30 juin 2013

Remède miracle

Je vous ai montré dans ce billet le joli panier garni offert par Michèle, qui contenait notamment un pot en céramique siglé de la pharmacie Bruant. Comment ce vieux pot à onguent dijonnais s'est trouvé sur le trottoir d'une brocante du midi, ça c'est un mystère que nous avons peu de chance de percer. En tout cas, il viendra avantageusement tenir compagnie à cet autre article que je ne résiste pas à vous montrer : je l'ai chiné bien plus classiquement à moins de 100 mètres de ladite pharmacie.

L'argument publicitaire est irrésistible : j'en viendrais presque à regretter d'avoir dû vider la bouteille de la tisane miraculeuse qu'elle contenait encore pour pouvoir la nettoyer,>)))

Soeur Marie

A utiliser pour un bricolage second degré ? Pour télécharger en bonne définition l'image de l'étiquette et de la riante soeur en cornette, il suffit de cliquer sur les vignettes qui suivent.

Soeur Marie étiquette                 Soeur Marie détourée

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26 juin 2013

Un album pour Camille

J'ai été touchée par vos jolies réactions sur ce billet consacré au marquoir de Camille. J'ai parfois l'impression d'avoir des obsessions un peu baroques quand je passe des heures dans mes recherches documentaires,>))) Certes le plaisir que j'y trouve justifie amplement le temps que je leur consacre. Mais depuis que j'ai créé ce blog, je suis heureuse de trouver un écho à mes marottes chez d'autres brodeuses.

Je suis attachée au sens d'un ouvrage, à l'intention qu'il contient ou que je lui prête ; pour moi c'est ce qui fait qu'il n'est  pas qu'un alignement de petites croix. L'émotion naît d'un rien : un marquoir comme celui de Camille prend du sens peut-être uniquement en raison de son ancienneté. Là où le même ouvrage brodé aujourd'hui me paraîtrait probablement sans intérêt, le simple fait qu'il ait traversé les années pour porter jusqu'à nous la petite flamme d'une brodeuse disparue lui donne toute sa valeur. Et vous, avez-vous une idée de ce qui vous attire dans les vieux marquoirs ?

Hommage à Camille

Comme vous êtes plusieurs à avoir manifesté l'intention de broder le marquoir de Camille (et même si je sais que nos élans ne se concrétisent pas toujours,>))), j'ai créé un album pour accueillir vos réalisations, si vous voulez bien me transmettre une photo une fois quand vous aurez terminé. Broder l'abécédaire de Camille à l'identique, mais pourquoi pas également jouer avec lui à votre idée ? Le modifier, vous l'approprier, le monter moins classiquement... il y a tant de possibilités ! Pour l'instant, Camille y est accompagnée de Joëlle, j'espère que vous viendrez bientôt les rejoindre. J'ai quant à moi une petite idée pour mon hommage, le temps de terminer des en cours urgents...

Vous pouvez me faire passer les photos sur cette adresse :

mail

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16 juin 2013

Fil allégorique

Pendant ma balade en terre de Languedoc, je vous laisse avec la suite de la série sur les étiquettes de boîtes de fil : des allégories qui n'ont pas trouvé leur place dans les thèmes précédents. Ça  brille, ça resplendit, ça en impose et tiens... voici cette Renommée si partagée que j'avais déjà évoquée ici.

brillante+renommée

miroir+européen

resplendissante+astre d-or

Surtout n'oubliez pas, si vous avez l'occasion de vous trouver entre Narbonne et Perpignan ces temps-ci : jusqu'à la fin du mois, l'atelier de point de croix vous invite, à Sigean, à sa 8ème exposition d'ouvrages au point compté. , intitulée "Au fil de nos envies". J'y suis encore jusqu'à ce soir, alors peut-être à tout de suite ?

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12 juin 2013

Poésie publicitaire

Je vous parle d'un  temps où on se creusait un peu la tête pour développer ses arguments publicitaires : foin des slogans balancés à la va-vite, mais de la poésie pure et dure... Peut-on dire qu'il existe un équivalent aux peintres pompiers ? Alors je vous présente le poète pompier, ses alexandrins qui marchent au pas et sa bonne grosse rime sans malice,>)))

poème verso

Si l'auteur de cette merveille restera à jamais anonyme, en revanche le répertoire général des marques de fabrique nous indique précisément que la marque "Carte d'Or" fut déposée le 17 décembre 1884 par la filature Hassebroucq Frères.

Et j'ai beau me moquer, un article du Progrès du Nord du 10 janvier 1877 nous apprend tout de même que la filature HF a été distinguée par une récompense décernée lors de l'Exposition de Philadelphie. Elle était en bonne compagnie au milieu de nombre d'industriels du Nord oeuvrant dans le textile, parmi lesquels nous remarquerons bien sûr l'incontournable Vrau. On devait quand même croire en ses produits pour organiser leur promotion sous des cieux si lointains, à une époque où il fallait pas loin de deux semaines pour rallier l'Amérique en paquebot !

Et comme le recto de cette poétique publicité est vraiment sans intérêt, je vous laisse avec une belle image trouvée une fois encore à la bibliothèque municipale de Lille. Toujours chez HF, ce n'est pas la Carte d'Or mais presque...

carte soleil

Edit : allez voir , ça vaut 10,>))) Odile le tien est bien moins lourdingue que le mien, presque fripon, je trouve !

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01 mai 2013

Fête des travailleurs

CPA muguet

Vive la grasse matinée !

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09 avril 2013

D'une bibliothèque à l'autre

C'est une véritable mine de renseignements qu'Odile a dénichée pour nous sur le site de la BnF : le Répertoire général des marques de fabrique pour fil de lin et de coton à coudre déposées à Lille de 1812 à 1895.

Inventaire à la Prévert

Ce répertoire démontre, s'il en était encore besoin, la propension des filateurs à multiplier les marques de fil et surtout leur redoutable créativité pour les doter d'un nom, des plus fantaisistes aux plus mystérieux.

Difficile de ne pas sourire en se baladant dans cet inventaire à la Prévert, tantôt drôle, tantôt attendrissant et le plus souvent surprenant… En le parcourant on finit par se demander : mais où vont-ils chercher tout ça ? Ça commence doucement, de la Fanchonnette à la Frileuse, en passant par les Forces de Samson, la Gauloise, le Ménétrier breton, l'Oiseau de Paradis, le Petit bon Dieu ou le Tisserand de Ségovie… j'en passe et des meilleures !

Mais ça devient carrément débridé dans la seconde moitié du siècle où il faut probablement se creuser de plus en plus pour faire original : A la fraîche, qui veut boire ?, ou bien sur le ton des déclinaisons : l'Homme-canon, l'Homme de fer, l'Homme au Singe et l'Homme de Neige.

Et puis on  soupçonne tout de même des messages codés derrière certaines appellations ; car il ne devait pas être si innocent que ça, ce fil Guerre aux Chinois, Général Brière de l'Isle décliné ensuite par Hassebroucq frère en une tripotée de généraux, amiraux et autres commandants… Coup de pied de l'âne à un concurrent trop présent sur le marché ?

Finalement chacune retrouvera dans ces listes ses propres madeleines, pour moi ce fil Germain Pilon, juste parce que c'était la cité où habitait ma grand-mère à Montmartre, ou le Franc Bourguignon pour des raisons évidentes de chauvinisme régional ;-)

Protection ou pas ?

Ce qui m'interpelle le plus, c'est que le dépôt d'une marque ne semble pas empêcher sa réutilisation et à nouveau son dépôt par d'autres filateurs. Par exemple, on retrouve le fil au Pauvre Diable déposé en 1846 par Barthélemy Delespaul puis en 1852 par Antoine Picavet, la marque à la Princesse déposée en 1848 par Philibert Vrau puis en 1855 par Auguste Descamps. Il y a des noms qui font véritablement un tabac : on retrouve ainsi un dépôt pour la Renommée par Carlos Dathis en 1824, Barthélemy Delespaul en 1846, Ignace-Alexandre Senélar en 1847, Ignace Lambin en 1849, Antoine Picavet en 1852, Gustave Toussin en 1857, Victor Saint-Léger mais également Hassbroucq Frères en 1858, Fauchille-Delanoye en 1861 et finalement Crespel et Descamps en 1887, ouf ! La dénomination à la Vierge a eu également bien du succès puisqu'elle a été reprise par une dizaine de filateurs différents tout au long du siècle.

Une autre liste des filateurs lillois

Mais au-delà de l'aspect divertissant, Odile nous offre avec la trouvaille de ce répertoire une manière complémentaire d'identifier les marques des filatures, qui ne sont le plus souvent présentes sur les étiquettes que par la mention de leurs initiales. Or les listes reprennent ici, pour chaque marque de fil déposée, la marque de la filature associée in extenso et en abrégé. Ce sera donc facile désormais d'identifier les HF, R&C, EG ou AFD, y compris pour ceux qui ne figureraient pas dans la liste de Thiriez et Cartier-Bresson que nous avons déjà évoquée ici.

On veut des images !

Mais nous en voulons toujours plus ; et Odile regrette à juste titre qu'aucune image ne figure à ce répertoire. Ça m'a fait repenser à quelque chose que j'avais perdu de vue depuis un petit bout de temps et que je confesse avoir eu un peu de mal à retrouver : des pages extraites de l'Album des Marques datant de la seconde moitié du XIXème siècle et qui, pour ce que j'en sais, était une publication annuelle. Pour les fils, j'en ai seulement trois pages que je vous livre ici. Le format est grand, très proche de nos A3 modernes.

marque Daris Senélar

marque Vrau

marque WF

Et comme nos chères bibliothèques sont finalement des puits sans fond de documentation, aussi bien à Paris qu'en province, nous contenterons notre besoin d'iconographie en allant sur le site de la bibliothèque municipale de Lille, que je vous avais déjà signalé ici pour l'exposition sur la filterie Lilloise : il propose en ligne presque 1500 étiquettes de boîtes de fil dont nous allons pouvoir profiter tout notre content ! Je vous laisse y accéder en cliquant sur celle-ci qui m'a bien plu :

 fil à la rêveuse

La collection est étourdissante -malgré des scans à la colorimétrie médiocre- et je voudrais en retenir des dizaines, Odile celle-ci est pour toi :

machine à coudre

Quant à moi, j'ai trouvé mon bonheur... Et Vercingétorix le vainqueur de César remplace désormais l'étiquette dont je vous parlais ici à mon panthéon des objets désirés ;-) Ben oui, quoi, c'est pas comme si la vérité historique c'était important...

Au Gaulois  Au Gaulois2  Au vainqueur de César

Et pour ne pas vous laisser sur cette note rétrograde, deux jolies, pour la route !

au petit mercelot    petit chaperon rouge

Mais tout ceci n'est qu'un aperçu, allez-y : vous n'êtes pas près d'en revenir tellement l'offre est variée !

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31 mars 2013

Joyeuses Pâques

CPA Paques lapin

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24 mars 2013

Chromolithographie

Je vous ai montré ces temps-ci pas mal d'images imprimées en chromolithographie, ne serait-ce que les étiquettes des boîtes de fil, ici, ici ou encore . Mais à quoi correspond ce procédé qui a laissé à nos images anciennes ce nom raccourci de "chromos" ?

Inventée à la fin du 18ème siècle par l'Allemand Aloys Senefelder, la lithographie a marqué une étape importante dans l'histoire de l'impression et popularisé la diffusion des images. En effet, les techniques utilisées auparavant imposaient d'avoir recours à la gravure pour créer sur la matrice des différences de niveau entre les parties à encrer et les autres. La lithographie a simplifié cette étape en mettant à profit un procédé chimique basé sur le principe de la répulsion mutuelle entre l'eau et le gras.

Sur une pierre calcaire à grain fin parfaitement polie, le motif à reproduire est dessiné à l'encre grasse fixée à la gomme arabique. La pierre est ensuite humidifiée : l'eau étant repoussée par l'encre, elle ne pénètre le calcaire qu'aux endroits se trouvant en dehors du motif.

Puis lorsque le rouleau encreur est passé sur la pierre lithographique, les surfaces mouillées repoussent cette fois l'encre qui n'adhère qu'aux parties grasses du motif. Le support ainsi prêt, il ne reste plus qu'à procéder à l'impression proprement dite en pressant le papier sur la pierre.

Enfin… "il ne reste plus qu'à"… Facile à dire ! Je viens de poser sur la balance cette pierre lithographique qui mesure environ 25 cm sur 31 pour une épaisseur de 5 cm : elle pèse plus de 10 kilos, alors il devait quand même falloir des bras costauds !

pierre lithographique fil

A gauche la pierre telle qu'elle se présente, à droite j'ai inversé l'image en miroir pour qu'on puisse lire le texte.

pierre détails

La chromolithographie, c'est tout simplement la lithographie en couleur : dans ce cas, on utilise autant de pierres que de couleurs à passer sur le papier. C'est un éditeur mulhousien, Godefroy Engelmann, qui a permis l'essor de cette technique tout au long du XIXème siècle, en mettant au point une méthode basée sur la théorie des couleurs primaires et en perfectionnant un système de presses facilitant le calage des différentes pierres. Le repérage permettant de superposer très exactement les couleurs est en effet un des points délicats de cette technique et à cela qu'on repère les chromos à l'impression moins soignée, qui présentent souvent un effet de flou.

La société Liebig, qui a diffusé des séries éducatives sur à peu près tout, en a bien entendu fait une sur ses propres chromos : on y voit tout le processus de la fabrication, de l'extraction de la pierre lithographique en carrière au conditionnement des séries, couplé avec une illustration des différentes phases de l'impression.

Liebig chromo1    Liebig chromo2

Liebig chromo3    Liebig chromo4

Liebig chromo5    Liebig chromo6

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17 mars 2013

Fil animé

En réalité, bien rares sont les étiquettes où n'est pas représenté au moins un personnage dans les séries que je vous ai déjà montrées précédemment sous d'autres thèmes, que ce soit les patriotiques et les "avenir radieux" ou les bucoliques. Mais c'est vrai que cette fois-ci, ils en sont le thème central, le plus souvent repris dans le nom du fil. Ce sont les petits métiers, ceux que les acheteuses croisaient dans leur vie quotidienne et notamment tous ceux qui tournent autour du textile : j'en ai peu mais les fils dans cette catégorie étaient légion, de la teilleuse de lin à la plieuse d'écheveaux en passant par les fileuses diverses et variées, les tisserands, les dentelières, les couturières et les mercières...

A contrario, il y a les personnages qui appartiennent à un univers plus éloigné de la consommatrice de base, des métiers de la mer à ceux du cirque ou encore la mystérieuse sorcière. Et puis il y a ceux qui la feront voyager dans l'histoire ou encore ceux, carrément exotiques comme le Mandchou, cousin du célèbre Chinois, qui l'emmèneront au bout du monde. A ce sujet, il est amusant de constater que le fil Au Chinois a entraîné dans son sillage bien des marques apparentées, créées peut-être dans l'espoir de recueillir un peu de sa notoriété : Fil de Chine, A la Chinoise, Au Marchand Chinois, Au Magot, Au Fils du Ciel, Au Palais Chinois, Fil de Pékin… et bien d'autres !

Ramoneur et Petit Bénéfice

Tailleur et Rouet

Boucanier et Ancre

Arlequin et Trapèze

Grosse caisse et Sorcière

Dauphin et collerette

Mandchou et Cartes

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14 mars 2013

Haut les cœurs !

Pendant que je me balade en Italie, je vous laisse avec la suite de la série sur les étiquettes de boîtes de fil. Et avant un prochain billet consacré aux étiquettes ayant pour thème les personnages, voici la dernière entrée dans ma collection et qui se rattache à l'esprit de celles que je vous avais montrées ici.

Elle est d'assez grandes dimensions (18 x 13 cm) et reprend un tableau peint en 1849 par Isidore Pils, Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour la première fois. Ce tableau a d'ailleurs été amplement exploité dans l'imagerie populaire : le motif de Rouget de Lisle, la main sur le cœur dans un grand élan de patriotisme, figure sur de nombreuses chromos publicitaires vantant des commerces variés, y compris dans des versions en noir et blanc.

Marseillaise

Et pour revenir à notre XXIème siècle, n'oubliez pas : si vous vous trouvez dans la région de Modène dans les jours qui viennent, ne manquez surtout pas de venir nous voir à cette belle manifestation qu'est Fili Senza Tempo, dans le cadre magique du château de Formigine.

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