21 juin 2014

Un samedi à l'Université

Si vous passez par l'Université de Dijon ce samedi, je serai là, je vous y verrai peut-être ? 

fil au campus

Et j'y serai en bien bonne compagnie, celle notamment des Fées Brodeuses, qui nous avaient offert une magnifique exposition en octobre dernier et qui ont déjà des nouveautés à nous montrer.

Je suis passée m'installer à l'arrache hier soir, en sortant du boulot, et ce que j'ai vu au premier regard chez les unes et les autres était déjà bien intéressant. J'ai notamment admiré de superbes chemises brodées et de la laine feutrée qui m'ont beaucoup plu. J'espère avoir le temps d'approfondir ça aujourd'hui, une journée c'est court pour zieuter...

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18 juin 2014

Un dimanche chez Jean-Henri

Je viens de profiter d'un nouveau déplacement à Colmar pour faire une halte à Mulhouse. L'avenir de la friche DMC est incertain, je l'avais déjà évoqué dans ce billet. Et une récente information lue dans la presse n'allait pas dans le sens d'une sauvegarde des lieux. Requalification est bien rarement synonyme de préservation dans le domaine de l'urbanisme et je me suis dit qu'il était peut-être déjà trop tard pour cette visite…

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Je n'avais rien prévu de particulier, j'imaginais juste en passant me rendre compte des dégâts puisque le site de l'ancienne filature se trouve quasiment à la tombée de l'autoroute. Il était déjà tard quand je suis arrivée, mais c'était sans compter avec les longues soirées de juin... et l'ange gardien des fouineuses ;-)

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J'ai d'abord été surprise par l'étendue du site, qui constitue à lui seul tout un quartier de la ville. L'ambiance était un peu étrange en cette soirée du dimanche où la France faisait son galop d'essai au Brésil. Autant dire que Mulhouse était déjà ville morte quand j'ai commencé à fureter, en guettant chaque brèche qui me permettrait d'en voir un peu plus.

Site industriel, donc : au cœur, l'immense plateau central des bâtiments de production crénelés avec leurs impressionnantes cheminées et, tout autour, les maisons ouvrières sagement alignées.

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Et filature de surcroît : impossible de l'ignorer jusque dans les noms des rues.

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Abandon, oui : au premier regard, on en repère les stigmates qui enveloppent l'endroit d'un sentiment d'irrémédiable.

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Certaines zones sont en activité, comme celle où DMC a replié sa production. J'ai aussi papoté avec un vigile qui veillait sur une partie réinvestie par de nouvelles entreprises. Et parfois les barrières cadenassées ne condamnent que des terrains abandonnés et laissés à la seule garde des oiseaux.

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Mais j'ai fini par trouver, au bout d'une allée, une grille miraculeusement ouverte sur la friche. Impossible de résister à la tentation bien sûr... même pas essayé ;-) J'ai bien eu un peu les jetons de voir la grille refermée au moment où je voudrais sortir de là, mais la curiosité l'a emporté !

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J'ai parcouru des allées rectilignes et désertes, tracées entre les bâtiments délabrés et toutes ombragées d'arbres centenaires, avec la sensation bizarre de me trouver dans un espace parallèle en marge du monde réel. Le bitume des allées est peu à peu rongé par la végétation, les quais désertés attendent des wagons qui ne viendront plus.

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Partout DMC a laissé sa marque, jusque sur les bouches à incendie.

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On suit l'évolution de la construction aux années inscrites au fronton des bâtiments.

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De ces bâtiments, il ne reste parfois que les murs extérieurs. Au travers des immenses fenêtres encore habillées de leurs carreaux, on devine le squelette des ateliers, désormais à ciel ouvert : les colonnes devenues inutiles ne soutiennent plus que les nuages.

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C'était si beau... et je m'en voulais justement de trouver beau le graphisme de ces constructions à demi en ruine, abritant le souvenir de vies ouvrières broyées dans une activité disparue. Je sentais des fantômes tout autour de moi, et pourtant, elle n'avait rien de sinistre, cette promenade nostalgique dans la lumière dorée du soir tombant.

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C'était juste mon pélerinage de mécréante dans un lieu si proche de la disparition. En rentrant à la maison, j'ai caressé mes vieilles boîtes de floche, de cordonnet d'Alsace et de fil à dentelle, j'ai mélangé rouge turc et  bleu du Rhin : tout venait de là. Avoir mis mes pas dans les leurs, avoir pensé si fort ma petite prière de collectionneuse, c'était bien le moins que je pouvais faire pour les âmes des fileuses, des pelotonneuses et des rattacheuses, des filtiers et des graisseurs qui avaient trimé ici !

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15 juin 2014

Inutile et donc rigoureusement indispensable

Puisque j'ai commencé avec les repose-cul en vous montrant le fauteuil de Babeth, voici ma production pour le même concours : j'étais partie d'un pliant de jardinier acheté chez Nature et Découvertes, habillé d'une pimpante toile enduite bayadère. J'ai simplement reproduit le patron d'origine dans du lin 16 fils, avec juste quelques aménagements sur les poches, et hop ! voilà un pliant de brodeuse !

pliant de brodeuse ensemble

Comme fil conducteur, j'ai exploité une de mes collections, celle des livres anciens sur les ouvrages de dames et l'apprentissage des travaux d'aiguilles. Je me replonge toujours avec délices dans ces vieux bouquins où l'on trouve certes de bonnes idées, mais pas seulement : ils sont également une source inépuisable de formulations savoureuses. J'adore le "Avoir soin de varier les travaux, la petite fille n'aime pas à faire toujours la même chose" ou encore la description maniaque de la manière d'enfiler une aiguille.

pliant_de_brodeuse_dessus

"L'aiguille (...) doit être (...) ni longue, ni courte, c'est-à-dire de moyenne longueur." Dis donc Emeline, tu ne serais pas payée au volume de texte pondu, par hasard ? ;-)

pliant_de_brodeuse_c_t_s

J'ai donc mêlé les textes issus de ces vieux manuels, illustrés par les points divers et variés qu'ils proposent de réaliser, que ce soient des points comptés, des jours ou des reprises. J'aime toujours autant le résultat mais je le regarde en me disant qu'aujourd'hui, j'aborderais la réalisation bien différemment. Probablement plus scrappée, moins rigide... D'ailleurs ça pourrait être amusant de recommencer l'exercice pas loin de dix après. C'est très faisable puisque tout est amovible (note pour plus tard : y repenser quand je serai en panne d'idées pour  m'occuper).

pliant_de_brodeuse_poches

Inutile de dire qu'aucun cul n'a jamais effleuré mon repose (surtout pas le mien !). C'est un peu le nid à poussière qui ne sert à rien, je ne l'utilise même pas en travailleuse (des fois que ça déforme le fond). Mais bon... je suis contente de l'avoir fait... et de l'avoir tout simplement. Les heureuses propriétaires de cartonnages brodés chichi pompon à usage purement décoratif me comprendront aisément ;-)

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12 juin 2014

Les little perspectives de Cathy Scola

J'ai littéralement fondu pour les mises en scène bourrées d'humour et cependant terriblement précises de Cathy Scola. Avec un très gros coup de coeur pour la petite nana se baladant dans une boîte de fils à broder aux innombrables coloris, et son choix qu'on imagine cornélien opportunément intitulé Decisions, decisions.

Vous pouvez agrandir toutes les images, mais je vous renvoie volontairement chez elle pour le faire. Une fois que vous êtes dans FlickR, il suffit de faire un clic droit sur la photo pour ouvrir une palette flottante qui vous permettra de choisir la taille d'affichage.

Cathy Scola - A tailor's work is never done
Cathy Scola A tailor's work is never done

Cathy Scola - Cross stitchin
Cathy Scola Cross stitching

Cathy Scola - Decisions Decisions
Cathy Scola Decisions, decisions

Cathy Scola - Guess you can dance on the head of a pin
Cathy Scola Guess you can dance on the head of a pin

Cathy Scola - Macrame
Cathy Scola Macrame

J'ai retenu ici plutôt les images évoquant le textile, mais allez voir son album Little Perspectives : toutes ses mises en scènes sont irrésistiblement craquantes, des kayakistes ramant sur le cappucino au laveur de carreaux de lunettes... en passant par l'acrobate sur spaghetti !

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08 juin 2014

Le coeur de Babeth

A l'expo du PCB, j'ai particulièrement craqué pour les ex-voto, reliques, petits bénitiers de brodeuses et bondieuseries diverses. Grand souvenir que la grotte de verdure, bâtie autour de la bible de notre chère Thérèse !

bondieuseries

Dans ce bric-à-brac de petites merveilles, je n'ai pas été la seule à lorgner notamment sur les coeurs piqués de perles et de paillettes, inspirés par Élodie Gonzalvez . Mais Babeth, elle, n'en est pas restée là et n'a pas tardé à concrétiser les explications fournies dans le charmant carnet réalisé par le club à l'occasion de l'expo.

coeur_de_Babeth_1

Ce qui donne un charme particulier à son coeur, ce sont les paillettes anciennes et le morceau de voile brodé qui sert de base à l'ensemble. Mais j'y pense, j'en ai aussi, moi, de ces jolies broderies... y'a plus qu'à -;) Et si vous aussi voulez vous lancer dans la réalisation de tous ces porte-bonheurs, le recueil "Au Petit Bonheur la Chance" est toujours proposé sur le site du PCB.

coeur_de_Babeth_2

 

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04 juin 2014

Les villages du Monferrato

Je vais revenir aux ouvrages de dames... c'est sûr ;-) Mais pour le moment j'ai envie de garder encore un peu le coeur en Italie, une dernière fois, rien que pour le plaisir du souvenir. Car se promener dans les collines du Monferrato, c'est comme ouvrir un paquet cadeau à chaque tournant de la route, encore et encore. C'est surprenant comme chaque village est plus savoureux que le précédent... à condition d'arriver à le trouver ;-)

Treville par exemple, il a fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois... J'avais pourtant l'impression qu'il était à portée de main, juste de l'autre côté du vallon, mais entre les routes coupées et les panneaux rotatifs, impossible de trouver l'accès ! Il a fallu que je m'entête, jusqu'à me remettre sur la piste le lendemain.

Treville

Mais après une bonne grimpette dans les rues du village, j'ai été récompensée de ma ténacité par une vue magnifique sur toute la vallée et un banc ombragé juste comme il faut, dans un environnement unique. Un moment hors du temps...

Treville 2

A quelques kilomètres de là, les heures coulent au rythme des deux cadrans solaires installés au fronton de l'église de Serralunga : hora italica, ora di Francia. J'ai voulu y voir la célébration de l'amitié franco-italienne, mais l'histoire est un peu plus délicate... En réalité les italiens, comme les hébreux et les chinois, comptaient le nombre d'heures restant jusqu'au coucher du soleil et c'est l'heure italique. Cependant après l'annexion à la France au début du XIXème siècle, le Piémont adopte l'heure à la française, le comptage du temps toujours en usage aujourd'hui. Ce sont ces deux lectures qu'illustrent les cadrans solaires de Serralunga, dont je pense qu'ils sont de création récente encore que superbement intégrés à l'édifice.

Serralunga 2

Rien qui puisse troubler le chat, tranquillement habitué à profiter du somptueux paysage depuis son toit. Il n'a même pas été gêné de me voir au-dessus de lui, à me rassasier de la vue privilégiée depuis la placette de l'église.

Serralunga 1

Le Monferrato déroule un chapelet de ces beaux villages perchés, tous plus attirants les uns que les autres, comme l'est notre Rosignano si chaleureux et accueillant aux brodeuses. A la fin du printemps, ses rues dégoulinent des roses dont il tient son nom.

Rosignano

Finalement, j'aurais pu rester par là, j'ai rêvé devant chaque maison à vendre et j'en ai vu pas mal. Comme celle-ci par exemple, au coeur du village de Sala Monferrato. J'ai longtemps lorgné à travers sa grille, à imaginer la petite histoire de cet endroit, les drames et les les bonheurs vécus là...

Sala MonferratoMais le plus extraordinaire dans ce petit pays du Monferrato, pourtant si grandiose, c'est qu'il n'a pas été colonisé par le tourisme : les routes sont calmes, les villages entièrement dédiés à leurs habitants sans le moindre marchand de cartes postales ; je me suis appliquée à passer tout discrètement dans les ruelles tranquilles pour ne pas jouer les intruses indésirables. Pour vivre heureux, vivons cachés : voilà une philosophie parfaitement intégrée ici ;-)

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31 mai 2014

Ai-je rêvé ?

Pour ce nouveau séjour sur le lac Majeur, Niky m'a offert un endroit unique qui est la destination de sa promenade quotidienne. De là-haut on oublie tout ce qu'on voudrait ne pas voir là-bas, tout en bas : les aménagements touristiques, les promeneurs bruyants et pressés de passer à la visite suivante, les vendeurs de billets qui se disputent le client à emmener aux îles.

Lago Maggiore

De là-haut on ne perçoit que l'irréelle poésie du lac. Même l'intervention humaine apparaît comme un bijou posé sur la nature : le joli village de l'île des Pêcheurs, la discrète isola Madre, le grandiose palais Borromeo et ses jardins en cascade, les lumières de Verbania sur l'autre rive du golfe...

Isola Pescatori

Isola Bella

Nous sommes restées longtemps à regarder la nuit tomber sur le lac. Je ne pouvais pas me résoudre à quitter ce spectacle unique, merci encore Niky pour ta patience ;-)

Isola Pescatori 2

Isola Bella 2

Malheureusement les photos sont bien incapables de restituer l'émotion que j'ai ressentie. Les montagnes tout autour, le lac et les îles, où que se porte le regard, le coeur explose de voir tant de beauté... Le lendemain matin, sur le point de prendre la route du retour en France, je n'ai pas pu résister à passer de nouveau par la petite route.

Isola Pescatori 4

Isola Pescatori 3

Isola Pescatori - l'île des Pêcheurs

Isola Bella 3

Isola Bella 4

Isola Bella - L'île Belle

De jour, on perd la magie des lumières, le paysage paraît moins fantasmagorique, la vraie vie reprend ses droits et on voit le monde s'agiter. C'est beau aussi le ballet des bateaux et les traces de leur sillage, il y en a même qui s'amusent à faire des ronds dans l'eau ;-)

Sillages

Isolotto della Malghera - La minuscule île des Amoureux

J'ai imaginé de loin l'allée des glycines et les paons faisant la roue dans les jardins d'isola Madre, les ruelles ombreuses et les vieilles maisons d'isola Pescatori, tous ces souvenirs d'une précédente visite à Baveno où j'avais pris le bateau des îles. C'était si beau de les voir de loin et d'avoir l'impression de pouvoir les prendre dans ma main !

Oui, je crois que j'ai rêvé...

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29 mai 2014

Les rizières du Pô

Pour venir en Italie, je passe par le Mont Blanc et arrivée en bas  de la vallée d'Aoste, je suis toujours étonnée que le chemin ait été si court : à peine cinq heures et c'est fait... Alors quand je vais dans le Monferrato, j'aime bien m'offrir le chemin des écoliers pour le bout de trajet qui me reste à faire.

Ça me permet de prendre les toutes petites routes pour traverser les rizières de la plaine du Pô. Au mois de mai, elles viennent juste d'être innondées et le riz n'a pas encore poussé ; on a l'impression de voler sur l'eau : c'est magique !

San Grisante

Bien sûr, l'Italie ce sont les pâtes, mais le riz également est une institution. Un bon carnaroli cuisiné en risotto par Anna... quel souvenir ! Il est cultivé depuis plus de six siècles au Piémont et en Lombardie. Léonard de Vinci lui-même a initié le système d'irrigation qui a permis le développement de la riziculture.

Cantavena 3

Le Pô est à l'origine de tout, ce sont ses eaux qui permettent d'inonder la plaine d'où sortira chaque année l'or blanc dont l'Italie est le premier producteur en Europe. A peine passé le fleuve, on butte sur les premières collines du Monferrato : une petite grimpette jusqu'à Gabiano puis il ne reste plus qu'à rejoindre Cantavenna par la strada provinciale 5.

Cantavena 4

J'ai découvert ce point de vue sur la plaine du Pô par hasard... en me perdant, comme cela m'arrive souvent sur les routes italiennes. Et il m'a certainement fallu un peu de chance pour pressentir que l'endroit était exceptionnel et pour que je m'arrête car vraiment, rien ne l'indique. Mais j'y retourne maintenant à chaque fois (et souvent plusieurs fois par séjour...) et une fois installée là, entre le cerisier et le tamaris, il est bien difficile de m'en détacher tant la vue jusqu'aux Alpes est fascinante.

Cantavena-1

Il y a mille détails à voir dans ce paysage : les fermes et les villages qui paraissent des îles, le train qui glisse sur l'eau ou les sentiers qui tracent des virgules au milieu de "il mare a quadretti"... Merci Laetitia de m'avoir appris tant de choses passionnantes sur le riz ;-)

Je vous ai indiqué le chemin, si vous avez la chance de passer dans les parages, ne manquez pas d'aller faire un tour au merveilleux belvédère de Cantavenna !

Cantavena-2

Si vous voulez voir les images dans leur meilleure taille, je vous conseille de les ouvrir dans un nouvel onglet plutôt que d'utiliser le très erratique système d'agrandissement des images de Canalblog.

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26 mai 2014

Salone ideal

Le petit salon de Rosignano se tient dans le cadre de la fête annuelle du Monferrato, Riso e Rose. Pendant un mois, les  villages du pays rivalisent d’idées pour fêter par roulement leurs deux emblèmes que sont le riz et les roses… et un peu le vin aussi, car la plaine est en rizières cependant que la colline est tout en vignes.

plaine_et_collines

Depuis 2003, Rosignano a choisi les arts du fil pour sa contribution à la fête, à l’initiative d’Anna qui a réussi à imposer cette première du genre en Italie, en nous faisant le bonheur d’y réserver une place aux brodeuses françaises. Nous installons nos petites affaires dans le joli théâtre du village et les rues sont annexées par les producteurs et artisans locaux. J’en profite toujours pour reconstituer mon stock de ces farines de riz parfumées à la rose ou à l’amande, qui font de si délicats desserts.

La promesse d’un salon idéal est honorée à bien des égards. Car le cadre est idyllique, l’ambiance joyeuse, et l’hospitalité piémontaise fait le reste.

Peut-on imaginer plus bel endroit que ce petit théâtre ? C’est le bâtiment qui se trouve tout à droite du village, avec ses trois fenêtres hautes. Et en contrechamp, suit la vue que nous avions de « nos » fenêtres.

Rosignano_vu_de_Cella_Monte

Cella_Monte_vu_de_Rosignano

Quant à l’ambiance, et bien… nous sommes en Italie, tout est dit ! Pendant que Monsieur le Maire fait son discours d’inauguration dans la rue, les petites mains s’affairent à préparer les gelati (au riz et à la rose, bien sûr ;-) pour les visiteurs de la première heure. Puis la jolie Monferrina coupe le ruban et c’est l’ouverture officielle.

_inauguration1_inauguration2

Mais puisque nous étions là pour la broderie, parlons broderie !

Mes gentilles voisines de la coopérative valdôtaine Lou Dzeut qui tissent et transforment des textiles de très belle qualité.

Lou_Dzeut

Rossana, la pétulante Madame Chantilly et ses dessins pleins de fantaisie.

Rossana

Niky sur fond d’un patchwork ancien que je lui aurais volontiers volé.

Niky

Livia, la moitié du binôme Rovaris, tout environnée de rouge.

Livia

Tinu et Rossella qui représentaient Nonnalana... Tinu qui nous a régalées, comme à chaque rencontre, de ses croustillants amaretti ;-)

Tinu_Rossella

Charline et son Carnet de broderies au milieu de ses créations raffinées et de délicieux modèles anciens remis au goût du jour.

Charline

Et enfin un petit tour chez moi... parfois en regardant les photos, je me demande si je vends de la brocante ou de la broderie !

Sylvaine

Ma découverte et mon coup de cœur sur ce salon ont été pour une galériste milanaise représentant des artistes textiles pour un travail sur le thème de la mémoire. Leurs œuvres m’ont émue et saisie : les photos anthropométriques de détenues australiennes transformées par Katharina Sommer qui pose un précieux voile de dentelle sur leur visage à peine rebrodé comme pour les protéger, la maison idéale de Simona Mormile faite de tissu et dont l’intérieur est décoré par des fragments textiles venant de sa famille, l’icône de Nicola Liberatore voilée de gaze et qui m’a fait penser à une vierge noire, les tableaux de Riccardo Ajossa qui associe aux images de cargos les modèles de filet patiemment rebrodé par les épouses attendant le retour du marin.

FiberArtAnd

Par-dessus tout, j’ai vraiment craqué pour un long chemin de vieux chanvre posé au sol et qui portait en filigrane, noyés dans la brume blanche du Gesso, des images faisant penser à des fresques blessées et à demi effacées, une œuvre encore de Nicola Liberatore. Les photos sont très réductrices, j'ai préféré ne pas en mettre...

Evidemment, c'est toujours trop court. Tout le barda est remballé, je reprends la route pour la région des lacs. Quelques jours de balade, encore...

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22 mai 2014

Le sens des mots

A bientôt recto

Ce "A bientôt" dansant d'allégresse doit être chargé de bien plus de choses que celui que nous lançons, tous les jours, sans trop réfléchir à son contenu... La carte date du 30 mai 1916. Un militaire annonce sa toute prochaine permission à sa femme et à ses enfants.

A bientôt verso

Moi, ce que je me suis toujours demandé, c'est : comment trouvaient-ils la force de repartir pour l'enfer après quelques jours à la maison ?

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