pour les sauver de la disparition. Elle les recueille auprès de ses collègues archéologues, anthropologues, chimistes ou paléobotanistes, mais surtout auprès des teinturiers traditionnels souvent fort âgés et dont le savoir court un grand risque de se perdre.

Allez l'écouter expliquer tous les éléments qu'elle doit étudier avant de publier un textile, raconter ses découvertes et ses expérimentations, vous ne le regretterez pas. Ah ! le gant de Saint-Fulcran !

Quant à moi, je crois que je sais quoi faire de certain chèque-cadeau à la FNAC que je conservais depuis l'été dernier ;-)

le monde des teintures naturelles

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15 octobre 2014

Les fleurs d'Anežka

Anežka Kašpárková dit qu'elle ne conçoit pas la vie sans rien faire. Alors quand la minuscule chapelle située devant l'église du village a été restaurée, elle s'est mise en tête d'orner l'austère enduit blanc de fleurs bleu outremer.

Anežka Kašpárková 1

Elle vit à Louka, en Tchéquie, dans la Moravie du sud. Il ne faut surtout pas lui dire qu'elle est artiste : elle se contente de faire pousser sous son pinceau les fleurs qu'elle a dans la tête, et voilà tout.

Anežka Kašpárková 2

Comme elle peint sans modèle, aucun de ses décors n'est identique au précédent.

Anežka Kašpárková 3

Je suis allée me balader un peu dans les rues de Louka grâce à Google Maps (j'adore !), c'est qu'elle a drôlement bien résisté, la chapelle d'Anežka, contrairement à ce qu'elle craignait : regardez-là cinq ans plus tard !

Louka 2012

Quand elle a peint ses fleurs, en 2007, Anežka avait près de 80 ans. J'aime à penser qu'elle continue toujours à enchanter le quotidien de son village...

Anežka Kašpárková 4

Anežka Kašpárková 5

J'ai trouvé son histoire ici et encore ici.

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12 juin 2014

Les little perspectives de Cathy Scola

J'ai littéralement fondu pour les mises en scène bourrées d'humour et cependant terriblement précises de Cathy Scola. Avec un très gros coup de coeur pour la petite nana se baladant dans une boîte de fils à broder aux innombrables coloris, et son choix qu'on imagine cornélien opportunément intitulé Decisions, decisions.

Vous pouvez agrandir toutes les images, mais je vous renvoie volontairement chez elle pour le faire. Une fois que vous êtes dans FlickR, il suffit de faire un clic droit sur la photo pour ouvrir une palette flottante qui vous permettra de choisir la taille d'affichage.

Cathy Scola - A tailor's work is never done
Cathy Scola A tailor's work is never done

Cathy Scola - Cross stitchin
Cathy Scola Cross stitching

Cathy Scola - Decisions Decisions
Cathy Scola Decisions, decisions

Cathy Scola - Guess you can dance on the head of a pin
Cathy Scola Guess you can dance on the head of a pin

Cathy Scola - Macrame
Cathy Scola Macrame

J'ai retenu ici plutôt les images évoquant le textile, mais allez voir son album Little Perspectives : toutes ses mises en scènes sont irrésistiblement craquantes, des kayakistes ramant sur le cappucino au laveur de carreaux de lunettes... en passant par l'acrobate sur spaghetti !

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03 mai 2014

Papier magique

En regardant la Maison France 5 mercredi, je suis tombée sous le charme de Charles Macaire, qui crée des sculptures et des luminaires en pliant et en froissant le papier.

Charles_Macaire_1

J'ai aimé bien sûr les objets poétiques qu'il fait sortir de ses mains. Mais ce qui m'a plu par dessus tout, c'est de voir ses gestes doux et patients pour amener le papier là où il l'a décidé. Et c'est passionnant de l'écouter parler de son travail et raconter son parcours d'autodidacte du papier.

Charles_Macaire_2

Si vous n'étiez pas devant votre télévision ce soir-là, vous pouvez vous rattraper ici (pour accéder directement au sujet, c'est vers 42'30"). Charles Macaire présente également ses créations sur son site.

Et ce sont les Marseillaises qui auront la chance de pouvoir les voir en vrai, juste au bout de ma rue... trente ans trop tard, pour ce qui me concerne,>)))

Edit : rediffusion aujourd'hui même à 11h20, merci Annie !

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19 février 2014

Inédit

Oui, telle que vous me voyez, j'ai le sifflet coupé... reposant, non ?

 

Sebastian Lester est un magicien, son site est ici.

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12 janvier 2014

Le journal du matin

Je vous ai montré la semaine dernière une couronne de reine des neiges dont j'étais bien fière... Maintenant on va passer aux choses sérieuses et voir ce que ça veut vraiment dire, découper du papier !

Myriam Dion recycle à sa manière les journaux qui tombent sous son cutter : elle les dissèque de  manière quasi hypnothique, pour faire apparaître la dentelle cachée sous l'information. A la rapidité avec laquelle défile l'actualité, elle oppose l'infinie patience de ses ciselages, poétiques à force de répétition.

_FT week-end

_Le_Devoir

_détail

Tout ça fait de bien spectaculaires installations que je me régalerais de voir en vrai... si j'étais de l'autre côté de l'Atlantique>)))

_installation1

_installation2

Je ne saurais trop vous engager à aller visiter le site de Myriam Dion pour profiter de toutes les merveilles qu'il recèle. En attendant, je ne résiste pas à vous en montrer une petite dernière pour la route,>)))

La jeune canadienne a travaillé sur une (grande : 2,50 m x 1,50 m) photo d'un atelier désaffecté, situé dans le faubourg des Récollets, à Montréal. Datant de la fin du XIXème siècle, fermée depuis 1980, la forge Cadieux est aujourd'hui menacée de démolition par le programme de rénovation urbaine.

Forge_Cadieux

Mais du moins ne disparaîtra-t-elle pas avant que Myriam Dion n'en ait révélé l'âme secrète à la pointe de son X-acto !

_Forge_Cadieux

En cherchant à en savoir un peu plus sur cet atelier, je suis arrivée aux collages de Marc Gosselin qui lui aussi a été inspiré par ce bâtiment. Je saute un peu du coq à l'âne (on appelle ça surfer sur le net, non ?) mais pas tant que ça... Oh ! vous avez vu ? Il y a du fil,>)))

Forge_Cadieux_par_Marc_Gosselin

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