16 avril 2014

La guerre d'Eugénie

De quelle manière pouvaient résonner aux oreilles d'une petite Varoise ces noms lointains de la France du nord : Flandres, Marne, Verdun, Somme, chemin des Dames ? Aux images d'un conflit noyé dans les brumes incertaines, se superpose la réalité de la guerre au village, dans cette Provence qui ne voit pas les combats : elle se dessine en creux au cœur de la vie quotidienne.

Solliès-Pont Place Neuve

Solliès-Pont Grande-Rue

Pour une enfant de dix ans, la guerre prend corps avec le tocsin qui rythme l'émotion violente de la mobilisation générale, avec le départ redouté du père ou du cousin rejoignant séance tenante leur affectation, puis avec le maire passant dans les foyers pour annoncer les morts de la commune, avec les blessés revenant du front, avec ces tâches qu'il faut malgré tout assurer tous les jours.

affiche mobililsation

Dans une famille paysanne comme celle d'Eugénie, il faut bien remplacer les réservistes partis au front, ce qui comprend à peu près tous les hommes valides. Auguste, le père d'Eugénie, a trente six ans à l'annonce de la mobilisation, il appartient donc à une classe d'âge qui part dès les premiers jours. La vie des femmes s'en trouve bouleversée et les enfants, eux aussi, sont mis face à des responsabilités trop lourdes pour eux.

A mille kilomètres des combats, la guerre est bien présente et pourtant la vie continue : Eugénie va à l'école, elle fait son apprentissage des travaux d'aiguilles, elle brode son marquoir. Seulement elle y fixe à jamais cette première année qui suit le 2 août 1914 comme une "année de guerre", dont elle ne sait pas encore que trois autres sont à venir. On ne connaîtra rien des répercussions de cette période sur sa vie, juste qu'elle en a été assez marquée pour inscrire le conflit au cœur de son ouvrage.

Eugénie Rigaud
le marquoir d'Eugénie mesure 53 cm de large sur 44 cm de haut

Mais comme c'est une petite fille de onze ans, elle utilise des couleurs gaies et claquantes -le rouge, le vert épinard- et elle brode des fleurs et des oiseaux pour accompagner l'exercice imposé des lettres.

Son ouvrage est strictement encadré par quatre frises, simples et identiques, ponctuées à chaque angle d'une étoile à huit branches. La même frise toute simple est réutilisée horizontalement, à trois reprises, pour terminer les lignes de texte incomplètes.

2ème alphabet

On peut imaginer qu'elle a commencé son travail par le deuxième alphabet de sa toile, le modèle simple et traditionnel de l'apprentissage scolaire, accompagné de sa série de chiffres. Il est probable qu'elle ne s'est attelée qu'ensuite à celui du dessus, constitué de belles rondes qu'il faut négocier avec bien plus d'attention. Peut-être l'aura-t-elle brodé directement à partir d'un livret de marque, peut-être aussi l'aura-t-elle copié du marquoir de sa grande sœur Charlotte, son aînée de six ans.

1er alphabet

Il n'est pas si courant de trouver autant d'informations réunies en un seul ouvrage, à commencer par l'identité de la petite brodeuse -prénom et nom- puis son âge. Il est situé dans le temps de deux manières : classiquement, par l'année, mais aussi une seconde fois par ce qu'elle représente dans l'histoire, et c'est donc cette "année de guerre (1914-1915)". Puis il est localisé sans équivoque, avec le département ajouté au nom du village, comme une précision indispensable.

localisation et nom

C'est au bout du compte par ce luxe de renseignements qu'Eugénie s'approprie fortement son marquoir et le revendique avec fierté.

Maintenant que le devoir est accompli et les textes brodés, elle peut agrémenter la place qui reste sur sa toile avec un peu de fantaisie. Elle en profite pour remplir chaque espace libre, à commencer par le bateau, symbole peut-être de ses rêves de grands voyages. Là encore, Eugénie enfonce le clou, comme pour éviter toute confusion : elle brode son bateau, mais elle prend le soin également d'écrire le mot en légende.

bateau

Puis des fleurs, puis des oiseaux, puis à nouveau de petits morceaux de frises pour combler chaque espace qui pourrait rester disponible. Et encore assez de symboles religieux pour penser que son marquoir n'a probablement pas été brodé dans le cadre de l'école publique, en tout cas pas en totalité : peut-être à l'ouvroir proposé par les soeurs aux fillettes du village ou, tout simplement, guidée pour le compléter par une maman très pieuse... En tout cas, il y a là les initiales mariales symétriquement répétées, comme les oiseaux et le vase fleuri, autour du sacré-coeur entouré d'une couronne de feuilles.

symboles religieux

Finalement, comme un point d'orgue, Eugénie clôt son travail par le mot "Souvenir" qu'on retrouve sur tant de vieux marquoirs et qui joue sa petite musique voilée de nostalgie : je me souviens de ceux qui sont au loin, je me souviens de ceux qui ne sont plus là, je me souviens des jours heureux, avant que le tocsin ne gronde...

souvenir

Eugénie, un siècle après, nous nous souviendrons de la petite Provençale insouciante, trop tôt confrontée à un monde qui ne tourne pas toujours comme il faudrait, de l'enfant appliquée qui donne à voir tant de choses sous l'accumulation de ses petites croix et du souffle de l'histoire qui passe à travers une simple toile brodée en rouge et vert, miraculeusement parvenue jusqu'à nous.

naissance Eugénie Rigaud
Source : Archives départementales du Var

Si vous avez aimé le marquoir d'Eugénie, peut-être aurez-vous envie de le broder ? Je n'ai pas encore pris le temps de le mettre en diagramme, mais si ça vous intéresse, je le ferai rapidement pour le distribuer aux abonnées aux billets du blog.

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09 avril 2014

Déclenchements

Adolescente dans les années 70, je n'ai pas l'impression d'avoir tellement subi l'anathème que la période post-mai 68 a, parait-il, fait peser sur les travaux dits féminins. Car dans la tribu baba-cool que je m'étais choisie (longs jupons de dentelle, pieds nus et projet de vie autour de la bergerie… ben quoi, tout le monde s'est bien cherché un jour ou l'autre, non?), le "faire soi-même" était par essence valorisé. Il est vrai, plutôt tissage, teinture et macramé que tricot et broderie (ça, c'était quand même la loose...).

Et puis, ma maman était couturière.

Et puis, au collège, on nous inculquait toujours des rudiments de couture (enfin… aux filles, faut pas pousser, non plus).

Et puis, depuis 1972, 100 Idées était passé par là. J'ai toujours à portée de main la collection complète. Oui ! les 180 numéros... 179 pour être exacte, à mon grand désespoir le numéro 1 a disparu... C'est ma madeleine à moi, j'en reparlerai un jour certainement ;-)

Cependant, le point compté cousinait encore dangereusement avec la tapisserie. La seule planche de salut, pour échapper aux naïades langoureusement étendues sur des plages au soleil couchant, c'était justement les modèles vaguement folkloriques de 100 Idées.

100 Idées n°38
Le numéro 38 de décembre 1976 - "Le point de croix : un  art universel"
tout un programme...

Quelques années plus tard, au début des années 80, je ne connaissais encore dans le monde du point de croix que le magasin de Laurence Roque, rue Saint-Martin à Paris. Coup de chance pour moi, je me faisais les dents sur mon premier boulot à moins de 200 mètres de là ;-)

Mais enfin… tadam… sont arrivées Régine Deforges et Geneviève Dormann, avec leur Livre du point de croix paru à l'automne 1986, assez opportunément pour se trouver sous le sapin cette année-là. C'est amusant de penser qu'avec leurs Sajou et vieux modèles de Berlin, elles ont tout à coup fait souffler un vent de fraîcheur sur les travaux d'aiguilles. Ça avait quand même de l'allure, leur débarquement chez Pivot un ouvrage à la main, en grandes filles n'ayant rien à prouver … mais avec un petit air de provocation qui ne demandait rien à personne ;-)

Apostrophe - 3 octobre 1986
Apostrophe du 3 octobre 1986 - Source ina

Un seul livre ! Imaginez-vous ce qu'on peut faire avec un seul livre ? Pas d'internet, pas de fiches dans tous les bacs, pas de salon tous les week-ends de l'année (pas de salon du tout, d'ailleurs), pas de "créatrice" autoproclamée à chaque coin de rue… Un seul livre ! Le mien a bien vécu, il est tout corné, tout crayonné, mais il a suffi à mon bonheur de brodeuse pendant des années.

Le_livre_du_point_de_croix

J'en ai refait à l'identique des abécédaires entiers, comme celui-ci

Andrée Gilles

et tant d'autres dont je ne sais ce qu'ils sont devenus, offerts le plus souvent, enfouis au fond d'un carton de déménagement jamais défait pour certains. A chaque page que je tourne, je me dis : Oh ! celui-là, je l'ai fait, et celui-là aussi, où sont-ils…

Marquoirs_faits

A peine un an plus tard, avant même que nous n'ayons pu épuiser le premier, les deux dames ont eu la bonne idée de nous proposer un second opus pour entretenir notre motivation.

Marquoirs

Et c'était reparti pour un tour ! Je me souviens notamment de cet alphabet-là, brodé pour mon parigot de père il y a des lustres et toujours à son mur aujourd'hui.

Paris

Cependant le plus extraordinaire, ce ne sont pas ces marquoirs refaits tels quels, ce à quoi les deux bouquins ne nous encourageaient pas tant que ça, finalement. En revanche, à nous de jouer avec tous ces alphabets, motifs et frises défilant au fil des pages, à nous de les assembler à notre idée.

_l_ments_du_marquoir_1988

Mais oui, c'était un jeu, et ce n'était pas compliqué après tout puisque tant de fillettes l'avaient fait avant nous ! Voilà ce qui semblait tout naturel aux auteures et qui, par conséquent, nous semblait tout naturel à nous aussi.

corbeille_de_fruits

Je me suis fatiguée de bien d'autres broderies, mais mes vieux coucous, je les aime encore d'amour, je ne me lasse pas de les avoir au mur. Ils me racontent une histoire, ils représentent tout ce que Régine a fait pour moi : me faire entrer dans la tête qu'une aiguille à la main, je n'avais pas de limite, que je pouvais tout faire. Je suis sure que l'insolente rit encore d'avoir réussi son coup et converti toute une génération à cette religion-là.

Angeline

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05 avril 2014

Au petit bonheur la chance

Là, tout de suite, je n'ai pas encore trouvé par quel moyen je vais bien pouvoir vous faire partager le bonheur ressenti hier soir. Car rien ne me paraît pouvoir être à la hauteur de la magie qui a pris place entre les quatre murs de la Grande Orangerie. C'est bien du tralala pour une simple exposition de point de croix, me direz-vous ? C'est que vous n'avez jamais vu une exposition du PCB, c'est que vous n'avez pas encore vu celle-là !

Oui, décidément, il y a de la magie dans cette affaire-là. Comment font-elles donc, ces PCBelles (© Madame la Présidente ;-) pour se réinventer à chaque fois tout en restant dans le droit fil de leur inspiration, pour être toujours les mêmes en nous offrant malgré tout un spectacle complètement nouveau ?

paravent
la pièce maîtresse de l'exposition :
le paravent brodé par le club pour ses vingt ans

livret
Une toute petite partie de l'étourdissant livret
"Au petit bonheur la chance..."

rouge
On ne va pas se priver des rouges, quand même,>)))

grotte
Impossible de saisir en photos la magie de la grotte de verdure...
mais vous pourrez toujours y faire une petite prière au Dieu des brodeuses
qui leur inspire de si jolies idées !

chaises
Partout de l'humour et un joyeux bazar

Je suis dépitée de mes photos si réductrices... il ne vous reste plus qu'à faire le déplacement, comme les amies italiennes, les amies belges, les amies suisses, les amies du fin fond de la France qui, dès hier, ont parcouru tout ce chemin pour ne rien rater et être là au premier jour de l'exposition !

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03 avril 2014

Demain...

Demain, nous pousserons la porte sur le monde enchanté du Point de Croix Bourguignon, nous découvrirons tout un univers renouvelé et surprenant comme à chaque édition de leur belle exposition, nous ressortirons de l'Orangerie submergées par l'envie de broder et pressées de prendre notre aiguille.

Affiche_PCB_2014

Demain nous pourrons enfin feuilleter le livret mitonné pour nous par ces brodeuses et collectionneuses passionnées. Je ne suis pas dans le secret des déesses, mais mon petit doigt, bien mieux informé que moi, me susurre qu'il est à tomber et rempli de tout ce que nous aimons !

Livret PCB

Pour les plus chanceuses, plus qu'un dodo ;-) Pour patienter jusque là, vous pouvez revoir la rétrospective des années passées dans ce billet.

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26 mars 2014

Le fauteuil de Babeth

Celles d'entre vous qui ont pu faire le déplacement à Dijon le connaissent déjà, car il a été présenté au Musée de la Vie Bourguignonne en 2006 et à l'exposition du Point de Croix Bourguignon en 2010. J'imagine cependant qu'elles seront contentes de le revoir en détail. Et pour les autres, j'avais envie de vous faire découvrir le fauteuil brodé par Babeth à l'occasion du concours interne au club organisé en 2005 et dont le thème était "repose-cul". Oui, à l'époque nous n'avions pas trouvé de meilleur mot pour résumer notre idée : n'importe quoi qui permette de poser notre distingué postérieur de brodeuse, que ce soit une galette de chaise, un coussin, un transat, ou donc un fauteuil comme celui-ci.

Inutile de vous dire que l'exercice a suscité une grande diversité de propositions. Babeth ne s'est pas dégonflée, en partant carrément sur le réhabillage d'un Voltaire familial, dont elle entendait faire un hommage aux femmes qui l'ont précédée.

accoudoir droit

accoudoir gauche

Ainsi qu'elle le dit, "toutes ces femmes ont existé, toutes les situations sont vraies, mais se sont-elles vraiment toutes assises dans ce fauteuil ? Ça, je l'ai imaginé". Au final, elle y a brodé ce qui constitue pour elle la mythologie familiale, telle que ses souvenirs de petite fille la lui restituent aujourd'hui.

Et ça a donné cette merveille...

 

fauteuil

dossier

assise

d_tail1

d_tail2

Ce n'est pas un hasard si je parle de ce fauteuil aujourd'hui. Car j'ai été touchée par l'idée de Babeth et j'ai toujours eu envie de la lui voler. J'ai mis ça de côté pendant plus de dix ans, avant de l'utiliser comme fil conducteur pour l'ouvrage que je viens de terminer. Comme j'aurai l'occasion de vous le montrer d'ici peu, il fallait commencer aujourd'hui par mes sources d'inspiration ;-)

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06 mars 2014

Fils DMC : petit résumé

Comme promis dans le billet de dimanche qui partait un peu dans tous les sens, voilà donc un récapitulatif de la manière dont j'utilise mes fils DMC pour le point compté, en fonction des différentes toiles et du type de broderie que je réalise dessus.

fils_DMC

Je prends la précaution de le redire, c'est vraiment à titre d'exemple. J'ai par exemple des amies qui préfèrent broder sur la toile 16 fils en utilisant un seul brin de mouliné pour un résultat plus subtil, et qui réalisent bien sûr des ouvrages à tomber. Et puis de toute manière, ça ne vaut que pour ma pratique très classique de la broderie ;-)

L'intérêt en réalité, c'est davantage de penser aux qualités habituellement moins utilisées pour le point compté, comme le Broder Spécial et le Broder Machine.

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02 mars 2014

Broder en DMC

(billet très/trop long mais avec déclaration d'amour à l'intérieur)

Je suis une utilisatrice heureuse des fils DMC... et rien que des fils DMC classiques. Je l'avoue presque à voix basse, car je crois bien ne pas être du tout représentative de la population brodeuse sur ce coup-là : je ne suis pas tellement tentée par l'exploration des jolis fils nuancés ou texturés qui fleurissent sur le marché mais qui ne correspondent pas à ma manière de broder. C'est un avis hautement personnel et qui ne vaut que pour moi, on est bien d'accord ! Je comprends qu'on se régale avec ce genre de produits, simplement ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai juste fait une incursion du côté de la soie quand nous avons reçu une superbe donation de soies d'Alger du XIXème siècle dont j'aurai l'occasion de reparler. Sinon, je suis parfaitement monomaniaque... DMC, DMC, DMC ;-)

casier DMC

Il y a dans cette habitude un petit peu de train-train de vieille brodeuse (oui, il fut une époque ou même les fils Anchor n'avaient pas pénétré le marché français !) mais également, me semble-t-il, un certain nombre de raisons objectives.

Grand teint

Pour commencer peut-être par la moins déterminante (encore que...), j'apprécie la relative bonne tenue des couleurs dans le temps. Sur l'étiquette on trouve la mention "grand teint" ou plus récemment le pictogramme du lavage à 95°. Pour le moment effectivement (je touche du bois…) même à température élevée, je n'ai pas eu de mauvaise expérience. Corollaire appréciable : les fils ne s'évanouissent pas de peur à l'approche du fer vapeur ou de la patte-mouille. De toute manière, une chose est certaine en ce qui me concerne : inenvisageable de ne pas pouvoir laver mes ouvrages après les avoir terminés !

étiquettes grand teint

A chaque situation, son fil

Mais la raison essentielle de mon addiction tient à l'usage que je fais de mes fils à broder. DMC propose en effet différentes qualité de fils qui permettent de s'adapter au type de travail et au titrage du tissu sur lequel il est exécuté. Comme je pense que certaines d'entre elles sont injustement méconnues, je vais essayer de vous expliquer à quoi je les utilise.

mouliné

• le Mouliné Spécial : celui-là est suffisamment célèbre pas besoin de vous faire un dessin. Pour ma part, je l'utilise avec deux brins dans l'aiguille sur deux fils de la toile, jusque sur la 16 fils, parce que j'aime la broderie très saturée. Là encore, c'est éminemment subjectif ! Je passe à un seul fil dans l'aiguille pour broder sur du lin 19 fils ou bien sur des toiles anciennes un peu récalcitrantes.

En revanche, pour faire ma croix seulement sur un fil de la toile, le mouliné me convient uniquement jusqu'à la toile 12 fils. Ensuite il est trop épais, la broderie "bourre" et je perds la netteté du motif. Mais dans ce cas, je suis sauvée par...

broder machine

• le Broder Machine : c'est un fil de coton présenté en bobine et, comme son nom l'indique, préconisé pour la broderie à la machine. Je l'utilise à la main : le Broder Machine n°50 est parfait pour faire une croix sur un seul fil d'une toile 14 ou 16 fils. Sur de la 12 ou de la 14, j'utilise également le Broder Machine n°30.

présentoir louis dor

A signaler : dans les stocks de fils anciens, on trouve facilement des bobines qui sont en fait d'anciennes versions du Broder Machine, et en tout cas tout à fait équivalentes dans l'utilisation. C'est en chinant ces vieux fils que je me suis constitué un assortiment relativement diversifié à très petits prix.

broder spécial

• le Broder Spécial : mon chouchou ! C'est par excellence le fil de la broderie au plumetis. C'est un fil non divisible qui existe en plusieurs titrages, limités maintenant au 30. Dans le temps, DMC le fabriquait en beaucoup plus fin, j'en ai même en 150 qui fait quasiment concurrence au fil à gant. Et oui… c'était à une époque où l'on brodait encore des voiles délicats pour en faire les mouchoirs des mariées !

mouchoir de mariée

En tout cas les brodeuses sur blanc pleurent les titrages 60 à 90… heureusement, nos fonds de placard nous sauvent la mise ;-)

broder spécial 60 70 90

Le titrage de Broder Spécial proposant aujourd'hui le plus grand choix de nuances est le 25 et ça tombe bien : c'est celui qui correspond, en un seul fil, à une épaisseur d'environ deux brins de mouliné. L'intérêt ? Il est énorme et vous le comprendrez vite si vous brodez notamment des points dits spéciaux. Broder un point d'épine ou un point d'araignée, c'est du gâteau avec un brin unique, c'est difficile d'obtenir un résultat aussi net quand on doit en gérer deux. D'ailleurs maintenant, je l'utilise systématiquement à la place du Mouliné même pour le point de croix dès que je peux : j'obtiens un point bien rond et bien gonflé qui correspond tout à fait à ce que j'aime.

Des nuanciers cohérents

La beauté de l'affaire, c'est que les nuanciers des différentes qualités sont calés les uns sur les autres. Si vous voulez broder en 321 (au hasard ;-) vous retrouverez sous cette numérotation la même couleur, que vous preniez du Mouliné, du Broder Spécial ou du Broder Machine.

Donc en gros, voilà comment je m'organise : j'ai la totalité de la gamme en Mouliné (enfin, telle qu'elle se présentait il y a une quinzaine d'années, quand j'ai brodé mon cartable-nuancier, je ne me suis pas mise à jour depuis). Donc quand je veux broder "en couleurs", j'en passe obligatoirement par le Mouliné car il n'était pas envisageable pour moi de me constituer la gamme complète dans les autres qualités.

boite mercerie

Mais comme je brode assez souvent en rouge (quel scoop ;-) et couleurs "cousines", écru, taupe, une touche de bleu … j'ai une réserve de ces couleurs-là en Broder Spécial et en Broder Machine, ce qui me permet de broder sur ma Permin 16 fils (c'est quasiment la seule toile moderne que j'utilise, là aussi je suis monomaniaque) à la fois en deux fils, en un fil, en point de croix et en points spéciaux. Et oui, ça m'arrive souvent d'être dans ce cas, surtout avec mes chères bandes de couture…

bande marie arnal

Alors oui, c'était long ;-) mais j'espère vous avoir ouvert quelques pistes de réflexion et donné l'envie de tester des fils que vous connaissez moins. J'ai la sensation d'avoir été un peu brouillon quand même, je vais préparer un petit récapitulatif...

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23 février 2014

Le cadeau d'Annie

Je me suis remise à broder, ce que j'avais un peu perdu de vue ces temps-ci et surtout, c'est un plaisir que je retrouve. Mais comme je me suis attaquée à un ouvrage qui va me prendre encore un peu de temps, je n'ai rien à montrer pour le moment.

J'ai quand même bien envie de m'accorder avec mon humeur du jour et de parler de point de croix. Je vous avais déjà présenté dans ce billet le cadeau offert par Michèle la dernière fois que nos amies de Sigean sont passées à Dijon, voici maintenant celui qu'Annie a fabriqué pour nous : un coussinet qui exprime, dans sa sobriété, tout le sens que nous mettons dans nos petites croix, et le lien avec les écolières du temps passé. Et ce dont vous ne pouvez profiter, c'est sa délicieuse odeur de lavande qui nous ramène aux trousseaux bien rangés dans des armoires ombreuses.

coussinets Annie

C'est un diagramme qu'Annie avait donné au Marquoir, il y a bien des années. Pour toutes celles d'entre vous qui ne le connaissent pas, elle m'a gentiment proposé de le mettre à disposition ici. Il vous suffit donc de cliquer sur la vignette qui suit pour le récupérer. Merci Annie !

coussinet Annie vignette

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02 février 2014

Bye bye janvier

Voici donc venu le mois de février, qui marque la fin des belles surprises trouvées soir après soir dans la boîte aux lettres. J'ai fait une bien jolie récolte faite maison, cette année encore, et mon panier est rempli d'idées à reprendre.

Voeux 1

 Les heureux présages brodés de Lyne, les petits points ultra fins de Marcelle et la jolie boule de Noël d'Yvonne.

Voeux 2

Le calendrier mutin de Michèle et celui de Sandra, si bellement brodé et monté.

Voeux 4

La carte d'Angela, aussi belle à l'endroit, brodé d'une des couronnes dont les modèles sont dans ce billet, qu'à l'envers, avec sa calligraphie virtuose. Angela, tu viens de me donner une idée pour exploiter ces couronnes fleuries sur un ouvrage en cours... dont je ne peux pas parler pour le moment,>)))

Voeux 3

La carte primitive de ma Babeth, dans les subtiles tonalités que je rêve d'exploiter, et la la carte brodée d'Annie, d'une pureté qui va droit à l'essentiel.

Voeux_5

Les étoiles musicales de Marie-Christine, les envolées de papier d'Isabelle et les médaillons argentés de Katie.

Voeux_6

Le sapin de Martine, les doux collages de Pascale et le Pecq en dentelles de Véronique.

Voeux_8

Les candy canes de Niky, le marque-page gracieusement fifillede Mimi.et la boîte brodée de Marie-Thérèse, aussitôt adoptée pour ranger mes épingles.

Voeux 7

Les hirondelles musiciennes de Maryvonne et l'ouvrage comme toujours plein de sens de Catherine, inspiré cette année par les aborigènes d'Australie.

Voeux 9

Les échantillons de galons de Christine, le beau travail de dentelle de Chantal et le pique-aiguilles kitsch de Yuko.

Voeux 10

L'alphabet découpé de Michèle et la douce broche en feutrine de Josette.

Et puis mes collections aussi ont été gâtées et se sont agrandies en ce début d'année : j'aurai l'occasion de vous montrer plus en détail la boîte pour machine à coudre que je cherchais depuis longtemps, dégottée pour moi par Élisa, le moule à springerle de Sylvie ou encore les cartes à fil anciennes de Maryvonne.

Vous toutes qui avez consacré de votre temps pour que mon année soit douce, amies dans la vraie vie ou lectrices du blog que j'espère bien rencontrer un jour, vous avez touché mon coeur, merci !

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30 janvier 2014

Vingt ans… le bel âge !

Qu'est-ce qui a lieu tous les quatre ans, vous submerge d'inspiration et que vous regretterez amèrement d'avoir raté si vous ne faites pas le déplacement ? Ne cherchez pas, bien sûr c'est l'exposition du PCB ;-)

Affiche_PCB_2014

Les PCBettes viennent de dévoiler leur affiche qui, une fois encore, nous met l'eau à la bouche et nous laisse entrevoir des merveilles. Deux mois d'attente avant de pouvoir découvrir les surprises qu'elles nous auront préparées pour leur vingtième anniversaire… Pour elles, qui  sont dans la dernière ligne droite, je me doute bien que le temps doit courir trop vite, mais pour nous, ça sera deux mois à trépigner avant de pouvoir ouvrir la porte sur leur bel univers.

Vous pourrez suivre la préparation de l'exposition sur le site du PCB, mais aussi sur Facebook où le club vient de créer un événement.

Et si vous n'êtes pas suffisamment convaincues, voici un petit florilège des précédentes expositions de ce club hors normes… pour lequel j'ai une tendresse toute particulière ;-)

PCB_2010_1

PCB_2010_2

PCB_2010_3

Je suis furieuse contre moi et mon b...azar, impossible de remettre la main sur mes photos de l'Orangerie en 2006, mais... Véro était là, merci, la belle ! Vous pouvez donc aller (re)voir cette champêtre exposition ici : l'intro, acte I, acte II, acte III et acte IV.

PCB_2002_1

PCB_2002_2

PCB 2002-3

Alors, rendez-vous en avril à Dijon?

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