29 novembre 2015

Pour gâter les petites filles #1

Puisque nous sommes au premier jour de l'Avent, il est temps de penser à choisir, dans le plus grand secret, les cadeaux que les petites filles déballeront avec des yeux émerveillés au matin de Noël. Les parents avisés choisiront des jouets utiles qui prépareront leur fillette à tenir le rôle de parfaite maîtresse de maison auquel ils la destinent ;-)

Idée #1 - Une machine à coudre pour faire comme Maman

Comme cette machine à coudre en réduction fonctionne avec un fil unique en provenance de la bobine, elle ne sait faire que des coutures au point de chaînette. Pendant que sa maman assemblera pour sa poupée un joli manteau à col de velours, Lison coudra plus simplement le drap et l'oreiller pour garnir son petit lit de bambou.

Machine à coudre

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26 novembre 2015

New Home Sewing Machine

La plus simple, la plus populaire, la meilleure, rapide, résistante, fiable, silencieuse, robuste et sure... décidément, elle a tout pour elle !

New Home Sewing Machine

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22 novembre 2015

Vermeer et sa ruelle

Ils sont nombreux à s'être cassé les dents sur cette énigme : identifier, dans la ville de Delft, le lieu illustré par Vermeer dans sa toile intitulée La ruelle. En désespoir de cause, certains ont même avancé l'hypothèse qu'il avait peint un endroit imaginé, une quintessence de sa ville natale sans toutefois en représenter un endroit précis.

Vermeer - La ruelle

Ce tableau est accroché depuis longtemps dans mon musée imaginaire. Je l'aime pour cette femme à l'ouvrage encadrée dans son pas de porte, bien sûr : dans ce sujet incident je vois, moi, le principal. Mais je l'aime surtout pour la sérénité puissante qu'il dégage. La matière est rendue avec une précision hallucinante : la briquette fissurée, les murs chaulés, le bois des vantaux ; et dans le même temps, les personnages sans visage donnent à la scène un côté intemporel qui confine à l'universalité.

J'aime la poésie dont Vermeer habille un quotidien ordinaire, j'aime la palette sourde et somptueuse des couleurs, j'aime le silence que j'entends dans cette scène urbaine.

Bref... j'aime ce tableau ;-)

Vermeer - La ruelle détail

Et bien nous saurons désormais où Vermeer a posé son chevalet pour nous offrir cette icône de la cité de Delft ; ou du moins, le Rijksmuseum vient-il de valider les recherches d'un historien hollandais, le professeur Frans Grijzenhout. Il a dépouillé des archives qui n'avaient jamais été exploitées auparavant et notamment le registre des droits de quais, dressé en 1667 pour enregistrer la participation des propriétaires à l'entretien des canaux et des quais.

Dans ce rôle, les habitations et les passages de séparation sont décrits avec une précision avoisinant les quinze centimètres. Le lieu identifié par le professeur Grijzenhout, aux actuels numéros 40 et 42 de la Vlamingstraat, correspond non seulement aux maisons représentées en premier plan du tableau mais également à celles situées sur les lignes de fuite. La demeure qui constitue le sujet principal de la toile était celle de la tante de Vermeer. Sa mère et sa soeur habitaient elles aussi le long de ce canal, sur le quai opposé.

Les maisons d'aujourd'hui, construites au XIXème siècle, ne sont plus celles que Vermeer représentait deux siècles auparavant. Seule subsiste la configuration du passage de séparation.

La ruelle aujourd'huiLe Rijksmuseum propose depuis vendredi une exposition temporaire consacrée à cette découverte et qui durera jusqu'au 13 mars prochain. Elle sera ensuite remontée jusqu'à l'été à Delft même, au musée Prisenhof. A défaut de pouvoir faire le voyage, je vous donne rendez-vous pour cette visite virtuelle qui décrypte les dernières recherches sur l'oeuvre de Vermeer.

Souvenez-vous aussi, je vous parlais déjà du Rijksmuseum ici et notamment de la possibilité de s'y construire son propre atelier : le vôtre se remplit-il ?

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19 novembre 2015

Good earth

L'entreprise Good Earth imprime des textiles selon les méthodes traditionnelles. Dans le geste des artisans, il y a la concentration, la précision et comme une forme d'éternité. A consommer sans modération : cette télé-là est bonne pour vous !

Si vous voulez, vous pouvez suivre Good Earth sur Facebook. Vous y trouverez d'autres vidéos, notamment de très belles images évoquant l'impression des chintz sur la côte de Coromandel.

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15 novembre 2015

Nénette et Rintintin

Quand tous les jeux semblent épuisés, il faut encore aux grandes personnes des trésors d'imagination pour répondre au lancinant "J'sais pas quoi faire" lancé par des enfants butés, cherchant sans conviction à s'occuper. Arrive alors le moment où l'on ressort les restes de laines multicolores qui se transformeront en pantins plus ou moins réussis : l'art de faire quelque chose à partir de rien ! Fabriquer des Nénette et des Rintintin, voilà bien une occupation qui a traversé les générations... sans d'ailleurs qu'elles en connaissent toujours l'origine.

Nénettes et Rintintins

Les enfants de Poulbot

Tout commence en 1908, avec un Francisque Poulbot assez remonté contre les poupées proposées alors aux petites filles : le plus souvent des fabrications Made in Germany (trahison !), auxquelles il trouve un air uniformément idiot. En fin observateur des titis parisiens, il décide de s'en mêler en modelant dix-huit poupées aux caractères bien marqués, à l'image des enfants à qui il les destine. Il fait sensation en présentant cette année-là au Salon des Humoristes "ses poupées d'une invention ravissante, émouvante même, je risque le mot, avec leurs tignasses emmêlées et leur mines de papier mâché" (Gil Blas 10 mai 1908). "Avec lui, la poupée d'art entre dans un mouvement nouveau et qui est personnel à Monsieur Poulbot." (Gustave Kahn - La femme dans la caricature française).

Mais, comme Poulbot le dit lui-même, "la guerre a tout dérangé" : seuls deux de ses enfants auront le temps d'être produits en série par la Société Française de Fabrication des Bébés et Jouets, avant que le monde ne soit précipité dans la première tourmente du siècle.

Poupées PoulbotCatalogue d'étrennes des Magasins du Louvre en 1913 et poupées vendues par la maison Theriault's

Étonnamment modernes, ces bouilles-là détonnent au milieu des visages de porcelaine aux yeux écarquillés et à la bouche ouverte trônant dans les vitrines des magasins de jouets. Elles s'appellent Nénette et Rintintin mais, dans le petit monde de Poulbot, Nénette est le garçon, Rintintin est la fille : il se murmure que ce sont les noms tendres que son épouse et lui-même avaient coutume de se donner.

Seulement l'époque n'est pas propice au lancement d'une nouvelle gamme de jouets. Les deux Poulbotes en restent donc à une fabrication et une diffusion fort restreintes.

Trois mois de folie

Passent quatre années de guerre... et tout à coup, au printemps 1918, Nénette et Rintintin sont sur tous les cœurs, leur nom refleurit sur toutes les lèvres ! Ils reviennent en force, cette fois-ci sous la forme de deux minuscules fétiches de fil, parés de toutes les vertus protectrices contre les dangers de la guerre.

CPA Nénette et Rintintin

Bien malin qui saura dire exactement quelles mains ont imaginé ces petites poupées de fil, d'à peine trois centimètres de haut. La presse s'accorde cependant à les faire naître dans le monde de la couture. Pourquoi alors ne pas s'en remettre à la jolie version racontée par le Carnet de la Semaine, dans son édition du 2 juin 1918 ? L'échotier évoque une mode lancée par Geneviève, petite main chez Paquin, qui après avoir fabriqué les pantins dans un écheveau de laine, se les passa autour du cou en disant : "Voilà Nénette et Rintintin, mes fétiches contre les Gothas. Une heure après tout l'atelier avait le fétiche, une semaine après, tout Paris"

Le fait est que la mode de ces gris-gris de laine se répand comme une traînée de poudre. L'amoureuse les confectionne pour protéger son fiancé parti combattre au front, la maman les suspend aux voiles du berceau pour veiller sur le sommeil de son bébé, les plus bravaches les arborent à leur boutonnière... on ne sait jamais !

Nénette et Rintintin échappent à Francisque Poulbot, un peu à son corps défendant. Car il retrouve ses jolis petits mômes transformés en sommaires pantins de laine, Nénette devenue la fille et Rintintin le garçon. Il leur est même né un enfant qu'on appelle le petit Lardon ou encore Radadou, bientôt transformé en Roudoudou. Mais il rend bien volontiers les armes devant cette irrésistible vague envahissant la capitale. Il s'en explique, dès juin 1918, dans une chronique publiée par Le Journal et qui sera reprise dans son livre Encore des gosses et des bonhommes.

Poulbot - Encore des gosses - Histoire de Nénette et RintintinPoulbot - Encore des gosses et des bonhommes - Source Internet Archive

En ce printemps 1918, il n'est pas un journal qui n'évoque les idoles du jour. Pour les uns, ils sont "les petits soldats de la bonne chance", pour les autres la protection ultime contre les bombes des Gothas et les obus à longue portée de la grosse Bertha. Guillaume Apollinaire lui-même livre son interprétation du phénomène dans sa chronique de juillet au Mercure de France : "C'est peut-être la première fois que, depuis le fil d'Ariane, l'homme met sa confiance dans quelques brins de laine, de fil ou de soie. (...) Nénette et Rintintin sont les premiers dieux nés au XXème siècle".

Nénette et Rintintin - Presse 1918Petit florilège de la presse en 1918 : Les Annales Politiques et Littéraires du 2 juin
la couverture de La Baïonnette du 4 juillet - Le Figaro du 21 mai

Nénette et Rintintin - Presse 1918 2Fantasio du 1er juillet - Le Petit Parisien du 27 mai - Le Cri de Paris du 7 juillet
source Gallica

Enfin, la capitale est en émoi... Rapidement le commerce s'empare des deux pantins, même s'il se dit qu'acquis à prix d'argent, Nénette et Rintintin perdent leur pouvoir de protection. On fabrique les talismans de laine chez Madame Zizette, modiste, ainsi que chez ses consœurs : "Les Rintintin qui sortent de cette pépinière ont une grosse tête avec des yeux naïfs en perles blanches ou noires. La jeune Nénette porte dans les cheveux un magnifique nœud de ruban assorti à la couleur de son corps." (La Baïonnette - 4 juillet 1918). Dès mai 1918, Le Musée et l'Encyclopédie de la Guerre recense pour les collectionneurs les objets à surveiller. Nous savons grâce à cette liste qu'on fabrique des breloques à 65 et 95 centimes, des médaillons doubles en verre renfermant les deux fétiches de soie, des bijoux en métal de prix et toutes sortes de bibelots : statuettes, jetons, objets peints ou brodés...

Et les cartes postales, bien sûr ! Il existe un nombre impressionnant de séries mettant en scène les petits fétiches.

Nénette et Rintintin les protecteurs

Les chansonniers ne sont pas en reste, habitués qu’ils sont à se saisir de l’air du temps. On met Nénette et Rintintin en vers, en ritournelles, les revues fleurissent à l'affiche des théâtres, aux Bouffes-Parisiens, aux Folies Bergères et au café-concert de la Gaîté-Rochechouart.

Nénette etRintintin - ChansonsBulletin de la chambre syndicale des pharmaciens de la Seine de 1918
Les Annales Politiques et Littéraires du 23 juin 1918
source Gallica

On trouve même des gens sérieux pour les analyser, le temps de causeries présentées comme des conférences, ou une société savante qui publiera à son bulletin de 1919 une étude de plus de vingt pages sur le sujet.

Le soufflé retombe

Mais aussi rapidement qu'a surgi la faveur, enfle le vent de la critique. Les esprits forts voient les petits talismans comme "les ultimes gris-gris surgis des bas-fonds de la superstition" (Journal des réfugiés du Nord du 29 mai) ou titrent "Nénette et Rintintin porte-malheur" en constatant perfidement que depuis qu'ils ont envahi Paris, toutes les catastrophes semblent fondre sur la Capitale (Les Annales Africaines du 15 juillet).

CPA Nénette Rintintin famille

Il se trouve évidemment des moralistes pour mener une attaque en règle contre la fabrication des pantins de laine, allant jusqu'à y voir une organisation du gaspillage portant atteinte aux intérêts de la Nation. "Dans l'été 1918 la laine devenant de plus en plus chère, ce fut en laine que des fabricants ingénieux composèrent les ridicules petites amulettes contre les bombardements aériens, que les Parisiens appelèrent "Nénette et Rintintin". Bref, dès que la guerre rendait une marchandise rare et chère, et que par conséquent l'intérêt individuel et national en demandait impérieusement l'économie, la mode en faisait au contraire instinctivement une élégance de luxe, au mépris de tout intérêt et même de tout patriotisme, mais au grand bénéfice d'industriels peu scrupuleux." (La Revue Philosophique)

La presse catholique est la plus virulente à combattre "Les poupées dangereuses", ainsi que les présente La Croix. Henry Reverdy y fustige sans guère de retenue Nénette et Rintintin, subitement devenus le symbole "de la superstition et de l'ignorance qui habitent les âmes modernes".

Nénette et Rintintin La CroixLa Croix du 26 juin 1918
source Gallica

Après trois mois de ce vent de folie, le soufflé retombe aussi vite qu’il est monté et la rentrée de septembre voit les petites poupées sombrer dans l’indifférence. Le plus clairvoyant sur le sujet est peut-être Henry Jagot qui, dès le mois de mai, prédisait dans Le Parisien : "La vogue des deux fétiches est devenue si grande qu'on en peut prévoir la fin. Les superstitions parisiennes n'ont qu'un temps."

Et puis l’automne de cette année-là, c’est surtout celui de l’armistice. La France mettra bien du temps à reprendre pied dans une vie pacifiée mais l’armistice, c’est la promesse de revoir ceux des soldats qui ont gardé la vie, la fin des bombardiers dans un ciel menaçant et des canons à longue portée encerclant la capitale, la fin des sirènes et des descentes aux abris à toute heure du jour et de la nuit.

A quoi bon des fétiches, puisque le péril semble bel et bien écarté ? "Le danger disparu, l'esprit critique, selon la culture de chacun, reprenait ses droits et, sans les renverser, reléguait cependant les petits dieux dans le capharnaüm intime de la pensée" (Les Annales Politiques et Littéraires - 15 octobre 1927)

Ce qui en reste

De ce court emballement vite balayé par d'autres modes, il restera cependant des traces durables : une vedette de cinéma et deux petits pantins ressurgissant régulièrement dans la presse enfantine, y compris bien loin de leur terre natale.

• 26 films et une série télé

A la toute fin de la guerre, le caporal américain Lee Duncan recueille deux chiens d'une portée de bergers allemands découverte dans les décombres d'un chenil, près de Saint-Mihiel où a combattu son unité. Il les baptise Nénette et Rintintin, pour évoquer les petits pantins de laine que les enfants lorrains offrent aux soldats alliés en guise de porte-bonheur. Nénette meurt pendant la traversée de retour mais Rintintin, arrivé sain et sauf en terre américaine, fait vite preuve de capacités exceptionnelles qui le conduiront tout droit vers les plateaux de cinéma.

Lee Duncan et Rintintin

Il jouera les stars jusqu'en 1932, avant de revenir en France pour être enterré au cimetière animalier d'Asnières-sur-Seine. Mais son personnage occupera l'écran bien plus longtemps, incarné successivement par des acteurs canins donc certains seront ses descendants.

Rintintin & Rusty

La popularité de Rintintin lui ouvrira les portes des souvenirs de Georges Perec, au n°197 : "Je me souviens des films avec le chien Rin-Tin-Tin, et aussi de ceux avec Shirley Temple, et aussi des poésies de Minou Drouet"

les petites mains de La Semaine de Suzette

Dès octobre 1918, Tante Jacqueline propose à ses nièces de réaliser "un abat-jour artistique en timbres-poste". Les petites lectrices sont invitées à découper la silhouette de trèfles à quatre feuilles qu'elles combleront par des timbres-poste piquetés puis à mettre Nénette, Rintintin et Radadou en vedette de leur ouvrage dans trois grands médaillons de papier calque. Je vous fournis toutes les explications pour réaliser cet abat-jour porte-bonheur du meilleur goût, vous n'aurez pas d'excuse pour rater cette occasion (un abat-jour artistique, quoi !)

Nénette et Rintintin 1918-10-17

Puis nos fétiches sont à nouveau mis à l'honneur par La Semaine de Suzette, dix ans plus tard. L'heure du modernisme a sonné, l'usage de la voiture se répand, alors on propose cette fois-ci aux petites Suzette de réaliser des fétiches pour l'auto, dont une superbe Nénette. On l'accompagnera cette fois-ci d'un Tonkinois fait de cacahuètes et de bouchons ou d'un Pierrot bourré de son...

Nénette et Rintintin 18-02-1916

les petites mains américaines

Cependant la fabrication des poupées de laine n'est pas restée une occupation manuelle seulement destinée aux enfants d'ici. Faut-il voir dans les bricolages américains l'inspiration de nos fétiches de 1918 ? Ce n'est pas impossible car parmi les cartes postales immortalisant les petites idoles, des séries entières ont été conçues pour les soldats anglophones afin qu'ils les envoient à leur famille.

Nénette et Rintintin - CPA franco-américaines

Toujours est-il qu'en 1953, un livre d'occupations manuelles pour les petits leur fournit la marche à suivre pour réaliser des poupées de laine, répliques exactes de nos amulettes.

Nénette et Rntintin - Make-it book

Un souffle de fil pour donner naissance à deux minuscules poupées, comme un pied de nez à tous les dangers : Nénette et Rintintin, c'est l'histoire d'un incroyable engouement qui a gagné Paris et la France entière à la vitesse de l'éclair. Internet n'existait pas : on dirait aujourd'hui que le buzz a fonctionné, tellement bien qu'il a traversé le siècle pour arriver jusqu'à nous.

Et vous, avez-vous fabriqué des Nénette et des Rintintin ? En faites-vous faire aux petits qui vous tirent par la manche pour mendier de l'occupation ? Si vous avez de la documentation ancienne ou plus récente sur le sujet, n'hésitez pas à me la faire passer, je serai ravie de la partager ici.

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12 novembre 2015

#Madeleineproject

En emménageant dans son nouvel appartement il y a deux ans, Clara Beaudoux découvre que sa cave n'a pas été vidée. La précédente locataire, après avoir habité les lieux pendant vingt ans, est décédée sans descendant. Clara contacte donc son filleul, le seul lien qu'elle semblait avoir : il ne veut pas récupérer le contenu de cette cave, oublié par l'entreprise qu'il avait mandatée pour débarrasser l'appartement ; Clara peut en faire ce qu'elle veut.

En partant à l'exploration des cartons et des valises entassés là, elle voit se dessiner par petites touches l'univers de Madeleine. Elle reconstitue le puzzle d'une existence ordinaire, en allant de découvertes émouvantes en surprises fantaisistes : une dent de lait montée en pendentif, une boîte de gommettes étoilées, une tirelire de porcelaine en forme de canard, des bons de rationnement de charbon datant d'après la première guerre mondiale...

Madeleine étoiles et charbon

Nous savons désormais que Madeleine aurait eu cent ans cette année, que... je vous laisse le plaisir de découvrir l'histoire si vous n'avez pas déjà fait la promenade du côté de chez Clara Beaudoux. Elle tweete ses découvertes par messages de 140 signes, avec délicatesse et une jolie tendresse pour cette inconnue qui ne l'est déjà plus pour nous.

Madeleine

Pour celles qui, comme moi, ne sont pas tweetérisées, vous pouvez trouver l'aventure de la semaine ici ou encore suivre la page Facebook du projet pour prendre des nouvelles de Madeleine.

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08 novembre 2015

La belle saison

Les petites loupiotes partout dans la maison, la laine mousseuse dans laquelle on s'enfouit, la paresse revendiquée comme lot de consolation face à la grisaille : novembre aussi a ses charmes.

Et l'or des coings... s'il y a un fruit qui colle exactement au mois de novembre, c'est bien celui-là ! En revanche, là, plus question de paresse. Les années où j'en récupère, je me rappelle pourquoi, effectivement, j'avais juré la fois d'avant qu'on ne m'y reprendrait plus ;-)

Récolte de coings

D'abord parce que soit il n'y en a pas, soit on en a trop. Du coup c'est le marathon pour transformer tout ça en gelée, pâte, confiture... Ensuite parce c'est une histoire à épisodes  : et je te fais cuire les fruits à l'eau, et je te filtre toute une nuit, et je te passe au moulin à légumes, et je te fais la gelée d'un côté, et je te fais la pâte de l'autre, en touillant tout le temps que dure la cuisson (et c'est long !). Au bout du compte, le week-end y passe.

Bref, les coings, ce n'est vraiment un bon plan qu'au moment de s'en régaler... et aussi tout au début, grâce au parfum qu'ils répandent partout dans la cuisine.

Pâte de coings

J'ai donc rapporté des coings de mes vacances, merci tata ;-) Et comme souvent, j'ai suivi les recettes pleines de bon sens et très clairement expliquées sur le blog du miel et du sel, pour la gelée, et pour la pâte.

Si vous n'avez pas de coings, vous pouvez essayer ces recettes avec des pommes, comme le suggère Marie-Claire. La gelée et les pâtes de fruits, ce sont de jolies idées pour les cadeaux de fin d'année !

Gelée de coings

Psiiit ! J'ai été toute chamboulée par l'avalanche de vos gentils mots sur mon billet de jeudi, merci ;-)

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05 novembre 2015

Anniversaire

Il y a pile trois ans, je me décidais à lancer mes premiers mots sur ce blog. Près de 350 billets et plus de 1500 photos plus tard, je n'en reviens toujours pas d'avoir réussi à me tenir au rythme de publication que je m'étais fixé !

Alors même si je ne suis pas une fan des dates commémoratives -rien ne ressemble plus à un jour que sa veille ou son lendemain- celui-là, pour une fois,  je me le souhaite quand même ;-)

CPA

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01 novembre 2015

La mercerie de Juliette

J’ai consacré une (petite) partie de mes vacances à faire le rat d’archives, pour compléter l'histoire de mes ancêtres. Je sais, je suis bizarre… Mais j’adore fouiller dans les vieux papiers et les vacances, c’est bien destiné à faire ce que l’on aime, non ?

Bref, j’ai exhumé des jugements, des contrats, des minutes notariales, tant et plus. Je passe sur les détails rébarbatifs pour en venir à ce qui concerne plus particulièrement le domaine du fil.

Il y a quelques temps, j’avais débusqué dans les vieux recensements une information ignorée des récits familiaux et qui m'avait mis un joli coup au coeur : j’ai une grand-mère mercière. Plus précisément, une arrière-arrière, ce qui nous renvoie à la fin du XIXème siècle. Bien davantage que de remonter très loin à des racines incertaines, voilà exactement le genre de découverte généalogique qui est de nature à me combler.

Recensement 1906Source : Archives départementales de l'Oise  6 Mp 206

Il faut dire que Juliette est encore bien identifiée dans l'histoire de la famille : elle fut la grand-mère chérie d’aïeules que j’ai eu la chance de connaître assez pour qu’elles m’en parlent abondamment, même si leurs souvenirs de petites filles n’avaient pas retenu ce détail-là. L'armoire de Juliette trône dans mon séjour dijonnais. Je conserve dévôtement ses lorgnons, une de ses boucles d'oreille et sa montre de gousset. Sa silhouette se dessine toujours au détour de quelques photos rescapées qui, pour la plupart, ne sont plus qu'à l'état de reliques.

Juliette

C’est donc une piste que j’avais hâte de suivre au-delà des premiers éléments disponibles sur internet mais je ne pouvais le faire qu'en me rendant sur place. En réalité, mes ancêtres ont tenu successivement deux affaires à Creil. La première était un commerce de tout et de rien, droguerie, tabac, épicerie, bazar, mercerie et qui faisait même débit de boissons. Six tables, ça n’allait pas bien loin…

Je le sais grâce à l’acte de vente de ce fonds de commerce, retrouvé dans les minutes de leur notaire à l’année 1894. A mon grand ravissement, mais fort logiquement, cet acte de vente comporte l’inventaire exhaustif du mobilier et de la marchandise repris par les acquéreurs.

Vente fonds 1894 - mobilierSource : Archives départementales de l'Oise 2 E 79/24

Paquets de tripoli, bougies de salon, chicorée Étain,  chocolat Menier, boîtes de langouste et petits beurres, pétards à la douzaine, brosses à fourneaux et balais à goudronner, fleur d'oranger et eau de mélisse, graines de lin, cassonade, dragées et pralines,  bottes de filasse, Curaçao blanc, crème d'angélique et sirop de groseilles :  à chaque nouvelle ligne, j’ai l’impression de m’avancer un peu plus dans leur boutique, je peux pratiquement sentir l’odeur des marchandises connues ou insolites, j’imagine les boîtes empilées sur les étagères, les tonneaux, les mesures, le papier bleu qui emballait les morceaux de candi… Vous vous rappelez l’extrait de Giono que j’avais évoqué il y a deux ans ? Il me semble presque y être ;-)

Et bien sûr, je ne me tiens plus de bonheur en arrivant aux plus jolies des fournitures :

Vente fonds 1894 - mercerie 1

Vente fonds 1894 - mercerie 2Source : Archives départementales de l'Oise 2 E 79/24

Je ne vois que des articles qui parlent à l'amoureuse de mercerie que je suis. Cette partie-là de l’inventaire, j’ai bien envie de la reconstituer « pour de vrai ». Il faudrait certes éclaircir cette histoire de cornettes et d'agréments... mais ça devrait pouvoir se faire ;-) Et puis quel joli objectif pour une collectionneuse !

Comme la recherche généalogique est sans fin, je n’ai pour le moment retrouvé que l'état de marchandises de leur premier commerce. Or Juliette a ensuite tenu seule une mercerie, laissant son Eugène se lancer de son côté dans les assurances. Mais les documents de ce magasin-là se dérobent à moi pour le moment. Que vais-je y découvrir quand je mettrai la main dessus ?

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