02 avril 2017

Vilhelm Hammershøi

En 1888, Vilhelm Hammershøi vit sa Jeune fille cousant refusée à l'exposition de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague ; peut-être osait-il un dépouillement trop peu conforme aux canons de cette fin de XIXème siècle.

Hammershøi - Jeune fille cousant
Vilhelm Hammershøi
Jeune fille cousant Ordrupgaard

Aujourd'hui, je fais mon miel de cette simplicité presque hypnotique et de la sensation de solitude sereine suggérée par le dépouillement des formes. Les grisailles sourdes de sa toile m'entraînent loin sur un chemin d'austérité exigeante qui laisse toute sa place au rêve.

J'ai mis sur la pile des prochaines lectures le bouquin de Delherm, Intérieur ; je suis curieuse d'entrer par son regard dans l'univers de ce peintre qui travailla en ignorant les courants de son époque. En cliquant sur l'image qui suit, vous pourrez écouter ce qu'en dit Olivier Barrot dans sa chronique Un livre, un jour de février 2001.

Un livre un jour

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22 novembre 2015

Vermeer et sa ruelle

Ils sont nombreux à s'être cassé les dents sur cette énigme : identifier, dans la ville de Delft, le lieu illustré par Vermeer dans sa toile intitulée La ruelle. En désespoir de cause, certains ont même avancé l'hypothèse qu'il avait peint un endroit imaginé, une quintessence de sa ville natale sans toutefois en représenter un endroit précis.

Vermeer - La ruelle

Ce tableau est accroché depuis longtemps dans mon musée imaginaire. Je l'aime pour cette femme à l'ouvrage encadrée dans son pas de porte, bien sûr : dans ce sujet incident je vois, moi, le principal. Mais je l'aime surtout pour la sérénité puissante qu'il dégage. La matière est rendue avec une précision hallucinante : la briquette fissurée, les murs chaulés, le bois des vantaux ; et dans le même temps, les personnages sans visage donnent à la scène un côté intemporel qui confine à l'universalité.

J'aime la poésie dont Vermeer habille un quotidien ordinaire, j'aime la palette sourde et somptueuse des couleurs, j'aime le silence que j'entends dans cette scène urbaine.

Bref... j'aime ce tableau ;-)

Vermeer - La ruelle détail

Et bien nous saurons désormais où Vermeer a posé son chevalet pour nous offrir cette icône de la cité de Delft ; ou du moins, le Rijksmuseum vient-il de valider les recherches d'un historien hollandais, le professeur Frans Grijzenhout. Il a dépouillé des archives qui n'avaient jamais été exploitées auparavant et notamment le registre des droits de quais, dressé en 1667 pour enregistrer la participation des propriétaires à l'entretien des canaux et des quais.

Dans ce rôle, les habitations et les passages de séparation sont décrits avec une précision avoisinant les quinze centimètres. Le lieu identifié par le professeur Grijzenhout, aux actuels numéros 40 et 42 de la Vlamingstraat, correspond non seulement aux maisons représentées en premier plan du tableau mais également à celles situées sur les lignes de fuite. La demeure qui constitue le sujet principal de la toile était celle de la tante de Vermeer. Sa mère et sa soeur habitaient elles aussi le long de ce canal, sur le quai opposé.

Les maisons d'aujourd'hui, construites au XIXème siècle, ne sont plus celles que Vermeer représentait deux siècles auparavant. Seule subsiste la configuration du passage de séparation.

La ruelle aujourd'huiLe Rijksmuseum propose depuis vendredi une exposition temporaire consacrée à cette découverte et qui durera jusqu'au 13 mars prochain. Elle sera ensuite remontée jusqu'à l'été à Delft même, au musée Prisenhof. A défaut de pouvoir faire le voyage, je vous donne rendez-vous pour cette visite virtuelle qui décrypte les dernières recherches sur l'oeuvre de Vermeer.

Souvenez-vous aussi, je vous parlais déjà du Rijksmuseum ici et notamment de la possibilité de s'y construire son propre atelier : le vôtre se remplit-il ?

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05 août 2015

Noir Napoléon III

Ce week-end, je me suis mise à la peinture. Je déteste ça : je peux prendre toutes les précautions du monde, je m'en colle plein les mains et ça me saoule. Mais je voulais un bureau en deux tons noir/naturel, il y avait peu de chance que je trouve en standard ce que j'avais dans l'idée. Et comme je suis têtue...

J'ai donc acheté une table en bois brut pour garder le plateau couleur pin et peindre le piètement en noir Napoléon III. Je sais qu'il existe des vernis tout prêts pour obtenir cet effet mais je crains qu'ils ne donnent un rendu trop brillant, limite toc. J'ai donc utilisé une méthode que j'ai déjà testée sur des pieds de lampe : la peinture mate passée à la cire.

noir Napoléon III

En fond, c'est le bois brut tel qu'il était au départ, en bas un pied juste peint et en haut un pied ciré. J'arrive relativement à l'effet que je veux, luisant mais pas trop brillant. En pratique, j'ai utilisé la peinture Luxens mate en deux couches, la cire Libéron Black Bison incolore puis, après 24 heures de séchage, un lustrage de luxe avec un vieux pull en cachemire tout bouffé par les mites mais que j'ai rescapé justement pour ce genre d'usage.

Pour le plateau, je l'ai simplement nourri avec l'huile que j'utilise pour mon plan de travail dans la cuisine. Je pense que ce sera suffisant pour le protéger. Et le bois brut a pris une petite teinte pitchpin qui me convient bien.

bureau

Et voilà mon énoooorme bureau dans son aspect final. Forcément, dans une pièce de 11 m², un plateau de 0,95 x 2 mètres, ça fait vite grand ;-) Ça tombe bien, je voulais un bureau qui ressemble à une table de tailleur, je suis servie...

Si vous avez un truc différent pour obtenir le noir Napoléon III, je prends. C'est vraiment une finition que j'aime particulièrement entre mes murs blancs, je la réutiliserai sûrement sur d'autres meubles. Il y a peut-être mieux à faire que peinture + cire ?

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15 octobre 2014

Les fleurs d'Anežka

Anežka Kašpárková dit qu'elle ne conçoit pas la vie sans rien faire. Alors quand la minuscule chapelle située devant l'église du village a été restaurée, elle s'est mise en tête d'orner l'austère enduit blanc de fleurs bleu outremer.

Anežka Kašpárková 1

Elle vit à Louka, en Tchéquie, dans la Moravie du sud. Il ne faut surtout pas lui dire qu'elle est artiste : elle se contente de faire pousser sous son pinceau les fleurs qu'elle a dans la tête, et voilà tout.

Anežka Kašpárková 2

Comme elle peint sans modèle, aucun de ses décors n'est identique au précédent.

Anežka Kašpárková 3

Je suis allée me balader un peu dans les rues de Louka grâce à Google Maps (j'adore !), c'est qu'elle a drôlement bien résisté, la chapelle d'Anežka, contrairement à ce qu'elle craignait : regardez-là cinq ans plus tard !

Louka 2012

Quand elle a peint ses fleurs, en 2007, Anežka avait près de 80 ans. J'aime à penser qu'elle continue toujours à enchanter le quotidien de son village...

Anežka Kašpárková 4

Anežka Kašpárková 5

J'ai trouvé son histoire ici et encore ici.

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