11 décembre 2014

Avent 2014 - 12ème jour

Livré dans ma Bourgogne

Un centimètre Lavigne "seul centimètre imperméable et incassable". Effectivement Annie, j'ai collé mon nez dessus… c'est incroyable, cette odeur de gomme ! Dommage que je ne puisse pas vous la faire partager via le blog, c'est le parfum de la nostalgie…

Centimètre Lavigne

Livré dans son Languedoc

Une carte brodée que les soldats de la grande guerre lançaient comme une bouteille à la mer vers leur amoureuse... Je trouve fort émouvante la tendre injonction que contient celle-ci.

Forget me not

Et puis aujourd'hui, je tiens ma promesse pour l'image de Saint-Nicolas que je vous avais annoncée dans ce billet : la newsletter part aujourd'hui vers les abonnées identifiées aux messages du blog.

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10 décembre 2014

Avent 2014 - 11ème jour

Livré dans ma Bourgogne

Un délicieux tout petit médaillon ancien de laiton repoussé, auquel je devrais bien facilement trouver une destination.

Médaillon laiton

Livré dans son Languedoc

En fouillant dans le placard à vieilleries, j'ai trouvé un peloton orphelin de Rouge du Rhin que j'ai transformé en breloque à suspendre à une clé d'armoire.

breloque_de_cl_

Si vous voulez la réaliser, aucune complication. J'ai utilisé du fil de coton un peu épais, un peloton de Rouge du Rhin (mais n'importe quelle jolie bobine ferait tout aussi bien l'affaire), deux rosettes pour les vieux lustres en cristal (de gros boutons de nacre, ça pourrait être pas mal aussi, je pense) et deux perles de cristal de Bohême pour bloquer le tout.

matériel

Il suffit de tresser le fil de coton et de passer la tresse à travers les différents éléments (pour les perles, j'ai passé seulement deux brins au lieu de la tresse entière), puis d'arrêter l'ensemble avec un gros noeud fini en pompon.

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04 décembre 2014

Avent 2014 - 5ème jour

Livré dans ma Bourgogne

Avec quelques longueurs d'entre-deux, des jetons d'os : encore une fois je ne connaissais pas, je découvre. Et je suis sure que je n'ai pas fini, car Annie est la reine des chineuses ;-) Ces jetons lui ont été présentés comme servant à lester les bas de rideaux pour un joli tombé, je connaissais les petits plombs effectivement, et voilà du nouveau avec l'os !

Jetons Os

Livré dans son Languedoc

Puisque nous sommes le jour de la Sainte-Barbe, je lui ai préparé  un kit pour semer le blé qui apportera la prospérité à son foyer pour l'année à venir... mais il faudra qu'il soit bien vert le jour de Noël ! Un compotier de dînette en verre moulé, des grains de blé qui ne demandent qu'à germer et le coton qui leur servira de terreau, il n'y a plus que l'eau à rajouter, Annie ;-)

Kit Sainte-Barbe

Si vous voulez un peu plus d'explication sur cette jolie coutume du sud, vous pouvez relire ce billet de décembre dernier.

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03 décembre 2014

Avent 2014 - 4ème jour

Livré dans ma Bourgogne

Une pochette à serviette brodée d'un plumetis parfait –ce qui n'est pas si courant- et agrémentée d'une rivière de jour. Attention Annie, il ne faut pas me chercher avec tes messages provocateurs ;-)

Porte-serviette

Livré dans son Languedoc

Un bouton de métal à son monogramme pour fermer... une pochette ? un sac ? une boîte ?

Bouton AG

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26 octobre 2014

Les merceries de Dijon

Imaginez-vous le nombre de marchands merciers qu'il pouvait y avoir à Dijon en 1869 ? Aussi invraisemblable que cela paraisse, ils n'étaient pas moins de soixante-quinze ! Oui... pour une population intramuros qui était le tiers de celle d'aujourd'hui, n'est-ce pas étourdissant ?

merciers Dijon p1

merciers Dijon p2

source : Gallica

Auxquels merciers il fallait ajouter six marchands de rubans, cinq épingliers et encore trois passementiers. Remarquez que ce n'était pas de trop... pour soixante-dix-neuf marchands de tissu !

Oh ! qu'on me renvoie au XIXème siècle... mais juste le temps de faire mes courses : ensuite je reviens en quatrième vitesse à notre époque douillette et confortable ;-)

Grey

Petitjean-Boisserand

Ce sont en tout cas des chiffres qui font rêver, aujourd'hui où il nous restait en tout et pour tout une enseigne de proximité faisant courageusement de la résistance : l'espace dédié à la couture et à la broderie dans le beau magasin Planète Laine, le paradis des tricoteuses.

Et voilà pourquoi l'ouverture d'une nouvelle mercerie à Dijon est forcément une bonne nouvelle.

Le Lièvre Blanc

Le Lièvre Blanc se trouve 2, rue Jeanin, en bordure du quartier des Antiquaires... et à deux pas des Archives Départementales où je prends mes habitudes cette année, comme ça tombe bien ;-) Évidemment je n'ai pas résisté à aller faire ma curieuse dans la boutique, où j'ai trouvé un accueil tout à fait attentionné. J'en suis repartie avec une jolie cotonnade étoilée, du croquet rouge (on n'en a jamais assez) et deux petits-beurre qui m'ont fait de l'oeil, bien que je ne sache pas encore ce que j'en ferai.

Achats le lièvre blanc

Vous pouvez suivre l'actualité du Lièvre Blanc sur sa page Facebook.

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12 février 2014

Burkard : l'enquête de la semaine

Ce que j'aime par-dessus tout dans la collection, davantage que l'accumulation je crois, c'est regarder chaque objet individuellement, rechercher son histoire, deviner les mains entre lesquelles il est passé et, finalement, respirer un peu de l'ambiance qui l'a entouré du temps où il était encore en usage.

Alors quand j'ai récupéré ce joli dépliant d'un représentant en passementerie, j'ai immédiatement eu envie d'en savoir davantage sur cette association entre Burkard, un nom plutôt obscur pour moi, et la marque C+B dont, en revanche, la renommée n'est plus à faire.

dépliant Burkard

Le jeu de piste débute avec cet en-tête d'une lettre datant du début du siècle dernier, où la maison Burkard se présente comme une "Fabrique de lacets pour passementeries et dentelles". Bon… ce document est en cohérence avec le maroquin : là aussi, la collaboration avec la marque C+B est mise en avant. On y apprend incidemment, mais c'est loin d'être une surprise, que la maison a son siège à Paris, boulevard de Sébastopol, c'est-à-dire dans le quartier traditionnel de la mercerie.

Venise, Irlande, soutaches, mignardises… Faut-il encore me demander pourquoi j'aime la mercerie ? Oh ! il m'a piqué le titre du blog, aussi ;-)

Burkard lettre

Une piste plus sérieuse se présente, avec ce livret sur La guipure moderne aux lacets et à l'aiguille où il est indiqué que Burkard a pris la succession de la maison Cuvyer-Bresson. Cette fois-ci je tiens le bout du fil, l'écheveau sera facile à démêler !

Guipure moderne

Car maintenant, je sais exactement où je vais pouvoir trouver l'information de référence, et ce sera dans la passionnante monographie que Bruno Floquet a consacré à ses ancêtres, Cartier et Bresson, au fil d'une famille.

Effectivement l'information dont j'ai besoin s'y trouve : Claude Bresson, dit "Bresson Aîné" n'a pas seulement été le fondateur, en 1825, de la marque de fabrique de coton C+B. Il a également fondé une famille conséquente, puisque son épouse Madeleine donna le jour à neuf enfants, dont huit filles qu'il maria, il faut bien le dire, au mieux des intérêts de la dynastie. Et après avoir assuré la solidité de ce qui allait devenir la branche Cartier-Bresson avec ses trois aînées, il donna en mariage sa dernière-née, Céline, à Monsieur Saint-Charles Cuvyer, ci-devant fabricant en passementerie.

restaurant Gillet
Le restaurant Gillet, toujours une institution cinquante ans après le mariage de Céline et Saint-Charles

Charles, le neveu de Céline Bresson, a chroniqué la vie de la famille pendant des années. Celui-là même qui prendra plus tard en charge le développement de l'usine de Celles-sur-Plaine, raconte ses impressions d'enfant sur le mariage : "Ma tante épousant alors M. Saint-Charles Cuvyer, fabricant de passementerie, j’assistai au dîner de noces, à la vieille mode, chez Gillet, près de la Porte Maillot. J’étais là, petit bonhomme de huit ans, en tunique de collégien, soixantième convive. Après un long et pompeux déjeuner, on alla bourgeoisement se promener au bois de Boulogne."

Il devait plaire au beau-père, car il était bien entreprenant aussi, l'ami Saint-Charles (Ah, ben oui... on ne choisit pas ses parents... et les parents sont parfois curieusement inspirés dans le choix des prénoms !). Au Bulletin des lois du deuxième semestre 1869, entre une égreneuse de trèfle et un porte-plume encrier, on trouve la trace d'un brevet déposé au bénéfice de son entreprise pour une "machine à diviser et à lier les perles sur fils, rubans et tresses". Ne me demandez pas comment ça fonctionne exactement, mais c'est de la passementerie, ça c'est sûr !

Brevet Cuvyer-Bresson

De Burkard à Cuvyer, de Cuvyer à Bresson… maintenant que les liens sont établis, il ne reste plus qu'à profiter de ce dépliant, resté dans un état de propreté miraculeux pour son âge et la fragilité de ce genre d'objet.

 Burkard 2

Burkard1

Burkard 3

Je vous rappelle pour l'occasion que si vous voulez profiter de mes images dans leur meilleure taille,
il peut être préférable, en fonction de votre écran, de les ouvrir dans un nouvel onglet.

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16 janvier 2014

Tout en un !

J'aime l'argument de ce dé magique qui me fait un peu penser au boniment des camelots. Mesdames et Messieurs, en achetant mon dé, vous n'aurez pas UN outil, vous n'aurez pas DEUX outils... si vous achetez ce dé merveilleux, Mesdames et Messieurs, ce sont TROIS, oui, j'ai bien TROIS outils en un seul qui sont à vous !

Magic thimble 1

Magic thimble 2

Mais les outils mirifiques qu'on achète sur les foires tiennent rarement leur promesse. Vous pouvez me croire : hypnotisée par un bonimenteur, j'ai acheté fort cher un pinceau sans poil que je n'ai bien sûr jamais réussi à utiliser... No comment, please ;-= Et bien contrairement à eux, ce brave petit dé ne démérite pas : l'enfile-aiguille se déploie et se rétracte parfaitement et le cran prévu pour la coupe du fil fonctionne très bien.

Je ne regrette que deux choses : n'avoir pas le mode d'emploi annoncé sur la boîte, juste pour savoir ce qu'il pouvait bien y avoir à expliquer de plus... Et que ce dé soit trop petit pour mon doigt, car j'aurais bien aimé pouvoir l'utiliser !

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13 novembre 2013

Rouge du Rhin ? Pas seulement…

S'il est bien un fil mythique dans l'histoire de DMC, c'est ce fameux "Rouge du Rhin". Mais je me suis rendu compte, en me penchant d'un peu près sur son cas, que je ne le connaissais pas si bien que ça... en tout cas,  je n'en étais pas à une approximation près !

La légende est jolie, abondamment mise en avant par DMC dans ses documents de communication de l'époque et reprise à l'envi depuis. Elle veut que la dénomination "Rouge du Rhin" ait été inspirée par la couleur que prenait le fleuve lorsque les teinturiers y déversaient leurs eaux de rinçage. Si toiles et fils étaient transformés dans une multitude de coloris, le rouge occupait une telle position dominante qu'il devait seul être capable de changer ainsi la couleur d'un grand fleuve comme le Rhin !

J'en avais déduit que le terme "Rouge du Rhin" évoquait un coloris, et en l'occurrence le 321, ce que semblait confirmer la boîte en ma possession. Car oui, même si la boîte n'y fait pas référence, voila bien ce 321 qu'on identifie entre mille. Alors, Rouge du Rhin = Rouge Turc, comme je l'ai longtemps supposé ?

Rouge du Rhin

Oui mais… ce coloris, impossible de le retrouver dans les belles cartes de nuances de l'époque : de l'aurore, du bordeaux, du cardinal, de l'écarlate, du feu, de la framboise, du géranium, du grenat, du maroquin, du turc, ah ça ! il y en a... mais de Rouge du Rhin, point !

Rouges au nuancier DMC

Et pourtant, il ne fallait pas remonter bien loin la piste pour trouver la réponse : non, le "Rouge du Rhin" n'est ni un coloris, ni un alter ego du rouge turc. J'ai trouvé dans un de mes anciens catalogues DMC cette page très explicite. Le Rouge du Rhin est en réalité une qualité de fil, "remarquable par son brillant", avec une référence d'article à lui tout seul, 138. Et puisque ce fil est "spécialement employé comme Coton à marquer", il est donc tout naturellement proposé en 321, nuance de prédilection pour la marque du linge.

Catalogue DMC 1954

Bon, pour le Rouge du Rhin… mystère résolu,>))) Mais j'ai de quoi jouer encore un peu au petit détective avec cette autre boîte, un OFNI* en ce qui me concerne.

bleu du rhin

Bleu du Rhin, a-t-on idée… Proposé sous la même référence que le Rouge du Rhin : art.138... Monsieur DMC, tu ne nous l'a pas jouée, celle-là : le Rhin teinté en bleu ? Et là, j'ai beau fouiller, aucune documentation chez moi : il va falloir que j'élargisse le champ des recherches !

*Objet du Fil Non Identifié

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06 novembre 2013

Souvenir... encore !

J'ai été amusée, et un peu surprise je dois dire, des échos renvoyés par "ma" vieille épicerie-mercerie. En réalité, quand je publie un billet, je ne sais jamais trop dans quels cœurs il va tomber, c'est aussi ce qui fait le piment de la chose. Pour des raisons particulières, celui de mercredi me parlait tout spécialement, mais je ne voyais pas bien son intérêt pour quelqu'un d'autre que moi…

Et en réalité, il a éveillé des souvenirs chez beaucoup d'entre vous : je crois que les mots de Giono sont assez évocateurs pour faire renaître des sensations enfouies tout au fond de notre mémoire.

Comme Sylvie m'a fort opportunément rappelée à l'ordre, je prolonge un peu aujourd'hui le voyage dans le temps. Tu as raison, Sylvie, comment ai-je pu oublier de chercher dans les vieilles images pour faire revivre cette façade décrépie, à l'inscription plus qu'à demi effacée ?

L'agrandissement des photos étant plus qu'erratique en fonction des systèmes, je vous suggère de les ouvrir dans un nouvel onglet si vous souhaitez les voir dans leur meilleure taille.

gissey-sous-flavigny 1

gissey-sous-flavigny 2

gissey-sous-flavigny 3

Je crois que les jours de notre belle inscription, qui a déjà perdu son "Café", ne sont pas assurés… Restée dans la même famille pendant longtemps, cette maison de village peut être amenée à changer de mains. Et on ne pourrait en vouloir à de nouveaux habitants de souhaiter un peu la rafraîchir...

La morale de l'histoire, c'est qu'il faut toujours se balader avec un appareil photo à portée de main. Immortalisons, immortalisons, il en restera toujours au moins cela…

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30 octobre 2013

Souvenir de mercerie

Vingt fois je suis passée dans ce village sans remarquer l'inscription presque entièrement effacée. Et puis un jour, parce que je m'arrêtais pour voir un vieux manoir situé en retrait des façades sur la rue, elle a fini par m'apparaître. Je crois bien qu'il était temps de l'immortaliser, car quelques années de plus auront certainement raison d'elle...

Gissey
gissey mercerie

Le voyageur immobile

Voilà l'épicerie-mercerie de Mlle Alloison. Ah ! Mlle Alloison ! Un long piquet avec une charnière au milieu. Ça se ployait en deux, ça se frottait les mains, ça disait : «Ah ! Janot, on est venu chez la tante, alors ?» Ça avait la taille serrée dans la boucle d'une cordelière de moine, et un large ciseau de couturière lui battait le mollet. Elle était tout en soupirs et en exclamations. Un soir on avait dit, sans se méfier de moi, qu'elle avait été jolie en son jeune âge. Elle était l'entrepositaire du «Bulletin paroissial». Elle savait par cœur ce que je venais chercher ; elle rentrait dans sa cuisine et elle me laissait seul dans l'épicerie.

Il n'y avait qu'une lampe à pétrole pendue dans un cadran de cuivre. On semblait être dans la poitrine d'un oiseau : le plafond montait en voûte aiguë dans l'ombre. La poitrine d'un oiseau ? Non, la cale d'un navire. Des sacs de riz, des paquets de sucre, le pot de la moutarde, des marmites à trois pieds, la jarre aux olives, les fromages blancs sur des éclisses, le tonneau aux harengs. Des morues sèches pendues à une solive jetaient de grandes ombres sur les vitrines à cartonnages où dormait la paisible mercerie, et, en me haussant sur la pointe des pieds, je regardais la belle étiquette du «fil au Chinois». Alors, je m'avançais doucement doucement ; le plancher en latte souple ondulait sous mon pied. La mer, déjà, portait le navire. Je relevais le couvercle de la boîte au poivre. L'odeur. Ah ! cette plage aux palmiers avec le Chinois et ses moustaches. J'éternuais. «Ne t'enrhume pas, Janot. - Non, mademoiselle.» Je tirais le tiroir au café. L'odeur. Sous le plancher l'eau molle ondulait : on la sentait profonde, émue de vents magnifiques. On n'entend plus les cris du port.

Jean Giono - L'eau Vive - Rondeur des jours

C'est une histoire à (deux !) épisodes : la suite est dans ce billet.

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