04 juin 2017

Le prochain chantier

Celui-là je l'ai dans un coin de ma tête depuis longtemps ; et puis arrive le jour où tout se met en place. Certainement pour oublier une de mes sottises de jeunesse, j'avais relégué à la cave le mannequin sur lequel ma mère avait ajusté ses premiers patrons à l'école de couture. Ça nous replace tout de même au tout début des années 50.

Quand je l'avais récupéré du grenier de la maison familiale, j'avais jugé bien peu gracieuses les quelques tâches d'humidité qui touchaient (à peine…) sa toile. Ce à quoi j'avais trouvé la solution ultime, en accord avec mes aspirations hippies du moment : tout badigeonner d'un improbable rose tiryen, censé effacer ces quelques misères.

Mannequin

Ah bah oui… j'émergeais à peine de l'adolescence et je ne reculais devant aucun sacrilège ;-) Quelques années et une prise de conscience plus tard, je m'étais empressée de dissimuler cette honte hors de ma vue. Cependant, le mannequin m'a suivie lors de chacun de mes déménagements et une toute petite épine m'est restée plantée au cœur, suffisamment incommodante pour ne pas se laisser oublier.

Je savais bien qu'il faudrait que je répare… Et puis la semaine dernière, lors de jolies puces de couturières à Saint-Ours, je suis tombée sur un vieux coupon de lin qui m'a paru idéal : fin, dense et souple, suffisamment de qualités pour que je puisse espérer le voir se prêter à l'habillage de mon buste.

Coupon mannequin

Donc… y'a plus qu'à ? Patronner, tracer, couper, faufiler, ajuster, reprendre, ajuster encore, coudre, triompher et m'accorder enfin, à moi-même personnellement, l'absolution de mon péché !

En attendant, une fois n'est pas coutume, je relaie ici mes trouvailles de brocante pour celles qui ne suivent pas mon compte Facebook. Le temps d'une courte semaine en Auvergne, j'ai retrouvé le plaisir de la chine, où l'on met la main sur des trésors pour quelques pièces : un corsage de mamie en finette bleu-gris, les napperons ronds au crochet que j'accumule pour yarn-bomber le pilier de mon balcon, un joli nécessaire de demoiselle en os, des vieilles cartes de fil, un touchant travail d'écolière, des petites marquettes auvergnates, une seringue à décorer (pourquoi, mais pourquoi ???), des boutons de nacre taillée, de jais et de verre soigneusement triés dans un stock…

Chine Saint-Ours

J'ai de quoi bricoler, de quoi partir dans de nouvelles recherches, de quoi compléter une corbeille de mercerie… et de quoi m'interroger sur mes coupables penchants à craquer sous le fallacieux prétexte que ça coûte moins que trois fois rien !

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23 avril 2017

La danseuse autrichienne

Je vous ai déjà parlé de la touchante exhumation de souvenirs entreprise par Clara Beaudoux dans la cave de Madeleine, précédente occupante de son appartement à Paris. Par petites touches et en tweets de 140 signes, Clara nous fait partager ses découvertes, banales, émouvantes ou cocasses. Comme un sculpteur débarrassant son sujet de la matière inutile qui l'emprisonne, elle écarte un à un les voiles de l'oubli pour amener sous nos yeux une femme ordinaire et, par conséquent, digne du plus grand intérêt.

Madeleineproject 1

Le premier pied posé dans cette cave a entraîné Clara bien plus loin qu'elle ne l'avait imaginé : à la recherche des élèves de Madeleine, dans  la quête généalogique pour arriver à poser un nom sur ses photos, à Bourges pour retrouver la maison de son enfance... Et elle entrevoit maintenant une suite en proposant une collecte de souvenirs, de nos souvenirs cette fois-ci.

Collecte Madeleine project

Je n'ai pas hésité un instant et j'ai proposé à la collecte l'histoire de ma danseuse autrichienne, légèrement miteuse mais toujours vaillante et primesautière pour une nana qui va sur ses 85 ans.

Dans la maison de mes parents, cette danseuse un peu kitsch était protégée derrière la vitre de la bibliothèque, avec interdiction aux enfants d'y porter la main. On nous avait tellement bassiné.e.s avec sa fragilité que n'aurions jamais osé transgresser cet interdit-là. Parfois, quand nous avions bien supplié, Maman la sortait, remontait le mécanisme et la faisait jouer, avec tout le cérémonial requis par l'évènement.

Danseuse autrichienne

La danseuse autrichienne virevoltait un court moment sur quelques notes charmantes et aigrelettes, devant nos yeux fascinés qui avaient pourtant déjà tant de fois assisté au miracle. Puis elle s'épuisait, comme sur le point de défaillir ; mais nous retenions notre souffle et ne perdions pas une seconde de cette agonie, sachant déjà qu'il était inutile de réclamer un second tour.

Jeannette et Roland

Quand j'y repense, je me dis que ma mère devait bien se marrer à nous embrouiller ainsi, en ne perdant pas une occasion de nous mettre à l'école du plaisir et de la frustration ! Cette broutille pour touristes, rapportée de leur voyage de noces par mes grands-parents en 1932, trône désormais derrière la vitre de MA bibliothèque ; je pourrais faire danser la petite autrichienne à ma guise… mais j'ai bien trop peur de l'user ;-) Parfois, cependant, dans d'exceptionnelles occasions, quand on m'a bien suppliée…

Et vous, quel souvenir offrirez-vous ?

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11 février 2016

Interlude #1

Parce que c'est rapide ;-) Et irrésistible !

Vous avez aimé la saison 1 du #Madeleineproject ? Vous allez adorer la saison 2 qui vient de débuter. Nous avons encore de bien jolies choses à découvrir dans la cave de Madeleine : de bavards bavoirs, un drap brodé, des épingles à chapeau...

Madeleinproject bavoirs

Madeleinproject épingles et drap

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12 novembre 2015

#Madeleineproject

En emménageant dans son nouvel appartement il y a deux ans, Clara Beaudoux découvre que sa cave n'a pas été vidée. La précédente locataire, après avoir habité les lieux pendant vingt ans, est décédée sans descendant. Clara contacte donc son filleul, le seul lien qu'elle semblait avoir : il ne veut pas récupérer le contenu de cette cave, oublié par l'entreprise qu'il avait mandatée pour débarrasser l'appartement ; Clara peut en faire ce qu'elle veut.

En partant à l'exploration des cartons et des valises entassés là, elle voit se dessiner par petites touches l'univers de Madeleine. Elle reconstitue le puzzle d'une existence ordinaire, en allant de découvertes émouvantes en surprises fantaisistes : une dent de lait montée en pendentif, une boîte de gommettes étoilées, une tirelire de porcelaine en forme de canard, des bons de rationnement de charbon datant d'après la première guerre mondiale...

Madeleine étoiles et charbon

Nous savons désormais que Madeleine aurait eu cent ans cette année, que... je vous laisse le plaisir de découvrir l'histoire si vous n'avez pas déjà fait la promenade du côté de chez Clara Beaudoux. Elle tweete ses découvertes par messages de 140 signes, avec délicatesse et une jolie tendresse pour cette inconnue qui ne l'est déjà plus pour nous.

Madeleine

Pour celles qui, comme moi, ne sont pas tweetérisées, vous pouvez trouver l'aventure de la semaine ici ou encore suivre la page Facebook du projet pour prendre des nouvelles de Madeleine.

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06 novembre 2013

Souvenir... encore !

J'ai été amusée, et un peu surprise je dois dire, des échos renvoyés par "ma" vieille épicerie-mercerie. En réalité, quand je publie un billet, je ne sais jamais trop dans quels cœurs il va tomber, c'est aussi ce qui fait le piment de la chose. Pour des raisons particulières, celui de mercredi me parlait tout spécialement, mais je ne voyais pas bien son intérêt pour quelqu'un d'autre que moi…

Et en réalité, il a éveillé des souvenirs chez beaucoup d'entre vous : je crois que les mots de Giono sont assez évocateurs pour faire renaître des sensations enfouies tout au fond de notre mémoire.

Comme Sylvie m'a fort opportunément rappelée à l'ordre, je prolonge un peu aujourd'hui le voyage dans le temps. Tu as raison, Sylvie, comment ai-je pu oublier de chercher dans les vieilles images pour faire revivre cette façade décrépie, à l'inscription plus qu'à demi effacée ?

L'agrandissement des photos étant plus qu'erratique en fonction des systèmes, je vous suggère de les ouvrir dans un nouvel onglet si vous souhaitez les voir dans leur meilleure taille.

gissey-sous-flavigny 1

gissey-sous-flavigny 2

gissey-sous-flavigny 3

Je crois que les jours de notre belle inscription, qui a déjà perdu son "Café", ne sont pas assurés… Restée dans la même famille pendant longtemps, cette maison de village peut être amenée à changer de mains. Et on ne pourrait en vouloir à de nouveaux habitants de souhaiter un peu la rafraîchir...

La morale de l'histoire, c'est qu'il faut toujours se balader avec un appareil photo à portée de main. Immortalisons, immortalisons, il en restera toujours au moins cela…

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