26 juin 2013

Un album pour Camille

J'ai été touchée par vos jolies réactions sur ce billet consacré au marquoir de Camille. J'ai parfois l'impression d'avoir des obsessions un peu baroques quand je passe des heures dans mes recherches documentaires,>))) Certes le plaisir que j'y trouve justifie amplement le temps que je leur consacre. Mais depuis que j'ai créé ce blog, je suis heureuse de trouver un écho à mes marottes chez d'autres brodeuses.

Je suis attachée au sens d'un ouvrage, à l'intention qu'il contient ou que je lui prête ; pour moi c'est ce qui fait qu'il n'est  pas qu'un alignement de petites croix. L'émotion naît d'un rien : un marquoir comme celui de Camille prend du sens peut-être uniquement en raison de son ancienneté. Là où le même ouvrage brodé aujourd'hui me paraîtrait probablement sans intérêt, le simple fait qu'il ait traversé les années pour porter jusqu'à nous la petite flamme d'une brodeuse disparue lui donne toute sa valeur. Et vous, avez-vous une idée de ce qui vous attire dans les vieux marquoirs ?

Hommage à Camille

Comme vous êtes plusieurs à avoir manifesté l'intention de broder le marquoir de Camille (et même si je sais que nos élans ne se concrétisent pas toujours,>))), j'ai créé un album pour accueillir vos réalisations, si vous voulez bien me transmettre une photo une fois quand vous aurez terminé. Broder l'abécédaire de Camille à l'identique, mais pourquoi pas également jouer avec lui à votre idée ? Le modifier, vous l'approprier, le monter moins classiquement... il y a tant de possibilités ! Pour l'instant, Camille y est accompagnée de Joëlle, j'espère que vous viendrez bientôt les rejoindre. J'ai quant à moi une petite idée pour mon hommage, le temps de terminer des en cours urgents...

Vous pouvez me faire passer les photos sur cette adresse :

mail

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18 mai 2013

Le marquoir de Camille Jullien

J'ai su que mon jour de chance était arrivé lorsqu'un matin, sur le marché de Dijon, je suis tombée sur ce marquoir rouge qui sortait à peine des cartons. Enfin j'ai vraiment su que c'était un jour de chance quand on m'en a dit le prix… C'était il y a une quinzaine d'années, 50 francs c'était certes une somme (surtout quand on est parti pour acheter six œufs et une salade !) mais les marquoirs étaient déjà le plus souvent inabordables, si bien que je n'ai jamais envisagé de les collectionner. En réalité, le (très petit) fonds que je me suis constitué pour le plaisir l'a été au gré d'occasions de ce genre.

Bref, je n'ai pas hésité une seconde : la localisation de l'ouvrage à Dijon l'a emporté sur tout le reste et d'ailleurs, je crois que la marchande, prise un peu au débotté, regrettait déjà son prix mais je l'avais en main… trop tard ;-)

Plus tard, j'ai donné ce marquoir au PCB pour le recueil "Petite Cuisine entre Brodeuses" réalisé à l'occasion de l'exposition de 2010 au Cellier de Clairvaux, ce qui explique que certaines le reconnaîtront. Comme le livret est épuisé depuis la fin de l'expo, j'en profite pour le proposer à nouveau ici.

Camille Jullien endroit

Camille a brodé sur un canevas souple, avec un fil de coton rouge qui pourrait bien être du Broder Spécial et qui, aujourd’hui encore, a conservé tout son satiné. L'ouvrage mesure 34 cm sur 23.  Le travail est joliment fait, il n'y a qu'à regarder l'envers pour constater que l'arrêt des fils est moins négligé que souvent sur les "petits rouges". A 9 ans… bravo, Camille ! Le détail qui tue ? Il lui a manqué juste une aiguillée de rouge pour terminer, et elle a brodé une rangée d’une centaine de points en orangé sur la droite de son marquoir, ce qui se distingue à peine, d’ailleurs.

Camille Jullien envers

Après avoir fait quelques recherches, je me suis aperçue, aux mentions marginales portées sur son acte de naissance, que nous avions sept ans pour nous croiser sur cette terre, Camille et moi… je ne sais pas pourquoi ce genre de détail absurde se révèle finalement si émouvant, mais probablement les brodeuses et les collectionneuses me comprendront-elles ?

acte_naissance_Camille
Document issu des archives en ligne de Côte-d'Or

Née à Dijon le 23 novembre 1888, Camille s'y est mariée avec un boulanger douze ans après avoir brodé son marquoir et s'y est éteinte à l’âge de 77 ans. Du côté maternel, elle est d'une famille côte-d'orienne pur jus : la maman est née en 1863 à Fauverney et j'ai suivi cette branche dans le département au moins jusqu'au XVIIIème siècle, partie dans l'arrière côte, dans les environs de Ternant et partie dans la plaine de Saône, vers Vonges. En revanche du côté du papa, né en 1856 près d’Auxonne, on se retrouve dans le Jura dès qu’on arrive aux grands-parents de Camille.

J'ai aimé chercher à en savoir un peu plus sur cette petite fille dont le sage abécédaire s'est retrouvé par hasard entre mes mains, j'ai aimé prendre le temps d'en tracer chaque croix pour le mettre en diagramme. Si  cela vous tente, vous pouvez le télécharger en cliquant sur la vignette qui suit.

diagramme Camille

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