10 septembre 2017

Fournitures scolaires

Ça y est, les courses sont terminées ? Vous avez enfin trouvé les cahiers qui croisent le bon format, la bonne couleur, la bonne reliure, la bonne taille de carreaux ? Bravo ! Moi je me suis simplifié la vie en achetant sur catalogue, chez Gallica qui est définitivement mon magasin en ligne favori. J'ai profité de la rentrée pour farfouiller dans les catalogues de mobilier scolaire qui se sont, par hasard, ouverts à la page des cours de couture :-)

Catalogues

On y trouve d'abord les fournitures classiques, celles qui sont indispensables à qui veut tirer l'aiguille un peu sérieusement, serait-ce en dehors de l'école : le nécessaire scolaire, généreusement garni par DMC. Il n'y manque rien, pas même le Rouge du Rhin.

Nécessaire

Les mannequins, parmi lesquels j'ai tout de suite remarqué le buste "poupée modèle" jupe longue, introuvable... j'en rêve !

Mannequins

La machine à coudre, ou plus exactement la new machine, type américain, pour se donner un petit air moderne.

Machine à coudre

Mais ce qui est original et particulièrement intéressant dans ces catalogues, c'est le matériel pédagogique dédié spécifiquement à la transmission du savoir, à commencer par ce métier de démonstration "qui éloignera les ennuis que cause la couture aux débutantes" :

Métier modèle

Le compendium (joli mot, nouveau pour moi, qui signifie abrégé) est particulièrement ingénieux mais il semble un peu tortueux à utiliser. C'est peut-être la raison pour laquelle il n'est pas passé à la postérité ? Il est composé d'un système de pitons et de tringles mobiles qui permettent de délimiter l'ouvrage à réaliser en grand.

Le compendium du professeur sert à la démonstration, le compendium de l'élève "peut tout aussi bien se placer dans la gibecière du petit garçon que dans le carton de la petite fille".

Compendium

Madame Cocheris, que nous connaissons bien pour ses manuels, est fort préoccupée de "l'état languissant de l'enseignement de la couture dans les écoles primaires" et se propose d'arranger ça avec ce tableau synoptique qui présente vingt-deux exercices différents. Encore une petite chose que j'aimerais bien trouver en brocante !

Tableau synoptique

Et ces cahiers de tissu aussi, j'aimerais leur mettre la main dessus : trente cahiers "contenant dessins et croquis imprimés en couleur, réunis dans une boîte"

Cahiers de tissu

Et pour finir en beauté, voici le fixe-étoffe qui cherche "à remédier aux graves inconvénients que présente pour les jeunes filles l'étude de la couture".

Fixe-étoffe

On ne va pas chipoter, Madame Gallica, parce que ce sont déjà des trésors de documentation que vous mettez à notre disposition ! Mais... on rêve de voir un jour ces catalogues dans une numérisation d'une meilleure qualité :-)

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20 août 2017

Les anonymes de l'été #6

Une fois de plus, l'anonyme d'aujourd'hui témoigne de l'application et du goût d'une jeune fille dans son apprentissage des travaux d'aiguilles. Il est raffiné, comme en témoigne sa couverture finement peinte sur du satin noir. Mais il est loin d'être un catalogue d'échantillons parfaits, certains exercices sont même presque maladroits. C'est un véritable cahier d'aprendtissage et non pas une démonstration de virtuosité, comme peuvent l'être certains recueils.

Cahier AD

Il est présenté sous la forme d'un long accordéon de papier kaki qui se replie pour former les pages. Mademoiselle DA a fixé ses exercices au recto et au verso de cette ribambelle. Chaque page est titrée, chaque échantillon est annoté par la technique mise en oeuvre.

Rien n'y manque ; il y a toutes sortes de broderies, au point de croix, au plumetis, sur filet... Il y a de la couture, des reprises, du tricot et du crochet, rien n'y manque ! Je vous souhaite une bonne balade parmi les pages de ce cahier :-)

Cahier AD 1

Cahier AD 1 détail

Cahier AD 2

Cahier AD 3

Cahier AD 3 détail

Cahier AD 4

Cahier AD 4 détail

Cahier AD 5

Cahier AD 6

Cahier AD 6 détail

Cahier AD 7

Cahier AD 8

Cahier AD 9

Je vous rappelle que vous pouvez agrandir chacune de mes images pour les regarder plus en détail. Je vous conseille de les ouvrir dans un nouvel onglet pour en profiter pleinement (il suffit de les cliquer avec la molette de la souris) car le système d'agrandissement de Canalblog par le clic gauche n'est pas du tout performant.

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16 juillet 2017

Les anonymes de l'été #1

J'entame aujourd'hui une mini-série pour l'été : il n'y aura peut-être pas d'amour (quoi que, allez savoir...) ni de suspens, mais tout de même un peu de mystère. Car ça fait longtemps que je veux vous montrer des ouvrages sur lesquels je manque d'informations, soit qu'ils ne comportent aucun élément d'identification, soit que ceux qui nous sont laissés sont insuffisants pour deviner qui est la brodeuse.

C'est le cas par exemple pour la petite Albertine. Elle a pourtant noté son nom et son prénom sur la couverture de son cahier mais, à défaut de localisation, ils sont l'un et l'autre trop communs pour nous permettre de savoir qui elle était et dévoiler davantage de son histoire.

1 couverture

Son travail n'en mérite pas moins d'être admiré pour ce qu'elle a mis de virtuosité à le réaliser et de goût à le disposer. Son cahier présente avec finesse un devoir par trimestre puis une chemise taillée pour une poupée qui constitue le chef-d'oeuvre de l'année scolaire. Il contient également deux feuilles volantes pour des compositions probablement réalisées en classe, sous l'oeil de la maîtresse de couture et dans un temps imparti.

2 tricot

3 couture

4 reprises

5 chemise

Tant de méticulosité apportée à son travail a trouvé sa récompense. Car je veux croire que les devoirs étant notés sur 20 et les compositions sur 10, elle a obtenu pour chaque épreuve le maximum ;-) Franchement, c'est mérité, vous ne trouvez pas ?

6 compositions

7 étiquette

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25 juin 2017

À quoi rêvent les couturières ?

C'est le jour où je me laisse aller à une confidence : je suis plongée en ce moment dans la correspondance quasiment quotidienne qu'ont échangée mes parents avant leur mariage. Pendant deux ans, mon père a été éloigné par ses obligations militaires, d'abord en Allemagne, puis à Saumur, puis en Algérie. Ce qui est resté de cette correspondance, en réalité, ce  sont très majoritairement les lettres écrites par mon père ; car ses tribulations ne lui ont permis de sauver qu'une infime partie de celles de ma mère.

Correspondance

Je lis tout de même ce qu'elle lui raconte, en creux, dans les réponses qu'il lui fait : ici il imagine sa vie de tous les jours à l'atelier de couture où elle travaillait alors ; là il la supplie de ne pas veiller trop tard sur les incrustations de dentelles qu'elle doit faire à la robe de Madame Tardy ; ou encore il lui demande si le long travail de ouatinage qu'elle a réalisé sur la doublure de son loden valait sa peine pour la protéger du froid.

Je ne peux m'empêcher de penser aux cartes postales nunuches du début de ce siècle-là, quand on n'imaginait pour les jeunes filles aucun autre avenir enviable que le mariage. Des décennies plus tard, alors que les mentalités commençaient sur ce point à peine à évoluer, ma mère assumait depuis des années une vie de célibataire convaincue. Pourtant, le hasard d'une rencontre et les circonstances d'une absence ont bien dû la porter parfois aux mêmes rêveries, lors des soirées de travail où elle luttait contre le sommeil pour finir la tenue d'une cliente privée...

Rêves de couturières

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04 juin 2017

Le prochain chantier

Celui-là je l'ai dans un coin de ma tête depuis longtemps ; et puis arrive le jour où tout se met en place. Certainement pour oublier une de mes sottises de jeunesse, j'avais relégué à la cave le mannequin sur lequel ma mère avait ajusté ses premiers patrons à l'école de couture. Ça nous replace tout de même au tout début des années 50.

Quand je l'avais récupéré du grenier de la maison familiale, j'avais jugé bien peu gracieuses les quelques tâches d'humidité qui touchaient (à peine…) sa toile. Ce à quoi j'avais trouvé la solution ultime, en accord avec mes aspirations hippies du moment : tout badigeonner d'un improbable rose tiryen, censé effacer ces quelques misères.

Mannequin

Ah bah oui… j'émergeais à peine de l'adolescence et je ne reculais devant aucun sacrilège ;-) Quelques années et une prise de conscience plus tard, je m'étais empressée de dissimuler cette honte hors de ma vue. Cependant, le mannequin m'a suivie lors de chacun de mes déménagements et une toute petite épine m'est restée plantée au cœur, suffisamment incommodante pour ne pas se laisser oublier.

Je savais bien qu'il faudrait que je répare… Et puis la semaine dernière, lors de jolies puces de couturières à Saint-Ours, je suis tombée sur un vieux coupon de lin qui m'a paru idéal : fin, dense et souple, suffisamment de qualités pour que je puisse espérer le voir se prêter à l'habillage de mon buste.

Coupon mannequin

Donc… y'a plus qu'à ? Patronner, tracer, couper, faufiler, ajuster, reprendre, ajuster encore, coudre, triompher et m'accorder enfin, à moi-même personnellement, l'absolution de mon péché !

En attendant, une fois n'est pas coutume, je relaie ici mes trouvailles de brocante pour celles qui ne suivent pas mon compte Facebook. Le temps d'une courte semaine en Auvergne, j'ai retrouvé le plaisir de la chine, où l'on met la main sur des trésors pour quelques pièces : un corsage de mamie en finette bleu-gris, les napperons ronds au crochet que j'accumule pour yarn-bomber le pilier de mon balcon, un joli nécessaire de demoiselle en os, des vieilles cartes de fil, un touchant travail d'écolière, des petites marquettes auvergnates, une seringue à décorer (pourquoi, mais pourquoi ???), des boutons de nacre taillée, de jais et de verre soigneusement triés dans un stock…

Chine Saint-Ours

J'ai de quoi bricoler, de quoi partir dans de nouvelles recherches, de quoi compléter une corbeille de mercerie… et de quoi m'interroger sur mes coupables penchants à craquer pour des objets improbables sous le fallacieux prétexte que ça coûte moins que trois fois rien !

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20 avril 2017

Directement sur la bête

C'est à Silver Spring, dans le Maryland, en juin 1943… C'est n'importe où dans le monde, n'importe quand depuis qu'on a inventé l'aiguille et le bouton ;-)

Photo Ann RosenerPhoto Ann Rosener – Source : bibliothèque du Congrès

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06 avril 2017

Le Théâtre du Soleil

Les archives, c'est aussi ça ! Le département des Arts du spectacle de la BnF, qui conserve les archives du Théâtre du Soleil, vient de tester une nouvelle approche de la numérisation pour nous permettre de visualiser les costumes conservés dans ce fonds. Ce sont parfois jusqu'à une vingtaine de photos qui nous font voyager autour de chaque tenue, avec le remarquable niveau de détail propre à l'offre Gallica.

Jean de Gandcostume de Jean de Gand, cycle Shakespeare - source : Gallica

Prince de Gallescostume du Prince de Galles, cycle Shakespeare - source : Gallica

Richard IIcostume de Richard II, cycle Shakespeare - source Gallica

Yeshecostume de Yeshe, Et soudain des nuits d'éveil - source Gallica

La démarche d'élaboration du costume est atypique et propre à la troupe du Soleil. Nathalie Bouvet, une des créatrices de ces costumes, évoque sur le blog de Gallica  le travail collectif auquel sont associés les comédiens. Il ne trouve souvent son aboutissement qu'à l'issue des répétitions. Nathalie Thomas, responsable des costumes, le confirme dans un entretien publié sur le site du Théâtre du Soleil : "Il y a une interaction permanente entre Ariane Mnouchkine, les comédiens et moi".

Vous pourrez admirer dans leurs moindres détails tous les costumes qui ont pour le moment bénéficié de cette nouvelle technique de numérisation en accédant à ce résultat de recherche sur Gallica.

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02 avril 2017

Vilhelm Hammershøi

En 1888, Vilhelm Hammershøi vit sa Jeune fille cousant refusée à l'exposition de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague ; peut-être osait-il un dépouillement trop peu conforme aux canons de cette fin de XIXème siècle.

Hammershøi - Jeune fille cousant
Vilhelm Hammershøi
Jeune fille cousant Ordrupgaard

Aujourd'hui, je fais mon miel de cette simplicité presque hypnotique et de la sensation de solitude sereine suggérée par le dépouillement des formes. Les grisailles sourdes de sa toile m'entraînent loin sur un chemin d'austérité exigeante qui laisse toute sa place au rêve.

J'ai mis sur la pile des prochaines lectures le bouquin de Delherm, Intérieur ; je suis curieuse d'entrer par son regard dans l'univers de ce peintre qui travailla en ignorant les courants de son époque. En cliquant sur l'image qui suit, vous pourrez écouter ce qu'en dit Olivier Barrot dans sa chronique Un livre, un jour de février 2001.

Un livre un jour

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25 décembre 2016

Noël 1916

Pour sa cadette, une maman soucieuse de la voir s'intéresser un peu plus aux travaux d'aiguilles ?

Pour son papa au front, une fillette inquiète qu'il ait le nécessaire pour les petites réparations ?

Pour sa petite sœur, une aînée voulant lui rendre plus joyeuse la leçon de couture ?

Pour sa  maman, une petite fille fière de lui montrer ses progrès en broderie ?

Trousse Noël 1916

La main qui a brodé cette pochette, l'intention qui a accompagné l'offrande resteront à jamais un mystère. Il suffit de savoir qu'il y a un siècle, une brodeuse a saupoudré du vert tendre et du jaune soleil sur une période bien sombre, comme un rempart dérisoire contre un avenir désespérément bouché…

Noël 1916

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27 novembre 2016

A l'Aiguille

La boîte est en piteux état, mais l'arc-en ciel qu'elle dévoile est si joli !

A l'Aiguille 1

J'imagine la patience qu'il fallait pour combler les blessures infligées aux vêtements par le quotidien... Sans moi ;-) Quelle chance nous avons que nos belles couleurs nous servent aujourd'hui à raconter des histoires sur la toile et non plus à ce fastidieux travail de reprisage !

A l'Aiguille 3

Une fois de plus, on ne peut qu'admirer le talent déployé par les filateurs pour présenter leurs produits, et c'est particulièrement le cas pour cette fabrique, La Soie. Je peine à rassembler toute la documentation que je voudrais à son sujet mais  elle concevait pas mal d'objets publicitaires élaborés dont je vous montrerai d'autres exemples.

Ici le fabricant met bien en avant la forme mûrement réfléchie de sa carte et considère même qu'elle mérite un mode d'emploi en bonne et due forme. Exactement comme si le seul problème du raccommodage était de dérouler le fil avant de s'y mettre ;-)

A l'Aiguille 2

Curieusement, dans cette boîte destinée aux mercières pour une revente de chaque carte au détail, se sont glissées des intruses. Car elle contient quelques cartes à la forme et aux mentions exactement identiques celles de leurs petites copines, à la seule exception du nom : Au Serpent et non pas A l'Aiguille.

A l'Aiguille 4Petit tour de passe-passe qui démontre probablement qu'on ne se cassait pas trop la tête pour fournir à la clientèle la nouveauté dont elle était friande. Pourquoi travailler sur des produits inédits quand un simple changement de nom fait la farce ? Je trouve que cet exemple s'apparente assez à celui des Petits Parisiens dont je vous parlais dans ce billet.

Mais quoi qu'il en soit, la carte est bien jolie. Et comme il ne faut perdre aucune occasion de déployer ses arguments publicitaires, ils sont repris pour permettre à la couturière, lorsqu'elle l'a défilée entièrement, de ne pas oublier les qualités du fil qu'elle vient d'utiliser, brillant, souple, solide, et encore une fois la qualité première de son support : pratique !

A l'Aiguille 5

Et la carte recèle une autre promesse : chacune est livrée avec sa propre aiguille que la cliente doit exiger. C'est le dernier signe du soin accordé aux moindres détails du packaging. Car l'aiguille est piquée, exactement superposée à sa représentation, sur un petit papier qui sert encore, inlassablement, de support publicitaire.

A l'Aiguille 6Il faudra que je teste ce fil. S'il n'est pas trop cuit, j'utiliserais bien cette boîte à un ouvrage brodé, pourquoi pas, sur le thème de cette fameuse et encore mystérieuse maison, La soie. Sacrilège ?

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