16 octobre 2013

Le torchon d'Irénée : un joli concours

Lors du dernier salon de Nans-sous-Sainte-Anne, j'avais été touchée par l'histoire du torchon d'Irénée Gerriet.

torchon Irénée

Retrouvé dans une cave de Salins-les-Bains, cet émouvant ouvrage nous laisse entrevoir l'histoire d'un conscrit de la classe 1881, qui n'a eu ni la chance d'échapper au tirage au sort, ni visiblement les moyens de s'acquitter de la taxe requise pour être exonéré de ses obligations militaires. Tout au plus peut-on lui souhaiter que ce tirage au sort l'ait appelé pour un an seulement, au lieu des cinq dus par les malchanceux entre les malchanceux.

Quant à la main brodeuse, on peut classiquement l'attribuer à une amoureuse rêvant de son boulanger parti au loin. Comme je suis frondeuse, j'aimerais bien imaginer qu'Irénée a tiré l'aiguille lui-même pour combler ses moments d'ennui et d'inaction loin de chez lui,>))) Mais je crois malheureusement que la broderie ne devait pas être une activité facile à assumer pour un soldat au milieu d'un régiment !

Voyez donc l'histoire qui peut se cacher dans un simple torchon... et les vagabondages dans lesquels il sait nous entraîner ! Retrouvez une analyse pertinente de celui-ci sur le blog de Marlie.

Lors de l'édition 2013, je n'avais pas pu m'échapper pour voir l'original, présenté dans le cadre de l'exposition "Patrimoines singuliers", mais j'avais admiré la copie réalisée par Mady Johann, qui pilote l'organisation du salon de Nans-sous-Sainte-Anne.

torchon Mady

Chaque année, un concours est organisé dans le cadre de ce salon. Le torchon d'Irénée sert de point de départ au thème retenu pour 2014 : broder un torchon pour évoquer votre vie et vos passions. Pour avoir toutes les précisions et vous inscrire, direction le blog de Marlie, ici.

Vous regrettez souvent d'être trop loin pour pouvoir assister aux expositions ? Voici une belle manière de participer malgré tout à l'événement !

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12 octobre 2013

Une énigme de 1837

Suite du rangement fait pendant les vacances... et nouvelle exhumation,>))) J'ai redécouvert cette vieille petite trousse, brodée sur un support qui se situe entre la gaze de soie et la toile de jute. Je rêverais de pouvoir disposer aujourd'hui d'un tel matériau : la finesse et la lisibilité de la gaze avec l'apparence grossière de la jute, quelle merveille ! Pour vous donner une idée de la taille, la trousse fait 15 cm de large.

trousse 1837-1

Merveilleuse également, la fraîcheur de la soie utilisée pour broder, il y a 176 ans, ces motifs à thème vaguement mythologique, tendance grecque. Ils sont tout à fait dans le goût de l'époque et son romantisme exacerbé. Voyez ce dessin de tapisserie pour dessus de chaise figurant dans Le livre du point de croix, de Régine Deforges et Geneviève Dormann.

Estampe BnF
Estampes BnF - 1835

Sauf nouvelle (re)trouvaille, je crois bien que c'est le plus ancien ouvrage daté que j'ai chez moi.

trousse 1837-2

trousse 1837-3

trousse 1837-4

trousse 1837-5

trousse 1837-6

Et j'en arrive donc à l'énigme : je ne vois pas de signification au texte figurant à l'intérieur de l'étui, cependant les lettres ne me semblent pas brodées de manière aléatoire. Je pencherais pour une langue du nord, à cause des Ø, mais ma culture dans ce domaine se limitant à la lecture d'Astérix, je me retrouve un peu dépourvue... De plus, la lecture est rendue difficile par l'absence d'espaces entre les mots, une caractéristique que l'on retrouve souvent dans les marquoirs du début du XIXème siècle.

trousse 1837-7

L'une de vous a-t-elle une idée ? Pour faciliter la lecture, je retranscris le texte (le S avant l'année est peut-être un 5 ?)

DINFØDSEL
SDAGIEGØNSKE
RDIGLEVMUNT
ERGLADEERIND
REM            BM
IG                    S
18                   37

Voila, j'attends... ,>)))

Edit : vous êtes géniales ! Juste le temps d'un petit restau japonais, je reviens trois heures plus tard et j'ai déjà plein de pistes, merci ! Continuez, même si vous n'êtes pas sures, en recoupant, on arrivera à quelque chose. Si on a finalement une version fiable, je vous proposerai le texte en français dans une version modernisée de la troussette... peut-être un peu moins antiquisante,>)))

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09 octobre 2013

Musée de la Vie Bourguignonne : les coiffes, acte III

Nous avons à Dijon un musée des arts et traditions populaires dont je suis amoureuse et qui mériterait, à mon avis, d'être bien mieux connu. Le chantier qui y est mené sur l'inventaire des coiffes a déjà donné lieu à deux très belles expositions temporaires : les bonnets d'enfants en 2005 puis les coiffes de la Bresse et du Mâconnais en 2009. Vous pouvez explorer le corpus de ces deux expositions sur le portail Joconde.

Le dernier volet du travail d'inventaire est présenté dans une troisième exposition au titre intrigant "Coiffe ou bonnet... allez savoir !" qui se tient jusqu'au 30 décembre prochain.

MVB
A gauche, le thème, à droite le lieu : franchement, est-il possible de rater ça ?

L'exposition présente soixante-huit coiffures appartenant aux trois catégories des coiffes, des bonnets et des layottes. Oui, vous apprendrez la différence entre les trois, enfin... moi je l'ai apprise, car j'ignorais ces subtilités. La scénographie sobre s'efface devant la délicatesse des textiles et leur laisse toute la vedette.

coiffes

Les coiffes sont cependant accompagnées de tous ces objets désuets et charmants que nous aimons tant : marottes, pieds à chapeaux, paniers et bien d'autres.

marottes

coiffes et panier

Et elles sont aussi replacées dans leur contexte grâce à des tableaux représentant des scènes de la vie quotidienne.

Toiles MVB

Si vous voulez avoir une idée du travail nécessaire pour la remise en forme d'une coiffe, suivez cette courte vidéo proposée par le MVB. Après ça, je vous assure que vous regarderez d'un autre oeil les mètres de dentelles tuyautées que vous verrez à l'exposition !

Les deux premières expositions avaient donné lieu à de jolis catalogues très bien documentés que je vous recommande. Nous attendons avec impatience le troisième opus qui devrait être disponible d'ici fin octobre. Tant que nous y sommes, si vous passez à la boutique du musée, ne ratez pas le catalogue de l'exposition sur les gorgerettes mâconnaises "Couvrez ce sein", avec un merveilleux travail de cannetille et de paillettes et également "Ces objets qui racontent une histoire", présentant notamment le touchant fauteuil de Babeth (je vous le montrerai en détail un de ces jours) et la boîte Cartier-Bresson de Brigitte.

catalogues coiffes gorgerette et objets

J'ai gardé le meilleur pour la fin : le musée se trouve 17, rue Sainte-Anne... oui, oui ! cette même rue où le club des Fées Brodeuses installe sa première exposition, du 18 au 21 octobre prochain. Double motivation donc, et rentabilisation maximale du voyage si vous vous trouvez un peu loin de Dijon ! Et si finalement vous décidez de faire ce déplacement, je ne saurais trop vous conseiller de prévoir le temps nécessaire pour voir au musée non seulement l'exposition temporaire, mais également les collections permanentes, par exemple la foisonnante galerie Perrin de Puycousin. Qui sait, deux ou trois petites choses pourraient y retenir votre attention,>)))

Galerie PdP

Sans compter, à l'étage, la rue des commerces où sont reconstitués de vieux magasins dijonnais, remplis de toute leur marchandise et qui étaient voués à disparaître sans cette oeuvre de conservation.

On est bien d'accord : il faut prévoir le week-end entier !

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06 octobre 2013

Naissance

Vous avez aimé l'exposition de Louhans? L'association "Du Lin, des Fils, des Points" vient de créer son blog, un nouveau bébé à suivre avec attention. Nul doute que nous aurons à y découvrir encore des merveilles !

bannière Louhans

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05 octobre 2013

Carrot cake

Pour une fois, l'anniversaire de ma commère tombait un samedi : notre rituel hebdomadaire du thé s'en est trouvé un peu amélioré ;-) Il fut accompagné bien sûr de l'indispensable bougie mais également du carrot cake que je cuisine habituellement en grand, dans une version glacée au cream cheese.

thé amélioré

Cette fois-ci j'ai réalisé des petits gâteaux à la portion et dans leur habillage naturel, ce qui met parfaitement en valeur leur puissant parfum de cannelle (en vrai, je force encore par rapport à ce que j'indique dans la recette, ma cuillère à café déborde généreusement) et de muscade ainsi que la saveur des noix qui arrive en deuxième effet kiss cool.

Ce gâteau-là est facile et rapide à faire, il a un goût d'ailleurs et il plaît beaucoup, que demander de plus ? Et puis… cinq fruits et légumes par jour, n'oubliez pas ;-)

Si ça vous intéresse, vous pouvez télécharger la recette au format pdf en cliquant sur la photo qui suit.

carrot cake

Pssst : si comme moi, vous avez l'habitude de systématiquement diviser par deux la proportion de sucre indiquée dans les recettes, attention… là c'est déjà fait !

Pssst 2 : pour ces petits moules, j'ai laissé au four 40 minutes au lieu de l'heure entière.

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02 octobre 2013

L'exposition de Louhans

Vacances obligent, je ne suis plus dans l'actualité brûlante, mais le spectacle que nous ont offert les brodeuses de Louhans est de ceux qui se laissent savourer longtemps, longtemps, longtemps... Pour mieux en profiter, et comme à l'habitude, toutes les images peuvent être agrandies.

Louhans 1

Elles ont choisi un lieu ambitieux : une ancienne halle à grains à la poutraison spectaculaire et aux verrières idéales pour mettre les ouvrages en valeur. Une imposante tonnelle, point d'orgue du jardin central, structurait l'espace au milieu d'une verdure luxuriante. Et dire que je suis repartie sans penser aux euchères multicolores que je convoitais...

Louhans 2

Les poutres étaient soulignées par une lessive en ribambelle, composée de tout ce qui remplissait les armoires de nos grands-mères... jusqu'aux culottes,>))) Et bien sûr, les détails étaient soignés, de l'évocation du lin à l'accueil jusqu'aux scènes charmantes disséminées ici ou là.

Louhans détails

Louhans Digoin

Le tout faisait un écrin extraordinaire pour les ouvrages des clubs invités dont la liste est dans ce billet.

Louhans 2

Louhans 3

Avez-vous reconnu la robe de mariée qu'Yvelines Points de Croix a brodée sur un patron de Christian Lacroix ? Je me suis régalée à la revoir, ainsi que la table de fête qui avait été dressée à l'occasion de leur exposition de 2009.

Racrange

PCB

Ateliers Cath & co

Fées brodeuses

Dans l'ordre d'apparition à l'écran : Point des Villes, Croix des Champs, le Point de Croix Bourguignon, qui mettait à l'honneur son concours 2009, les ateliers de Cath & co et enfin le club des Fées Brodeuses qui organise à Dijon, du 18 au 21 octobre prochains, sa première exposition.

J'ai gardé pour la bonne bouche les ouvrages de l'association de Louhans "Du lin, des Fils, des Points" qui nous recevait.

Louhans 2

Louhans 1

Ces deux jours à Louhans, avec leur cortège de belles rencontres, c'était un peu le paradis des brodeuses. J'en suis partie avec une envie irrépressible de me jeter sur mon aiguille et de jolies idées plein la tête. Je ne crois pas être la seule : si je me fie à ce que j'ai entendu, personne n'a regretté la balade en Bresse.

J'ai pour ma part eu un coup de coeur particulier pour les swaps organisés par le club de Louhans et celui des Fées Brodeuses.

swaps

L'histoire d'aujourd'hui était un peu longuette, mais il y avait tant de choses à montrer... Et si vous avez manqué l'exposition de Louhans cette année, j'espère que ça vous aura donné envie pour une prochaine édition.

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28 septembre 2013

Le pique-aiguilles de la rentrée

Oh ! Encore un peu, je ratais le pique-aiguilles de septembre ! Pour ce mois de rentrée, j'ai utilisé la jolie série de cette petite fille à ses études, reprise par de multiples marques. Elle est assez représentative de ce que le XIXème siècle entendait inculquer aux jeunes filles bien nées : la peinture, la musique, la tapisserie, ah oui... les études aussi mais pas trop violentes quand même, on se contente de sciences d'agrément avec la géographie en batifolant sur un globe terrestre. Marie Curie, passe ton chemin !

piques-aiguilles études extérieur

pique-aiguilles études intérieur

Le montage est en tout point identique à la méthode de départ, j'ai utilisé pour le feston du tour un fil doré, pour évoquer le fond doré de ces belles chromos, évidemment impossible à restituer avec nos moyens d'impression. Pour récupérer les images, un petit clic sur la vignette qui suit.

pique-aiguilles fillettes à l'étude vignette

 

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25 septembre 2013

Rangement et trouvailles

J'ai été payée des efforts de rangement accomplis pendant mes vacances par de multiples trouvailles qui m'ont donné l'impression de faire une brocante miraculeuse sans avoir à sortir de chez moi. Car j'ai découvert un tas de choses que je ne me rappelais même plus avoir. Il faut croire que le désordre a ses vertus...

J'ai exhumé en particulier ces poupées aux airs de Petitcollin qui me donnent de furieuses envies de cartonnage. Et j'ai aussi remis la main sur cette boîte en bois avec sa charmante étiquette intérieure. J'ai déjà évoqué ici la filature Hassebroucq Frères, qui développait un poétique argument pour vanter sa carte d'or. C'est toujours de Hassebroucq qu'il s'agit mais, cette fois, pour son fil en pelotes.

boîte à la Glaneuse

Le joli thème de la glaneuse a largement inspiré les filateurs et les imprimeurs comme en témoignent ces étiquettes figurant dans la collection de la bibliothèque municipale de Lille.

La Glaneuse à la BM de Lille

Pour récupérer l'étiquette HF en bonne définition, il suffit de cliquer sur la vignette qui suit.

Glaneuse vignette

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03 septembre 2013

Le cahier de couture de Marie

Marie est née le 3 décembre 1902 à Riaucourt, à une dizaine de kilomètres au nord de Chaumont. Ses racines sont accrochées dans ce village depuis fort longtemps : un siècle avant elle, on y retrouve déjà la totalité de sa famille, aussi bien maternelle que paternelle.

acte naissance marie
Document issu des archives en ligne de Haute-Marne

Riaucourt

Elle quittera pourtant son village pour aller s'établir trente kilomètres vers le sud à Marac, où vit son mari Joseph et où elle s'éteindra sept ans après lui, à l'âge de quatre-vingt-six ans.

Marac

C'est donc à l'école de Riaucourt que Marie a suivi sa scolarité et s'est initiée à la couture, alors qu'elle avait 9 ans. Ses exercices sont réunis dans un cahier prévu justement pour les travaux manuels, avec ses belles pages cartonnées en couleur permettant de fixer les échantillons par quelques points.

Marie Magnien 1

Son travail n'est pas extrêmement habile, mais il est vrai que les toiles de récupération qu'on lui a données n'ont pas dû lui simplifier la tâche : usées, très fines ou bien irrégulières, ce n'est pas l'idéal pour une initiation ! Tout de même… peut-être préférait-elle courir la campagne ? Car on ne sent pas une immense passion des travaux d'aiguilles chez cette petite fille, bien loin d'avoir complété son cahier de quatorze pages.

Les deux marquettes qu'il contient sont brodées du même alphabet et de la même série de chiffres.

La première, brodée sur une toile grossière mais adoucie par l'usure, est ourlée par un rempli simple, fixé à grands points avant perdus dans le chanvre. Une simple ligne de points de croix continus fait office de frise sur tout le tour de l'ouvrage : c'est elle qui a dû lui permettre de faire ses gammes. Le tout est signé de l'initiale de son prénom et de son nom en entier et précisé par l'année de réalisation, 1911. Merci Marie, pour ce nom et cette date qui m'ont permis de faire un peu mieux connaissance avec toi ;-) Car, je ne sais pour quelle raison, ton identité a été effacée sur la couverture du carnet…

Marie Magnien 2

Sur la seconde marquette, exécutée sur toile fine et soigneusement ourlée au point de côté, l'alphabet et les chiffres sont complétés par trois reprises, dont une à fond perdu, et simplement deux initiales. Bien qu'elle ait laissé l'emplacement pour le loger, Marie n'a pu se résoudre à y broder une fois encore le W : paresse de petite fille qui sait qu'elle n'aura jamais à utiliser cette lettre pour marquer son linge ?

Marie Magnien 6

Le cahier contient encore quatre échantillons, dont un exercice de gros crochet à base de brides. Marie a tout d'abord crocheté un rectangle de neufs rangs, avec une régularité bien difficile à maîtriser dans les débuts. Puis elle a continué en tournant tout autour de ce premier panneau, une manière de s'entraîner à négocier les angles.

L'exercice reste plutôt sommaire et j'imagine la fillette tirer la langue en essayant de dominer sa symétrie ;-) Ce à quoi elle n'est d'ailleurs pas tout à fait parvenue : deux côtés de la bordure extérieure sont à quatre tours et sur les deux autres, elle s'est arrêtée à trois… C'est bien assez quand il y a tant de distractions dehors !

Marie Magnien 3

Les trois derniers exercices, tous simplement signés de ses initiales, regroupent les bases élémentaires de la couture et témoignent de l'évolution de Marie dans la maîtrise de l'aiguille, vers plus de finesse, de régularité et de soin.

Sur les deux premiers de ces échantillons, elle s'est entraînée aux ourlets fixés à très petits points de côté, aux coutures simples et anglaises, aux plis rabattus et aux points de broderie sur toile fine : une ligne de points arrière et une ligne de point de feston. Puis sur un des ourlets, elle a péniblement brodé quatre boutonnières suivies de trois brides. Il est vrai que des boutonnières au fil rouge sur une toile blanche, il n'y a pas pire piège…

Marie Magnien 5

Marie Magnien 4

Pour le dernier échantillon enfin, Marie a formé une petite poche, fermée par un bouton de nacre grise. L'exercice lui a permis de mettre en application les coutures, y compris en angle, les ourlets rabattus sur l'endroit de chaque côté de la fente, l'un au point de piqûre et l'autre au point de côté, les brides pour bloquer son ouverture et la boutonnière, plus soigneusement réalisée que les précédentes. Les piqûres sont fines et régulières, c'est le métier qui rentre ;-)

Marie Magnien 7

J'ai d'autres cahiers, qui peuvent être plus joliment présentés ou contenir des travaux exécutés avec plus de goût, mais plusieurs raisons m'ont donné envie de commencer par celui-ci, en ce jour de rentrée scolaire.

D'abord la petite brodeuse y est identifiable et peut être replacée dans son lieu de vie. C'est rarement le cas pour les quelques autres cahiers que je possède et je trouve toujours ça un peu frustrant. C'est aussi un plaisir d'aller à la pêche aux renseignements d'état-civil, de situer les lieux sur une carte, de se les représenter par des images de l'époque…

Ensuite parce que le côté ordinaire de ce cahier justement reflète bien ce qu'était l'apprentissage de la couture à l'école dans la grande majorité des cas. On ne demandait pas aux petites filles d'exceller dans les travaux d'agrément ou de rivaliser de joliesse mais bel et bien de savoir faire face à l'ordinaire d'un foyer pour l'entretien du linge : marquer sommairement pour reconnaître, raccommoder pour faire durer, transformer pour ne pas jeter… C'est tout cela, et seulement cela, qu'illustre le cahier de Marie.

Et puisque tout le monde est rentré et que décidément, la ville a repris son visage ordinaire, moi je m'échappe : vacances jusqu'à la fin du mois...

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31 août 2013

Tomates séchées

Je suis comme les écureuils, j'ai besoin de faire des provisions avant l'hiver. Alors je mets l'été en pot, histoire de pouvoir en profiter encore dans quelques mois.

tomates en pots

Et puisque nous sommes dans la pleine saison des tomates, j'en profite en les faisant sécher pour les réutiliser plus tard dans les cakes, les salades, les paupiettes ou les pates. Quand j'habitais dans le Var, je montais mes planches sur le toit le matin et je les laissais sécher, protégées par un tulle, sous le beau soleil du midi. Nécessité fait loi, je dois maintenant en passer par le four, mais c'est presque aussi bon, parole !

tomates à sécher

La manière de faire est fort simple : je choisis des petites tomates allongées, je les coupe en quatre et je les épépine. Je les fais dégorger au sel puis je les dispose sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, côté peau dessous. Je pose un éclat d'ail sur chaque quartier, je parsème de thym et d'à peine de sucre (moins d'une cuillerée à café pour toute la plaque, ça suffit). J'enfourne à 120° avec la chaleur tournante et au bout d'environ deux heures, je retourne les quartiers. Je laisse encore environ deux heures de l'autre côté en surveillant, je les retire quand elles sont bien déshydratées mais il ne faut pas qu'elles colorent.

Ensuite je mets les tomates en pot avec des aromates, laurier ou estragon selon ce que j'ai sous la main. Je tasse bien et je complète par de l'huile d'olive. Pour que le tout se conserve bien, il faut que l'huile recouvre bien les tomates. Et effectivement, ça tient jusqu'à la saison suivante... plus probablement mais il n'a jamais été possible de le tester,>)))

Si l'étiquette vous intéresse pour vos conserves, vous pouvez la récupérer en cliquant sur l'image qui suit.

tomates séchées

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