18 décembre 2014

Avent 2014 - 19ème jour

Livré dans ma Bourgogne

Des fils de soie en cocons et sur une fine bobine de buis poli, du point d'esprit sur une incrustation : encore de jolies choses à ajouter à la collection, encore de jolies matières à travailler...

cocons

Livré dans son Languedoc

J'ai crocheté un petit panier à bricoles, qui me faisait bien envie après en avoir vu fleurir un peu partout. Je l'ai réalisé en ficelle de boucher pour une bonne tenue et je suis partie un peu à l'aveuglette, faute d'avoir trouvé le modèle qui me convenait, avec un fond plat à l'arête bien marquée. Mais finalement c'est inratable !

Vide-poches

Si vous aussi voulez crocheter ce petit panier, surveillez la messagerie : la méthode part aujourd'hui vers les abonnées identifiées aux messages du blog.

Vide-poches crocheté - la méthode

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20 juillet 2014

Ce que coûte le fil

Je vous parlais de pépites dans ce billet, en voici une avec cette série de trois cartes postales faisant partie du fonds de la médiathèque de Roubaix et issues de la collection de Monsieur Meegens.

comptes_de_la_m_nag_re

Elles datent probablement de la toute fin de la guerre et retracent, sur le ton de la caricature, l'évolution du panier de la ménagère entre 1914 et 1918. Si je me suis arrêtée sur ces images, c'est qu'il y a, dans la liste des commissions, uniquement des produits alimentaires… à l'exception notable d'une bobine de fil. Avant de devenir l'emblème de DMC au gré des mariages d'entreprises, A la Tête de Cheval était à l'époque une marque Thiriez. Le coton glacé considéré comme un produit de première nécessité, je ne crois pas que nous en serions toujours là un siècle après !

Thiriez

Thriez détails

On  retrouve dans cette série de cartes postales tous les traits de la caricature : la joviale ménagère de 1914 se décharne au fil du temps, son cabas maigrit en même temps qu'elle perd ses rondeurs et son sourire, même son chien en est réduit à fouiller les poubelles qu'il méprisait avant la guerre !

ménagère

panier

chien

En accompagnement du dessin, démonstration est faite de l'explosion des prix pendant la guerre, probablement en forçant le trait. En voyant le prix du lait multiplié par 30 en quatre ans, celui du sucre par 40 et celui de la patate par 65… j'ai quand même cherché à en savoir un peu plus.

fil

Oui, le trait est forcé. Mais j'ai été amenée à une réalité dont j'avais davantage conscience pour la seconde guerre mondiale : celle de la pénurie alimentaire frappant l'arrière et confinant, selon les endroits, à la quasi-famine. Dès l'automne de 1914, les prix augmentent de manière intolérable, et bien sûr les salaires ne suivent pas la même courbe. On n'allait pas payer des femmes au même tarif que les hommes partis au front, quand même ! Et pourtant… ce sont elles qui contribuent grandement à maintenir une activité de survie : les usines et les moyens de transports continuent de fonctionner, les récoltes sont engrangées, les terres sont labourées.

A titre de comparaison, une ouvrière qui travaille pour l'armement gagne par exemple en 1916 entre 15 et 20 centimes de l'heure… de quoi s'offrir un kilo de patates, mais il lui faudra travailler trois heures pour un kilo de pain… et presque quatre pour 200 grammes de viande.

A demeurant, c'est un problème qui se pose rapidement en d'autres termes : le manque de produits alimentaires aboutit, dès la première année de guerre, à la mise en place du rationnement qui ne disparaitra complètement qu'en 1921.

Si vous voulez en savoir plus sur l'implication des femmes pendant la guerre , je vous recommande l'article de Laura Lee Downs Salaires et valeur du travail sur l'origine du décalage entre les salaires féminins et masculins et également le passionnant ouvrage collectif dirigé par Evelyne Morin-Rothureau Combats de femmes 1914-1918 - Les françaises pilier de l'effort de guerre

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14 juillet 2014

Au Patriote

Il y a un an, je profitais du 14 juillet pour chougner sur notre iconographie patriotique, qui me semblait bien moins avenante que l'imagerie américaine. Mais j'avais quand même trouvé de la mercerie bleu, blanc, rouge... et j'avais juste oublié que nous avons un fil baptisé Au Patriote ! Certainement j'en reparlerai plus longuement, car j'ai quelques vieux papiers de la maison Suzor et Pinta. Mais aujourd'hui, à l'occasion de la fête nationale, voici des chromos pleins de tendresse où le rouge tire vers le rose et le bleu vers le mauve, pour parer de douceur nos trois couleurs.

Chromos_Patriote

Si vous voulez les télécharger en bonne définition pour vos bricolages, il suffit de cliquer sur les vignettes qui suivent.

Patriote 1 à télécharger  Patriote 2 à télécharger  Patriote 3 à télécharger  patriote 4 à télécharger

Et puis rappelez-vous, toujours avec le fil Au Patriote : je vous avais proposé dans ce billet une première image en noir et blanc, c'était pour un projet de bougie.

Edit : Plus fort que le Patriote, plus fort que tout ! Avez-vous vu le pimpant Doodle du jour ? Surtout, ne ratez pas d'aller voir, sur le pétillant blog de julie adore, comment son projet a vu le jour. Merci Julie, les bricoleuses du fil sont remplies de fierté grâce à toi ;-)

Doodle du 14-7-2014

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10 juillet 2014

Et l'avenir dans tout ça ?

Après vous avoir raconté ma balade sur la friche DMC, je ne voudrais pas donner l'impression d'une nostalgie excessive. Enfin si… à titre personnel, je suis très nostalgique et je voudrais qu'on conserve absolument tout ce qui tourne autour du fil ;-) En revanche, si je prends un peu de recul dans ma réflexion, je sais pertinemment que les bâtiments ont comme les hommes un cycle de vie, que les villes ont besoin de se renouveler et qu'elles doivent désormais le faire sans grignoter davantage les espaces naturels.

Alors dans tout ça, quid du site DMC, de sa reconversion et -nous l'espérons dans le fond de nos cœurs de brodeuses- de la mise en valeur de ce patrimoine de l'industrie textile ? Après avoir appréhendé sur place la configuration des lieux, j'ai voulu comprendre un peu mieux ce qui avait déjà disparu et les projets développés autour du quartier.

filature0

Si j'ai bien interprété l'information que j'ai pu glaner ici ou là, ce que j'ai vu et qui reste debout, ce sont surtout des bâtiments datant de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.

DMC a toujours son unité de production sur place, même si l'entreprise s'est repliée sur environ le tiers de sa superficie initiale, 5 hectares occupés actuellement contre 15 auparavant.

DMC

Il y a également un village d'activités sur près de 9 000 m² dont plus de la moitié est déjà occupée par une petite dizaine d'entreprises. C'est ce que j'ai vu en premier en arrivant, avec un vigile sympa qui m'a donné quelques informations pour m'aider à me repérer.

village d'activités

Ce qui a récemment fait polémique, c'est le sort réservé à l'un des premiers bâtiments sur le site, la filature construite en 1812. Elle avait ceci de remarquable qu'il s'agissait de la première filature à l'anglaise installée en France et la dernière survivante de ces filatures géantes, sa longueur finale ayant été portée à pratiquement 140 mètres suite à différents ajouts.

filature 1812-1

filature 1812-2

filature 1812-3Documents Galica

L'ensemble ne faisait malheureusement pas l'objet d'une protection au titre des monuments historiques. Il était devenu la propriété d'un groupe privé et était très endommagé à la suite de plusieurs incendies, survenus dans des circonstances obscures. On voit bien sur la prise de vue qui suit l'état désastreux dans lequel se trouvait une partie importante de ce bâtiment, privé de sa couverture par les flammes.

filature3

Un de ses éléments majeurs, le bloc vapeur, avait déjà été détruit en mai 2011. Quant à la filature elle-même, elle a été très rapidement démolie au moment des dernières fêtes de Noël, prenant de court les défenseurs du site, même si tout le monde était conscient de la menace. Les pelles ont débuté leur travail le 23 décembre et on peine à imaginer que la période ait été choisie au hasard…

démolition-1

démolition-2Origine des photos : le blog Le wagges

Là-dessus, que dire ? Peut-être ne peut-on pas tout conserver du passé architectural, peut-être même ne le doit-on pas. Cependant il est toujours désagréable de voir qu'une question qui devrait être gérée au moins au niveau de la collectivité quand il s'agit de patrimoine, ne relève en définitive que d'intérêts privés. Ceci dit, il a bien fallu qu'à un moment ou un autre, la ville délivre un permis de démolition… Tout ce que j'espère, au point où en sont les choses, c'est que la filature aura été bien documentée avant sa destruction. Car tout ce qui en reste désormais, c'est un grand vide... et un orphelin, le magasin de fil datant de 1931 qui, lui, a été épargné. Pour combien de temps ?

magasin de fil

Il y a quatre ans, les architectes-urbanistes Reichen et Robert & associés étaient lauréats du marché de définition lancé par la ville, avec un projet de requalification de l'ensemble du quartier qui faisait la part  belle à la réutilisation des bâtiments existants. Ceci dit, on peut se demander s'il est toujours d'actualité, dans la mesure où il prévoyait notamment de mettre en valeur la filature 1812, en la transformant en une cité du réemploi et en y créant une centaine de lofts... Voici désormais le projet retenu amputé d'un élément non négligeable !

En attendant, pour la partie restant qualifiée sous le terme de "friche" dans laquelle vous avez pénétré avec moi ici, la ville a favorisé dans le bâtiment 75 l'implantation du projet participatif motoco (pour More to Come), fédérant des créateurs français, suisses et allemands dans tous les domaines : design, architecture, peinture, photo, vidéo, informatique, musique... Ce sont principalement des ateliers et des espaces d'exposition qui se sont installés là.

Motoco

Le site vous intéresse ? Après avoir fureté à droite à gauche pour en savoir plus, la friche me semble accessible à de multiples occasions, comme les dimanches portes ouvertes de motoco ou les journées de l'architecture par exemple. De plus en plus d'évènements y sont organisés, ainsi l'exposition de graffitis qui s'est tenue au bâtiment 75 ces jours-ci. D'ailleurs, même les fermes AMAP viennent de s'installer la semaine dernière au quai 57 et y distribueront désormais leurs paniers.

Elle se trouve peut-être dans ces multiples initiatives, la prochaine vie du site DMC ?

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04 juillet 2014

Vive l'indépendance !

C'est le jour de l'indépendance, celui où les treize colonies britanniques de l'Amérique du Nord se dégageaient de toute obéissance envers la couronne de la Grande-Bretagne et se constituaient en États libres et indépendants.

C'est la fête tout là-bas, chez nos amies américaines ! Pour accompagner le mouvement, voici donc une image patriotique puisée dans le stock des publicités de mercerie.

Merrick's thread

Et pour vous rafraîchir la mémoire... vous vous souvenez que l'année dernière, il y avait un pique-aiguilles bleu - blanc - rouge à réaliser ?

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29 juin 2014

Peu importe où...

A la maison, au vert, au bord de l'eau, bonnes  vacances pour les premières à s'offrir le farniente ! Des journées entières de liberté, allez-vous en profiter pour broder ?

plage

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18 juin 2014

Un dimanche chez Jean-Henri

Je viens de profiter d'un nouveau déplacement à Colmar pour faire une halte à Mulhouse. L'avenir de la friche DMC est incertain, je l'avais déjà évoqué dans ce billet. Et une récente information lue dans la presse n'allait pas dans le sens d'une sauvegarde des lieux. Requalification est bien rarement synonyme de préservation dans le domaine de l'urbanisme et je me suis dit qu'il était peut-être déjà trop tard pour cette visite…

DMC2

Je n'avais rien prévu de particulier, j'imaginais juste en passant me rendre compte des dégâts puisque le site de l'ancienne filature se trouve quasiment à la tombée de l'autoroute. Il était déjà tard quand je suis arrivée, mais c'était sans compter avec les longues soirées de juin... et l'ange gardien des fouineuses ;-)

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J'ai d'abord été surprise par l'étendue du site, qui constitue à lui seul tout un quartier de la ville. L'ambiance était un peu étrange en cette soirée du dimanche où la France faisait son galop d'essai au Brésil. Autant dire que Mulhouse était déjà ville morte quand j'ai commencé à fureter, en guettant chaque brèche qui me permettrait d'en voir un peu plus.

Site industriel, donc : au cœur, l'immense plateau central des bâtiments de production crénelés avec leurs impressionnantes cheminées et, tout autour, les maisons ouvrières sagement alignées.

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Et filature de surcroît : impossible de l'ignorer jusque dans les noms des rues.

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Abandon, oui : au premier regard, on en repère les stigmates qui enveloppent l'endroit d'un sentiment d'irrémédiable.

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Certaines zones sont en activité, comme celle où DMC a replié sa production. J'ai aussi papoté avec un vigile qui veillait sur une partie réinvestie par de nouvelles entreprises. Et parfois les barrières cadenassées ne condamnent que des terrains abandonnés et laissés à la seule garde des oiseaux.

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Mais j'ai fini par trouver, au bout d'une allée, une grille miraculeusement ouverte sur la friche. Impossible de résister à la tentation bien sûr... même pas essayé ;-) J'ai bien eu un peu les jetons de voir la grille refermée au moment où je voudrais sortir de là, mais la curiosité l'a emporté !

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J'ai parcouru des allées rectilignes et désertes, tracées entre les bâtiments délabrés et toutes ombragées d'arbres centenaires, avec la sensation bizarre de me trouver dans un espace parallèle en marge du monde réel. Le bitume des allées est peu à peu rongé par la végétation, les quais désertés attendent des wagons qui ne viendront plus.

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Partout DMC a laissé sa marque, jusque sur les bouches à incendie.

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On suit l'évolution de la construction aux années inscrites au fronton des bâtiments.

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De ces bâtiments, il ne reste parfois que les murs extérieurs. Au travers des immenses fenêtres encore habillées de leurs carreaux, on devine le squelette des ateliers, désormais à ciel ouvert : les colonnes devenues inutiles ne soutiennent plus que les nuages.

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C'était si beau... et je m'en voulais justement de trouver beau le graphisme de ces constructions à demi en ruine, abritant le souvenir de vies ouvrières broyées dans une activité disparue. Je sentais des fantômes tout autour de moi, et pourtant, elle n'avait rien de sinistre, cette promenade nostalgique dans la lumière dorée du soir tombant.

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C'était juste mon pélerinage de mécréante dans un lieu si proche de la disparition. En rentrant à la maison, j'ai caressé mes vieilles boîtes de floche, de cordonnet d'Alsace et de fil à dentelle, j'ai mélangé rouge turc et  bleu du Rhin : tout venait de là. Avoir mis mes pas dans les leurs, avoir pensé si fort ma petite prière de collectionneuse, c'était bien le moins que je pouvais faire pour les âmes des fileuses, des pelotonneuses et des rattacheuses, des filtiers et des graisseurs qui avaient trimé ici !

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13 mars 2014

Pourquoi s'embêter ?

Tous ces fils à baptiser, c'est un casse-tête qu'on n'imagine pas ! Edouard Cuvelier est découragé d'avance à l'idée de devoir, une fois de plus, chercher un nom pour sa nouvelle production. Il fabrique un bien beau fil, extrait du cœur même du lin, retordu à 60 tours, alors… what else ?

Un petit air de bleu-blanc-rouge sur le coup de bluff, et ça devrait faire la farce ;-)

fil sans marque

Source : Médiathèque de Roubaix

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06 mars 2014

Fils DMC : petit résumé

Comme promis dans le billet de dimanche qui partait un peu dans tous les sens, voilà donc un récapitulatif de la manière dont j'utilise mes fils DMC pour le point compté, en fonction des différentes toiles et du type de broderie que je réalise dessus.

fils_DMC

Je prends la précaution de le redire, c'est vraiment à titre d'exemple. J'ai par exemple des amies qui préfèrent broder sur la toile 16 fils en utilisant un seul brin de mouliné pour un résultat plus subtil, et qui réalisent bien sûr des ouvrages à tomber. Et puis de toute manière, ça ne vaut que pour ma pratique très classique de la broderie ;-)

L'intérêt en réalité, c'est davantage de penser aux qualités habituellement moins utilisées pour le point compté, comme le Broder Spécial et le Broder Machine.

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02 mars 2014

Broder en DMC

(billet très/trop long mais avec déclaration d'amour à l'intérieur)

Je suis une utilisatrice heureuse des fils DMC... et rien que des fils DMC classiques. Je l'avoue presque à voix basse, car je crois bien ne pas être du tout représentative de la population brodeuse sur ce coup-là : je ne suis pas tellement tentée par l'exploration des jolis fils nuancés ou texturés qui fleurissent sur le marché mais qui ne correspondent pas à ma manière de broder. C'est un avis hautement personnel et qui ne vaut que pour moi, on est bien d'accord ! Je comprends qu'on se régale avec ce genre de produits, simplement ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai juste fait une incursion du côté de la soie quand nous avons reçu une superbe donation de soies d'Alger du XIXème siècle dont j'aurai l'occasion de reparler. Sinon, je suis parfaitement monomaniaque... DMC, DMC, DMC ;-)

casier DMC

Il y a dans cette habitude un petit peu de train-train de vieille brodeuse (oui, il fut une époque ou même les fils Anchor n'avaient pas pénétré le marché français !) mais également, me semble-t-il, un certain nombre de raisons objectives.

Grand teint

Pour commencer peut-être par la moins déterminante (encore que...), j'apprécie la relative bonne tenue des couleurs dans le temps. Sur l'étiquette on trouve la mention "grand teint" ou plus récemment le pictogramme du lavage à 95°. Pour le moment effectivement (je touche du bois…) même à température élevée, je n'ai pas eu de mauvaise expérience. Corollaire appréciable : les fils ne s'évanouissent pas de peur à l'approche du fer vapeur ou de la patte-mouille. De toute manière, une chose est certaine en ce qui me concerne : inenvisageable de ne pas pouvoir laver mes ouvrages après les avoir terminés !

étiquettes grand teint

A chaque situation, son fil

Mais la raison essentielle de mon addiction tient à l'usage que je fais de mes fils à broder. DMC propose en effet différentes qualité de fils qui permettent de s'adapter au type de travail et au titrage du tissu sur lequel il est exécuté. Comme je pense que certaines d'entre elles sont injustement méconnues, je vais essayer de vous expliquer à quoi je les utilise.

mouliné

• le Mouliné Spécial : celui-là est suffisamment célèbre pas besoin de vous faire un dessin. Pour ma part, je l'utilise avec deux brins dans l'aiguille sur deux fils de la toile, jusque sur la 16 fils, parce que j'aime la broderie très saturée. Là encore, c'est éminemment subjectif ! Je passe à un seul fil dans l'aiguille pour broder sur du lin 19 fils ou bien sur des toiles anciennes un peu récalcitrantes.

En revanche, pour faire ma croix seulement sur un fil de la toile, le mouliné me convient uniquement jusqu'à la toile 12 fils. Ensuite il est trop épais, la broderie "bourre" et je perds la netteté du motif. Mais dans ce cas, je suis sauvée par...

broder machine

• le Broder Machine : c'est un fil de coton présenté en bobine et, comme son nom l'indique, préconisé pour la broderie à la machine. Je l'utilise à la main : le Broder Machine n°50 est parfait pour faire une croix sur un seul fil d'une toile 14 ou 16 fils. Sur de la 12 ou de la 14, j'utilise également le Broder Machine n°30.

présentoir louis dor

A signaler : dans les stocks de fils anciens, on trouve facilement des bobines qui sont en fait d'anciennes versions du Broder Machine, et en tout cas tout à fait équivalentes dans l'utilisation. C'est en chinant ces vieux fils que je me suis constitué un assortiment relativement diversifié à très petits prix.

broder spécial

• le Broder Spécial : mon chouchou ! C'est par excellence le fil de la broderie au plumetis. C'est un fil non divisible qui existe en plusieurs titrages, limités maintenant au 30. Dans le temps, DMC le fabriquait en beaucoup plus fin, j'en ai même en 150 qui fait quasiment concurrence au fil à gant. Et oui… c'était à une époque où l'on brodait encore des voiles délicats pour en faire les mouchoirs des mariées !

mouchoir de mariée

En tout cas les brodeuses sur blanc pleurent les titrages 60 à 90… heureusement, nos fonds de placard nous sauvent la mise ;-)

broder spécial 60 70 90

Le titrage de Broder Spécial proposant aujourd'hui le plus grand choix de nuances est le 25 et ça tombe bien : c'est celui qui correspond, en un seul fil, à une épaisseur d'environ deux brins de mouliné. L'intérêt ? Il est énorme et vous le comprendrez vite si vous brodez notamment des points dits spéciaux. Broder un point d'épine ou un point d'araignée, c'est du gâteau avec un brin unique, c'est difficile d'obtenir un résultat aussi net quand on doit en gérer deux. D'ailleurs maintenant, je l'utilise systématiquement à la place du Mouliné même pour le point de croix dès que je peux : j'obtiens un point bien rond et bien gonflé qui correspond tout à fait à ce que j'aime.

Des nuanciers cohérents

La beauté de l'affaire, c'est que les nuanciers des différentes qualités sont calés les uns sur les autres. Si vous voulez broder en 321 (au hasard ;-) vous retrouverez sous cette numérotation la même couleur, que vous preniez du Mouliné, du Broder Spécial ou du Broder Machine.

Donc en gros, voilà comment je m'organise : j'ai la totalité de la gamme en Mouliné (enfin, telle qu'elle se présentait il y a une quinzaine d'années, quand j'ai brodé mon cartable-nuancier, je ne me suis pas mise à jour depuis). Donc quand je veux broder "en couleurs", j'en passe obligatoirement par le Mouliné car il n'était pas envisageable pour moi de me constituer la gamme complète dans les autres qualités.

boite mercerie

Mais comme je brode assez souvent en rouge (quel scoop ;-) et couleurs "cousines", écru, taupe, une touche de bleu … j'ai une réserve de ces couleurs-là en Broder Spécial et en Broder Machine, ce qui me permet de broder sur ma Permin 16 fils (c'est quasiment la seule toile moderne que j'utilise, là aussi je suis monomaniaque) à la fois en deux fils, en un fil, en point de croix et en points spéciaux. Et oui, ça m'arrive souvent d'être dans ce cas, surtout avec mes chères bandes de couture…

bande marie arnal

Alors oui, c'était long ;-) mais j'espère vous avoir ouvert quelques pistes de réflexion et donné l'envie de tester des fils que vous connaissez moins. J'ai la sensation d'avoir été un peu brouillon quand même, je vais préparer un petit récapitulatif...

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