30 mars 2014

Vive le Maire !

Il se trouve que mon activité professionnelle me conduit à travailler au quotidien avec les élus des petites communes rurales. C'est dire que je mesure assez à quel point il faut avoir l'âme chevillée au corps pour se lancer dans cet engagement-là et prendre la tonne de soucis qui va avec.

L'occasion était trop belle de leur rendre hommage en ce jour d'élection municipale, d'autant plus que les grandes villes auront seules les honneurs de l'actualité, ce soir.

Lettre au maire

Je puise une fois de plus dans mes vieux papiers pour le faire, mais Madame le Maire, Monsieur le Maire, auriez-vous la chance, aujourd'hui encore, de vous voir adresser un aussi vibrant compliment que celui-ci ? Fautes comprises... mais dans l'élan de l'émotion, on les pardonne volontiers ;-)

Dimanche 16 juin 1912

Monsieur le Maire,
Je viens, au nom de la jeunesse de
Castelviel, vous adresser nos hommages et vous offrir
ces fleurs, nouées avec les trois couleurs de la Patrie.
Ces fleurs vous exprimeront par leurs bautés
la tendresse de notre affection pour vous. Ces trois
couleurs qui les assemblent en un bouquet, vous diront
nos sentiments d'amour et de respect pour la France
et pour la République, dons le suffrage des électeurs
vous a fait le représentant parmi nous.
Nul n'était plus digne que vous de cet honneurs.
C'est pourquoi, au nom de cette jeunesse qui
vous aime à cause des qualités de votre coeur,
je souhaite à votre administration une longue
durée pour le bien de tous et pour la prospérité
de notre chère Commune Castelviel.
Les nombreux convives assis autour de cette
table se joindront à nous pour crier d'une même
voix et d'un même coeur :

Vive Monsieur le Maire !
Vive la France !
Vive la République !

Marie-Thérèse Babin

Zoom sur la belle dentelle de papier... comme j'aimerais qu'on nous fabrique encore de ces jolies choses !

Lettre au maire détail 1

Lettre au maire détail 2

Castelviel est un village de vignobles, situé à mi-chemin entre Saint-Émilion et Sauternes et ma foi, on y trouvait de bien mignonnes frimousses ;-)

école de Castelviel

Bon, c'est bien beau tout ça... mais il faut que je me prépare pour aller voter, moi. Ne serait-ce que par solidarité avec ces petites bouilles, qui ont dû attendre 1945 pour pouvoir le faire... c'était déjà pour des élections municipales, tiens !

La Française doit voter

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26 mars 2014

Le fauteuil de Babeth

Celles d'entre vous qui ont pu faire le déplacement à Dijon le connaissent déjà, car il a été présenté au Musée de la Vie Bourguignonne en 2006 et à l'exposition du Point de Croix Bourguignon en 2010. J'imagine cependant qu'elles seront contentes de le revoir en détail. Et pour les autres, j'avais envie de vous faire découvrir le fauteuil brodé par Babeth à l'occasion du concours interne au club organisé en 2005 et dont le thème était "repose-cul". Oui, à l'époque nous n'avions pas trouvé de meilleur mot pour résumer notre idée : n'importe quoi qui permette de poser notre distingué postérieur de brodeuse, que ce soit une galette de chaise, un coussin, un transat, ou donc un fauteuil comme celui-ci.

Inutile de vous dire que l'exercice a suscité une grande diversité de propositions. Babeth ne s'est pas dégonflée, en partant carrément sur le réhabillage d'un Voltaire familial, dont elle entendait faire un hommage aux femmes qui l'ont précédée.

accoudoir droit

accoudoir gauche

Ainsi qu'elle le dit, "toutes ces femmes ont existé, toutes les situations sont vraies, mais se sont-elles vraiment toutes assises dans ce fauteuil ? Ça, je l'ai imaginé". Au final, elle y a brodé ce qui constitue pour elle la mythologie familiale, telle que ses souvenirs de petite fille la lui restituent aujourd'hui.

Et ça a donné cette merveille...

 

fauteuil

dossier

assise

d_tail1

d_tail2

Ce n'est pas un hasard si je parle de ce fauteuil aujourd'hui. Car j'ai été touchée par l'idée de Babeth et j'ai toujours eu envie de la lui voler. J'ai mis ça de côté pendant plus de dix ans, avant de l'utiliser comme fil conducteur pour l'ouvrage que je viens de terminer. Comme j'aurai l'occasion de vous le montrer d'ici peu, il fallait commencer aujourd'hui par mes sources d'inspiration ;-)

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23 mars 2014

Ce qui est nécessaire au soldat

Aujourd'hui, une star de nos collections ;-) J'ai nommé : le nécessaire du soldat, encore un outil multi-usages qui sert à la fois de bobine, d'étui à aiguilles et d'alêne.

nécessaire ouvert

 En fouillant dans les vieilles photos, j'ai retrouvé le livret militaire de mon arrière-arrière-grand-père Georges. Jusque là, rien de particulier, il n'a à priori d'intérêt que pour moi.

nécessaire du soldat

Mais en y regardant d'un peu plus près, et en lisant attentivement tous les feuillets, je suis tombée sur ça, dans l'énumération des effets remis au conscrit de l'époque : bobine en bois renfermant six aiguilles et une alène emmanchée. Ah ah... c'est que ça devient un peu plus intéressant, non ?

livret arrière grand-père Georges

Voilà donc identifiée notre "cousette du soldat" déjà sur le livret d'un conscrit de la classe 1889 (à quelque chose près, il aurait pu croiser Irénée). Je n'ai pas celle de Georges, en réalité pour la photo j'ai posé sur son livret militaire celle de ma collection qui me paraît la plus ancienne. Et la cousette qui est à côté, sur la même photo, c'est celle que mon papa a touchée dans son barda en 1957, avec les fils de lin gris et écru. Tout ceci est bien suffisant pour ne plus limiter cet ingénieux instrument à la première guerre mondiale, comme on l'entend bien souvent dans l'appellation trop restrictive de "cousette du poilu". En réalité, l'armée française en a doté tous ses trouffions pendant au moins un siècle.

nécessaires du soldat

J'avais discuté sur un salon avec un féru de la vie des troupes pendant les guerres napoléoniennes. On en voit, de ces choses, sur les salons de broderie : il avait monté son bivouac entre nos tables, passait la journée en uniforme méticuleusement reconstitué, et campait la nuit sur sa paillasse de zouave pour veiller sur nos biens les plus précieux. Il était passionnant et, accessoirement, occupait bien les compagnons de ces dames qui ne voyaient pas le temps passer en jouant au petit soldat ;-) C'est lui qui m'avait dit que cette fameuse cousette de gauche, d'un gabarit si particulier, pouvait bien remonter au XIXème siècle.

Quant aux différents modèles existants (voir par exemple la première et la troisième en partant de la gauche), il m'avait expliqué que les conscrits étaient comptables des effets remis par l'armée et devaient rendre leur paquetage au complet quand ils étaient libérés. Or comme ils pouvaient rester plusieurs années en service, il leur arrivait bien sûr d'en perdre certains éléments. Heureusement les vivandières attachées aux troupes étaient là pour leur sauver la mise en leur vendant, outre la nourriture et les produits de première nécessité, les petits objets de la vie quotidienne. D'après lui, ça pourrait expliquer la coexistence, à côté du modèle réglementaire, de versions un peu différentes de la cousette.

Vivandière
Source : l'inépuisable Gallica

C'est une explication pour la variété des plus anciennes. Je pense aussi que l'objet a bien sûr pu évoluer dans le temps et selon les fabrications.

Et pour terminer, voici une carte postale qui date des années 30. Passons sur l'humour (?) militaire,ce qui est intéressant, c'est la trousse contenant tout le nécessaire pour entretenir  l'uniforme et réparer les petits accidents.

carte postale cousette

Vous avez de l'information, des pistes supplémentaires sur cet objet ? Je suis preneuse !

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19 mars 2014

Recyclage de recyclage

Je vous avais montré dans ce billet des bocaux divers et variés, recyclés en photophores pour l'Avent. Je n'ai pu me résoudre à les faire disparaître de mon décor une fois les fêtes passées... et puis il nous faut toute l'année la lumière des bougies pour semer un peu de poésie sur nos soirées, vous ne trouvez pas ?

papillons_de_jour

Je n'ai eu qu'à remplacer les lettres naïves issues de l'alphabet de l'enfant Jésus par des papillons, directement inspirés de ceux de Marjorie Colas qui façonne le papier de si belle manière. 

papillons_de_nuit_1

Ils sont constitués d'une première couche extraite du Larousse 1930 laissé par ma grand-mère, à la page du papillonnage, ça va de soi ;-) La seconde  est découpée dans un morceau de vieux chanvre et celle du dessus est imprimée à partir d'une planche de sciences naturelles. J'ai juste ajouté quelques tiges à mes bocaux pour renforcer l'effet de masse.

papillons_de_nuit_2

Et voici, en deux temps trois mouvements, un nuage de papillons pour illuminer les premières soirées de printemps. J'aime les flammes qui s'affirment au fur et à mesure que la nuit tombe. Et j'aime voir, de mon perchoir, mes bougies se noyer dans le ciel de la ville et les lumières des rues...

papillons_de_nuit_3

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16 mars 2014

Commémoration

Nous commençons à baigner dans une période de commémoration et je m'apprêtais à n'être qu'agacement devant la surexploitation médiatique de l'événement. Mais tout doucement, les pièces d'un puzzle personnel se mettent en place pour donner du sens à l'élan collectif et me permettre d'y prendre ma place.

Il y a eu tout d'abord l'aventure de la Wool War I dans laquelle je me suis enrôlée sans une seconde de réflexion. Avec un peu de recul, il me semble que je devais, d'une manière ou d'une autre, m'approprier le devoir de mémoire dont on nous rebat les oreilles. Lisez, sur le blog du Délit Maille ou par exemple dans cet article du Point, comment Anna donne corps à son beau projet depuis quelques mois.

Le projet de Mme Délit

Puis il y a cet ouvrage de broderie sur lequel je passe en ce moment chacune de mes heures de liberté. Il n'est pas du tout consacré à cette guerre mal nommée, qui ne fut ni la première, ni malheureusement la dernière. Mais il m'y ramène à chacun des souvenirs familiaux qui guident mon aiguille autour du pépère Génot et de la mémère Titine.

Eugène et Ernestine

Alors comme c'est ma marotte, je creuse pour essayer de comprendre, je niflote à droite et à gauche pour tenter de donner corps à l'abstrait. Et forcément, je tombe sur des pépites. Tout ça pour dire que je parlerai de temps en temps de la période 1914-1918 ici, même si c'est par le petit bout de la lorgnette de la mercerie et de bouts de tissus ramassés ici ou là.

année de guerre

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13 mars 2014

Pourquoi s'embêter ?

Tous ces fils à baptiser, c'est un casse-tête qu'on n'imagine pas ! Edouard Cuvelier est découragé d'avance à l'idée de devoir, une fois de plus, chercher un nom pour sa nouvelle production. Il fabrique un bien beau fil, extrait du cœur même du lin, retordu à 60 tours, alors… what else ?

Un petit air de bleu-blanc-rouge sur le coup de bluff, et ça devrait faire la farce ;-)

fil sans marque

Source : Médiathèque de Roubaix

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09 mars 2014

Réveillon décalé

Il était largement temps de sacrifier à notre rituel du réveillon décalé… encore un peu et nous l'aurions fait à l'été ! Heureusement, ce 8 mars nous a sauvé la mise et bien qu'elle ne fût pas au calendrier, il nous a semblé que la journée des droits des femmes était un bon moment pour se souhaiter la bonne année ;-)

J'ai redécouvert un des avantages de réveillonner à la va-comme-je-te-pousse : jamais fichues de fleurir au moment où elles le devraient, mes roses de Noël étaient enfin prêtes à revêtir leur habit de lumière pour un petit tour à l'intérieur.

roses_de_No_l

Pour le rituel échange de cadeaux, j'avais pris mon courage à deux mains pour me lancer dans mon premier essai de patchwork (tout petit) : j'ai pioché dans mon stock de vieilles housses d'édredon en kelsch afin de réaliser des jardins de grand-mère à la mode alsacienne. Je me suis régalée et ça m'a confortée dans l'envie d'attaquer un projet que je couve depuis longtemps : une courtepointe à partir de tous ces beaux kelsch anciens, justement. J'ai le thème en tête... y'a plus qu'à !

jardins_alsaciens

Ici j'ai suivi la méthode très bien expliquée sur Quilting Buttercup en utilisant les gabarits d'hexagones de six centimètres trouvés chez Evchen's. J'ai simplement modifié la méthode d'assemblage des trois couches : j'ai posé envers contre envers le top et la doublure en intercalant le molleton entre les deux, j'ai fait tous les remplis extérieurs et j'ai solidarisé le tout en brodant, sur l'endroit, un point de feston tout autour de mon jardin.

jardin_de_grand_m_re

En décor, j'avais brodé, avant de réunir les trois couches, un point d'épine simple sur toutes les coutures. Et j'ai crocheté une petite bordure dans le point de feston du tour ainsi : un premier rang de 15 mailles serrées le long de chaque pan, puis au second rang (dans la première maille une maille serrée, deux brides, une maille serrée, sauter la deuxième maille) à répéter sur tout le tour.

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06 mars 2014

Fils DMC : petit résumé

Comme promis dans le billet de dimanche qui partait un peu dans tous les sens, voilà donc un récapitulatif de la manière dont j'utilise mes fils DMC pour le point compté, en fonction des différentes toiles et du type de broderie que je réalise dessus.

fils_DMC

Je prends la précaution de le redire, c'est vraiment à titre d'exemple. J'ai par exemple des amies qui préfèrent broder sur la toile 16 fils en utilisant un seul brin de mouliné pour un résultat plus subtil, et qui réalisent bien sûr des ouvrages à tomber. Et puis de toute manière, ça ne vaut que pour ma pratique très classique de la broderie ;-)

L'intérêt en réalité, c'est davantage de penser aux qualités habituellement moins utilisées pour le point compté, comme le Broder Spécial et le Broder Machine.

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02 mars 2014

Broder en DMC

(billet très/trop long mais avec déclaration d'amour à l'intérieur)

Je suis une utilisatrice heureuse des fils DMC... et rien que des fils DMC classiques. Je l'avoue presque à voix basse, car je crois bien ne pas être du tout représentative de la population brodeuse sur ce coup-là : je ne suis pas tellement tentée par l'exploration des jolis fils nuancés ou texturés qui fleurissent sur le marché mais qui ne correspondent pas à ma manière de broder. C'est un avis hautement personnel et qui ne vaut que pour moi, on est bien d'accord ! Je comprends qu'on se régale avec ce genre de produits, simplement ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai juste fait une incursion du côté de la soie quand nous avons reçu une superbe donation de soies d'Alger du XIXème siècle dont j'aurai l'occasion de reparler. Sinon, je suis parfaitement monomaniaque... DMC, DMC, DMC ;-)

casier DMC

Il y a dans cette habitude un petit peu de train-train de vieille brodeuse (oui, il fut une époque ou même les fils Anchor n'avaient pas pénétré le marché français !) mais également, me semble-t-il, un certain nombre de raisons objectives.

Grand teint

Pour commencer peut-être par la moins déterminante (encore que...), j'apprécie la relative bonne tenue des couleurs dans le temps. Sur l'étiquette on trouve la mention "grand teint" ou plus récemment le pictogramme du lavage à 95°. Pour le moment effectivement (je touche du bois…) même à température élevée, je n'ai pas eu de mauvaise expérience. Corollaire appréciable : les fils ne s'évanouissent pas de peur à l'approche du fer vapeur ou de la patte-mouille. De toute manière, une chose est certaine en ce qui me concerne : inenvisageable de ne pas pouvoir laver mes ouvrages après les avoir terminés !

étiquettes grand teint

A chaque situation, son fil

Mais la raison essentielle de mon addiction tient à l'usage que je fais de mes fils à broder. DMC propose en effet différentes qualité de fils qui permettent de s'adapter au type de travail et au titrage du tissu sur lequel il est exécuté. Comme je pense que certaines d'entre elles sont injustement méconnues, je vais essayer de vous expliquer à quoi je les utilise.

mouliné

• le Mouliné Spécial : celui-là est suffisamment célèbre pas besoin de vous faire un dessin. Pour ma part, je l'utilise avec deux brins dans l'aiguille sur deux fils de la toile, jusque sur la 16 fils, parce que j'aime la broderie très saturée. Là encore, c'est éminemment subjectif ! Je passe à un seul fil dans l'aiguille pour broder sur du lin 19 fils ou bien sur des toiles anciennes un peu récalcitrantes.

En revanche, pour faire ma croix seulement sur un fil de la toile, le mouliné me convient uniquement jusqu'à la toile 12 fils. Ensuite il est trop épais, la broderie "bourre" et je perds la netteté du motif. Mais dans ce cas, je suis sauvée par...

broder machine

• le Broder Machine : c'est un fil de coton présenté en bobine et, comme son nom l'indique, préconisé pour la broderie à la machine. Je l'utilise à la main : le Broder Machine n°50 est parfait pour faire une croix sur un seul fil d'une toile 14 ou 16 fils. Sur de la 12 ou de la 14, j'utilise également le Broder Machine n°30.

présentoir louis dor

A signaler : dans les stocks de fils anciens, on trouve facilement des bobines qui sont en fait d'anciennes versions du Broder Machine, et en tout cas tout à fait équivalentes dans l'utilisation. C'est en chinant ces vieux fils que je me suis constitué un assortiment relativement diversifié à très petits prix.

broder spécial

• le Broder Spécial : mon chouchou ! C'est par excellence le fil de la broderie au plumetis. C'est un fil non divisible qui existe en plusieurs titrages, limités maintenant au 30. Dans le temps, DMC le fabriquait en beaucoup plus fin, j'en ai même en 150 qui fait quasiment concurrence au fil à gant. Et oui… c'était à une époque où l'on brodait encore des voiles délicats pour en faire les mouchoirs des mariées !

mouchoir de mariée

En tout cas les brodeuses sur blanc pleurent les titrages 60 à 90… heureusement, nos fonds de placard nous sauvent la mise ;-)

broder spécial 60 70 90

Le titrage de Broder Spécial proposant aujourd'hui le plus grand choix de nuances est le 25 et ça tombe bien : c'est celui qui correspond, en un seul fil, à une épaisseur d'environ deux brins de mouliné. L'intérêt ? Il est énorme et vous le comprendrez vite si vous brodez notamment des points dits spéciaux. Broder un point d'épine ou un point d'araignée, c'est du gâteau avec un brin unique, c'est difficile d'obtenir un résultat aussi net quand on doit en gérer deux. D'ailleurs maintenant, je l'utilise systématiquement à la place du Mouliné même pour le point de croix dès que je peux : j'obtiens un point bien rond et bien gonflé qui correspond tout à fait à ce que j'aime.

Des nuanciers cohérents

La beauté de l'affaire, c'est que les nuanciers des différentes qualités sont calés les uns sur les autres. Si vous voulez broder en 321 (au hasard ;-) vous retrouverez sous cette numérotation la même couleur, que vous preniez du Mouliné, du Broder Spécial ou du Broder Machine.

Donc en gros, voilà comment je m'organise : j'ai la totalité de la gamme en Mouliné (enfin, telle qu'elle se présentait il y a une quinzaine d'années, quand j'ai brodé mon cartable-nuancier, je ne me suis pas mise à jour depuis). Donc quand je veux broder "en couleurs", j'en passe obligatoirement par le Mouliné car il n'était pas envisageable pour moi de me constituer la gamme complète dans les autres qualités.

boite mercerie

Mais comme je brode assez souvent en rouge (quel scoop ;-) et couleurs "cousines", écru, taupe, une touche de bleu … j'ai une réserve de ces couleurs-là en Broder Spécial et en Broder Machine, ce qui me permet de broder sur ma Permin 16 fils (c'est quasiment la seule toile moderne que j'utilise, là aussi je suis monomaniaque) à la fois en deux fils, en un fil, en point de croix et en points spéciaux. Et oui, ça m'arrive souvent d'être dans ce cas, surtout avec mes chères bandes de couture…

bande marie arnal

Alors oui, c'était long ;-) mais j'espère vous avoir ouvert quelques pistes de réflexion et donné l'envie de tester des fils que vous connaissez moins. J'ai la sensation d'avoir été un peu brouillon quand même, je vais préparer un petit récapitulatif...

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27 février 2014

Vues de là-bas…

… la France et l'Allemagne sont si proches qu'on peut quasiment les confondre ! Ni une, ni deux, c'est ce que s'empresse de faire cette publicité américaine pour la filature Clark, en identifiant la patrie de l'impératrice Augusta-Victoria par un superbe drapeau français.

Augusta_Victoria

Augusta-Victoria épouse, en 1881, Guillaume de Hohenzollern qui deviendra souverain de l'empire allemand sept ans plus tard. Elle l'accompagne pendant les trente ans de son règne, avant qu'il n'abdique en 1918. Ne forment-ils pas un beau couple, tous les deux ?

Augusta_Victoria_et_Guillaume
source : Bibliothèque du Congrès

Ce télescopage est d'autant plus saisissant que l'image a été imprimée à la fin du XIXème siècle, dans une période tellement remplie de tension et de ressentiment entre les deux pays qu'elle allait les mener à la première guerre mondiale. Mais l'Europe est si loin, vue de l'Amérique…

Je serais curieuse de voir, dans la même série, le drapeau qui a été attribué à Madame Carnot ;-)

Edit : Oh ! Dommage ! j'aimais tellement cette prescience du futur melting pot européen qui nous aurait épargné bien des affrontements ! Mais j'avais tort : Catherine me fait remarquer qu'il ne faut pas voir sur la chromo le drapeau bleu, blanc, rouge de la France, mais le drapeau noir, blanc, rouge de l'Empire allemand, utilisé jusqu’en 1918. Et oui… le drapeau noir, rouge et or que nous connaissons aujourd’hui à l’Allemagne n’est pas si ancien finalement, il date du siècle dernier.

Pardon les publicitaires américains du temps jadis, j’espère que je n’ai pas troublé votre repos éternel ;-)

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