La problématique du dé
Je suis à nouveau titillée par une envie que vient de faire ressurgir Kumiko Nakayama, en nous offrant une explication absolument lumineuse pour qui veut débuter dans la technique du boutis. Vous l'avez peut-être repérée dans mes partages Facebook de cette semaine, sinon vous retrouverez sa vidéo en cliquant sur l'image qui suit.
Le boutis a souvent croisé mes chemins textiles, comme un appel toujours repoussé mais cependant toujours présent quelque part dans ma pile des "je veux faire ça". Je suppose que mes huit années vécues en Provence n'y sont pas tout à fait pour rien.
En tout cas, j'en ai conservé une documentation nourrie en remontant vers la Bourgogne.
Boutis des villes, boutis des champs - Francine Nicolle, photographies Jean-Louis Aubert
Boutis de Provence - Karen Berenson, photographie Erik Kvaksvik
Ce ne sont donc pas les sources d'inspiration qui doivent me faire défaut : quand je reprends ces bouquins, je me noie dans les merveilles. S'y ajoute le souvenir d'une visite à la Maison du boutis de Calvisson ; elle est déjà ancienne et je saisirais volontiers une occasion d'y repasser.
Maison du boutis à Calvisson - Photographie Daniel Guilhaume
Non, mon problème ce ne sont ni les idées, ni les envies. Mon problème c'est ce fichu dé à coudre que je ne suis jamais parvenue à apprivoiser :-(
J'ai pourtant eu le suprême exemple : ma Maman était passée par la discipline de l'école de couture et il était tabou pour elle de se mettre à l'ouvrage sans son dé à coudre. Même quand elle ne faisait que tracer et tailler son patron... Je revois la craie s'effriter au contact du dé, je l'entends encore s'entrechoquer dans les anneaux de ses grands ciseaux. Évidemment je ne saurais dire le nombre de fois où je l'ai entendue se désoler de me voir broder sans cet indispensable accessoire.
J'ai eu le temps de m'en désoler, moi aussi. Toutes les fois où il me fallait travailler comme une bourrique, des heures et des heures d'affilée parce que j'étais dans la dernière ligne droite d'un ouvrage à deadline (désolée l'Académie, mais tu ne connais pas la pression qui accable la brodeuse dans ces moments-là ,-). Pour un concours, pour une exposition, pour un salon...
Inlassablement je refais des tentatives, et invariablement je finis avec l'astuce minable et moyennement efficace du sparadrap pour pouvoir continuer à broder.
Mes trois dés finalistes sont ceux-là, deux vieux et un moderne en silicone.
Mais en réalité, celui que je finis par choisir me sert uniquement à éviter d'utiliser le doigt meurtri auquel je le chausse : impossible pour moi de pousser l'aiguille avec car je perds toute précision. Avez-vous le même problème que moi ? Je reprends un peu espoir en voyant Kumiko travailler avec un dé d'une sorte que je ne connaissais pas ; l'avez-vous déjà testé, celui-là ?
Car ce n'est même pas la peine de rêver me mettre au boutis si je ne parviens pas à utiliser un dé à chaque main ; d'autant que l'ouvrage qui est dans mon viseur, c'est cette vane Montpezat dont j'ai acheté le modèle il y a bien longtemps auprès de Michèle Charvet. J'ai le temps de souffrir, si je ne trouve pas une solution efficace de protection...






