16 mars 2016

Hip hop grand-maman

La musique de ces diablesses évoque pour moi de belles semaines de promenade le long du Saint-Laurent, des jours enchantés à flâner en Gaspésie, un après-midi convivial dans un cercle des fermières des environs de Montréal. Elles sont irrésistibles ;-)

Je me referais bien une petite traversée, moi. C'est qu'il y en a, des choses à voir, entre Sainte-Anne-de-la-Pocatière et l'Anse-à-Beaufils !

Le long du Saint-Laurent

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13 mars 2016

Sajou le commerçant : la rue Michel-le-Comte

Ça commence bien mal : Monsieur Sajou se cache ! Il ne veut pas se laisser découvrir dans ses premières années et il va falloir enquêter encore pour retrouver sa trace entre 1805, l'année de sa naissance à Sens, et 1840 où il épouse Anastasie Granger à Paris. Mine de rien, me voilà face à un blanc de trente-cinq ans…

J'ai quand même relevé, ici ou là, quelques petits cailloux semés dans le sillage de sa jeunesse. Un premier indice : une publicité parue dans l'Annuaire bleu en 1932, à l'initiative d'Emmanuel Anglard donc, puisque que c'est lui qui avait repris les rênes de la maison à ce moment-là.

Annuaire bleu 1932
Annuaire bleu 1932 (Annuaire du commerce international)

Prudence cependant… je ne veux pas prendre cette annonce pour argent comptant sans en avoir trouvé confirmation, car je sais la propension des meilleures maisons à s'octroyer quelques années supplémentaires au compteur, histoire de renforcer leur crédibilité. Il reste heureusement des pistes à lever dans les archives pour confirmer –ou pas- la création de l'affaire en cette année 1828.

Deuxième indice, cet article du Figaro en mai 1905, qui présente cette fois la maison Sajou comme "fondée en 1838, rue de la Barillerie". Méfiance là encore, car cette information, toujours bien postérieure aux faits, est inexacte au moins sur un point : la rue de la Barillerie n'a pas été le lieu de la fondation.

Le Figaro 23-05-1905Source Gallica

Il faut donc partir de sa première adresse confirmée par l'état-civil et les actes notariés pour reconstituer le parcours de Jacques Simon Sajou. Quant aux dates, s'il avait probablement fait ses premières armes bien auparavant dans le domaine de l'imprimerie, l'année 1840 marque sans aucun doute sa véritable spécialisation dans les dessins pour ouvrages de dames. Le rapport présenté au jury à l'occasion de l'exposition des beaux-arts de 1849 laisse d'autant moins de doutes à ce sujet que le Guide Sajou lui-même l'a repris à son compte.

Rapport au jury de l'eposition de 1849Exposition de 1849 - Source Gallica

En ce milieu du XIXème siècle, la rue Michel-le-Comte bruisse de l'activité des artisans. Ils sont plus d'une centaine à s'être installés dans les cours de cette petite voie du Marais, qui relie les rues Beaubourg et Sainte-Avoye. Bijoutiers, graveurs en taille-douce, gainiers et fabricants de cartonnages, tabletiers ou plumassiers : sur à peine deux cent mètres, quasiment chaque porche ouvre sur son lot de petits métiers.

Rue Michel le Comte plan BretezLa rue Michel-le-Comte au plan Bretez - Source Gallica

Sajou débarque au 21, à la veille de 1840, pour y prendre la succession de la maison Mallez Aîné. Il s'installe dans un immeuble qui présente deux boutiques en façade, de part et d'autre d'une porte cochère, puis une grande cour autour de laquelle sont distribués les ateliers.

Il y a là le papetier Herbin, dont la renommée n'est déjà plus à faire, établi dans l'endroit depuis presque un siècle… et qui y sera toujours un siècle plus tard ! Fabricant d'encre et de cire à cacheter, apprêteur de plumes, Herbin détaille toutes sortes de papiers propres à combler les amoureux de l'écriture et les artistes à la recherche de beaux supports.

Atlas VasserotLe 21 de la rue Michel-le-Comte à l'Atlas Vasserot - Source Archives de Paris

La cour du 21 accueille également la maison Maillet et Brazier, spécialisée dans la fabrication d'éventails. Et puis de manière plus inattendue dans une rue principalement vouée aux artisans d'art, Sajou cohabite aussi à cette adresse avec le boucher Moyse et l'architecte Vergnaud, spécialiste de la distribution d'eau de Seine dans les habitations. Et oui…l'amenée de l'eau jusqu'aux particuliers est encore la grande affaire de l'époque.

La reprise de la maison Mallez est une excellente pioche pour Sajou ! Car si cet établissement a diversifié son activité en publiant toutes sortes d'ouvrages édifiants pour les dames et la jeunesse, Mallez se présentait avant tout comme "dessinateur en perles et tapisserie".

Mallez ainé rue st-AvoyeUne planche de broderie publiée par Mallez vers 1820 - source Musée national de l'éducation

Et surtout, il a lui-même débuté en reprenant le fonds d'Augustin Legrand que j'ai déjà évoqué en vous racontant les avancées de Sajou sur les modèles de tapisserie.

Petit nécessaire des Jeunes demoiselles titre

Petit nécessaire des Jeunes demoiselles marque

Après avoir publié en 1819 son Petit nécessaire des jeunes demoiselles, ce dessinateur et graveur de renom récidive, dix ans plus tard, avec un ouvrage sur l'Art de broder dédié aux jeunes demoiselles puis avec son Traité du tricot.

Traité du tricot LegrandSource Gallica

Bref, récupérer le fonds Legrand en prime avec celui de Mallez, c'est plutôt une affaire juteuse pour un homme décidé à développer une entreprise entièrement consacrée aux ouvrages de dames. Il se fait d'ailleurs un plaisir d'accoler le nom de Sajou à celui de Mallez pour capitaliser sur la renommée de son prédécesseur. Mais au-delà des modèles à proprement parler, il commence à jeter les bases de son futur commerce en se présentant dans les annuaires, dès 1842, comme fournisseur de perles, de soie et de "boîtes complètes pour brodeuses en tapisserie".

Sajou successeur de Mallez Ainé

Cependant l'établissement rue Michel-le-Comte ne durera que quelques années, jusqu'en 1843, avant que Sajou ne parte implanter son affaire dans le cœur historique de la capitale, juste en face du Palais de Justice. Et cette histoire-là sera pour le prochain épisode ;-)

Les précédents billets racontant l'histoire de Sajou
Sajou : de Sens à Paris
Sajou l'innovateur : les modèles de Berlin
Sajou l'innovateur : le conservateur de la vue
Sajou l'innovateur : la tricographie
Sajou l'innovateur : expositions et récompenses
Sajou l'innovateur : la nappe de quatre mètres

Tous les billets étiquetés Sajou sur Ouvrages de Dames

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10 mars 2016

Autour de Sajou : teasing

Monsieur Sajou est prié

... et vous êtes priées de passer sur ce blog dimanche qui s'en vient, si vous voulez connaître la suite de l'aventure Sajou ;-)

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06 mars 2016

Спасибо, Франсуаз !

Françoise m'a envoyé cette semaine, à l'occasion de mon anniversaire, une petite boîte scrappée qui a levé en moi une bouffée de nostalgie. Car elle a pris soin d'y réunir beaucoup de ce que j'aime : il y souffle un petit vent de Russie autour de mille pienpiens de mercerie. Dentelles, bouton, vieille étiquette DMC et pubs recyclées, c'est le choc de mes mondes qui se cache sous ce couvercle ;-)

Boîte Françoise

Françoise, tu ne le sais pas mais je conserve depuis longtemps l'emballage d'une tablette de chocolat, curieusement achetée dans une épicerie russe de Kensington (!) J'ai une tendresse particulière pour cette illustration à l'inspiration résolument soviétique. Il y transparaît tant de foi en un avenir radieux, alors qu'il y avait si peu de raisons d'y croire !

Alionka chocolat

L'image d'Alionka me rappelle des heures et des heures de balades le long de la Moskova, avant que l'usine de confiserie Octobre Rouge ne devienne ce lieu tellement branché, fréquenté aujourd'hui par les bobos de la capitale russe.

Usine Octobre Rouge

Bien avant même, en vérité (je ne devrais pas m'en vanter ;-) qu'elle ne fut désaffectée. Il flottait sur l'île Bolotny, en plein coeur de Moscou, une odeur entêtante et vaguement écoeurante de confiserie industrielle... Aujourd'hui, l'emblématique visage d'Alionka est devenu le summum du hype, au point d'inspirer les peintres de street art comme ici, dans des ruines post-modernes, ces plaques de béton transformées en tablettes de chocolat...

Pasha 183Peinture de rue Pacha 183

Bon, c'est pas tout... mais après la récupération du vieux linge dont je vous ai parlé jeudi, il me vient une furieuse envie de remplir de trésors toutes les petites boîtes qui me passent à portée de main ! Me voilà bien partie, moi...

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03 mars 2016

Diane Savona

Enorme coup de coeur ces jours-ci pour Diane Savona, une artiste qui porte sur les textiles usagés un regard d'archéologue. Elle parle d'artefacts, de fossiles, de strates, de specimens pétrifiés... La vie affleure cependant dans chacune de ses oeuvres. Elle déconstruit les vêtements, elle torture les tissus et les objets pour faire parler leur âme secrète ; la vérité retenue par les fils de la toile émerge alors mais le mystère demeure qui permet à chacune d'y lire ce qu'elle veut.

"Le linge parle à notre imagination et à nos sens" : en voyant le travail de Diane Savona, j'ai repensé à cette phrase brodée par Denise sur son merveilleux drap d'Anna...

Diane Savona Fossil Garment # 6Diane Savona - Fossil garnment #6

Je veux faire du "Diane Savona", là, tout de suite... les idées se bousculent et je commence déjà à brasser les reliques familiales : ce n'est pas comme si j'avais déjà des projets en cours que je me suis promis de mener à bien avant d'attaquer quoi que ce soit de nouveau ;-)

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28 février 2016

Drôle de collection

Pourquoi des éléphants ? Parce que !  Il a probablement suffi que j'en trouve deux, arrivés par hasard dans mon bric-à-brac, pour que l'idée baroque me vienne de continuer à les accumuler dans cette très kitsch collection de pique-épingles. Ne vous y trompez pas, j'emploie ici le mot kitsch sans renier la véritable connotation que j'y vois : moche (attendrissant à force de mocheté ?) mais rigolo.

Tous les éléphants

Mes éléphants sont, pour la plupart, d'origine anglo-saxonne ; le passé colonial de la Grande-Bretagne en Inde explique sûrement cet engouement. L'éléphant est un symbole traditionnel du grand empire britannique et les anglais sont familiarisés avec ses représentations. Majesté, puissance, nature asservie à l'homme, le fantasme des imaginations occidentales émane de ces images...

Anglais sur un éléphant

D'ailleurs la vague orientaliste a également porté la France à s'intéresser à cet étrange animal. Fremiet livre son Jeune éléphant pris au piège pour orner le Palais du Trocadéro, à l'occasion de l'exposition universelle de 1878.

Cette grande statue de fonte de 3,6 mètres de hauteur faisait partie d'un groupe de quatre animaux, avec le Cheval à la herse de Rouillard, le Rhinocéros de Jacquemart et le Taureau de Caïn. Elle est aujourd'hui visible sur le parvis du musée d'Orsay.

Eléphant Trocadéro - 1908

On s'en vient en famille cajoler Siam au jardin des Plantes, histoire de donner aux enfants une vision de l'Orient lointain : comme un petit bout de nature exotique tristement enclos derrière ses barreaux.

Siam jardin des plantes

Napoléon eut même, dans les prémices du XIXème siècle, un projet de fontaine éléphant pour la place de la Bastille. Elle aurait été alimentée par les eaux de l'Ourcq, amenées jusqu'à elle par le canal Saint-Martin. Imaginez l'allure qu'aurait aujourd'hui la Bastille... si un éléphant et son howdah en forme de tour y trônaient à la place de la colonne de Juillet ;-)

Eléphant de la BastilleLe projet de Jean Antoine Alavoine (24 mètres de haut !)

En cette fin de XIXème siècle, les petits objets en imitation bronze ont déjà leur place dans l'univers des ouvrages de dames en France. L'éléphant apparaît pourtant tardivement au catalogue Mercerie de la Samaritaine, à l'été 1914 ; il y est proposé à usage de porte-dé.

Samaritaine__t__1914

Le seul éléphant porte-dé que j'ai est un peu différent de celui de la Samar' :

Elephant_porte_d_

Et j'ai donc des éléphants de métal...

Eléphants métal 1

Eléphants métal 2

des éléphants de porcelaine et de terre cuite...

Eléphants terre

et même, pour vous, un éléphant qui se brode... au cas où vous auriez follement envie d'un petit ouvrage moche mais rigolo ;-)

Coussin éléphant

Le diagramme part dans la journée vers la messagerie des abonnées identifiées aux billets du blog. Pour la place des épingles, je vous laisse faire, vous n'aurez qu'à vous inspirer de la photo !

Eléphant pique-aiguilles

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24 février 2016

Bohin

Mission accomplie, j'ai mis l'enveloppe à la boîte à la dernière minute mais elle est arrivée à temps en Normandie (il n'y a de chance que pour la canaille !). Je crois bien que j'ai pondu un très beau hors-sujet, ce qui était déjà ma spécialité du temps des dissertations. Mais peu importe : j'ai pris énormément de plaisir à renouer avec la broderie, abandonnée depuis plus d'un an ; et même s'il a fallu pour cela avancer à marche forcée, j'ai terminé ma pièce.

En fouillant dans le stock à la recherche d'aiguilles (Bohin, bien sûr ;-) pour peaufiner mon ouvrage, j'ai remis la main sur ce coffret de comptoir, dont je n'avais pas le souvenir qu'il fut Bohin, lui aussi.

Boîte Bohin extérieur

Boîte Bohin intérieur

Par chance, le feuillet situé à l'intérieur du couvercle est en très bon état. Il détaille le choix des aiguilles disponibles à la vente et, comme souvent sur les présentoirs publicitaires, il reprend l'habituel avertissement aux mercières : pas de concurrents dans mon coffret !

Boîte Bohin tailles aiguilles

J'en ai profité pour y piquer sans vergogne une idée, aussitôt adaptée sur ma toile. Bientôt la suite... ;-)

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18 février 2016

Interlude #3

 

Magasin des DemoisellesMagasin des Demoiselles 1871 - source : Rijksmuseum

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14 février 2016

Interlude #2

Miroir Parisien 1870le Miroir Parisien 1870 - source : Rijksmuseum

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11 février 2016

Interlude #1

Parce que c'est rapide ;-) Et irrésistible !

Vous avez aimé la saison 1 du #Madeleineproject ? Vous allez adorer la saison 2 qui vient de débuter. Nous avons encore de bien jolies choses à découvrir dans la cave de Madeleine : de bavards bavoirs, un drap brodé, des épingles à chapeau...

Madeleinproject bavoirs

Madeleinproject épingles et drap

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