Ça roule !
Je continue avec ma bonne vieille habitude du marabout bout d'ficelle, en rebondissant sur le Passfils dont je vous ai parlé il y a quinze jours. J'avais dû farfouiller un certain temps pour trouver la roulette à patron qui me permettrait d'illustrer cette curieuse pochette de papier décalqueur.
Mais évidemment, elle n'était pas venue seule ; et une fois que je tenais celle-là, je tenais toutes les autres. Passion : roulette à patron !
Je les range toutes sous le vocable de roulettes à patron, mais en réalité elles sont tellement diverses que leurs usages sont aussi hétéroclites. J'en soupçonne notamment certaines d'être plutôt des outils de sellerie que de couture, pour pré-tracer sur le cuir les pointillés à suivre afin de garantir la régularité des points.
Parmi toute cette ronde, il y en a que j'affectionne plus particulièrement, pour leur originalité et/ou leur provenance. Celle-ci, par exemple, conçue pour permettre un travail confortable : elle offre juste la petite cuvette qu'il faut pour poser son index. Une certaine idée de l'artisanat à la russe ? Car elle fut chinée aux puces d'Izmaïlovo.
Il est bien possible d'ailleurs que ce soit une roulette marque-points, l'emplacement pour le doigt permettant peut-être d'appliquer davantage de force en la manipulant.
La suivante de mes chouchoutes est très différente, car elle est vraiment minuscule à un point que j'imagine mal l'utiliser.
Ell est pourtant bien documentée par ces publicités illustrées, relevées dans mes vieux journaux de broderie de la fin du XIXe siècle. Elle sert à piquer les calques de broderie avant de les passer à la poudre à poncer pour reporter le dessin sur la toile. Je suis dubitative en pensant au niveau de précision que nécessitent nos fines initiales à broder au plumetis mais il faudra tout de même que je la teste.
Ma roulette en miniature figure même au catalogue Manufrance de 1922, au milieu de plein d'autres accessoires pour la broderie.
Et puis j'aime bien aussi cette roulette double. Pour tracer dans un même mouvement la ligne de couture et la ligne de découpe et laisser ainsi une marge régulière autour du patron ?
La roulette à patron est un outil incontournable de la couturière... que j'avoue n'avoir jamais utilisé. Il me semble que ma mère en avait une, mais sans plus de certitude. Cependant le Petit Guide le la Ménagère de 1951 la mentionne parmi l'outillage de base.
Un classique qui perdure, en tout cas. Car dès 1889, c'est le Petit Écho de la Mode qui nous en fournit le mode d'emploi détaillé, d'abord avec la méthode pour relever les patrons sur le tissu et ensuite la manière de piquer les calques de broderie avant de passer à l'étape du ponçage.
Je ne suis pas une référence en matière de couture, puisque je n'utilise même pas de dé (rhooo...). Et vous, roulette à patron ou pas roulette à patron ?












