12 mars 2015

Sajou l'innovateur : la tricographie du XXIème siècle

Après mon billet de samedi dernier, je me suis amusée à transcrire le motif que j'avais choisi de tricoter dans le manuel de Monsieur Sajou avec une représentation graphique à laquelle nous sommes plus accoutumées aujourd'hui. Voici donc son diagramme :

Tricographie Sajousource Gallica

Puis un choix de codification moderne :

Tricographie moderne

C'est que nous n'avons pas eu à inventer la méthode, nous : il a suffit de l'améliorer depuis 1860 ;-) Mais nos conventions d'aujourd'hui sont tout de même plus lisibles. Enfin, c'est ce qui me semble, qu'en pensez-vous ?

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07 mars 2015

Sajou l'innovateur : la tricographie

Après les dessins de Berlin et de broderie blanche, Sajou décide de s'attaquer aux explications de tricot. Et comme toujours, il le fait avec l'objectif affiché de les rendre plus facilement accessibles.

Son nouveau cheval de bataille est, une fois encore, un procédé qui peut nous sembler évident aujourd'hui. Mais ainsi que l'indique Le Monde illustré de 1861, jusque là le tricot "n'était connu que par les traditions allemandes, toutes plus ou moins incertaines et indigestes, ou par des écrits fourmillant d'erreurs". Sajou va y remédier en payant de sa personne : il se fait tricoteur pour mettre au point et tester lui-même la représentation graphique des points qu'il entend proposer à sa clientèle.

Le 13 octobre 1857, il obtient un brevet de quinze ans qui protège la "tricographie pour écrire les explications des dessins de tricot par des signes réguliers sur papier quadrillé".

Tricographie SGDG

Au fait, que signifient ces quatre lettres, S.G.D.G., associées au brevet et que l'on retrouve également sur nombre de petits objets de nos collections ? Rien de prestigieux, c'est le moins qu'on puisse dire ;-) C'est simplement le sigle d'une mention que nous avons vue in extenso dans le précédent billet, sur l'en-tête du brevet déposé pour le dessin conservateur de la vue : Sans Garantie Du Gouvernement. C'est-à-dire que l'autorité qui délivre le brevet a simplement contrôlé le dossier sur la forme mais aucunement sur le fond. Ou dit plus crûment : la méthode brevetée peut n'être point utile, ne pas fonctionner, voire même n'avoir pas l'avantage de l'antériorité, ni celui de la nouveauté !

Brevets SGDG

Mais revenons à notre tricographie. En 1861, Sajou publie un ouvrage basé sur sa méthode, désormais brevetée. Pour notre plus grand plaisir, l'ensemble de ce recueil est disponible sur Gallica. Jusqu'ici je m'étais contentée de le stocker et je l'avais seulement survolé. Mais j'ai été surprise, en le lisant avec attention, de voir à quel point tout y était expliqué de façon très pédagogique.

Tricographie titre

Au passage, on remarque une nouvelle fois l'art consommé de l'auto-promotion dont fait preuve Sajou ;-) A sa décharge, ce discours de bonimenteur était assez en usage à une époque où l'on ne craignait pas de grossir le trait pour faire sa propre publicité. Les supports de communication étant bien moins nombreux qu'aujourd'hui, il ne fallait pas craindre de matraquer son discours les rares fois où l'on parvenait à atteindre la clientèle ! La subtilité n'était pas de mise...

Le recueil débute par une "Explication de la méthode" qui expose les bases de la tricographie. Cette introduction contient notamment "les expressions consacrées par l'usage depuis plusieurs années pour désigner les différentes mailles". Voilà une partie très intéressante pour nous autres, tricoteuses du XXIème siècle, afin d'appréhender le lexique de l'époque. C'est plus facile, en effet, d'aborder la suite quand on a saisi que la passe ou la maille simple sont notre jeté ou notre maille endroit d'aujourd'hui. Pour le reste, les expressions sont étonnamment fixées depuis 1860. D'ailleurs les points de base du tricot sont assez peu nombreux pour que les tricoteuses qui auraient envie de se mettre dans les pas de Monsieur Sajou ne soient pas trop désorientées ;-)

Tricographie méthode

Suivent ensuite les explications des modèles présentées classiquement, c'est-à-dire sous forme de texte. Je n'ai pas testé, ce qui m'intéressait c'était bien sûr la partie graphique. Et finalement, une fois que j'ai eu les aiguilles en main, le diagramme m'a semblé assez facile à suivre. La page consacrée à chaque motif comprend le minimum de texte : nombre de mailles à monter, nombre de mailles à répéter pour le motif, légende. En tête figure un dessin du tricot fini, un peu décourageant car bien sûr, on ne risque pas d'obtenir cette régularité idéale dans la vraie vie. Enfin... pas moi, en tout cas ;-)

Tricographie dentelle

Puis vient le principal, le diagramme à base de quelques signes simples. Il faut un peu de temps pour s'approprier la représentation graphique, moins lisible que celle dont nous avons l'habitude aujourd'hui. Par exemple, les jetés représentés par des demi-traits verticaux sautent beaucoup moins aux yeux que lorsqu'ils sont matérialisés par des cercles. Au début, j'ai aussi été un peu surprise de voir que les surjets n'étaient pas remplacés en miroir par des mailles ensemble, alors qu'il s'agit d'un motif symétrique. C'est pourtant le cas dans certaines autres explications, par exemple les bandes n°13 et n°16.

Tricographie symétrie

Mais au final, le résultat me convient, il ne me reste plus qu'à trouver comment utiliser ce joli motif. Car autant le dire tout de suite, je ne m'en ferai pas des rideaux, bien que ce soit préconisé dans l'album ;-)

Les journaux de l'époque accueillent l'initiative de Sajou par un concert de louanges. Le Monde Illustré ouvre le ban : " M. Sajou donne à ses élèves la grammaire des aiguilles et leur rend facile, en la rendant lisible, l'exécution du modèle le plus compliqué". Et d'ajouter que Sajou " pendant douze ans, a cherché la langue qu'en trois jours, maintenant, elles entendent toutes aussi bien que lui."

Mais c'est la Revue Européenne qui trouve l'argument massue, en remarquant que les signes utilisés pour la tricographie "sont des plus simples : un homme même les comprendrait". Ce n'est pas moi qui l'ai dit ;-)

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04 mars 2015

Sajou l'innovateur : le conservateur de la vue

A peine est-il assuré d'avoir réussi son coup pour les dessins de tapisserie en couleur, Sajou se remet à l'étude pour améliorer, cette fois-ci, la lisibilité de ses modèles de broderie blanche. Il imagine tout simplement de les présenter désormais en clair sur fond noir, à l'inverse de ce qui se pratiquait jusqu'alors.

Brevet_Sajou_1
source
INPI

Il explique, à l'appui de sa demande de brevet, que cette inversion présente un double avantage : le dessin est plus lisible et moins fatigant à suivre, mais il permet également d'indiquer la nature et le sens des points à exécuter.

Brevet Sajou 2source INPI

Le 1er octobre 1850, Sajou obtient un brevet de quinze ans pour ce "moyen de reproduction des dessins de broderie" qu'il entend bien protéger.

Brevet Sajou 3

Le dossier complet du dépôt de brevet est sur le site de l'INPI.

Il présente dès 1851, en complément de son Guide Sajou, des modèles de broderie blanche qu'il appelle "conservateurs de la vue", sur lesquels une partie du dessin est effectivement échantillonnée pour indiquer dans quel sens le point doit se faire.

Conservateur de la vue 10-1851 détailUn exemple de modèle avec les points échantillonnés
Feuille patron du Guide-Sajou - octobre 1851

Voilà un procédé qui ne se sera pas généralisé autant que le précédent, peut-être parce qu'il n'était pas économe en encre ? Et puis au fond, ses avantages n'apparaissent pas décisifs : en noir sur blanc aussi, on peut indiquer le schéma des points. Quant à savoir si la vue est moins sollicitée en négatif, ce n'est pas flagrant...

Mais là encore, Sajou est assez satisfait de lui : "Nous avons le plaisir, aujourd'hui, d'annoncer le succès éclatant des nouveaux dessins conservateurs de la vue, qui indiquent tellement bien l'effet de la broderie faite, qu'il suffit de poser l'étoffe dessus pour connaître le résultat de l'ouvrage que l'on se propose de faire."

Conservateur de la vue 06 et 11-1851Feuilles patron du Guide-Sajou - juin et novembre 1851

Le succès est tel, d'après lui, qu'il doit vendre des modèles dont l'encre n'a pas fini de sécher ! Comme ils risquent fort de tâcher l'étoffe lorsqu'on reporte le dessin, il conseille tout bonnement à ses clientes de les tamponner à la mie de pain jusqu'à faire disparaître l'excédent de couleur : "Cet inconvénient est celui de la nouveauté et de la faveur publique : personne ne peut s'en plaindre".. Tu pousses le bouchon un peu loin, Monsieur Sajou !

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28 février 2015

Sajou l'innovateur : les modèles de Berlin

Saura-t-on jamais ce qui a poussé Sajou, issu d'une famille œuvrant dans la perruque, à vouer sa carrière aux ouvrages de dames ? Ouvrir une malle dans un grenier, y découvrir de vieux papiers de famille et parmi eux... le journal de Jacques Simon Sajou, voilà mon rêve de collectionneuse, bien davantage que de trouver ses livrets de broderie !

Ce qui est sûr, c'est qu'il représente le parfait entrepreneur, avec ce qu'il faut d'esprit d'aventure, pour réussir dans ce XIXème siècle où tant de choses sont à créer. Et puis dans les efforts sans relâche qu'il fournit tout au long de ses premières années de recherche pour produire des "dessins carrelés", il peut compter sur la collaboration de son épouse. Nièce et élève du peintre Granger, Anastasie lui sera d'une aide précieuse dans l'univers des couleurs. Elle sera par la suite très présente à l'atelier de la rue des Anglaises, mais c'est pour une prochaine histoire ;-)

Sajou débute en rachetant des fonds de dessins de broderie, celui d'Augustin Legrand notamment. Cet imprimeur-graveur a publié, entre 1810 et 1830, plusieurs recueils d'ouvrages : La Maîtresse de broderie, le Petit nécessaire des jeunes demoiselles ou encore l'Art de broder. Sa production comprend également nombre de dessins pour la tapisserie au petit point en feuilles séparées.

La maîtresse de broderie frontispice
Augustin Legrand - Frontispice de La maîtresse de broderie

Fort de la documentation de ses prédécesseurs, mais disposant de moyens restreints, Sajou s'attache tout d'abord à améliorer les techniques qui lui permettront de produire, en masse et à coût raisonnable, des dessins pour la tapisserie pouvant concurrencer ceux de Berlin. Car jusqu'à présent, les modèles produits en France n'ont jamais réussi à s'imposer face à l'importation allemande.

Augustin Legrand 1818Modèle Augustin Legrand de 1818
source : base Mnémosyne du musée national de l'éducation

Mais pour fonder son industrie, Sajou puise également très largement dans les travaux de Thomas Amédée Rouget de Lisle, lui-même fabricant de tapisserie et soutenu par la manufacture des Gobelins. Dans son ouvrage intitulé Chromagraphie, Rouget de Lisle s'est attaché à dégager une théorie des couleurs et de leurs contrastes, puis à imaginer ce qu'il appelle un "alphabet chromatique" pour les représenter par des signes.

chromagraphie 1
chromagraphie 2Rouget de Lisle - Chromagraphie
source Open Library

Le génie de Sajou sera, somme toute, de savoir capitaliser sur des méthodes élaborées avant lui pour rationaliser la production des dessins. Il faut tout d'abord composer ou copier un modèle puis le "mettre en carte", c'est-à-dire le reproduire sur papier quadrillé, avec des tons rendant au mieux possible les couleurs d'origine. Sajou sait qu'une dépense conséquente, dans la production des dessins de qualité, est liée à la collaboration des coloristes qui doivent être de véritables artistes pour interpréter correctement toutes les nuances d'un modèle.

Il réduit donc le coût de cette étape cruciale en prenant soin, au moment de graver les matrices de ses cartes, d'indiquer très précisément les couleurs à appliquer par des symboles faciles à lire et à interpréter. La mise en couleurs des modèles sera ainsi assurée par des ouvrières, certes habiles, mais dont les salaires peuvent être contenus dans des limites plus que raisonnables.

Sajou 3123 APL
Sajou pour le journal de La Brodeuse - source Antique Pattern Library

Comme tout ceci nous semble évident près de deux siècles après ! Car les symboles d'un diagramme de broderie n'ont plus aucun mystère pour nous, qui vivons désormais dans un monde de signes. Mais des concepteurs comme Rouget de Lisle ou Sajou défrichaient le terrain, sans s'appuyer sur rien de connu. Et ce sont bien aux inventeurs de ces temps reculés que nous devons, aujourd'hui, la logique de fonctionnement de nos logiciels de point de croix ;-)

Pour Sajou, le pari est gagné en quelques années. Non seulement, il est rapidement en capacité de proposer à sa clientèle des dessins égalant en qualité ceux dont l'Allemagne avait le quasi monopole, mais encore a-t-il réuni toutes les conditions pour les produire à un coût très avantageux.

Dans un premier temps, il devra tout de même ruser pour imposer ses modèles fabriqués en France ! "Aussi a-t-il été forcé de recourir (...) à la langue allemande, pour les inscriptions, afin de donner à ses dessins l'apparence d'une origine étrangère. Ainsi ce n'est qu'en indiquant en allemand le genre d'ouvrage auquel se rapportent ses modèles, qu'il est parvenu à surmonter les craintes des commerçants de ne pouvoir s'en défaire" (rapport de la Société d'encouragement pour les arts mécaniques - janvier 1843).

Sajou 1856 APLSajou 1856 - source Antique Pattern Library

La presse lui joue l'air de la reconnaissance patriotique : "M. Sajou (…) nous a délivrés du servage où nous tenait Berlin pour la petite tapisserie à l'aiguille ; et l'on ne se figure pas ce que cela coûtait d'argent. Aujourd'hui M. Sajou a monté cette industrie au point de n'avoir point de concurrence raisonnable à craindre, tout en vendant moitié moins cher que ne vendait la Prusse."

Et lui-même se tresse des lauriers, avec un brin d'autosatisfaction. "Je puis, sans hésiter, répéter ce que chacun reconnaît maintenant ; seul en France, je suis parvenu à rivaliser avec les dessins de Berlin".

Mais le satisfecit ultime, il l'obtient de la Commission permanente des Beaux-Arts appliqués à l'Industrie, quand elle va jusqu'à claironner que "répandus partout, les dessins de M. Sajou font concurrence aux fabriques les plus renommées de Prusse, et à Berlin ils sont estimés et même quelquefois contrefaits". Contrefait par Berlin ! Pouvait-il espérer plus bel hommage ?

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26 février 2015

Flow d'optimisme

Hier soir, j'ai dû aller au supermarché, ce que je ne fais que tous les .... quelques mois, quand mes placards sonnent vraiment le creux. Comment ça, tout le monde s'en fout ? Mais moi ça me traumatise, à tel point que je vise toujours les vacances scolaires pour l'expédition ravitaillement, comme ça il y a moins de monde et c'est plus vite expédié. OK, tout le monde s'en fout...

Première consolation : je suis tombée sur une petite caissière toute mignonne, toute souriante.

Deuxième grosse consolation : j'en ai profité pour passer à la Maison de la Presse et acheter le nouveau magazine Flow qui me faisait de l'oeil, avec ses pastilles de couleurs et ses promesses de douceur.

Flow

J'ai juste picoré dans les quatre rubriques : Belles rencontres, Esprit libre, Petits plaisirs et Douceur de vivre. Des choses qui parlent, n'est-ce pas ? Et ce que j'en ai lu pour le moment m'a bien contentée. Le magazine est rempli de jolis papiers, de couleurs pétillantes, d'images qui font du bien et de dames qui donnent de l'inspiration. Ce qu'il n'y a pas : de la pub, le dernier régime pour l'été, des tests de crèmes qui font rajeunir et de la mode jetable. Et ça aussi, en ce qui me concerne, c'est un très bon point.

Comme ça, un premier coup de coeur ? Pour Natasha Boel et ses boîtes foutraques. Elle dit "Mon atelier est un incroyable méli-mélo de cartons, de livres, de tissus, de journaux, de cartes et de projets anciens. C'est au beau milieu du chaos que je crée les plus belles choses, sans trop avoir à réfléchir si tout va bien ensemble." Et elle a conçu en prime un joli carnet à noter plein de choses.

Natascha Boel

Il m'en reste plein à lire et à découvrir mais je veux prendre le temps de déguster. Prendre le temps justement, résister à l'injonction, avoir soin de soi, ce sont deux ou trois choses que j'ai picorées au fil des pages et qui m'ont joliment réjouie.

ranger

Le thème de ce numéro-ci : donner et recevoir (celui du prochain : courage et vulnérabilité). La citation qui m'a accrochée est de Colette : Quelle vie merveilleuse fut la mienne ! Si seulement je m'en étais rendu compte plus tôt !

Pour le moment, Flow n'a qu'un défaut à mes yeux : jusqu'ici je me trouvais plutôt hors des clous avec ma propension à la lenteur et à la rêvasserie. Souvent même gnangnan à vouloir plutôt tourner la tête vers les jolies choses et ignorer les râleurs de tous poils. Ça me convenait tout à fait d'être démodée ;-) Zut... raté !

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22 février 2015

Sérendipité

J'en ai compulsé, des archives photographiques, dans l'espoir de mettre enfin un visage sur le nom de Sajou ! A dire vrai, je rêvais (littéralement : je me suis réveillée un matin avec l'image très précise en tête ;-) d'une vieille carte postale avec toute l'équipe posant fièrement devant la maison de commerce de la rue Rambuteau, comme on en voit si souvent à l'époque. Comme les rêves ne sont pas tous destinés à devenir réalité, j'ai fait chou blanc sur ce point très précis...

Mais outre la photo de Jacques Simon, mon fouinage dans les vieilles images m'a permis de redécouvrir l'émouvant travail d'Eugène Atget. Autour des années 1900, ce photographe a fixé Paris sur la pellicule, avant que des pans entiers de ses vieux quartiers ne disparaissent au gré de la rénovation urbaine. Il donne notamment à voir des façades dévorées par la publicité au point que, parfois, plus un centimètre carré du mur d'origine n'est visible.

Au détour des albums, instant de grâce...

Atget - pub LV
source Gallica

Depuis 1877, Maurice Frings a racheté la société de fils à coudre LV, créée en 1841 par Louis Viarmé. La maison de vente de la marque est installée au 106 de la rue Saint-Denis, un peu plus haut que l'église Saint-Leu se trouvant à gauche sur la photo.

Aujourd'hui, le mur est vierge... Défense d'afficher ?

Rue Saint-Denis 2014
Balade via Google Maps

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19 février 2015

Une aiguille de moins

La même insolence, le même mépris du qu'en dira-t-on, le même pied-de-nez aux conventions... Une année ne sera pas passée avant que Geneviève Dormann n'emboîte le pas de Régine Deforges, sa complice en broderie.

Journaliste et écrivaine, elle aussi a dû sacrément hausser les épaules face à la condescendance de certains cercles littéraires ne voyant qu'un amusement à la limite du canular dans ces "petits ouvrages sur le point de croix", écrits à deux passions et à quatre mains

geneviève dormann.

Je nourris pour elle la même reconnaissance, je lui dois les mêmes remerciements. Mes souvenirs de lecture heureuse, Le bal du dodo, La bicyclette bleue, se mêlent à mes plaisirs de brodeuse, décomplexée par ces deux anti-conformistes rebelles aux conventions.

Le monde de la broderie évoluera désormais sans Geneviève Dormann. Chacun des mots que j'ai écrits l'année dernière pour Régine Deforges sont pour elle aussi, vous pouvez les retrouver dans ce billet.

Train 1

De même que certains paysages sont à jamais marqués par les livres que nous y avons lus, les broderies irradient des ondes de tristesse, de joie ou de malice. C'est pourquoi le morceau de canevas ou d'étoffe où l'aiguille traîne à sa suite les fils couleur de rubis, d'indigo ou de jade garde longtemps la trace des moments précis d'une vie que, seule, la brodeuse peut encore décrypter longtemps après ; ici, c'était un chagrin ou un plaisir d'amour, là, une attente impatiente ou la sérénité amicale d'un soir d'été.
                                                                                                              G.D.

Train 2

Les petits trains ainsi que la citation sont extraits du premier ouvrage de ces dames, Le livre du point de croix. Je n'ai malheureusement pas pu identifier le crédit de la photo, mais je déroge à mes habitudes en l'utilisant quand même, pour le sourire solaire de Geneviève et le monograme discrètement brodé sur le revers de sa poche...

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14 février 2015

Mon Amour

Mon Amour

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11 février 2015

Ce qu'on ne regarde pas

Samedi donc, j'étais au Musée de la vie Bourguignonne pour l'atelier des ours. J'ai profité de ma petite avance dans le matin paisible pour faire ce que j'aime : nifloter dans les passages, lever le nez dans les coins d'ombre, regarder ce qu'on ne regarde pas habituellement.

Le Musée est installé dans l'ancien monastère des Bernardines. Les soeurs en sont chassées à la Révolution puis le bâtiment  abrite un orphelinat pendant tout le 19ème siècle et jusque dans les années 1970. Ce sont les traces de cet hospice Sainte-Anne qui survivent, à demi effacées, au fronton de certaines portes et dans les couloirs entre deux bâtiments.

Musée de la Vie Bourguignonne

Dans le cloître, des panneaux rappellent les points de l'ancien règlement qui régissait les lieux et les gens. J'ai bien aimé celui-là et son premier paragraphe qui me ramène à mon éternel dilemne : j'aime l'ordre et je vis dans le désordre ;-) Et pourtant... "l'ordre soulage la mémoire, ménage le temps et conserve la fortune" !

réglement

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08 février 2015

Ours au musée

Hier matin, j'ai participé au premier des trois ateliers offerts par le musée de la Vie Bourguignonne pour apprendre à confectionner un ours à l'ancienne. Se retrouver dans le grenier du monastère des Bernardines pour y faire de jolies choses... je dirais que c'était assez motivant pour sacrifier une des deux grasses matinées de la semaine ;-)

Nous avons été guidées avec beaucoup de gentillesse par Christelle Dupré, qui crée et restaure des ours. Elle avait préparé pour chacune de nous une boîte contenant tout le nécessaire : un beau mohair frisé, du cachemire pour les pattes, les articulations et les yeux de notre futur joujou. Nous avons déballé tout ça sous le regard blasé d'un de ses congénères, bien calé dans la vitrine des jouets anciens : il a été assez caressé (malmené ?) par de petites mains pour n'avoir plus un poil sur le dos, le pauvre ;-)

Ours MVB

Pour cette première séance, nous avons commencé à découper toutes nos pièces et à assembler une patte. Mais nous avons des devoirs à faire à la maison avant de retourner au musée samedi prochain !

Ours patronné

Je m'étais amusée à fabriquer des ours déjà, il y a une sacrée bande d'années, mais ceux-là étaient tout petits. Voilà pour eux une bonne occasion de remettre le nez dehors pour une séance de pose ;-)

Ours brun

Ours rose

Pour vous donner une idée de la taille, le petit ours brun fait 6,5 cm de haut.

ours rose et ours brun

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