14 juillet 2016

Souvenir de France

Tous ces souvenirs de France sont en réalité des souvenirs du front, disséminés autour de la planète par des mains militaires. Dans un schéma bien admis, on proposait donc à leur plume du martial et du pompier ; car il n'était pas vraiment question de s'attendrir.

La fleurette y est toujours, l'aurez-vous remarqué ? Mais elle se fait discrète pour laisser le drapeau en vedette.

Souvenir de militaires

Alors j'aime d'autant plus ce souvenir-là, résolument bucolique et sans aucune cocarde. Un souvenir envoyé par Germaine à son Paul, brigadier au 1er spahis cantonné à Aumale, de l'autre côté de la Méditerranée. Pour l'envelopper de tendresse à la première pensée mélancolique...

Souvenir de Germaine"Doux souvenir d'une amie qui pense à vous"

Posté par OuvragesDeDames à 08:26 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , ,


10 juillet 2016

Les éphémères de l'été #1

Voici un joli carnet de dessins de broderie que j'ai la chance d'avoir complet dans mes archives. Pour soutenir le rythme un peu languissant de l'été, je vous propose de vous le livrer en éphémère chaque dimanche : un feuillet de seize planches par semaine, avec au recto huit alphabets ou petits motifs monochromes et au verso huit dessins de tapisserie colorés.

Dessins de broderies

La règle du jeu, la voilà : chaque dimanche je mets en ligne un feuillet en très bonne définition que vous pourrez récupérer pour l'imprimer si vous voulez utiliser les diagrammes. Vous avez une semaine pour la télécharger ; quand je mets en ligne la planche du dimanche suivant, je supprime le téléchargement du dimanche précédent. Si vous êtes fidèle tout au long de l'été, vous disposerez d'ici la rentrée du livret complet ;-)

Aujourd'hui, je vous présente la couverture pour, je l'espère, vous donner envie de me  suivre dans ce petit feuilleton. Le livret mesure 16,5 centimètres de large sur 21 centimètres de haut et il est présenté plié en accordéon. Je le crois assez ancien et je le daterais de la seconde moitié du XIXème siècle. Il ne comporte aucune marque mais a également été imprimé dans d'autres couleurs de couvertures, car nous le retrouvons en rose dans l'incontournable livre de Catherine Pouchelon Abécédaires brodés, du modèle à l'ouvrage.

Catherine Pouchelon

Les petites filles absorbées dans leur ouvrage qui décorent cette couverture sont déjà tout un poème. Je vous propose aujourd'hui le téléchargement de cette gravure, avec le fond ocre d'origine et aussi une version sur fond blanc. Avant de les enregistrer, il suffit de cliquer sur les vignettes qui suivent. Mais rappelez-vous : vous n'avez que jusqu'à samedi prochain !

 Ephémère 1

           

Posté par OuvragesDeDames à 07:17 - - Commentaires [83] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 juin 2016

L'ordre des lettres

Dans notre recherche de "petits rouges", il nous arrive souvent de dégoter des alphabets déstructurés. Il s'agit le plus souvent de canevas de taille restreinte et sur lesquels le travail est visiblement hésitant. Des lettres, parfois un ou deux motifs, une frise sommaire : on sent que les enfants ont brodé en tirant la langue, tout à leur application d'avoir à respecter l'alignement… bien souvent sans y parvenir, les pauvrettes ;-)

Petits rouges désordonnés

L'ordre des lettres peut varier, mais ces alphabets-là commencent le plus souvent par le I et le H, et ce n'est pas un hasard. En effet, dans la foulée des lois sur l'école du XIXème siècle, les programmes du cycle primaire firent, en 1923, l'objet de directives assez détaillées pour toutes les matières et, bien sûr, pour les travaux d'aiguilles. J'aurai l'occasion de vous reparler plus en détail de l'enseignement à la couture.

On faisait débuter les petites filles au point de marque sur canevas à partir du cours élémentaire, c'est-à-dire entre sept et neuf ans. Il s'agissait d'exercices rudimentaires et on n'exigeait pas encore d'elles un alphabet complet. Les choses se compliquaient ensuite au cours moyen, entre neuf et onze ans. Il fallait désormais qu'elles apprennent à maîtriser les "alphabets et chiffres au point de marque sur grosse étamine".

Voici exactement les programmes prescrits pour les travaux manuels à partir de 1923. Pour le plaisir, j'ai laissé celui des petits gars. Quand les stéréotypes de genre ne se cachent pas…

Travaux manuels - programme 1923Programme des cours élémentaire et moyen en 1923 – source : Gallica

Le livret qui suit, édité en 1931, simplifie la vie des maîtresses en leur proposant une déclinaison de ces programmes en exercices très précisément guidés. Il lève le mystère de ces petits ABC qui sont en fait des IHL ;-)

Couverture livret Bourqui

Dans un souci de progression pédagogique, Mme Bourqui conseille d'aller du simple au difficile : on brodera tout d'abord les lettres droites, puis les rondes, puis celles qui sont à la fois l'un et l'autre. Et voilà qu'elle propose l'ordre des lettres qu'on retrouve sur nos canevas d'essai.

Livret Bourqui Point de marque

Nos marquoirs tout dans le désordre ont donc toutes les chances d'avoir été brodés à l'école de la République, sous la direction de la maîtresse.

Livret Bourqui Ordre des lettres

Posté par OuvragesDeDames à 06:04 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 juin 2016

Juliette et Benjamin

Oui, bien sûr que j'ai participé au concours Bohin, j'avais simplement prévu de rester discrète jusqu'à la fin de l'expo et du vote du public. Et puis finalement, les photos qui devaient être interdites ne le sont pas (tant mieux !) et fleurissent déjà sur plusieurs blogs. Alors puisque ce n'est plus un secret, inutile de remettre ;-)

Les couleurs de cet ouvrage sont fuyantes et difficiles à saisir... la toile est moins rosée que sur mes images, le kraft est moins jaune. J'espère beaucoup du catalogue de l'exposition, dont les photos sont réalisées par une professionnelle.

La règle du jeu était de réinterpréter le portrait de Benjamin Bohin, fondateur de l'entreprise, à partir d'une photographie ancienne. Evidemment, je n'ai pas pu me résoudre à le laisser seul, au risque de frôler le hors sujet. Mais il n'en sort pas perdant : je lui ai offert une compagnie de choix en la personne de Juliette, mon arrière-arrière-grand-mère mercière  dont je suis si fière.

Juliette et Benjamin

J'ai trouvé du sens à réunir sur mon ouvrage celui qui fabriquait les aiguilles et celle qui les détaillait... le manufacturier en Normandie et la mercière à Creil. J'ai peut-être un peu tordu la chronologie : dans les années 1890, tandis que Juliette accédait au petit commerce, le fantasque Benjamin poursuivait à ses rêves d'adolescent en faisant enfin, à soixante-dix ans, son tour du monde. Mais enfin la manufacture Bohin, c'est lui, présent ou pas !

Benjamin

J'ai brodé en fond un extrait de l'état des marchandises dressé en 1894 par Maître Desabie, quand Juliette et Eugène cédèrent leur premier commerce. Puis j'ai quilté de part et d'autre les portraits de mes deux héros, simplement imprimés sur du papier d'emballage. Enfin, parce que je ne sais pas maîtriser le vide, j'ai rempli ma surface avec des bricoles de mercerie que j'imagine au comptoir de Juliette : aiguilles bien sûr mais également faveur, boutons de nacre et monogrammes de Saint-Gall.

Et pour finir, j'ai dégotté un vieil écheveau de fil à La Cloche juste dans le ton qu'il me fallait et je l'ai transformé en bordure crochetée. Pour accrocher le tout : une aiguille à tricoter en bois, des anneaux d'os, encore des articles vendus par Juliette, probablement.

Juliette

J'ai ourlé ma toile au point de Paris et c'est aussi lui aussi que j'ai utilisé pour appliquer la faveur sur le fond. C'était dans les tout premiers billets du blog, vous vous souvenez ? Non... c'est trop vieux ;-) La fiche technique est ici.

Posté par OuvragesDeDames à 06:12 - - Commentaires [67] - Permalien [#]
Tags : ,

22 mai 2016

Une accalmie dans la tempête

La photo est dorée sur tranche mais anonyme, je n'en sais rien de rien. Il y a juste, au verso, cette annotation rapportée sur une étiquette bleue. Quelle tempête ? Quelle accalmie ? Je vagabonde, puisque je ne peux faire que ça.

Les préparatifs du mariage emportent toute la maisonnée dans un tourbillon. Mais il y a toujours dans les derniers moments quelques points à faire pour ajuster une tenue ou rapporter une dentelle. Le photographe a déjà investi les lieux pour immortaliser les mariés ; ça tombe bien, il sera là aussi pour les deux couturières !

Accalmie recto verso

Au contraire... je vois bien que la couture n'est qu'un prétexte pour se donner une contenance ! Bien sûr qu'elles font semblant, elles tiennent à peine du bout des doigts un morceau de dentelle, d'ailleurs le joli chignon de gauche à bien du mal à réprimer un sourire. L'effervescence règne autour d'elles où tout le monde prépare le grand départ de la famille pour la maison d'été ; le photographe a débusqué les deux coquines dans l'encadrement de la fenêtre où elles se sont réfugiées.

Accalmie les couturièresA bien y réfléchir... la guerre, peut-être, gronde aux portes de la maison ? Mais de ce côté-ci de la croisée, la couture reste une préoccupation quotidienne. On a fait venir le photographe pour qu'il inscrive sur le papier cette bulle de sérénité : on l'enverra au soldat qui la conservera comme un talisman au milieu de la furie.

Posté par OuvragesDeDames à 06:35 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , ,


24 avril 2016

Yvonne, Monsieur Sajou et Monsieur de La Fontaine

Dans sa région du Perche qui fait avec tant de douceur la transition entre Bretagne et bassin parisien, Yvonne vit une dernière année de quiétude avant la tempête qui va déferler sur l'Europe. Très bientôt, son père devra abandonner la terre qu'il cultive à la Grange et partir pour quatre années éprouvantes loin de sa famille.

BéthonvilliersBéthonvilliers et ses vergers de pommiers

Mais personne n'imagine encore le cataclysme sur le point de se déclencher. Pour le moment, chaque chose est à sa place dans le petit univers de l'enfant. Yvonne navigue entre le bourg tout proche de Coudray-au-Perche, où vivent ses grands-parents maternels, et celui de Béthonvilliers auquel est rattaché le hameau.

Coudray-au-Perche - MairieL'école de Coudray-au-Perche

Louis, son père, est absorbé à la conduite de la ferme. Yvonne a certes un frère, mais elle trouve ce petit René de quatre ans bien trop jeune pour jouer avec elle ! Alors elle s'essaye volontiers aux travaux d'aiguille et y réussit pas trop mal. Il faut dire qu'elle est à bonne école avec Joséphine et Lucie, sa maman et sa tante, toutes deux couturières.

C'est sous leur houlette qu'elle réalisera son marquoir, un ouvrage bien élaboré pour une fillette de neuf ans. Car Yvonne est capable d'une patience étonnante chez une toute petite. Elle a mis beaucoup d'ambition dans son ouvrage mais rien ne résistera à son obstination.

ABC Yvonne

Elle commence sa broderie par une pièce maîtresse et, comme il se doit, ce sera l'alphabet. Bien loin des petites lettres simples et utilitaires apprises à l'école pour marquer le linge, elle choisit un spectaculaire alphabet haut de trente-et-un points. Il est extrait du livret 205 de la maison Sajou ; elle a tout de suite aimé, dans le petit carnet rose, ces lettres au tracé strict mais dont l'aspect rigide est adouci par une branche fleurie.

ABC Yvonne alphabet

Après avoir brodé son alphabet, Yvonne l'illustre par un motif qui lui vole presque la vedette et vers lequel l'oeil est irrésistiblement attiré. Elle l'a pioché lui aussi dans un livret de la maison Sajou, mais cette fois dans le 104. Il fait écho à son apprentissage scolaire puisqu'il illustre une fable de Monsieur de La Fontaine, l'Âne et le Chien.

L'âne et le chien- La Fontaine
Je conclus qu'il faut qu'on s'entraide... source : Gallica

Comme toujours chez Jean de La Fontaine, la fable trouve son épilogue sur une morale édifiante. Le petit drame instrumentalisé par le poète se joue entre deux animaux qu'Yvonne côtoie tous les jours dans la cour de la ferme. Elle a reproduit le motif de Sajou dans ses moindres détails, sans oublier le moulin de l'arrière-plan, avec un joli fil nuancé dans des teintes dorées. Il y a à peine quelques points décalés ici ou là. Dans les jambes de l'âne par exemple, à quoi pensais-tu petite Yvonne ? Envie d'aller gambader ?

Yvonne - l'âne et le chien

La fillette complète son travail en emplissant chaque espace libre avec des motifs répétés en symétrie, de ces symboles familiers qu'on rencontre si souvent dans les vieux marquoirs : les  paniers fleuris, les ancres de marine, les papillons, les oiseaux sur leur branche. Puis suit l'indispensable identification. : maintenant qu'elle est assurée d'avoir mené l'ouvrage à bien, elle peut le reconnaître pour sien en le signant fièrement Yvonne Vallée et l'arrimer temporellement, à la fois dans sa vie et dans le siècle.

Yvonne - signature

Elle encadre finalement le tout avec une frise bien fournie elle aussi, ponctuée par ces pommes qui rappellent les vergers entourant son hameau de la Grange. A nouveau, elle n'a pas choisi la facilité avec cette bordure dense qu'elle mettra encore des heures à compléter !

Yvonne - frise de pommes

Qu'est devenue Yvonne, me direz-vous ? De son histoire future, nous saurons peu de choses : comme pour tous les enfants de sa génération, l'insouciance devait brutalement prendre fin l'année suivante. Son père partit à la guerre, son père revint de la guerre. Yvonne se maria puis quitta ce monde à soixante-treize ans, à quelques kilomètres à peine de la Grange, toujours dans son Perche natal.

Encore une fois, c'est la trace fragile de son marquoir qui la ramène sous nos yeux. C'est sur ce morceau de canevas Pénélope qu'une vie se laisse deviner, avec si peu de certitudes cependant...

Posté par OuvragesDeDames à 07:12 - - Commentaires [43] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 janvier 2016

Bonnes résolutions

Non, je plaisante ;-) J'ai assez d'heures de vol pour savoir que les résolutions de début d'année sont celles qu'on ne tient jamais. Disons alors que ce sont plutôt des engagements pour me propulser les jours de paresse, ma liste des choses à faire cette année pour le blog.

La saga Sajou

Ça fait sept mois que j'ai laissé le récit de côté, mais les recherches progressent bien, grâce une aide précieuse dans les archives parisiennes. Je retarde de m'y mettre parce qu'il me semble qu'il y a toujours des zones d'ombre que je pourrais éclaircir. Mais j'y reviendrai en cas de nouvelles découvertes, maintenant il ne reste qu'à écrire !

Berlin Sajou

Les recherches généalogiques

Un récent commentaire sur les voeux de Marie Joséphine m'a remis en tête une proposition faite à l'occasion du marquoir de Noémie : une méthode pour vous permettre de sortir de l'ombre les petites brodeuses de vos marquoirs. Quand c'est possible, bien sûr, souvent il faut aussi accepter de les laisser dans l'anonymat parce qu'elles n'ont pas semé assez d'indices pour en savoir plus. Mais si on tient un fil pour détricoter l'énigme, quel plaisir ! Il ne s'agirait que de quelques pistes pour commencer et ensuite, à vous de jouer.

Signatures

Un nouveau projet récurrent

Voilà encore une idée envisagée lorsque j'avais arrêté les pique-aiguilles mais que j'ai fainéanté à concrétiser depuis deux ans : un nouveau projet au long cours. Il y aura de la couture, il y aura de la broderie, il y aura de l'Alsace, il y aura de la poupée Bleuette... les choses sont en train de mûrir, disons... un peu plus concrètement qu'auparavant ;-)

C'est dit, maintenant il n'y a plus qu'à s'y mettre !

Posté par OuvragesDeDames à 09:58 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 août 2015

Encore un peu d'été...

Quelques jours seulement, pour le plaisir de broder au soleil ;-)

Je brode à la plage

Posté par OuvragesDeDames à 07:14 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,

12 juillet 2015

Secrets de fabrication

Violine se demandait, sur le billet de mercredi dernier, si j'avais retrouvé la trace de la petite Noémie qui avait brodé un si joli marquoir dédié à sa maman. Je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de vous expliquer comment j'aborde l'écriture de ce type de billets.

Si je prends par exemple le marquoir d'Eugénie Rigaud, il contient tous les éléments nécessaires à son identification : Eugénie a 11 ans en 1915, elle est donc née vers 1904 à Solliès-Pont. Je trouve bien dans l'état-civil de cette commune une Eugénie Rigaud, née le 26 juillet 1904. Je vérifie par précaution dans les tables décennales de la commune qu'aucune autre enfant portant ce nom n'est déclarée entre 1903 et 1905, pour éliminer une peu probable mais toujours possible homonymie. Je considère finalement que mon marquoir peut sans équivoque être attribué à la fillette que je viens de trouver.

A partir de là, je déroule le fil et je cherche à en savoir le plus possible sur ma petite. Je remonte les actes de l'état civil sur plusieurs générations, ce qui me permet de dire qu'elle est bien d'une famille paysanne (voilà qui n'a rien d'étonnant à l'époque !) : Joseph Gavot, par exemple, son arrière-arrière-grand-père, était déjà cultivateur. Et puis je cherche dans son environnement plus proche : elle a bien une grande soeur, Charlotte, née six ans avant elle. Pour la petite histoire d'ailleurs, Charlotte a été déclarée née de père inconnu quatre ans avant le mariage de ses parents, qui l'ont reconnue à cette occasion comme l'enfant du couple.

Naissance Charlotte Rigaud

Bref je réunis le plus possible d'éléments autour d'Eugénie. Je ne les utiliserai pas tous, je ne vous donnerai pas tous les détails factuels car ce que je veux, ce n'est pas écrire un article de généalogie pointue mais replacer le marquoir dans son contexte. Cependant j'essaie de ne pas extrapoler et d'utiliser uniquement des éléments avérés. Par exemple, j'ai vérifié dans le dernier recensement disponible la composition de la famille : a priori le ménage est composé uniquement des parents et des deux filles. Ainsi je ne parlerai pas de frère, mais de cousins partis à la guerre.

Rigaud recensement 1906

Quand j'écris le billet, je n'ai pas encore le feuillet matricule d'Auguste, je ne connais donc pas avec précision ses états de service pendant la guerre. J'ai juste pu vérifier qu'il ne figurait pas dans la base des morts pour la France de la première guerre mondiale. Je dis donc simplement qu'il appartient à une classe d'âge partie à la guerre dès les premiers jours de la mobilisation. Rappelez-vous, je vous avais proposé un complément quand j'avais mis la main sur ce fameux registre matricule qui me permettait d'avancer une interprétation plus étayée du bateau brodé par Eugénie sur son marquoir.

Registre matricule Auguste Rigaud

Dans le cas de Noémie en revanche, j'ai choisi de raconter une histoire plutôt que d'être factuelle, justement parce que j'ai peu d'éléments. Je connais simplement la provenance de ce marquoir, trouvé en Isère, et j'ai repéré sur la commune iséroise du Gua la naissance d'une petite Noémie Ardoin-Fallut, le 1er août 1859. Ça peut correspondre à mon marquoir, mais à ce stade je considère que j'ai trop peu d'éléments pour l'affirmer avec certitude.

naissance Noémie

Je choisis donc de m'appuyer sur l'histoire de Noémie Fleurine (Fleurine, quel merveilleux prénom !), mais il serait risqué de vous la présenter à coup sûr comme l'auteure du marquoir. J'ai regardé la situation du Gua, à une trentaine de kilomètres de Grenoble, où se tient bien à l'époque une foire des Rameaux : ce sera mon point de départ pour rêver au chemin qu'ont pu prendre ces belles soies jusqu'à l'aiguille de ma petite paysanne. Oui, une famille paysanne... encore !

Voilà donc la "cuisine" qui se cache derrière les billets de la catégorie "Un ouvrage, une histoire. Pas seulement eux d'ailleurs, j'ai par exemple beaucoup de documents sur la vie de M. Sajou que j'ai utilisés pour raconter l'histoire de sa vie, mais sans entrer dans les détails pour ne pas vous noyer sous des précisions qui ne me semblaient pas d'un intérêt primordial.

D'ailleurs j'y pense : est-ce que ça vous intéresserait que je vous propose une recherche concrète, à partir d'un marquoir, pour identifier tous les éléments des archives nécessaires à sa documentation ? Il y a déjà pas mal de choses en ligne pour les débutants en généalogie, mais tellement justement que ça peut parfois être un peu difficile de s'y retrouver quand on n'y connaît rien. Un pas-à-pas "spécial collectionneuse", ça vous servirait ?

Posté par OuvragesDeDames à 11:04 - - Commentaires [43] - Permalien [#]
Tags : ,

09 juillet 2015

Les surprises de l'envers

Vous rappelez-vous le marquoir de Noémie, la petite Iséroise qui avait brodé avec tant de soin pour sa maman ? Il était toujours dans son cadre noir Napoléon III. J'avais résolu de le laisser vivre dans sa baguette d'origine mais l'ensemble méritait un bon nettoyage. Sous le verre à bulles qui la protégeait, j'ai eu la chance de trouver une toile très propre et heureusement, car le nettoyage des fils de soie aurait certainement été un vrai casse-tête !

En revanche, j'ai eu en le retournant la surprise de découvrir les couleurs sorties de la boîte à ouvrages, et non pas dans la version fanée que l'ouvrage présente aujourd'hui.

Marquoir Noémie envers

La différence est spectaculaire : la lumière a véritablement avalé les pigments de ces beaux fils de soie. Les retrouver tels que Noémie les a travaillés m'a donné envie de mettre le marquoir en diagramme, je vais profiter de ce prochain week-end à rallonge pour le faire et vous le proposer.

Marquoir Noémie détail

Posté par OuvragesDeDames à 06:23 - - Commentaires [50] - Permalien [#]
Tags : , ,