06 novembre 2013

Souvenir... encore !

J'ai été amusée, et un peu surprise je dois dire, des échos renvoyés par "ma" vieille épicerie-mercerie. En réalité, quand je publie un billet, je ne sais jamais trop dans quels cœurs il va tomber, c'est aussi ce qui fait le piment de la chose. Pour des raisons particulières, celui de mercredi me parlait tout spécialement, mais je ne voyais pas bien son intérêt pour quelqu'un d'autre que moi…

Et en réalité, il a éveillé des souvenirs chez beaucoup d'entre vous : je crois que les mots de Giono sont assez évocateurs pour faire renaître des sensations enfouies tout au fond de notre mémoire.

Comme Sylvie m'a fort opportunément rappelée à l'ordre, je prolonge un peu aujourd'hui le voyage dans le temps. Tu as raison, Sylvie, comment ai-je pu oublier de chercher dans les vieilles images pour faire revivre cette façade décrépie, à l'inscription plus qu'à demi effacée ?

L'agrandissement des photos étant plus qu'erratique en fonction des systèmes, je vous suggère de les ouvrir dans un nouvel onglet si vous souhaitez les voir dans leur meilleure taille.

gissey-sous-flavigny 1

gissey-sous-flavigny 2

gissey-sous-flavigny 3

Je crois que les jours de notre belle inscription, qui a déjà perdu son "Café", ne sont pas assurés… Restée dans la même famille pendant longtemps, cette maison de village peut être amenée à changer de mains. Et on ne pourrait en vouloir à de nouveaux habitants de souhaiter un peu la rafraîchir...

La morale de l'histoire, c'est qu'il faut toujours se balader avec un appareil photo à portée de main. Immortalisons, immortalisons, il en restera toujours au moins cela…

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30 octobre 2013

Souvenir de mercerie

Vingt fois je suis passée dans ce village sans remarquer l'inscription presque entièrement effacée. Et puis un jour, parce que je m'arrêtais pour voir un vieux manoir situé en retrait des façades sur la rue, elle a fini par m'apparaître. Je crois bien qu'il était temps de l'immortaliser, car quelques années de plus auront certainement raison d'elle...

Gissey
gissey mercerie

Le voyageur immobile

Voilà l'épicerie-mercerie de Mlle Alloison. Ah ! Mlle Alloison ! Un long piquet avec une charnière au milieu. Ça se ployait en deux, ça se frottait les mains, ça disait : «Ah ! Janot, on est venu chez la tante, alors ?» Ça avait la taille serrée dans la boucle d'une cordelière de moine, et un large ciseau de couturière lui battait le mollet. Elle était tout en soupirs et en exclamations. Un soir on avait dit, sans se méfier de moi, qu'elle avait été jolie en son jeune âge. Elle était l'entrepositaire du «Bulletin paroissial». Elle savait par cœur ce que je venais chercher ; elle rentrait dans sa cuisine et elle me laissait seul dans l'épicerie.

Il n'y avait qu'une lampe à pétrole pendue dans un cadran de cuivre. On semblait être dans la poitrine d'un oiseau : le plafond montait en voûte aiguë dans l'ombre. La poitrine d'un oiseau ? Non, la cale d'un navire. Des sacs de riz, des paquets de sucre, le pot de la moutarde, des marmites à trois pieds, la jarre aux olives, les fromages blancs sur des éclisses, le tonneau aux harengs. Des morues sèches pendues à une solive jetaient de grandes ombres sur les vitrines à cartonnages où dormait la paisible mercerie, et, en me haussant sur la pointe des pieds, je regardais la belle étiquette du «fil au Chinois». Alors, je m'avançais doucement doucement ; le plancher en latte souple ondulait sous mon pied. La mer, déjà, portait le navire. Je relevais le couvercle de la boîte au poivre. L'odeur. Ah ! cette plage aux palmiers avec le Chinois et ses moustaches. J'éternuais. «Ne t'enrhume pas, Janot. - Non, mademoiselle.» Je tirais le tiroir au café. L'odeur. Sous le plancher l'eau molle ondulait : on la sentait profonde, émue de vents magnifiques. On n'entend plus les cris du port.

Jean Giono - L'eau Vive - Rondeur des jours

C'est une histoire à (deux !) épisodes : la suite est dans ce billet.

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28 juillet 2013

Fil en vrac

Cette fois-ci, pas de thème particulier pour les dernières étiquettes de boîtes de fil, je balaye les "diverses et variées" que je ne vous avais pas encore montrées.

paris+moulin

SteGeneviève+Sauveur

SR+bernoise

tête d'or+ours

Et je fais également un retour sur le thème des patriotiques et des martiales, pour vous montrer ces deux petites nouvelles.

flotte+amiral

C'est fini pour les étiquettes, il faudra mettre une autre série sur les rails. J'hésite encore : aiguilles ? boîtes de fil ? bobines ? chromos publicitaires ?  cahiers de couture ? manuels ? Ou peut-être pas forcément une série, mais un peu de tout en mélange, que préférez-vous ?

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14 juillet 2013

Cocorico !

Je l'évoquais déjà le 4 juillet, l'iconographie patriotique française est un peu moins rigolote que celle de nos amis américains. Chez nous on ne s'affranchit guère des thématiques guerrières ou revanchistes, le tout nimbé bien souvent dans des couleurs assez sombres. Mais bon... il y a toujours moyen de s'en sortir, et une fois de plus, je l'ai fait en fouillant dans notre mercerie chérie ;-)

mercerie tricolore

J'ai chiné ce ruban tricolore à Formigine, Rue de la Brocante. Curieusement fabriqué chez nos voisins helvètes, peut-être servait-il à faire les pendouilles pour les médailles ? Je ne vois pas trop quel usage je pourrais en avoir, mais j'ai bien aimé la fantaisie du liseré doré et les étiquettes de circonstance -Corderie Nationale !- de chaque côté de la bobine...

ruban bleu blanc rouge

L'enregistrement par la filature Rogez de la marque "Au Drapeau National" figure dans les tablettes du tribunal de commerce de Lille à la date du 11 janvier 1886, après un dépôt initial onze ans plus tôt par Bianco Aîné. La chromolithographie associée à la marque colle à l'air du temps, en cette fin de XIXème siècle : après la capitulation de 1871, l'imagerie populaire, au diapason d'une opinion publique humiliée, cultivait volontiers le rêve d'une France relevée et triomphante, sur fond d'aube radieuse. Le cliché est ici porté à son paroxysme !

drapeau national

Sur cette pochette à aiguilles, les trois couleurs sont mises en avant de façon plus bucolique, puisqu'elles prennent la forme d'un bouquet de fleurs. Elles soulignent fièrement une fabrication française à Laigle, dans ce même moulin de Mérouvel transformé en empointerie où, quelques décennies auparavant, le manufacturier se plaignait, devant le Comité des Arts Mécaniques, de devoir présenter ses aiguilles "sous une livrée étrangère". Car c'était une époque où, dans l'esprit des couturières, il n'était de bonnes aiguilles que d'Angleterre ou d'Aix-la-Chapelle. Il y a donc bien un message derrière ce bouquet-là : il signe une petite revanche ;-)

aiguilles au bouquet national

Il y a du bleu-blanc-rouge, il y a du drapeau, il y a du national... pour terminer dignement ce billet de 14 juillet, je vous livre les scans de ces deux cartes postales, bien patriotiques elles aussi. Pour les télécharger en bonne définition, il suffit de cliquer sur les images qui suivent.

CPA gloire à la France    CPA honneur et patrie

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16 juin 2013

Fil allégorique

Pendant ma balade en terre de Languedoc, je vous laisse avec la suite de la série sur les étiquettes de boîtes de fil : des allégories qui n'ont pas trouvé leur place dans les thèmes précédents. Ça  brille, ça resplendit, ça en impose et tiens... voici cette Renommée si partagée que j'avais déjà évoquée ici.

brillante+renommée

miroir+européen

resplendissante+astre d-or

Surtout n'oubliez pas, si vous avez l'occasion de vous trouver entre Narbonne et Perpignan ces temps-ci : jusqu'à la fin du mois, l'atelier de point de croix vous invite, à Sigean, à sa 8ème exposition d'ouvrages au point compté. , intitulée "Au fil de nos envies". J'y suis encore jusqu'à ce soir, alors peut-être à tout de suite ?

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12 juin 2013

Poésie publicitaire

Je vous parle d'un  temps où on se creusait un peu la tête pour développer ses arguments publicitaires : foin des slogans balancés à la va-vite, mais de la poésie pure et dure... Peut-on dire qu'il existe un équivalent aux peintres pompiers ? Alors je vous présente le poète pompier, ses alexandrins qui marchent au pas et sa bonne grosse rime sans malice,>)))

poème verso

Si l'auteur de cette merveille restera à jamais anonyme, en revanche le répertoire général des marques de fabrique nous indique précisément que la marque "Carte d'Or" fut déposée le 17 décembre 1884 par la filature Hassebroucq Frères.

Et j'ai beau me moquer, un article du Progrès du Nord du 10 janvier 1877 nous apprend tout de même que la filature HF a été distinguée par une récompense décernée lors de l'Exposition de Philadelphie. Elle était en bonne compagnie au milieu de nombre d'industriels du Nord oeuvrant dans le textile, parmi lesquels nous remarquerons bien sûr l'incontournable Vrau. On devait quand même croire en ses produits pour organiser leur promotion sous des cieux si lointains, à une époque où il fallait pas loin de deux semaines pour rallier l'Amérique en paquebot !

Et comme le recto de cette poétique publicité est vraiment sans intérêt, je vous laisse avec une belle image trouvée une fois encore à la bibliothèque municipale de Lille. Toujours chez HF, ce n'est pas la Carte d'Or mais presque...

carte soleil

Edit : allez voir , ça vaut 10,>))) Odile le tien est bien moins lourdingue que le mien, presque fripon, je trouve !

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09 avril 2013

D'une bibliothèque à l'autre

C'est une véritable mine de renseignements qu'Odile a dénichée pour nous sur le site de la BnF : le Répertoire général des marques de fabrique pour fil de lin et de coton à coudre déposées à Lille de 1812 à 1895.

Inventaire à la Prévert

Ce répertoire démontre, s'il en était encore besoin, la propension des filateurs à multiplier les marques de fil et surtout leur redoutable créativité pour les doter d'un nom, des plus fantaisistes aux plus mystérieux.

Difficile de ne pas sourire en se baladant dans cet inventaire à la Prévert, tantôt drôle, tantôt attendrissant et le plus souvent surprenant… En le parcourant on finit par se demander : mais où vont-ils chercher tout ça ? Ça commence doucement, de la Fanchonnette à la Frileuse, en passant par les Forces de Samson, la Gauloise, le Ménétrier breton, l'Oiseau de Paradis, le Petit bon Dieu ou le Tisserand de Ségovie… j'en passe et des meilleures !

Mais ça devient carrément débridé dans la seconde moitié du siècle où il faut probablement se creuser de plus en plus pour faire original : A la fraîche, qui veut boire ?, ou bien sur le ton des déclinaisons : l'Homme-canon, l'Homme de fer, l'Homme au Singe et l'Homme de Neige.

Et puis on  soupçonne tout de même des messages codés derrière certaines appellations ; car il ne devait pas être si innocent que ça, ce fil Guerre aux Chinois, Général Brière de l'Isle décliné ensuite par Hassebroucq frère en une tripotée de généraux, amiraux et autres commandants… Coup de pied de l'âne à un concurrent trop présent sur le marché ?

Finalement chacune retrouvera dans ces listes ses propres madeleines, pour moi ce fil Germain Pilon, juste parce que c'était la cité où habitait ma grand-mère à Montmartre, ou le Franc Bourguignon pour des raisons évidentes de chauvinisme régional ;-)

Protection ou pas ?

Ce qui m'interpelle le plus, c'est que le dépôt d'une marque ne semble pas empêcher sa réutilisation et à nouveau son dépôt par d'autres filateurs. Par exemple, on retrouve le fil au Pauvre Diable déposé en 1846 par Barthélemy Delespaul puis en 1852 par Antoine Picavet, la marque à la Princesse déposée en 1848 par Philibert Vrau puis en 1855 par Auguste Descamps. Il y a des noms qui font véritablement un tabac : on retrouve ainsi un dépôt pour la Renommée par Carlos Dathis en 1824, Barthélemy Delespaul en 1846, Ignace-Alexandre Senélar en 1847, Ignace Lambin en 1849, Antoine Picavet en 1852, Gustave Toussin en 1857, Victor Saint-Léger mais également Hassbroucq Frères en 1858, Fauchille-Delanoye en 1861 et finalement Crespel et Descamps en 1887, ouf ! La dénomination à la Vierge a eu également bien du succès puisqu'elle a été reprise par une dizaine de filateurs différents tout au long du siècle.

Une autre liste des filateurs lillois

Mais au-delà de l'aspect divertissant, Odile nous offre avec la trouvaille de ce répertoire une manière complémentaire d'identifier les marques des filatures, qui ne sont le plus souvent présentes sur les étiquettes que par la mention de leurs initiales. Or les listes reprennent ici, pour chaque marque de fil déposée, la marque de la filature associée in extenso et en abrégé. Ce sera donc facile désormais d'identifier les HF, R&C, EG ou AFD, y compris pour ceux qui ne figureraient pas dans la liste de Thiriez et Cartier-Bresson que nous avons déjà évoquée ici.

On veut des images !

Mais nous en voulons toujours plus ; et Odile regrette à juste titre qu'aucune image ne figure à ce répertoire. Ça m'a fait repenser à quelque chose que j'avais perdu de vue depuis un petit bout de temps et que je confesse avoir eu un peu de mal à retrouver : des pages extraites de l'Album des Marques datant de la seconde moitié du XIXème siècle et qui, pour ce que j'en sais, était une publication annuelle. Pour les fils, j'en ai seulement trois pages que je vous livre ici. Le format est grand, très proche de nos A3 modernes.

marque Daris Senélar

marque Vrau

marque WF

Et comme nos chères bibliothèques sont finalement des puits sans fond de documentation, aussi bien à Paris qu'en province, nous contenterons notre besoin d'iconographie en allant sur le site de la bibliothèque municipale de Lille, que je vous avais déjà signalé ici pour l'exposition sur la filterie Lilloise : il propose en ligne presque 1500 étiquettes de boîtes de fil dont nous allons pouvoir profiter tout notre content ! Je vous laisse y accéder en cliquant sur celle-ci qui m'a bien plu :

 fil à la rêveuse

La collection est étourdissante -malgré des scans à la colorimétrie médiocre- et je voudrais en retenir des dizaines, Odile celle-ci est pour toi :

machine à coudre

Quant à moi, j'ai trouvé mon bonheur... Et Vercingétorix le vainqueur de César remplace désormais l'étiquette dont je vous parlais ici à mon panthéon des objets désirés ;-) Ben oui, quoi, c'est pas comme si la vérité historique c'était important...

Au Gaulois  Au Gaulois2  Au vainqueur de César

Et pour ne pas vous laisser sur cette note rétrograde, deux jolies, pour la route !

au petit mercelot    petit chaperon rouge

Mais tout ceci n'est qu'un aperçu, allez-y : vous n'êtes pas près d'en revenir tellement l'offre est variée !

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17 mars 2013

Fil animé

En réalité, bien rares sont les étiquettes où n'est pas représenté au moins un personnage dans les séries que je vous ai déjà montrées précédemment sous d'autres thèmes, que ce soit les patriotiques et les "avenir radieux" ou les bucoliques. Mais c'est vrai que cette fois-ci, ils en sont le thème central, le plus souvent repris dans le nom du fil. Ce sont les petits métiers, ceux que les acheteuses croisaient dans leur vie quotidienne et notamment tous ceux qui tournent autour du textile : j'en ai peu mais les fils dans cette catégorie étaient légion, de la teilleuse de lin à la plieuse d'écheveaux en passant par les fileuses diverses et variées, les tisserands, les dentelières, les couturières et les mercières...

A contrario, il y a les personnages qui appartiennent à un univers plus éloigné de la consommatrice de base, des métiers de la mer à ceux du cirque ou encore la mystérieuse sorcière. Et puis il y a ceux qui la feront voyager dans l'histoire ou encore ceux, carrément exotiques comme le Mandchou, cousin du célèbre Chinois, qui l'emmèneront au bout du monde. A ce sujet, il est amusant de constater que le fil Au Chinois a entraîné dans son sillage bien des marques apparentées, créées peut-être dans l'espoir de recueillir un peu de sa notoriété : Fil de Chine, A la Chinoise, Au Marchand Chinois, Au Magot, Au Fils du Ciel, Au Palais Chinois, Fil de Pékin… et bien d'autres !

Ramoneur et Petit Bénéfice

Tailleur et Rouet

Boucanier et Ancre

Arlequin et Trapèze

Grosse caisse et Sorcière

Dauphin et collerette

Mandchou et Cartes

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14 mars 2013

Haut les cœurs !

Pendant que je me balade en Italie, je vous laisse avec la suite de la série sur les étiquettes de boîtes de fil. Et avant un prochain billet consacré aux étiquettes ayant pour thème les personnages, voici la dernière entrée dans ma collection et qui se rattache à l'esprit de celles que je vous avais montrées ici.

Elle est d'assez grandes dimensions (18 x 13 cm) et reprend un tableau peint en 1849 par Isidore Pils, Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour la première fois. Ce tableau a d'ailleurs été amplement exploité dans l'imagerie populaire : le motif de Rouget de Lisle, la main sur le cœur dans un grand élan de patriotisme, figure sur de nombreuses chromos publicitaires vantant des commerces variés, y compris dans des versions en noir et blanc.

Marseillaise

Et pour revenir à notre XXIème siècle, n'oubliez pas : si vous vous trouvez dans la région de Modène dans les jours qui viennent, ne manquez surtout pas de venir nous voir à cette belle manifestation qu'est Fili Senza Tempo, dans le cadre magique du château de Formigine.

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08 mars 2013

"Notre" DMC

En cherchant une version numérique de l'encyclopédie des Ouvrages de Dames en français (en vain, mais si la version anglaise ne vous rebute pas, elle est ici ), je suis arrivée sur le lien du musée DMC aux Archives Municipales de Mulhouse. Il est assez probable que je découvre, éblouie de ma perspicacité, une information que j'étais la seule à ignorer : c'est une chose dont je suis coutumière ;-) Mais j'en étais restée à une incertitude sur le devenir de la collection DMC qui avait été annoncée, il y a quelques années, au programme des ventes de Drouot. A ce moment-là la crainte avait été grande de voir ce beau fonds dispersé à travers le monde.

Or nous autres, amoureuses de mercerie, considérons volontiers ce patrimoine comme nous appartenant un peu... sans compter que de notre côté, nous pourrions en nous unissant monter un musée parallèle rien qu'avec ce que nous avons dans nos armoires !

Fils DMC

nuanciers catalogues DMC

Finalement, la collection DMC a été recueillie en dépôt en 2009 par les Archives de Mulhouse. Et ça ne doit pas être une mince affaire que d'assurer la conservation de ce patrimoine exceptionnel qui comprend, outre tous les objets du musée, 3 km linéaires d'archives ! Il est articulé autour de deux pôles : d'une part la collection DMC, constituée d'archives et d'objets emblématiques de la vie de l'entreprise, et d'autre part la collection Thérèse de Dillmont, essentiellement composée d'échantillons et de modèles originaux de broderies.

musée DMC

Voici ainsi levée l'hypothèque qui pesait sur la conservation du fonds... Mais ce sont bien d'autres moyens qui seraient nécessaires pour en permettre l'accès permanent au public. D'où ce site consacré au musée DMC et conçu par des étudiants en Sciences de l'Information et Métiers de la Culture à l'Université de Haute-Alsace : il propose un premier aperçu sur les collections. Et parce qu'on aime bien aussi voir "en vrai", DMC s'est rapproché du musée textile de Wesserling, tout proche de Mulhouse, ce qui a déjà abouti à l'organisation d'une exposition temporaire en 2011. D'autres devraient venir, n'hésitez pas à surveiller le programme de ce bel écomusée.

wesserling

En glissant de lien en lien, une autre visite passionnante pourra compléter votre voyage numérique : il s'agit d'un site conçu par des étudiants suivant le même cursus et consacré, lui, à la filature DMC de 1812. Il présente de façon détaillée les différentes composantes du site : la manufacture d'impression, les bureaux et les habitations, les étendages, le bâtiment du blanchiment, celui des teintures et des apprêts... Le tout est enrichi d'une photothèque qui permet de mieux appréhender le site historique à l'aide de gravures de l'époque, mais également son inquiétant état de délabrement aujourd'hui.

DMC hier

DMC aujourdhui

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