21 avril 2016

Coup de barre

J'ai bien mérité : ce qui m'arrive / des vacances... rayez la mention inutile ;-) En réalité, les deux propositions sont vraies et voici à peu près l'état dans lequel je me trouve :

Le Magasin Pittorsque - 1869Gravure extraite du Magasin Pittoresque de 1869

Bien sûr c'est ma faute, c'est ma très grande faute ! Comme à ma mauvaise habitude, je m'y suis prise bien trop tard pour mettre sur la toile ce que j'avais dans la tête, en prévision du week-end cartonnage qui s'annonce. Je viens donc de passer quelques soirées (trop) prolongées à rattraper tout ça.

Découpes

J'ai coupé, j'ai collé, j'ai bâti, j'ai brodé… Et samedi je serai à l'heure dite au rendez-vous d'Hélène pour démarrer l'aventure d'une nouvelle boîte. Un indice : ce sera encore une histoire d'ancêtre ;-)

Juliette vendait de tout

Je vous ai déjà parlé du bonheur qu'il y a à réaliser une boite sous la houlette d'Hélène, comme la maison du petit Chaperon rouge, la boîte à boutons ou encore la boîte livre.

Boites

A chaque fois, vous avez été nombreuses à me demander comment profiter de ses bons conseils. Les choses vont être beaucoup plus simples maintenant qu'Hélène a son propre site ;-)

Cartonnage Hélène

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17 avril 2016

Burkard : suite

Une petite nouveauté boulevard de Sébastopol : j'ai reçu avec les voeux du début d'année un dépliant échappé des trésors de Josette et qui constitue une annexe au catalogue de la maison Burkard. J'avais évoqué cet établissement il y a deux ans en vous présentant un joli catalogue de représentant.

Ce dépliant confirme que Burkard était à la fois fabricant et commerçant, comme c'était souvent le cas à l'époque. Il fabriquait lui-même des lacets pour dentelles ; il proposait à la vente sa propre production et une multitude d'autres articles utiles aux ouvrages de dames. Je n'ai pas trouvé de date sur ce document, postérieur cependant à 1912 si l'on s'en réfère à la formulation du numéro de téléphone.

Burkard dépliant 1
Burkard dépliant 2
Burkard dépliant 3
Burkard dépliant 4

Où irions-nous aujourd'hui pour acheter de la poudre vénitienne, de l'azuréine et de la rozéine, des agréments pour crochet ou du tulle de Gênes ?

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14 avril 2016

Une cage et deux serins prisés deux francs

Estelle est la maman de mon arrière-grand-mère Georgette, dont les soupes à la tomate ont fait le délice de notre enfance. Une arrière-grand-mère qu'on surnommait microsillon  : je vous laisse imaginer de qui je tiens ma nature bavarde ;-)

Et voilà ce que j'aime dans les trouvailles généalogiques : réaliser soudain que le dernier son entendu par Estelle avant de mourir est le pépiement de ses serins.

Une cage et deux serinsInventaire dressé le 7 août 1884 après le décès d'Estelle Lesbroussard
Archives départementales de l'Oise - 2E 79/24

Car le notaire fut d'une précision diabolique quand, juste après la disparition d'Estelle, il dressa l'inventaire de ses biens. Grâce à lui, je vagabonde à mon gré dans la maison de mon ancêtre : la réalité de l'écrit notarial, bien avant la réalité virtuelle, mais tout aussi évocatrice.

La cage aux oiseaux était dans la cuisine, éclairée sur le jardin. Pour peu qu'une main amie ait fait ce qu'Estelle, peut-être, n'avait plus la force de faire elle-même et levé le chiffon noir qui occultait la cage, le couple de serins devait s'en donner à coeur joie en ce joli mois d'avril 1894.

des oiseaux pour Estelle

Dans la chambre à coucher d'Estelle, il y avait une armoire à linge en noyer resserrant la totalité de sa vêture : dix-neuf chemises, cinq flanelles, cinq cache-corsets, quatre pantalons, deux jupons, douze mouchoirs blancs, trois jupons de couleur, un costume de soie marron, un costume de drap gris, deux paires de chaussures, une robe de nuit, cinq matinées et six jupons.

Habits et linge

D'elle que je n'ai pas connue, je garderai donc deux images : un couple de serins en cage chantant au printemps qui vient et ces toilettes qui me semblent si réelles, de soie marron et de drap gris.

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10 avril 2016

Fleurs de lumière

Inspiré par la floraison des dahlias, le studio Drift a fabriqué pour le Rijksmuseum une installation tout en lumière et en mouvement.

Studio Drift - Lumières
Studio Drift - Lumière

Un brin de couture, une pincée d'ingeniérie et beaucoup de rigueur pour un résultat vraiment magique ! Cette vidéo, qui retrace les étapes de la fabrication, illustre parfaitement toute la démarche qui mène de l'idée à la réalisation. Du rêve à la réalité...

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07 avril 2016

Les élèves institutrices de Dijon

Je reste dans les archives scolaires mais après Paris, je reviens cette fois-ci à celles de Dijon. Je suis allée passer une journée aux archives départementales, sur les traces d'une jeune fille dont j'aimerais vous présenter le bel ouvrage un de ces jours prochains.

Ernestine m'échappe encore un peu, mais en fouillant dans les archives de l'école normale d'institutrices, je suis tombée sur des documents qui ne pouvaient que m'intéresser. Car j'ai occupé, pendant plusieurs années, un bureau dans les locaux où étudiaient jadis ces jeunes filles (ils ont pris un petit coup de jeune depuis, quand même ;-)

EN institutrices Dijon - Archives départementales de la Côte-d'Or

Les dijonnettes, reconnaissez-vous l'entrée de Tissot derrière ce groupe qui s'apprête à partir pour son voyage de fin d'année ?

Départ pour le lac Majeur - Archives départementales de la Côte-d'OrLes élèves institutrices de 1912, en salle de classe et en partance pour le lac Majeur
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (19 Fi 6)

Je me suis plongée avec délices dans le grand cahier des conférences que chacune devait présenter devant ses copines de promotion (l'avis de Madame la Directrice, reporté après chaque prestation, est rarement tendre...)

Conférence de littérature - Archives Départementales de la Côte-d'Or
Leçon d'économie domestique - Archives Départementales de la Côte-d'Or
Conférence de pédagogie - Archives Départementales de la Côte-d'OrLivre des conférences de l'année 1900
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (5M 22399)

Et puisqu'il paraît que le tissage revient à la mode, je me suis intéressée de près à ce livre contenant les travaux de l'école d'application. Ils sont réalisées par des enfants de cinq à six ans : je les ai trouvées drôlement douées, les petites élèves de 1888 !

Tissage bleu - Archives départementales de la Côte-d'Or
Tissages rose et vert - Archives départementales de la Côte-d'OrTravaux de l'école enfantine annexée
source : Archives départementales de la Côte-d'Or (5M 22396)

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03 avril 2016

Faire l'école à Paris

Le site des Archives de Paris a commencé à mettre en ligne des expositions virtuelles à partir de ses fonds d'images. J'ai évidemment été interpellée par le thème Faire l'école à Paris ; et à l'intérieur de ce thème, je me suis évidemment arrêtée aux ouvrages de couture ;-)

L'enseignement à Paris, l'école au quotidien et l'architecture scolaire sont les trois angles d'attaque de cette exposition, illustrés avec diversité par des cahiers pédagogiques, des dessins d'enfants, des bons points, des travaux d'élèves, des photos de classe, des croquis d'architecte...

Archives Paris - Cahier de coutureTravaux d'aiguilles réalisés à l'école - Source : Archives de Paris

Par ici la visite !

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31 mars 2016

La cousette vraiment pas que du poilu

Vous rappelez-vous le billet sur les nécessaires fournis à ses soldats par l'armée française ? Couramment appelé cousette du poilu en référence aux combattants de la première guerre mondiale, ce petit nécessaire n'a pas fini de parler.

Il y a deux ans, j'avais un peu ouvert l'éventail temporel de l'objet, en m'en tenant toutefois aux dates extrêmes pour lesquelles j'avais des éléments certains : 1889, la classe de mon arrière-arrière-grand-père dont le livret militaire mentionne déjà ce petit ustensile et 1957 où mon père l'a lui aussi touché dans son paquetage.

Aujourd'hui j'élargis encore ces dates, grâce à Marie ; elle me fait passer une photo de la trousse contenant cette cousette, attribuée à son mari à l'occasion de son service militaire en 1969. Merci Marie et son mari !

Cousette classe 69-2C

1889 – 1969… pour le moment. Tous nouveaux éléments sont bienvenus ;-) Je suis presque sure que la cousette du soldat figurait déjà dans la dotation des poilus grognards de 1870 !

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27 mars 2016

Le retour des cloches

Retour des cloches

Rouen, le 6 mars 1917

Ma bien aimée petite Andrée,

J'ai reçu avec un grand plaisir votre carte de Flers, elle est vraiment charmante et bien choisie ; au moment où je l'ai reçue, j'étais occupé à travailler pour vous, je l'ai donc lue et relue et me suis remis plus courageusement à mon fin travail ; vous êtes vraiment bien gentille de m'écrire si souvent, quand le matin je reçois une lettre de vous, la journée passe plus vite et plus gaiement.

Je vous quitte ma bien aimée et chérie petite Andrée en vous embrassant comme je vous aime.

Votre petit André qui vous couvre de baisers bien doux, mes bonnes amitiés à vos parents, je vous enverrai vos Pâques demain il me manque une ferrure.

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24 mars 2016

Étui à bougies

Retour sur un bricolage qui date déjà un peu : il y a quatre ans, j'avais cousu une série d'étuis à bougies pour les cadeaux de la nouvelle année. L'accessoire rigoureusement indispensable, évidemment ; vous vous demandez déjà comment vous avez pu vous en passer, je parie !

Je ne suis pas si mal organisée finalement, j'ai même retrouvé une photo des paquets-cadeaux réalisés pour l'occasion. Vieille facture, papier cristal, ficelle, recyclage d'un essai au crochet et quelques perles...

Etui à bougies paquet

Pour le contenu, je n'avais rien inventé, c'est une idée qui circulait un peu partout à l'époque. J'avoue ne plus me rappeler où je l'avais pêchée, sur un blog des pays nordiques me semble-t-il...

Etui à bougies

Et j'ai même conservé l'en-tête de la facture que j'avais imprimé sur un vieux drap de lin et complété par un patchwork de chutes de tissu. Joseph Moutinot, fabricant de cierges façonnés pour première communion, de cire filée blanche et jaune, de pains pour illuminations, de cire à parquet, de bougies de luxe, de bougies de couleur : s'il vous tente, pour ce bricolage-là ou pour autre chose, je le fais partir dans la journée vers la messagerie des abonnées ;-)

en-tête facture Moutinot

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20 mars 2016

Sajou le commerçant : la rue de la Barillerie

Changement d'ambiance avec le transfert de l'atelier rue de la Barillerie : en cette année 1844, Sajou a passé la Seine pour se retrouver dans l'île de la Cité, juste en face de la Sainte-Chapelle. Le couple emporte avec lui le souvenir de la petite Marie Adèle, née et décédée rue Michel-le-Comte après deux années d'une courte vie.

plan BarillerieL'île de la Cité en 1844 - source : Gallica

Pour Anastasie, c'est un retour au quartier de son enfance : le nouvel atelier investi par son mari au 17, rue de la Barillerie se trouve à peine à cent mètres de celui de son père, établi depuis trente ans comme orfèvre au 4 du quai du même nom. C'est en effet tout contre le flanc du Palais de Justice, dans un réseau d'immeubles aujourd'hui absorbés par le tentaculaire îlot administratif, que Charles Marie Granger s'est spécialisé dans la fabrication de timbales et d'ouvrages d'église.

Mais rien n'est plus pareil quand les Sajou arrivent dans l'île, car la maman d'Anastasie vient elle aussi de quitter ce monde deux ans auparavant.

Barillerie Atlas Vasserot
plan Barillerie 17Atlas Vasserot - source : Archives de Paris

Dans cette portion de la rue de la Barillerie qui va de la place du Palais de Justice à la rue de la Calandre, Sajou est cette fois-ci tout environné d'horlogers. Dans un registre moins sérieux, l'atelier se trouve aussi à deux pas du bal du Prado, très en vogue parmi les étudiants en goguette. Curieuse alchimie que ce quartier voué à la fois aux gens de justice, aux artisans et à la bamboche !

Ainsi que la précédente, cette nouvelle adresse n'est pas choisie au hasard. Sajou vient une fois encore y prendre une succession et récupérer par la même occasion un fonds de dessins de broderie.

Almanach Bottin du commerce de Paris pour 1842
Almanach Bottin du commerce pour 1842 - source : Gallica

Comme on le voit, Martin s'est déjà lui-même frotté aux modèles de Berlin ; la majeure partie de sa production est cependant très classiquement constituée de dessins destinés à être brodés au plumetis. Rien de tel, sur une mousseline aérienne, pour réaliser les cols, manchettes, guimpes ou jabots si recherchés quand il s'agit de finir délicatement une toilette .

Martin rue de la Barillerie

Mais cette installation sera fort brève, à peine le temps pour Sajou d'accoler son nom à celui de Martin et pour le couple de poser à nouveau un berceau : celui de Marie Ernestine qui voit le jour ici, entre les deux bras de la Seine, en 1845.

Sajou Successeur de Martin

Car Paris est en pleine mutation dans ce milieu du XIXème siècle et la rue de la Barillerie est condamnée par le projet de percement du boulevard du Palais ; dès 1852, les grands travaux haussmaniens vont profondément remodeler le cœur de la capitale.

Monde illustré 10-09-1859Le Monde Illustré 1859 - Source Gallica

Sajou prend les devants et prépare son repli dans ce qui deviendra sa grande adresse, celle où il va enfin pouvoir déployer une véritable maison de commerce et se diversifier bien au-delà des dessins de broderie : en 1846 commencera l'aventure de la rue Rambuteau.

Les précédents billets racontant l'histoire de Sajou
Sajou : de Sens à Paris
Sajou l'innovateur : les modèles de Berlin
Sajou l'innovateur : le conservateur de la vue
Sajou l'innovateur : la tricographie
Sajou l'innovateur : expositions et récompenses
Sajou l'innovateur : la nappe de quatre mètres
Sajou le commerçant : la rue Michel-le-Comte

Tous les billets étiquetés Sajou sur Ouvrages de Dames

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